lundi 23 novembre 2009 Dernière mise à jour 13h51


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Mais est-ce bien réaliste?

Manon Cornellier   16 septembre 2008  Canada
Ils promettent: Le chef néo-démocrate, Jack Layton, veut réduire les délais d'attente en santé et il compte y parvenir en s'attaquant à la pénurie de médecins de famille, comme l'indique son plan à ce sujet rendu public hier. Sa promesse principale consiste en un investissement de 200 millions de dollars par année en moyenne pour, «en collaboration avec les provinces», augmenter de 50 % le nombre de places en formation pour les médecins et infirmiers. Cela voudrait dire 1200 étudiants en médecine de plus et 6000 en soins infirmiers, dont la moitié des coûts de formation serait épongée par Ottawa. Une partie de ces millions servirait aussi à assumer les prêts étudiants des médecins qui pratiquent la médecine familiale pendant dix ans au Canada.

Les faits disent:

M. Layton a peut-être de bien bonnes intentions, mais sa proposition, malgré une promesse de coopération avec les provinces, se heurte à un premier obstacle. Les décisions touchant le nombre d'admissions dans les facultés de médecine et de sciences infirmières relèvent des provinces. Ottawa n'a rien à voir là-dedans. Ce qui ne veut pas dire que les provinces ont toujours agi de façon éclairée, elles qui ont sabré les inscriptions durant les années 1990. Mais elles ont corrigé le tir depuis.

Tenons-en nous en à la situation des médecins. Après le creux de 1577 inscrits en 1997-98 à l'échelle canadienne, les inscriptions ont repris une courbe ascendante pour atteindre un sommet de 2460 en 2006-07, dernière année pour laquelle l'Association médicale canadienne a des chiffres. Au Québec, 454 étudiants étaient inscrits en médecine à l'automne 1998, indique le président de la Fédération des médecins résidents du Québec, Martin Bernier. Cet automne, il y en a 765.

Est-ce assez? Oui, si l'on tient compte des capacités physiques des facultés, répond M. Bernier. Ce n'est pas qu'elles manquent de salles de classe, mais bien de médecins pour l'encadrement et d'espaces pour la formation en milieu hospitalier.

«Les politiciens sont en train de fumer du pot sur un nuage», s'emporte le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec. «Nous avons atteint à peu près la limite de la capacité physique de formation en milieu hospitalier.»

Selon lui, les politiciens ont de la difficulté à comprendre un élément central de la formation médicale. «Ce n'est pas en classe qu'on forme un médecin mais à l'hôpital en traitant des patients.» Il rappelle qu'il y a une limite à soumettre ces derniers aux examens d'un trop grand nombre d'étudiants. Il ajoute que s'il y a pénurie de médecins, cela se reflète aussi dans les capacités d'encadrement des facultés.

Et il y a la difficulté à attirer les futurs médecins vers la pratique générale. M. Bernier souligne que, depuis deux ans, les facultés n'arrivent pas à pourvoir les places de résidence en médecine familiale, et le Québec n'est pas seul dans cette situation. La médecine familiale est exigeante et peu valorisée, ce qui fait que seulement le tiers environ des étudiants empruntent cette voix au lieu de la moitié souhaitée par le gouvernement québécois. «La solution n'est pas aussi simple que d'augmenter la cohorte d'étudiants, surtout si le système de formation fonctionne déjà à pleine capacité», poursuit-il.

À l'Association médicale canadienne, on a lancé une campagne pancanadienne pour venir à bout de la pénurie de médecins de famille. Le volet le plus coûteux — un milliard sur cinq ans — ne vise pas une augmentation de la formation mais bien l'«expansion de la capacité d'éducation et de formation professionnelle des centres des sciences de la santé du Canada».

Et même si l'on suivait la solution de M. Layton, il faudrait attendre des années pour en voir les effets. Il faut environ sept ans pour former un médecin généraliste et dix ans pour un spécialiste.

***

mcornellier@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 16 septembre 2008 08h30
    Démagogie
    « Il est facile pour un parti qui ne sera jamais au pouvoir de promettre la lune et les ciel pour les citoyens.. La RÉALITÉ du pouvoir est une toute autre game...et les solutions jamais aussi faciles..

    N'oublions pas que la cause No.1 des problèmes de santé ,ce sont les mauvaises habitudes alimentaires et le sedentarisme des citoyens. Mais politiquement ce n'est pas rentable d'essayer de responsabiliser les citoyens...mieux vaut leur promettre qu'ils auront la lune sans faire d'effort ou sans en payer le prix !!!

    Un vrai leadership serait exactement le contraire...et pousserait les citoyens à devenir plus responsables au lieu de tout attendre du gouverne-maman... »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 10h15
    Ca doit être la méthode Toyota
    « Depuis que le nouveau ministre québécois de la santé, le docteur Yves Bolduc, s'inspire de la méthode Toyota pour gérer les hôpitaux, on voit Jack Layton s'intéresser à la santé.

    Pourtant Layton, le vendeur de char supporté par les travailleurs de l'automobile ontarien, s'intéresse à un domaine qui n'est pas de juridiction fédérale mais provinciale. Vous savez Layton me fait penser aux vendeurs de minounes usagées sur le coin de la rue qui nous vend son char comme celui d'un curé qui n'a jamais sorti l'hiver. Aussi menteur et opportuniste que ca, tu meurs...

    Ca doit être la popularité de Toyota qui fait exprimer Layton sur une juridiction provinciale reconnue au Québec à moins qu'il fasse fi des valeurs québécoises et les piétinent tout comme les ententes signées auparavant... »

  • René Latendresse
    Inscrit
    mercredi 17 septembre 2008 20h17
    Critique du choix de l'emplacement du bureau du directeur du scrutin dans Ahuntsic
    « À titre de citoyen de la circonscription d'Ahuntsic dans le Nord Ouest de Montréal, je désapprouve le choix de l'emplacement du bureau du directeur du scrutin d'Élections Canada. Il faut savoir que l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal a récemment regroupé ses bureaux dans un vaste édifice commercial de La Cité de la Mode, histoire de donner un coup de pouce au secteur durement touché par des fermetures d'entreprises liées au secteur du vêtement. Mais le déménagement des bureaux de la ville ne c'est pas fait sans susciter une certaine controverse, voire une certaine contestation parmi la population.
    En effet, depuis des mois des citoyens d'Ahuntsic-Cartierville déplorent vivement le choix de la nouvelle localisation, dans un secteur particulièrement mal desservi par le transport en commun, entre autres. Il n'y a à peu près pas de stationnement non plus. Il s'agit en réalité d'un secteur industriel situé à l'extrémité Ouest de l'arrondissement et de la circonscription d'Ahuntsic, loin des zones résidentielles où vivent les citoyens. Et voilà maintenant que l'on apprend que l'on y installe le bureau d'Élections Canada! Le directeur du scrutin d'Ahuntsic a d'abord pensé à son propre confort et n'a pas regardé à la dépense quand il a opté pour cet emplacement luxueux inapproprié. Or, la première obligation d'un directeur de scrutin n'est-elle pas avant toute autre préoccupation de tout mettre en oeuvre afin de favoriser l'exercice du droit de vote des électeurs de la circonscription dont il est responsable?
    Comment ne pas s'étonner après cela que le taux de participation aux élections soit en baisse constante. Et que l'on vienne surtout pas me parler de la possibilité de voter par la poste par bulletin de vote spécial. Je vous mets au défi d'expliquer cette procédure compliquée à des aînés, capables de se déplacer sur une courte distance, mais qui néanmoins éprouvent des difficultés normales attribuables à leur âge. Faites l'exercice : vous devez d'abord télécharger le formulaire en ligne (ou en faire la demande par téléphone), le remplir, faire des copies des pièces d'identité requises, les joindre à votre demande, télécopier le tout (ou retourner la demande par la poste), attendre de recevoir un bulletin de vote spécial par la poste sur lequel vous devrez inscrire le nom du candidat de votre choix, mettre le bulletin de vote spécial dans l'enveloppe prescrite que vous devrez vous-même affranchir et retourner par la poste (ou en personne!) avant la date butoir du 7 octobre 2008 au bureau du directeur du scrutin, le cachet de Postes Canada faisant foi. Pas sûr que ma voisine de 74 ans saisisse toutes les subtilités de ce laborieux exercice. En apprenant l'emplacement du bureau du directeur du scrutin dans Ahuntsic, elle m'a plutôt affirmé, à regret, qu'elle n'irai tout simplement pas voter. Malheureusement, on peut croire qu'elle ne sera pas la seule dans cette situation. Et c'est extrêmement regrettable! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Chronique
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009