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Guerre éventuelle contre l'Irak - Le Canada réitère sa confiance en l'ONU

«Il y a encore une chance que l'Irak se désarme», dit Bill Graham

Fabien Deglise   15 février 2003  Canada
Le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a répété hier qu’il faut laisser jouer son rôle à l’ONU.
Photo : Jacques Nadeau
Le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a répété hier qu’il faut laisser jouer son rôle à l’ONU.
En réponse au dépôt du deuxième rapport des inspecteurs de l'ONU en désarmement, le Canada a clairement pris ses distances par rapport à la position belliqueuse des États-Unis hier en affichant une fois de plus sa confiance dans l'ONU pour résoudre pacifiquement le conflit en Irak.

Le droit international plutôt que l'usage de la force. Le Canada a réaffirmé hier sa confiance dans l'Organisation des Nations unies (ONU) et surtout dans sa capacité à obtenir le désarmement de l'Irak par la voie diplomatique. C'est du moins ce qu'a déclaré à Montréal le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, en marge de la consultation publique amorcée par le gouvernement canadien sur la politique étrangère du Canada.

Même si la pression doit encore être maintenue sur l'Irak, le chef de la diplomatie canadienne a toutefois perçu des progrès à la lecture du deuxième rapport du directeur de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'ONU (COCOVINU), Hans Blix, présenté hier au Conseil de sécurité. «Tout le monde est sceptique à propos de l'Irak, a-t-il dit. Mais il y a encore une chance que l'Irak se désarme dans le cadre de la résolution 1441.»

«L'important, c'est de respecter l'intégrité du système [de résolutions de l'ONU]», a poursuivi le ministre, mais pour cela, «le Conseil de sécurité de l'ONU doit prendre ses responsabilités» en déterminant, entre autres, une date limite pour que l'Irak se conforme aux exigences de la résolution, «pas dans plusieurs mois ni dans plusieurs jours», a-t-il précisé.

Selon M. Graham, la force doit aujourd'hui être envisagée comme une solution de dernier recours. «Cherchons maintenant une occasion de parvenir à la paix par un processus qui est déjà en place et qui a toujours des chances de réussir», a-t-il affirmé.

Même son de cloche, ou presque, au Bloc québécois qui, tout en condamnant une participation canadienne à une intervention militaire, a salué les résultats concrets du processus diplomatique. «Le travail des inspecteurs progresse. L'Irak a élargi sa coopération et, avec le temps, il y a place à l'amélioration», a déclaré Gilles Duceppe . «La voie diplomatique fonctionne et nous fait progresser vers l'objectif visé par l'ensemble de la communauté internationale, soit le désarmement de l'Irak.»

Autres lieux, autres réactions: à Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien n'était pas à la Chambre des communes lors de la période de questions quotidienne pour répliquer au rapport de l'inspecteur Blix, ce que l'Alliance canadienne n'a pas manqué de lui reprocher. On fait valoir que pendant des semaines, Jean Chrétien a dit à l'opposition d'attendre le rapport Blix du 14 février avant de demander un changement, si nécessaire, de la position canadienne.

«Le premier ministre aurait dû être ici [au Parlement] aujourd'hui. Il nous a promis cela pendant des mois. Il aurait dû être ici», a déploré le chef Stephen Harper.

M. Harper s'est défendu, comme le lui a reproché le vice-premier ministre John Manley, d'être un va-t-en-guerre qui «trépigne d'appuyer sur la gâchette». «J'espère que ce gouvernement travaillera avec nos alliés pour mettre le maximum de pression sur Saddam Hussein et éviter une guerre», a-t-il dit à la presse. Il dit vouloir «garder toutes nos options ouvertes». Il a ajouté que selon lui, il est «de plus en plus clair que Saddam Hussein ne pliera pas sans être l'objet d'une pression maximale». Pourtant, à la Chambre des communes, M. Harper semblait déjà avoir fait son nid: «Le gouvernement peut-il être clair? Va-t-il se ranger sans équivoque du côté de nos alliés, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie et les autres, et dire qu'ils ont le droit d'agir et de désarmer Saddam Hussein?»

Du côté du NPD, le chef Jack Layton est toujours résolument en faveur d'une solution pacifique. «Si George Bush conclut qu'il y a suffisamment d'information dans le rapport de l'inspecteur Blix pour justifier une action militaire, il commettrait à mon avis un des gestes les plus horribles dans l'histoire des relations internationales depuis la Seconde Guerre mondiale», a-t-il déclaré.

M. Layton, tout comme le chef conservateur Joe Clark, croit que le gouvernement canadien demandera plus de temps pour que les inspections en Irak se poursuivent.
 
 
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