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Quel chef a pris le parti des femmes?

10 septembre 2008  Canada
Elizabeth May, du Parti vert, est la seule femme à diriger une formation politique sur la scène fédérale. Son parti présente 60 femmes sur 200.
Photo : Jacques Nadeau
Elizabeth May, du Parti vert, est la seule femme à diriger une formation politique sur la scène fédérale. Son parti présente 60 femmes sur 200.
Ottawa — Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique sont ex aequo à au moins un chapitre: ils ont jusqu'à présent recruté le plus grand nombre de candidates pour l'élection qui commence. Le parti de Stephen Harper, lui, arrive une fois de plus bon dernier.

En chiffres absolus, c'est pour l'instant le parti de Stéphane Dion qui trône au sommet du palmarès avec pas moins de 100 femmes ayant accepté de porter les couleurs de la formation sur un total de 272 candidats officiellement désignés. Le NPD quant à lui en a 72 sur un total de 194. Les deux partis ont donc un score enviable de 37 %.

Arrive ensuite le Parti vert, seule formation pancanadienne dirigée par une femme, qui a embrigadé 60 candidates sur 200 (30 %). Le Bloc québécois a pour sa part recruté un total de 20 femmes sur 75, soit 27 %. Le Parti conservateur ferme la marche avec 63 femmes sur 304 candidats désignés, soit 21 %. Il lui reste trois candidats à choisir officiellement, puisqu'il a décidé de ne pas opposer d'adversaire au député-animateur André Arthur.

Pour Stéphane Dion, c'est donc mission accomplie. Après son élection à la tête du Parti libéral, M. Dion s'était en effet engagé à présenter au moins un tiers de candidates, quitte à devoir leur réserver certaines circonscriptions. «Il nous reste 35 candidats à sélectionner, mais même si aucun n'était une femme, nous aurions encore un pourcentage de candidates de 32,6 %», se félicite le stratège libéral Marc Roy. Les libéraux aussi ne présenteront que 307 candidats, car ils ne livreront pas bataille à Elizabeth May, qui se présente dans Central Nova contre le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay. «Nous sommes très heureux, poursuit M. Roy. Le chef s'était fixé un objectif très ambitieux, et tout démontre que nous avons atteint cet objectif. M. Dion a toujours dit qu'augmenter la participation féminine en politique était nécessaire. Il a démontré le leadership, il n'a pas eu peur.» À la dernière élection, les libéraux avaient présenté 79 candidates.

Au Parti conservateur, bien que l'on occupe le dernier rang, on se félicite d'avoir amélioré la situation. En 2006, la formation de Stephen Harper n'avait réussi à convaincre que 38 femmes de porter ses couleurs. La représentation féminine à la Chambre des communes en avait d'ailleurs pâti. Le caucus conservateur compte à peine 14 femmes sur un total de 127 députés, et seulement cinq femmes sont ministres (dont une sénatrice). Deux autres ont été nommées secrétaire d'État.

«Il faut rappeler que notre parti est né d'une fusion en 2004», explique la ministre Josée Verner, invitée à commenter la situation. «Il y a eu un bond majeur quant à la présence des femmes dans notre parti. C'est une bonne nouvelle. Plus les élections passent, plus on attire les femmes.» Selon Mme Verner, «plus il y aura de femmes, plus ce sera facile d'attirer des femmes». Historiquement, le Parti libéral du Canada a presque toujours présenté plus de femmes à l'élection que ses adversaires progressiste-conservateur, allianciste ou réformiste.

Le Bloc québécois affiche quant à lui un recul par rapport à l'élection de 2006 (23). La député Nicole Demers se dit quand même contente du résultat de recrutement. «C'est toujours difficile pour une femme de se présenter en politique, surtout quand les élections sont déclenchées aussi vite», note-t-elle. Mme Demers n'est pas surprise de la performance du Parti conservateur. «Ce parti est un club d'hommes. Ils sont paternalistes et condescendants», affirme-t-elle. «Quand on nous envoie des hommes au comité de la Condition féminine nous dire qu'on n'a rien compris aux initiatives proposées, quand on envoie des hommes faire cette job-là, c'est très condescendant», dit-elle.

Petite anecdote: à Québec, dans la circonscription de Limoilou-Beauport détenue par la conservatrice Sylvie Boucher, le Bloc québécois présente Éléonore Mainguy, qui a accouché dimanche... le jour du déclenchement des élections. Son parti ignore si elle est déjà sortie de la maison de naissance et reconnaît que la campagne qu'elle mènera sera «réduite»!
 
 
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  • Stéphane Doré - Abonné
    10 septembre 2008 10 h 48
    Chapeau à Monsieur Dion pour avoir décidé de laisser le champs libre à Elizabeth May
    Merci M.Dion!
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  • Guy Fafard - Inscrit
    10 septembre 2008 15 h 27
    Femmes contre hommes
    Quelle stupidité de croire qu'une femme soit plus représentente des femmes qu'un homme pourrait le faire, comme si quelqu'un ne pouvait pas représenter la population chrétienne du Canada parce qu'il est membre de l'Opus Dei.

    Que ce soit un homme ou une femme, un être humain reste un être humain. Il peut arriver qu'il y ait plus de femmes disponibles et l'inverse peut aussi arriver. Si une femme libre comme André Arthur se présentait dans mon conté, je voterais pour elle cent milles à l'heure; mais il n'y en a pas qui se présente.

    Je ne voterai jamais pour un parti simplement parce qu'il y a plus de femmes que d'hommes ou vice versa si les idées promulguées par celui-la ne rencontre pas mes idées.
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