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Dion veut rétablir le registre des armes à feu

Alec Castonguay   9 septembre 2008  Canada
Le chef  libéral  Stéphane Dion en conférence de presse devant le collège Dawson, hier à Montréal, où il a annoncé son intention de rétablir le registre des armes à feu rendu inopérant par le gouvernement Harper depuis 2006.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef libéral Stéphane Dion en conférence de presse devant le collège Dawson, hier à Montréal, où il a annoncé son intention de rétablir le registre des armes à feu rendu inopérant par le gouvernement Harper depuis 2006.
Le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, s'est engagé hier à remettre en place le registre des armes à feu et à interdire la circulation des armes d'assaut de style militaire, comme celle utilisée par Kimveer Gill au collège Dawson le 13 septembre 2006. Rapidement, le Bloc québécois et le gouvernement du Québec se sont dits favorables à cette proposition, alors que le Parti conservateur a rejeté l'idée.

Stéphane Dion a fait cette annonce à Montréal hier, devant le collège Dawson, qui commémorera samedi les deux ans de la tragédie. «Ce qui est clair depuis cette terrible fusillade, c'est le besoin d'améliorer le contrôle des armes à feu au Canada», a dit le chef libéral, qui était pour l'occasion entouré de plusieurs étudiants et du directeur du collège, Richard Filion. Ce dernier a d'ailleurs exprimé le souhait d'avoir «un vrai débat sur le contrôle des armes à feu au Canada».

Outre le «Tournant vert», il s'agit de la plus importante promesse du chef libéral depuis le début de la campagne électorale. «On ne peut pas avoir un Canada plus sûr sans contrôle des armes à feu. Le Parti conservateur a systématiquement affaibli le contrôle depuis qu'il est au pouvoir. Pourtant, l'Association canadienne des chefs de police appuie le registre des armes», a dit M. Dion.

Le 17 mai 2006, le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a annoncé une amnistie qui permet aux propriétaires d'armes de chasse ou à canon long de ne plus enregistrer leurs fusils. Le registre tombe donc tranquillement en désuétude, puisque l'information n'est plus mise à jour dans la base de données. Le Parti conservateur a dû procéder ainsi en raison du refus des partis d'opposition aux Communes de voter une loi pour démanteler formellement le registre. Le PLC et le Bloc s'opposaient à la fin du registre, alors que le NPD était divisé sur le sujet. Le gouvernement conservateur avait toutefois gardé en place le registre des armes de poing, en vigueur depuis 1934.

Le Parti libéral a promis hier de remettre en place le registre pour tous les types d'armes, notamment les fusils à canon long. Il s'est aussi engagé à interdire les armes d'assaut militaires semi-automatiques. Ces armes, comme la Beretta CX4 Storm de Kimveer Gill, sont considérées comme étant à «autorisation restreinte», mais ne sont pas interdites au Canada.

«Ces armes n'ont aucun lien avec la chasse ou le tir sportif, et personne au Canada, hormis les militaires, n'a besoin de ce type de fusil», a dit Stéphane Dion. Le coroner Jacques Ramsay, dans son rapport sur la tuerie du collège Dawson remis la semaine dernière, recommandait d'interdire ce type d'arme «paramilitaire».

Ces fusils sont conçus pour les militaires et possèdent des caractéristiques telles que des chargeurs de grande capacité, des poignées à préhension facile, des embouts pour baïonnette, ou encore des canons sciés.

Le registre des armes de chasse a coûté 946 millions de dollars au gouvernement fédéral, alors qu'il devait originellement coûter seulement deux millions. La vérificatrice générale, Sheila Fraser, a toutefois souligné le 16 mai 2006 que les coûts étaient maintenant contrôlés, même si des problèmes restaient à régler avec le registre. Stéphane Dion s'est basé hier sur ce rapport de Mme Fraser pour dire que le gouffre financier était chose du passé. «Le problème a été lors de sa mise en service. Il fonctionne maintenant», a-t-il dit.

L'interdiction proposée par les libéraux ne s'appliquerait pas aux armes à feu semi-automatiques «qui n'ont pas ces caractéristiques militaires», peut-on lire dans le communiqué de presse. «Un nouveau gouvernement libéral n'interdira pas les armes semi-automatiques utilisées légalement pour la chasse et les sports de tir.»

Tout juste avant cette annonce, Stéphane Dion a marché plusieurs minutes le long de la rue Sherbrooke entre le local de son candidat dans Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, et le collège Dawson. Plusieurs conducteurs ont klaxonné au passage du chef libéral pour le saluer. Cette circonscription est un bastion rouge.

Le Parti conservateur s'y oppose

De passage en Colombie-Britannique, le chef du Parti conservateur a affirmé hier ne pas vouloir suivre le même chemin. Stephen Harper croit que le gouvernement doit s'attaquer aux criminels qui utilisent des armes, plutôt qu'aux armes elles-mêmes. Il s'est dit satisfait des politiques actuelles de contrôle des armes à feu, ajoutant qu'il ne voit pas l'intérêt de durcir la législation.

«Je ne pense pas qu'en imposant l'enregistrement de chaque fusil de chasse et carabine, ou en ayant plus de restrictions sur les armes, nous réduirons les crimes perpétrés avec des fusils. Les armes de poing et plusieurs autres types d'armes sont très difficiles à obtenir légalement dans ce pays», a indiqué M. Harper, qui se présente comme étant le champion des questions liées à la sécurité. Il a cependant traditionnellement prôné le durcissement de sanctions contre les criminels, plutôt que le contrôle des armes à feu.

Des appuis

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a commenté la promesse libérale hier, lors de son passage à Québec. «Je suis entièrement d'accord avec cela, a-t-il dit. Notre député Serge Ménard l'a encore dit la semaine dernière. M. Harper est non seulement contre cette proposition du Bloc et des libéraux, il est aussi contre le rapport du coroner Ramsay. Le coroner dit qu'il faut interdire ces armes militaires.»

À Québec, le bureau du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a confirmé au Devoir que la position du gouvernement n'avait pas changé et qu'il faut le «maintien complet du registre». Le 15 septembre 2006, le premier ministre Jean Charest n'avait pas manqué de critiquer le gouvernement Harper à ce sujet. «Ce sont les événements de Polytechnique en 1989 qui ont beaucoup façonné l'opinion publique sur cette question-là, avait-il dit quelques jours après les événements de Dawson. Le registre des armes à feu n'est pas parfait, loin de là. Mais ça permet un contrôle. Ça vient inhiber les actions de ceux qui possèdent ou qui veulent acheter une arme à feu et qui ont malheureusement, dans certains cas, des intentions meurtrières. Oui, ç'a coûté plus cher que prévu. Mais il est là.»

***

Avec Hélène Buzzetti et La Presse canadienne






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  • Serge Manzhos
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 01h43
    Dion instrumentalise un évènement tragique
    « Cmon M. Dion, vraiment ton registre aurait prévenu ce qui s'est passé à Dawson? Cela ne prend pas des « armes d'assaut militaires semi-automatiques » pour faire un bain de sang dans un collège. Surement, avec un Beretta les punks comme Kimveer Gill se voient-ils plus cool, mais cela ne change rien au fond. Un fusil de chasse ou une hache auraient été aussi efficaces.
    Le vrai problème est ailleurs : les criminels ne sont pas traqués, et quand ils le sont, il est impossible de les mettre en prison et on les donner un finger à tout le monde en sortant du Palais de « justice », et même si la couronne réussit de les emprisonner, on les voit sortir « on parole » peu de temps âpres. Qu'est-ce que les libéraux ont fait pour remédier cette situation sinon mettre des bâtons dans les roues aux conservateurs ?
    M. Dion et sa gagne n'ont aucun scrupule de manipuler un évènement tragique à seul fin de nuire à leurs adversaires politiques ainsi que pour éviter les vraies questions : l'impuissance de l'état pour combattre le crime résultant des politiques trop libérales est l'économie bien sur, ou il est nul. »

  • Normand Parisien
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 06h50
    La machine à propagande se remet en marche.
    « J'admire le sens du "timing" des groupes qui sont favorables à la confiscation des armes à feu. Le rapport du coroner sur la tragédie du Dawson College a été publié voilà quelques jours, l'émission «Découvertes» (SRC) tant qu'à elle nous montrait un documentaire avec des comédiens sur le travail des services d'urgence à cette occasion et hier Stéphane Dion faisait ses déclarations devant le Dawson College entouré par les caméras.

    La technique qui semble employée depuis 1989 (Polytechnique) consiste à gruger progressivement l'exercice de la pratique sportive avec des armes à feu: des armes à feu confisquées, des clubs de tir fermés, de nombreux marchands qui ont fermés boutique, des tracasseries administratives pour les possesseurs d'armes et surtout une baisse radicale de la pratique sportive (tir à la cible et chasse). Bientôt il y aura une affluence dans les clubs de tir car la saison de la chasse approche et tous ces sportifs auront avantage à se rappeler cette promesse des Libéraux lorsqu'ils iront voter le 14 Octobre. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 9 septembre 2008 08h32
    N'importe quoi pour gagner des votes
    « Le registre ne sert strictement à rien. Si ma mémoire est bonne, l'arme de Dawson était enregistrée au registre. Tant qu'il y aura des détraqués et des parents qui laissent leurs enfants faire ce qu'ils veulent, ce n'est pas un registre qui règlera ça, tout le monde le sait sauf...lui. Mais..., se pourrait-il que «ceux» qui se faisaient des gros sous avec ce registre qui fut mis de côté aient tapé à la porte des libéraux et mis des sous dans la cagnotte libérale? En contrepartie, ils réclament la réactivation du registre. Car, désolé mais, si on suit le même raisonnement, la SAAQ est le registre des autos et ça n'empêche pas, que je sache, les chauffeurs criminels qui conduisent sans permis et les délits de fuite et les remises en liberté même après 10 arrestations et plus en état d'ivresse.
    Pour une fois (ENCORE!) Harper a raison, ce n'est pas aux armes qu'il faut s'en prendre mais aux criminels! C'est l'évidence même! »

  • marc belliveau
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 08h43
    C'est quoi remplir un ti-papier pour un gun?
    « Comme une automobile, posséder une arme est un privilège alors qu'aucun ne remet en cause l'enregistrement de sa voiture.

    Je vois pas en quoi le chasseur qui veut une 3030 ou une 22 est brimé. Si son cas est en règle, il l'aura son gun.
    Si ça peut prévenir ne serait-ce qu'un meurtre par 5 an, la partie est déjà gagné.

    Autrement, ce sera nous, les non-chasseurs qui seront brimés parce qu'on aura préféré contrôler les gens au-delà des armes. Qu'est-ce qui doit donc être contrôlé selon vous. »

  • Serge St-Pierre
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 09h04
    Encore plus de contrôle
    « Je sympatise énormément avec tous les parents qui ont perdu des enfants de façon violente causé par des armes à feu de quelque type que ce soit. Malheureusement, je ne crois pas que d'augmenter le contrôle sur les armes à feu fera disparaître la violence. Le silence et la froideur d'une arme blanche est pour moi tout aussi inquiétant et dangereux.

    Monsieur Dion s'est engagé hier à 'remettre en place le régime des armes à feu et à interdire la circulation des armes d'assault militaire'. Oui monsieur Dion, je bien d'accord avec vous pour interdire totalement ces armes automatiques sur le territoire du Canada. Mais cela ne règlera pas la question de la violence des personnes qui perdent le nord. La solution sociale à la violence dépasse le simple enregistrement des armes à feu dans un régistre qui coûte une fortune à gérer.
    Je cherche encore une vision sociétale globale pour contrer la violence et je ne la trouve ni dans les dires des Dions, Harpers et autres ténors qui tentent de se faire élire.
    Mesdames et Monsieurs, SVP un peu plus de réflexion et moins de politique partisane instrumentalisée. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 9 septembre 2008 09h05
    La vie est belle.
    « Avec ca on va changer la societe. Quelle belle idee originale. Je trouve les politiques tres fins avec leurs idees revolutionnaire comme le controle des armes a feu. Apres on nous demande de voter pour leurs idees. Subtil et quelle force leur programme. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 11h02
    Contrôle des armes à feu... Pourquoi?
    « Il faut d'abord se demander pourquoi l'enregistrement des armes à feu de chasse serait nécessaire. La réponse c'est qu'il n'y a aucune raison. On prétend que cela pourrait réduire le nombre de crimes commis avec des armes à feu. Or, les armes généralement utilisées par les criminels sont des révolvers, pistolets et quelques fois des mitraillettes. Toutes ces armes sont soit interdites soit sujettes à un régime sévère de permis, d'autorisations et il y a un registre de ces armes qui existe depuis au moins une cinquantaine d'années.

    Les armes de chasse servent rarement à commettre un crime. Lorsqu'elles le sont, c'est souvent sous le coup d'une émotion très vive et le moyen de gagner du temps pour faire réfléchir celui qui perd la carte est d'obliger les propriétaires à les remiser dans ces cabinets fermés sous clé. Ça n'empêche pas le crime mais ça peut ralentir assez quelqu'un pour permettre à une ou des victimes potentielles de fuir ou à l'agresseur d'y penser à deux fois. Le fait que l'arme soit enregistré ne fait absolument rien pour décourager une personne en furie d'utiliser une arme de chasse pour commettre un crime.

    Les policiers ont plaidé qu'ils pourraient au moins savoir si des armes se trouvent à un endroit avant d'y pénétrer s'il s'y produit un incident ou s'ils ont à y faire une arrestation. Or, ils devraient dans TOUS les cas présumer que des armes s'y trouvent. Ce n'est pas parce que leurs dossiers ne dit pas qu'il se trouve des armes dans un endroit qu'ils n'en trouveront pas... Ils doivent s'attendre au moins à y trouver des armes illégales, celles que les criminels (les vrais) préfèrent et qui ne sont jamais enregistrées et sont achetées sur le marché noir qui est d'ailleurs très florissant.

    Des mesures efficaces contre l'usage intempestif des armes à feu se trouvent dans nos lois depuis près de vingt ans. Tous les détenteurs d'armes doivent avoir une autorisation d'acquisition d'arme à feu ou un permis de possession pour s'en servir et il y a des dispositions très strictes sur l'entreposage et le transport des armes dont la principale est qu'elles doivent toujours être sous clé.

    Le registre ne sert strictement à rien et je soupçonne fortement les Libéraux d'avoir créé ce registre pour pouvoir donner des contrats juteux à des amis du pouvoir. À l'époque, le ministre Rock (Libéral) avait refusé d'utiliser le registre déjà en place pour les armes à autorisation restreinte (révolvers etc.) et a voulu créer un autre registre, de toutes pièces, d'où les dépassements de coûts astronomiques (de 2M$ à presque 1 milliard $). En d'autres mots, les politiciens ont décidé d'ignorer l'expertise de la GRC et de la SQ quant au registre qui existait déjà et en créer un nouveau, ce qui a entraîné le fiasco qu'on connaît. La légitimité d'un tel registre est plus que douteuse.

    On peut être pour ou contre un registre des armes de chasse mais on ne peut soutenir qu'un tel registre pourrait prévenir des situations comme celles de Dawson College - c'est tout simplement faux et prétendre le contraire c'est faire de la basse politique pour leurrer les naïfs. »

  • Laurent Trempe
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 11h31
    Ignares et... révoltés
    « La plupart des interventions faites jusqu'ici, en commençant par la toute première, semble s'en prendre au fait que M. Dion organise sa campagne électorale autour d'évènements, d'idées et se faits qui ont eu cours durant les deux dernières années. Ces intervenants ont même le culot de s'en indigner en brandissant le spectre de la partisanerie à outrance.

    Mais à quoi vous attendez-vous !? il s'agit d'une campagne électorale ! Croyez-vous que les fins stratèges du PCC font plus dans l'éthique que ceux des autres partis en agitant avec vigueur, par exemple, l'image de la famille respectable qui se retrouve à cotoyer des héroïnomanes ?

    À mon sens, lorsqu'on se bat, on doit se battre à armes égales. L'instrumentalisation des évènements participe d'une longue tradition politique qui a vu le jour bien avant nous. Pour ma part, je préfère me réjouir du fait que le cynisme n'est pas manifesté exclusivement des citoyens à la politique, mais également de la politique aux citoyens. Parce que finalement, derrière cette forme de cynisme, il y a quelque chose qui ressemble à la recherche de ce qui est juste. Quelqu'un oserait-il s'y opposer ? »

  • Helmer Never
    Inscrit
    mardi 9 septembre 2008 22h35
    La taque taque tique du gendarme...
    « Puisque pour M. Harper ce sont les personnes qui les utilisent et non les armes qui sont dangereuses, et que donc pour autant il ne faut pas interdire les armes, pourquoi ne pas lui proposer d'aller jusqu'au bout de sa logique dans un domaine assez proche à plus d'un titre, en déclarant que ce ne sont pas les drogues qui sont dangereuses mais les personnes qui les utilisent, et que pour autant, il ne faut pas interdire les drogues ?
    Je ne suis pas [encore] Canadien, et je ne voterai pas à ces élections, ni même par procuration. Mais comme dit Pierre de Coubertin, "l'Important c'est de Participer" »

  • Raymond Turgeon
    Abonné
    mercredi 10 septembre 2008 13h56
    Cher c'est quoi remplir un ti-papier pour un gun
    « Le jour où tout les faits et gestes reliés à l'automobile relèveront du code criminel, je reconnaîtrai une certaine cohérence au maintien du registre. »

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