Caucus libéral de Winnipeg - Dion peaufine son plan vert
3 septembre 2008
Canada
Winnipeg — Alors que l'élection fédérale arrive à grands pas, le chef libéral, Stéphane Dion, se prépare à dévoiler des précisions à propos de son ambitieux programme de lutte contre les changements climatiques. Déjà, les conservateurs y lisent l'admission que le «Tournant vert» ne passe pas la rampe, mais le chef libéral assure au contraire qu'il s'en tient au plan prévu.
Ainsi, Stéphane Dion annoncera aujourd'hui à Winnipeg, alors que son caucus est réuni pour une rencontre préparatoire de trois jours, les mesures promises pour venir en aide aux agriculteurs affectés par sa taxe sur le carbone. Pas question d'assouplir le plan, assure le chef libéral. Au contraire: «Nous allons accélérer la possibilité d'avoir une agriculture plus verte, plus respectueuse de l'environnement et consommant moins d'hydrocarbures au Canada», a-t-il expliqué hier au cours d'un point de presse.
Dans son plan vert dévoilé en juin dernier, le Parti libéral a calculé que sa taxe sur les sources de gaz à effet de serre engendrerait, à terme, des revenus supplémentaires pour le gouvernement fédéral de 15,3 milliards de dollars par année. En contrepartie, le PLC s'engage à rendre une somme équivalente (15,4 milliards) aux contribuables sous forme de diverses réductions fiscales. De ce total, une somme d'un milliard de dollars n'était pas allouée avec précision. Il s'agissait d'une réserve de compensation étalée sur quatre ans
pour aider divers groupes plus durement affectés par la taxe, «tels que les organismes à but non lucratif et les oeuvres de bienfaisance», est-il écrit. C'est la portion de cette réserve destinée au monde de l'agriculture qui sera expliquée cet après-midi. Celle pour les camionneurs le sera ultérieurement. Ni les camionneurs ni les agriculteurs n'étaient énumérés dans le plan vert, qui parlait de manière plus générale des «plus démunis de notre société».
Immédiatement, depuis leur quartier général d'Ottawa, les conservateurs ont attaqué les libéraux. «Ce n'est pas un plan vert, c'est un plan fiscal. Il n'y a aucune cible de réduction des gaz à effet de serre. Notre plan à nous est plus crédible», a soutenu le député albertain Jason Kenney. Le Parti libéral a répliqué par voie de communiqué en rappelant que le Tournant vert prévoit une réduction de 20 % des gaz à effet de serre sous le niveau d'émission de 1990 d'ici à 2020. Les conservateurs ne se sont jamais engagés à utiliser 1990 comme année de référence comme le requiert le protocole de Kyoto.
Le Parti conservateur soutient que Stéphane Dion «veut augmenter les taxes sur tout» avec son plan vert et que, dans un temps d'incertitude économique, l'idée est à rejeter. M. Dion rétorque qu'il s'agit au contraire de restructurer la fiscalité canadienne de manière à encourager les comportements bénéfiques pour l'environnement et à décourager ceux qui ne le sont pas. «Quelle baisse d'impôt incluse dans le Tournant vert n'aiment-ils pas, a-t-il demandé. Laquelle? Celle que l'on donne aux jeunes familles [2,9 milliards]? Celle aux entreprises [1,7 milliard]? Celle qu'on leur donne pour amortir leurs investissements verts [600 millions]? Celle pour la recherche et le développement [400 millions]?»
Sondages volatiles
Cet accroissement des attaques à saveur électorale s'effectue alors qu'un dernier sondage place le Parti conservateur de Stephen Harper en avance et en territoire quasi majoritaire. Le coup de sonde Strategic Counsel-The Globe and Mail paru hier accorde 37 % des intentions de vote au Parti conservateur, 29 % au Parti libéral, 17 % au NPD et 9 % au Parti vert. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
Toutefois, ce sondage à contre-courant a été accueilli avec perplexité par les partis politiques fédéraux. En effet, depuis vendredi, trois sondages différents, avec le même échantillonnage (1000 répondants) et conduits à la même période (entre le 21 et 30 août) ont plutôt mis les conservateurs et les libéraux pratiquement à égalité. Les maisons Harris Decima et Nanos Research plaçaient les libéraux légèrement en avance, alors qu'Ipsos Reid montrait un Parti conservateur en avance de deux points seulement.
«Il y a eu plusieurs sondages avec des chiffres pas mal différents, a dit avec sobriété Jason Kenney. Il n'y a rien de stable, et je pense que ça va continuer. Ça montre que les gens n'ont pas pris de décision encore et que la campagne aura une importance.» «Les sondages, c'est comme la marée, ça va et ça vient», a renchéri Stéphane Dion.
Il reste que le sondage de Strategic Counsel montre que les Canadiens semblent faire davantage confiance à Stephen Harper pour tenir les rênes du pays alors que le mot récession sort de plus en plus de la bouche des économistes: il obtient l'appui de 38 % des répondants contre 27 % pour Stéphane Dion. Hier, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu à la baisse la croissance économique prévue du Canada, qui est passée de 1,2 à 0,8 %. Le Canada sera donc l'avant-dernier de la famille du G7, l'Italie fermant la marche avec 0,1 %. M. Dion n'a pas manqué de souligner ce qu'il conçoit comme une incohérence. «Un gouvernement qui nous a mis au bord de la récession en deux ans, a vidé la caisse en deux ans, ne fait que répéter les erreurs des gouvernements conservateurs du passé, et c'est nous, les libéraux, qui toujours avons rétabli les finances publiques, sous M. Chrétien, sous M. Martin, et on le fera sous mon leadership aussi.»
Pas ailleurs, M. Dion n'était pas peu fier de présenter sa recrue pour la circonscription de Palliser, en Saskatchewan, où il était de passage plus tôt dans la journée. Calvin Johnston est un chef de police de Regina ayant réussi à y faire diminuer le taux de criminalité de 25 %, clament les libéraux, en s'attaquant à la fois au crime et aux racines du crime. M. Johnston se présentera dans la circonscription de Palliser contre le conservateur Dave Batters, gravement malade. Le Parti libéral ne détient qu'un seul siège en Saskatchewan, les 13 autres étant conservateurs.
***
Avec la collaboration d'Alec Castonguay
Ainsi, Stéphane Dion annoncera aujourd'hui à Winnipeg, alors que son caucus est réuni pour une rencontre préparatoire de trois jours, les mesures promises pour venir en aide aux agriculteurs affectés par sa taxe sur le carbone. Pas question d'assouplir le plan, assure le chef libéral. Au contraire: «Nous allons accélérer la possibilité d'avoir une agriculture plus verte, plus respectueuse de l'environnement et consommant moins d'hydrocarbures au Canada», a-t-il expliqué hier au cours d'un point de presse.
Dans son plan vert dévoilé en juin dernier, le Parti libéral a calculé que sa taxe sur les sources de gaz à effet de serre engendrerait, à terme, des revenus supplémentaires pour le gouvernement fédéral de 15,3 milliards de dollars par année. En contrepartie, le PLC s'engage à rendre une somme équivalente (15,4 milliards) aux contribuables sous forme de diverses réductions fiscales. De ce total, une somme d'un milliard de dollars n'était pas allouée avec précision. Il s'agissait d'une réserve de compensation étalée sur quatre ans
pour aider divers groupes plus durement affectés par la taxe, «tels que les organismes à but non lucratif et les oeuvres de bienfaisance», est-il écrit. C'est la portion de cette réserve destinée au monde de l'agriculture qui sera expliquée cet après-midi. Celle pour les camionneurs le sera ultérieurement. Ni les camionneurs ni les agriculteurs n'étaient énumérés dans le plan vert, qui parlait de manière plus générale des «plus démunis de notre société».
Immédiatement, depuis leur quartier général d'Ottawa, les conservateurs ont attaqué les libéraux. «Ce n'est pas un plan vert, c'est un plan fiscal. Il n'y a aucune cible de réduction des gaz à effet de serre. Notre plan à nous est plus crédible», a soutenu le député albertain Jason Kenney. Le Parti libéral a répliqué par voie de communiqué en rappelant que le Tournant vert prévoit une réduction de 20 % des gaz à effet de serre sous le niveau d'émission de 1990 d'ici à 2020. Les conservateurs ne se sont jamais engagés à utiliser 1990 comme année de référence comme le requiert le protocole de Kyoto.
Le Parti conservateur soutient que Stéphane Dion «veut augmenter les taxes sur tout» avec son plan vert et que, dans un temps d'incertitude économique, l'idée est à rejeter. M. Dion rétorque qu'il s'agit au contraire de restructurer la fiscalité canadienne de manière à encourager les comportements bénéfiques pour l'environnement et à décourager ceux qui ne le sont pas. «Quelle baisse d'impôt incluse dans le Tournant vert n'aiment-ils pas, a-t-il demandé. Laquelle? Celle que l'on donne aux jeunes familles [2,9 milliards]? Celle aux entreprises [1,7 milliard]? Celle qu'on leur donne pour amortir leurs investissements verts [600 millions]? Celle pour la recherche et le développement [400 millions]?»
Sondages volatiles
Cet accroissement des attaques à saveur électorale s'effectue alors qu'un dernier sondage place le Parti conservateur de Stephen Harper en avance et en territoire quasi majoritaire. Le coup de sonde Strategic Counsel-The Globe and Mail paru hier accorde 37 % des intentions de vote au Parti conservateur, 29 % au Parti libéral, 17 % au NPD et 9 % au Parti vert. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
Toutefois, ce sondage à contre-courant a été accueilli avec perplexité par les partis politiques fédéraux. En effet, depuis vendredi, trois sondages différents, avec le même échantillonnage (1000 répondants) et conduits à la même période (entre le 21 et 30 août) ont plutôt mis les conservateurs et les libéraux pratiquement à égalité. Les maisons Harris Decima et Nanos Research plaçaient les libéraux légèrement en avance, alors qu'Ipsos Reid montrait un Parti conservateur en avance de deux points seulement.
«Il y a eu plusieurs sondages avec des chiffres pas mal différents, a dit avec sobriété Jason Kenney. Il n'y a rien de stable, et je pense que ça va continuer. Ça montre que les gens n'ont pas pris de décision encore et que la campagne aura une importance.» «Les sondages, c'est comme la marée, ça va et ça vient», a renchéri Stéphane Dion.
Il reste que le sondage de Strategic Counsel montre que les Canadiens semblent faire davantage confiance à Stephen Harper pour tenir les rênes du pays alors que le mot récession sort de plus en plus de la bouche des économistes: il obtient l'appui de 38 % des répondants contre 27 % pour Stéphane Dion. Hier, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu à la baisse la croissance économique prévue du Canada, qui est passée de 1,2 à 0,8 %. Le Canada sera donc l'avant-dernier de la famille du G7, l'Italie fermant la marche avec 0,1 %. M. Dion n'a pas manqué de souligner ce qu'il conçoit comme une incohérence. «Un gouvernement qui nous a mis au bord de la récession en deux ans, a vidé la caisse en deux ans, ne fait que répéter les erreurs des gouvernements conservateurs du passé, et c'est nous, les libéraux, qui toujours avons rétabli les finances publiques, sous M. Chrétien, sous M. Martin, et on le fera sous mon leadership aussi.»
Pas ailleurs, M. Dion n'était pas peu fier de présenter sa recrue pour la circonscription de Palliser, en Saskatchewan, où il était de passage plus tôt dans la journée. Calvin Johnston est un chef de police de Regina ayant réussi à y faire diminuer le taux de criminalité de 25 %, clament les libéraux, en s'attaquant à la fois au crime et aux racines du crime. M. Johnston se présentera dans la circonscription de Palliser contre le conservateur Dave Batters, gravement malade. Le Parti libéral ne détient qu'un seul siège en Saskatchewan, les 13 autres étant conservateurs.
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Avec la collaboration d'Alec Castonguay
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