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Le facteur Dion

Bernard Descôteaux   2 septembre 2008  Canada
Les partis politiques fédéraux sont sur le sentier de la guerre. De tous les chefs de parti, celui qui a le plus à perdre ou à gagner dans la campagne qui est sur le point de s'amorcer est Stéphane Dion. Dans le rôle de l'aspirant, il lui revient de démontrer qu'il a l'étoffe d'un premier ministre.

L'universitaire qu'est Stéphane Dion nous a déjà réservé des surprises. Personne ne le voyait en politicien lorsque le premier ministre Chrétien en fit le fer de lance de sa campagne antiséparatiste en 1996. Personne non plus n'avait imaginé que, champion de l'unité canadienne, il deviendrait un jour champion de l'environnement. Et encore moins qu'il pourrait battre au fil d'arrivée de la course au leadership libéral les vedettes qu'étaient Bob Rae et Michael Ignatieff.

Que Stéphane Dion puisse confondre les sceptiques une autre fois n'est pas impossible. La tâche sera cependant ardue. Les attentes à son endroit sont élevées. Très élevées. Tous ceux qui n'en peuvent plus du gouvernement Harper savent que, pour se débarrasser des conservateurs, il faudra faire de Stéphane Dion le prochain premier ministre. Or, force est de constater que, depuis ce jour de décembre 2007 où il est devenu chef du Parti libéral, il n'a pas su incarner le changement et le renouveau de la politique canadienne. On est à cent lieues de la frénésie qui se vit aux États-Unis autour de la candidature du démocrate Barack Obama. Son charisme est au niveau zéro — heureusement pour lui, Stephen Harper n'en a guère plus, mais pire, il peine encore à mettre en ordre son parti qui manque d'argent et de candidats.

La difficulté du chef libéral à affirmer son leadership est flagrante. En 20 mois, il n'a toujours pas su faire l'unité autour de sa personne. Certes, on a assisté ces derniers mois à un ralliement qui est loin d'être spontané. Députés et militants libéraux ont compris que pour gagner l'élection, il leur fallait resserrer les rangs.

Factice, cette unité pourrait ne pas tenir jusqu'au bout de la campagne électorale. À la première difficulté sérieuse, le chef pourrait se retrouver seul.

L'instinct politique fait complètement défaut à Stéphane Dion. Les chefs politiques n'en sont pas tous également pourvus, mais il n'a cessé de commettre des erreurs. Ses nombreuses menaces, jamais exécutées, de défaire le gouvernement ont fait ressortir la faiblesse de son jugement politique. On le sait capable de courage lorsqu'il s'agit de défendre ses convictions. Il peut s'entêter. Dans le feu de l'action électorale, saura-t-il prendre les bonnes décisions?

Au sein même de son parti, plusieurs ont remis son jugement en question lorsqu'il a fait de l'accord de Kyoto le coeur de sa plate-forme électorale. Au moment où l'économie ralentit, son projet de taxe sur le carbone a été contesté parce que pouvant accentuer ce ralentissement. On pourrait voir là une forme de courage politique, mais il aurait dû avoir la sagesse de développer par ailleurs une politique économique cohérente que l'on ne trouve toujours pas à son programme. En cette matière, il n'a pas à ses côtés un Paul Martin qui venait donner à Jean Chrétien une forte crédibilité.

Sauf sur les questions environnementales, le chef libéral n'a pas de nouvelles propositions à présenter aux Canadiens. Il s'accroche aux événements. La semaine dernière, il s'est transformé en défenseur des arts et des lettres en se joignant au mouvement de résistance aux compressions dans les programmes de soutien au développement culturel décrétées par le gouvernement Harper. Dans le débat sur la nation québécoise, il n'a pas non plus cherché à donner quelque signe d'ouverture que ce soit. Il incarne un fédéralisme centralisateur, laissant à cet égard tout l'espace aux conservateurs pour mettre en avant, au Québec, leur fédéralisme de coopération. Le Parti libéral n'est plus le parti du Québec qu'il fut pendant un siècle. Le fait d'avoir ce fils du Québec à sa tête, si peu en phase avec ses concitoyens, est un handicap plutôt qu'un avantage.

À quelques jours du déclenchement de la campagne électorale, les sondages peuvent rassurer M. Dion. Libéraux et conservateurs sont à égalité. Il ne faudrait pas toutefois qu'il se trompe.

S'il en est ainsi, c'est moins une manifestation de confiance des Canadiens à son endroit qu'un rejet des politiques conservatrices. Ce sera là son seul véritable atout. Le premier ministre Harper répliquera que l'absence de leadership du chef libéral fera courir au pays de plus grands dangers encore. Il en fera même l'élément central de sa campagne. À charge pour le chef libéral de nous révéler un autre Stéphane Dion. Autrement, il pourra être le facteur principal de sa propre défaite.
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 septembre 2008 04 h 39
    Un autre Stéphane Dion ?
    En d'autres temps, "le rejet des politiques conservatrices", comme le dit l'éditorialiste, pourraient contribuer fortement à l'élection d'un gouvernement libéral à Ottawa, mais M. Dion doit en plus gagner la confiance de nombreux journalistes qui n'ont toujours pas accepté, et n'accepteront sans doute jamais, les résultats de tous les référendums sur la souveraineté qui ne sont pas favorables à leur option, et qui trouvent trop élevée la barre qui établit que les négociations éventuelles sur la souveraineté ne pourraient commencer qu'à la suite d'une réponse largement majoritaire à une question claire.

    L'éditorialiste fait porter au chef libéral la "charge de nous révéler un autre Stéphane Dion".

    Dans ces circonstances, les libéraux seront chanceux s'ils obtiennent une couverture médiatique objective.
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    2 septembre 2008 05 h 16
    Décembre 2006
    Stéphane Dion est devenu chef du Parti libéral en décembre 2006 et non en 2007.
    Sylvio Le Blanc
    http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    2 septembre 2008 05 h 49
    Dion ou Harper, pourquoi pas essayer le NPD à la prochaine élection?
    Monsieur Dion a de très belles qualités. Sauf qu'en politique, je ne le vois pas comme un attaquant offensif mais plutôt comme quelqu'un souvent sur la défensive qui réagit aux circonstances. D'un point de vue anthropologique, pour ces raisons, ça ne fait pas de lui un chef qu'on est porté à suivre. N'empêche que j'ai une certaine sympathie pour monsieur Dion. En tant que politicien, cependant, monsieur Dion devrait se faire à l'idée qu'il est dans un panier de crabes.

    Monsieur Harper est un entêté et un médiocre qui rue avec ténacité dans les brancards. Le malheur avec monsieur Harper, c'est qu'il a une façon de voir à la fois réductionniste et manichéenne. Il est le genre de candidat que d'autres ayant les mêmes valeurs que lui veulent suivre; s'ajoute à cela les politiciens opportunistes de tout acabit et qui pense que Harper aura les clés de l'antre du pouvoir, à la prochaine élection.

    JM
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  • jacques noel - Inscrit
    2 septembre 2008 06 h 37
    Libéraux et Conservateurs à égalité?????
    Le dernier sondage donne une avance de 8 pts aux Conservateurs. Le paysage est le même qu'il y a 3 ans.

    http://www.theglobeandmail.com/servlet/
    story/RTGAM.20080901.wpoll0901/BNStory/Front/?page=rss&id=RTGAM.20080901.wpoll0901

    According to the poll, conducted by the Strategic Counsel, 37 per cent of Canadians would opt to vote for the Tories were an election to be held today, compared with 29 per cent for the Liberals, 17 per cent for the NDP and 9 per cent for the Green Party.

    In the 2006 election, the Tories polled 36 per cent, compared with the Liberals' 30, the NDP's 18 and the Greens' 5.
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  • Max Roujeon - Abonné
    2 septembre 2008 08 h 03
    Les libéraux seront donc toujours des magouilleurs ou des rêveurs
    Si Stéphane Dion n'a pas su que Gagliano se faisait financer un vignoble avec nos impôts, où irait-on s'il devenait PM?
    -Soit il ne l'a pas su, donc, il n'est pas apte à gouverner, déjà qu'il ne savait rien des commandites (???). On ne peut avoir un «déconnecté» à la tête d'un pays.
    -Soit il l'a su et a fermé les yeux ou s'est fait dire de regarder ailleurs et donc, il n'est pas plus apte à gouverner.
    De plus, et c'est important, depuis que le Canada et le Québec sont en «froid» nous avons, comme par hasard des Québécois comme PM à la tête des libéraux.
    Ça ne nous aide pas!!!
    Pour prouver que le Québec n'est pas favorisé par ses origines, le PM nous traite pire que les autres provinces bien souvent.
    Un peu comme si le fils du chef d'entreprise travaille avec papa. Le papa, pour faire preuve d'impartialité exige plus du fils que des autres.
    Un Bob Rae m'aurait été plus sympathique car s'il avait fait mine de semer la pagaille au Québec, il se serait fait, je pense, rappeler à l'ordre par l'establishment anglais.
    Moralité, je ne les aime pas plus que ça, mais je vais probablement voter conservateur, peu importe la teneur de la campagne dont malheureusement, 95% ne seront que promesses électorales non tenues de toutes façons.
    Il serait temps de remettre en question la gouvernance par partis politiques puisque de toute façon nous sommes gérés par la fonction publique.
    Un peu comme si le pays était un gâteau, le gâteau est le même quel que soit le gouvernement en place, c'est le glaçage qui change. Alors....à quoi bon?
    Un parti achète de l'équipement pour l'armée, l'autre veut des éoliennes, de toute façon on aura ce dont on a besoin et un peu de tout ça quel que soit le parti en place.
    Entre nous, pour en arriver là, c'est que ça va mal au pays, j'espère qu'un messie va surgir et nous arranger tout ça.
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  • Jean Leroux - Inscrit
    2 septembre 2008 08 h 04
    Le Devoir maintient son rôle comme La Pravda du PQ/BQ
    Cet éditorial manque, encore une fois, d'équilibre. L'analyse est étroite, restreinte à quelques éléments qui intéressent ou touchent une partie minime de la population canadienne. Je me souviens (!)très bien comment Le Devoir (La Pravda du PQ/BQ) avait dit à maintes reprises en 1992-1993 que Jean Chrétien n'avait aucune chance de devenir premier ministre parce que les québécois de lui pardonneraient jamais son appui à la Charte des droits de la personne et au rapatriement de la Constitution canadienne en 1982. Et pourtant, il fût réélu à trois reprises avec des majorités importantes et un score égal à celui du BQ au Québec, en 2001. L'aveuglement idéologique du Devoir a fait qu'ils étaient dans l'erreur et j'ose espérer que ce sera le cas encore cette fois-ci parce que l'aveuglement idéologique, lui, est toujours là.
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  • Michel St-Pierre - Inscrit
    2 septembre 2008 08 h 29
    Parlant de facteur...
    Le principal facteur de la défaite de Paul Martin fut la pièce montée par l'opposition et les media autour de quelques pots de vin qui, somme toute, demeurent ridicules comparativement aux dizaines de MILLIARDS de dollars coulés par les conservateurs dans les effectifs militaires au détriment des affaires sociales et culturelles.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    2 septembre 2008 08 h 38
    Dion est la tête de turc de tous
    Si les bloqueux salivent déjà de voir que Stéphane Dion pourrait menacer la place de premier ministre. Imaginez qu'il personnifie la co<ndition gagnante pour nous ramener le référendum motive la gang à Duceppe.

    Quand on dit que le coté environnemental est son point fort, j'en doutes. D'abord faut se rappeler que Dion a été ministre de l'Environnement et qu'il a augn<mneté dles GES se contentant de faire de la bureaucrastie et de l;a parlotte avec son ami de Greenpeace, le théologien Steven Guilbault. Il faut se rappeler que d`es la signature de Kyoto par les libéraux de Dion-Chrétien, ces derniers n'é.taient pas du tout convaincus que ce serait possible de réaliser ce qu'ils s'engageaient. D'ailleurs un reportage du Devoir auprès du conseiller spécial au cabinet de Jean Chrétien, M. Eddy Goldenberg, est éloquent en ce sens, Voici un extrait:

    "Dans une entrevue accordée au Devoir hier, mais également lors d'un discours livré au Canadian Club de London, Eddie Goldenberg a aussi soutenu que le gouvernement Chrétien n'était pas prêt à l'époque à atteindre les objectifs de Kyoto, qu'il qualifie «d'extrêmement ambitieux». Il affirme même que la possibilité de rater la première échéance du protocole de Kyoto était évaluée comme une forte possibilité au sein du gouvernement libéral de l'époque. "

    Ca dit tout et c,est incompréhensible que Dion affirme maintenant le contraire en tapant sur le gouvernement Harper qui en matière d'environnement a réalisé plus de choses en deux ans que les seix=<ze ans du gouvernement libéral.

    Quant aux bloqueux après 17 ans de chialage à Ottawa alors qu'ils devaient rester au maximum 10 ans , n'ont plus leur raison d'être. On n'a qu'écouter les messages électoraux du bloc pour comprendre qu'il ne leur reste que la résistance du français pendant 400 ans comme réalisation. Pas fort, fort l'affaire... Dwe toute façon ils ne peuvent aspirer à prendre le pouvoir.
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  • Yvon Montoya - Abonné
    2 septembre 2008 08 h 51
    Dionisaque.
    Un grande majorite de gens n'est pas interessee par ces enjeux politiques. Quelque chose semble leur echapper et la mediocrite des acteurs est si flagrante que l'on prefere penser a autre chose. De toutes manieres, c'est avec les USA que nous devrions voter. Le Canada est un satellite neutre et bien terne ou il fait bon vivre, tres bon meme. Bref, le retour alors qu'il n'est pas parti de Harper, s'annonce. Il a l'air bien malin face a l'ensem ble des politiques canadiens.
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  • Jacques Lafond - Abonné
    2 septembre 2008 09 h 53
    Le même Stéphane Dion
    Je ne peux pas croire qu'une seule personne au Québec va voter pour Stéphane Dion. Si ''je me souviens'' est bien la devise du Québec, je pense qu'il est absolument primordial qu'on le prouve au prochaines élections fédétales à venir très bientôt.

    Je ne peux pas croire qu'une seule personne au Québec va voter pour Stéphane Dion. Je ne peux simplement pas le croire ...

    Je pense que Stéphane Dion sera le premier chef de parti au monde dont le parti n'aura recueilli aucun votre dans un état (le Québec) pour une élection générale. Pas un seul vote. Pas un. Zéro ...
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    2 septembre 2008 10 h 47
    Choix impossible
    La pensée Conservatrice ne rejoint qu'une minorité d'électeurs au Canada et au Québec mais, parce que la soit-disant gauche est divisée entre trois partis politiques, ça permet aux Conservateurs de s'accrocher au pouvoir. Ce n'est pas nouveau et il n'y a pas si longtemps, la droite canadienne était divisée en deux partis, les Réformistes et les Progressistes conservateurs et cela a aussi permis aux Libéraux de garder le pouvoir pendant plusieurs années.

    La gauche canadienne n'a pas de vrai chef rassembleur et Dion est une bien mauvaise alternative aux Conservateurs. Le NPD ferait probablement un bien meilleur gouvernement mais il n'a aucune chance justement à cause de la division de la gauche et au fait qu'il a bien du mal à percer au Québec car il est extrêmement centralisateur. Le Québec va peser lourd dans la campagne électorale qui pointe à l'horizon et va décider si les Conservateurs vont pouvoir garder le pouvoir.

    Il est grandement temps pour ce pays de moderniser son système démocratique et implanter une forme de proportionnelle et pour les partis politiques de considérer des coalitions. Même si cela génère de l'instabilité, ça néanmoins permet de vraiment refléter les tendances au sein de l'électorat et réduit les risques de dérapage dans lequel un gouvernement majoritaire pourrait nous plonger. Par exemple, les Conservateurs majoritaires vont très probablement rouvrir le débat sur la criminalisation de l'avortement et ils pourraient effectivement remettre ça comme infraction dans le Code criminel, forts de leur majorité au Parlement alors que la très grande majorité des Canadiens y est opposée. Une coalition de gauche pourrait très bien gouverner ce pays et aurait beaucoup plus de chances de refléter les idées de la majorité.
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  • Michel Gagnon - Abonné
    2 septembre 2008 13 h 18
    Faites preuve d'audace; ouvrez les yeux! !
    Bonjour,

    Alors, selon vous, si ce n'est Harper ça doit nécessairement être Dion ? Quel manque d'imagination ! À ce que je sache il y a plus de 2 partis politiques au Canada. Votre insistance à limiter les choix à ces deux seuls candidats n'a pas sa place dans un journal d'idées comme le vôtre. Poussez votre analyse un peu plus loin, cher monsieur: si les électeurs ne peuvent plus voir Harper l'arrogant, et s'ils ne veulent pas d'Averell Dion, pourquoi ne pas ouvrir les yeux pour voir ce que les autres candidats ont à offir ? Est-ce que Jack Layton serait pire que Harper ? Plus perdu que Dion ? Répondre oui à cette question exigerait toute une dose de mauvaise foi.
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  • Hubert Larocque - Abonné
    2 septembre 2008 14 h 23
    Stéphane Dion et la mémoire du Québec.
    Stéphane Dion et la mémoire du Québec.
    La plus grande faiblesse des systèmes scrutino-médiatiques est bien leur absence de mémoire. Les élections peuvent trahir les fondements même d'un pays et de son histoire plus facilement qu'une dizaine de traîtres dans les régimes d'autrefois. L'électorat, flatté et sacralisé par la démagogie, échappe à tout sens critique, il jouit de l'impunité la plus totale. Rien n'est plus fascinant que la valse des chiffres mise en scène par Bernard Derome qui a fait, les grands soirs d'élection, un spectacle de genre Las Vegas du naufrage de la mémoire, de l'intelligence et de la dignité d'un peuple.
    N'est-ce pas les élections qui ont permis à Pierre Elliot Trudeau, à Jean Chrétien, de réussir, comme en se jouant, ce qui semblait impensable à toutes les générations précédentes? Non seulement ont-ils subverti leurs promesses , mais ils ont utilisé leur fonction pour bloquer toute évolution « constitutionnelle » dans le sens des aspirations nationales du Québec? S'ils s'étaient heurtés à une véritable opposition, jusqu'où se seraient-ils portés? Le début des « mesures de guerre » nous en dit assez long pour que l'on imagine la suite.
    Stéphane Dion les a approuvés et, par sa loi sur la clarté, a aggravé d'un cran la contrainte de 1982. Aucun québécois, possédant un minimum de mémoire et de conscience nationales, ne pourra donner à ce personnage le pouvoir de nuire davantage. Le Parti libéral, qui l'a accepté comme chef, mérite un discrédit semblable. S'il y a des crimes contre l'humanité, il y a aussi des crimes contre la nation qui n'en sont pas moins imprescriptibles. Car la nation, après la personne humaine, est la médiation la plus rapprochée de l'humanité.
    Hubert Larocque, Gatineau.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    2 septembre 2008 15 h 28
    N est-ce pas lui ...
    N est-ce pas le meme Stephane Dion qui a dit qu il fallait faire mal au Quebec ...
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  • Claude Tremblay - Abonné
    2 septembre 2008 17 h 29
    Un choix pénible!
    Entre l'implacable rigidité d'un Harper et l'incroyable indécision d'un Dion, que reste-t-il? Jamais je n'aurais pensé écrire ça au cours de ma vie, mais c'est le NDP qui me semble maintenant la meilleure option, même si ça fait mal de l'admettre.
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  • Jacques Lafond - Abonné
    3 septembre 2008 13 h 11
    Le NPD ?
    Malheureusement, surtout avec la venue de Thomas Mulclair au sein du NPD, le Québec ne peux pas voter pour ce parti. Thomas Mulclair prend de plus en plus d'importances au sein du NPD, et Thomas Mulclair est un vendu, une personne qui est contre le développement économique du Québec.

    Thomas Mulclair est l'équivalent de tous ces groupes de pressions qui s'oppose à tout au Québec depuis 20 - 30 ans, et qui font terriblement mal à notre économie.

    Voter pour le NPD, c'est malheureusement l'équivalent de voter pour les anti-çi, anti-ça ...

    On ne peux pas votre pour le NPD.
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