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Économie et leadership, les thèmes de la campagne conservatrice

Alec Castonguay   30 août 2008  Canada
Stephen Harper
Stephen Harper
Ottawa — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est sorti de sa rencontre au 24 Sussex avec la certitude que Stephen Harper déclenchera une campagne électorale dans les prochains jours. «Il veut véritablement avoir des élections», a-t-il dit après sa réunion avec le premier ministre. qui a duré près d'une heure hier.

Pendant ce temps, la campagne conservatrice se prépare et a déjà trouvé son angle d'attaque, ne laissant aucune doute sur l'imminence du déclenchement.

Hier, une source conservatrice bien placée a soutenu au Devoir que Stephen Harper lancera sa campagne sur l'économie et le leadership, deux thèmes où le PC estime être plus fort que Stéphane Dion et les libéraux. «Qu'on aime Harper ou non, il sait où il s'en va», a dit cette source.

«Notre campagne proposera la certitude, sans engagement de dépenses massives, sans baisses d'impôts importantes, sans nouveaux programmes que le pays ne peut pas se payer. Les dépenses seront responsables», a soutenu cette source conservatrice, qui ajoute que les libéraux vont sûrement attaquer sur les «soi-disant coupures dans le domaine des arts».

Les libéraux n'ont toutefois pas l'intention de se laisser distancer sur les questions économiques. S'appuyant sur les données de Statistique Canada dévoilées hier, Stéphane Dion a soutenu que Stephen Harper était responsable du marasme économique qui gagne le pays, «le pire depuis 17 ans». «Stephen Harper et Jim Flaherty continuent d'affirmer que les bases sont excellentes au Canada en dépit du fait que selon toutes les définitions économiques, le Canada est en chute libre», a dit M. Dion par voie de communiqué. «Les libéraux ont remis de l'ordre dans la confusion budgétaire laissée par les conservateurs la dernière fois, et ils le feront à nouveau.»

Selon cette source conservatrice, les élections seront déclenchées entre mardi et dimanche prochain, pour un scrutin le mardi 14 octobre. Les libéraux doivent se réunir en caucus à Winnipeg mercredi et jeudi, à moins d'un avis contraire.

Selon nos informations, les candidats libéraux se rendront à Drummondville demain pour faire prendre leurs photos électorales. Une rumeur circulait à l'effet que trois candidats de la région de Québec s'étaient désistés, mais après vérification, il appert qu'ils avaient déjà signifié leurs intentions il y a plusieurs mois déjà. Plusieurs sources libérales critiquent malgré tout, en coulisses, la lieutenant québécoise Céline Hervieux-Payette pour sa maladresse dans le recrutement de candidats. «Elle attend toujours la perle rare et laisse filer les perles ordinaires qui se présentent», illustre l'une d'entres elles. Même une circonscription sûre comme Lasalle-Émard, ancien fief de Paul Martin, n'a toujours pas de candidat attitré. Le nom de Liza Frulla circule, mais cette dernière a fermé la porte catégoriquement. «Je n'y vais pas.»

Deux sondages nationaux parus hier, un Harris-Decima-Presse canadienne et un Nanos Research-Sun Media, placent le Parti libéral en avance sur le Parti conservateur, mais légèrement. En tenant compte de la marge d'erreur, les deux grands partis sont au coude à coude.

Rencontre infructueuse

Gilles Duceppe et Stephen Harper ont discuté de plusieurs enjeux hier au 24 Sussex, mais sans trouver de terrain d'entente. «On a regardé l'ensemble de la situation, mais je pense qu'il a un plan de match établi. Je lui ai demandé quelles étaient les priorités du gouvernement, et ce n'était pas clair», a dit Gilles Duceppe.

Le chef du Bloc québécois dit avoir offert au gouvernement de travailler avec chacun des partis d'opposition sur une base ponctuelle aux Communes pour faire passer les projets de loi, comme c'est le cas depuis près de trois ans. «Ce n'est pas ce qui l'intéresse», a-t-il dit.

Gilles Duceppe a souligné que les élections qui approchent seront l'occasion de débattre de grands enjeux. «On va parler d'économie et d'environnement, deux domaines très liés. [...] C'est bien de reconnaître la nation québécoise, c'est un gain, mais il faut aussi passer de la parole aux actes. Pourquoi couper dans la culture, qui est l'expression de la nation? Pourquoi s'opposer au modèle de développement économique communautaire mis en place dans les régions du Québec?», a-t-il énuméré.

Le chef bloquiste a rappelé que Stephen Harper contournerait sa propre loi, qui impose des élections à date fixe, en lançant une campagne électorale d'ici une semaine.

Stephen Harper n'a pas rencontré les journalistes après la rencontre. Son porte-parole, Dimitri Soudas, a soutenu que le Bloc québécois a clairement signifié n'avoir plus confiance au gouvernement conservateur. «Le Bloc veut montrer qu'il s'oppose au gouvernement», a-t-il dit.

Le premier ministre doit rencontrer le chef du NPD, Jack Layton, aujourd'hui. Aucune date n'a encore été fixée avec le chef libéral Stéphane Dion, qui a offert le 9 septembre. L'équipe de Stephen Harper juge cette date trop éloignée et laisse entendre qu'une telle rencontre n'est peut-être plus utile.

***

Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti






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  • Jasette
    Abonné
    samedi 30 août 2008 02h34
    Les thèmes de l'économie et du leadership de Harper
    « La vraie démocratie, ce n'est pas qu'une obscure question de campagne électorale et d'élection périodique. C'est surtout idéalement d'avoir foi en une certaine transparence lorsque les politiciens nous parlent des enjeux politiques, sociaux et économiques, non seulement durant les campagnes électorales mais tout au long de leur mandat. Afin que les citoyens puissent prendre des décisions vraiment éclairées.

    Disons que je suis en train de parler d'une démocratie participative. Les gens n'ont pas vraiment le temps; ils ont en effet bien d'autres préoccupations qui les tenaillent tous les jours. Et, le sachant d'instinct, les politiciens qui aiment le pouvoir rient impunément dans leurs barbes. Au fond, les citoyens sont tellement occupés que s'ils prennent le temps de se déplacer pour aller voter, certains pourront même choisir leur candidat comme dans un jeu de colin-maillard.

    Morale de l'histoire, le parti Conservateur court la chance de gagner les prochaines élections quand une population vit dans le confort et l'indifférence. Économie et leadership, image sans contenu, Harper mise probablement là-dessus pour que les poissons mordent naïvement à ses promesses factices. La politique est comme un champ de bataille à sens unique. Le véritable enjeu est le sceptre du pouvoir. Le gagnant rafle la mise, vient ensuite la remise des octrois.

    C'est en définitive l'image qui prévaudra si les grands thèmes de la prochaine campagne électorale sont uniquement l'économie et le leadership. En somme, ce sera moins le contenu que le contenant. Bref, il s'agira de placer les citoyens devant l'église du politique pour leur faire adorer le veau d'or. C'est à regret que j'avance tout ça. J'aimerais tant voir les gens suivre avec plus d'intérêts les évolutions de leur destin.

    JM »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 30 août 2008 08h53
    Pourquoi pas : guerre et pollution ?
    « Les thèmes pourraient être guerre et pollution.

    Les Libéraux et les Conservateurs sont les protecteurs des champions pollueurs, les pétrolières américaines qui exploitent les sables bitumineux de l'ouest canadien en polluant pas mal trop. M. Dion présente bien un plan de taxes à la pollution mais il a été ministre d'un gouvernement libéral qui a laissé pollluer en masse.

    Si on est contre la guerre "qui nous coûte des milliards, que l'on va perdre de toute façon" et contre la pollution qui nous fait dégeler les pôles en causant des dommages irréparables, il nous reste, au Québec, le NPD si on est fédéraliste et le Bloc si on est souvwerainiste. Ils ne prendront pas le pouvoir mais ils vont modérer un gouvernement minoritaire conservateur ou libéral qui seraient trop dangereux...majoritaires. »

  • Jean Le May
    Inscrit
    samedi 30 août 2008 10h48
    Le pari d'un vote majoritaire
    « A voir monsieur Harper ces dernières semaines, on jurerait qu"il fait le pari qu'il peut obtenir un vote majoritaire et espèrer ainsi avoir les coudées franches pour poursuivre son virage à droite.
    Ça ne me semble pas souhaitable mais néamoins fort réalisable. Ce sera une question de chiffres (bulletins de vote) et il peut y avoir des surprises.
    Premier scénario: au Québec les gens pourraient être tentés d'affaiblir le Bloc qui cherche un peu trop sa raison d'être. Si le vote se divise entre libéraux et NPD, ca peut aller mais des gens pourraient se montrer intéressés à Monsieur Harper et augmenter sa contribution au Québec.
    Autre scénario: qui nous dit que les libéraux sont si forts? On pourrait assister à une baisse importante du vote pour les libéraux parce que le chef, eh bien le chef est pas mal terne.
    Deux grands gagnants se dessinent à l'horison: ou les conservateurs deviennent majoritaires ou le N.P.D. fait une percée remarquable partout, même au Québec
    Ce scénarion ne m'apparait pas impossible.
    Je n'ai ni les chiffres ni l'expertise mais on verra si j'ai du flair.
    Jean Le May »

  • André pelletier
    Inscrit
    samedi 30 août 2008 10h55
    Crédibilité de Stephan Harper
    « Son absence des jeux olympiques prouve hors de tout doute que Stephan Harpeur n'a pas peur de se mouiller quand arrive le temps de contester un gouvernement.C'était la bonne manière de le faire.La critique elle sera toujours présente même dans les bonne décisions.On n'y peut rien.C'est encore l'homme de la situation pour diriger le Canada présentement »

  • Roger Marcoux
    Inscrit
    samedi 30 août 2008 12h16
    Harper est le bien-aimé...
    « Harper est le bien-aimé... des américains! »

  • Jasette
    Abonné
    dimanche 31 août 2008 09h05
    Harper et les USA
    « Grosse question à propos d'élections: Après les élections canadiennes, si Harper reste au pouvoir et que Obama rentre aux USA, notre nouveau placide cher Premier Ministre modifiera-t-il ses relations avec les USA? Actuellement, c'est G.W. Bush qui est Président des USA. Si Obama devient le futur Président des USA, à quoi Harper s'en tiendra-t-il en terme de relation avec les USA? Qu'Harper soit en bonne relation avec les USA actuellement, l'est-il à cause des USA ou simplement parce que c'est G.W. Bush (et sa façon manichéenne de diriger)qui est l'actuel Président des USA?

    JM »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    dimanche 31 août 2008 09h13
    Meneur d`hommes
    « Il faut à tout prix faire d`une pierre deux coups. En élisant Harper, protégeant le Bloc et accroissant les élus NPD les Québécois et autres canadiens s`assurent que Dion fera ses bagages pour quitter la scène politique fédérale sans délai. Un objectif très clair comme disait Lucienne Robillard aux questions de toute nature. C`est clair, dehors et rien d`autre, car il disait des Québécois en 1996:`Faites les souffrir`. »

  • Steve Fortin
    Abonné
    dimanche 31 août 2008 10h27
    @ M. Pelletier; crédibilité et Conservateurs ne vont pas de pair!
    « Avant même qu'il ne fasse part de sa décision de ne pas se rendre aux Jeux Olympiques, M. Harpeur a bien indiqué qu'il ne s'agissait pas d'une façon de "critiquer" le gouvernement chinois. Je cite, M. Harpêur a plutôt indiqué "que les Jeux olympiques ne l'intéressaient pas" ! On est loin de la crédibilité quand on considère que le Canada a bien plus à perdre que les chinois si les relations devaient se froisser entre les deux pays!

    M. Morissette, merci pour votre commentaire intelligent et éclairé! En effet, les conservateurs gagneront à évincer tout contenu de la campagne électorale. Une simple visite sur le site internet des Conservateurs montre l'importance que ces derniers accordent au contenu! Il faut chercher longtemps avant de lire sur les réalisations de ce gouvernement (peut-être leur bilan est-il si gênant qu'il faille le cacher!); tout n'y est qu'attaques de mauvais goût contre les bloquistes surtout (en français) et les libéraux mais bien peu est dit sur les intentions et le programme de parti de ce gouvernement. Espérons que les québécois sauront voir plus loin que les demi-vérités et les mensonges des néo-conservateurs harpeuriens et leur actions à la sauce fauconne américaine. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    dimanche 31 août 2008 13h47
    Démocratie?
    « Faut voir les faits. Harper et son gouvernement ont passé une loi disant que la prochaine élection aurait lieu en octobre 2009. Maintenant, sous le prétexte que le Parlement ne marche pas, il décide de contourner sa propre loi et déclencher des élections parce que les sondages lui sont favorables (ou du moins aussi favorables que possible avant longtemps...), ce qu'il avait précisément blâmé Chrétien d'avoir fait... Il contourne la vérité lorsqu'il prétend que le Parlement ne fonctionne pas car en fait, Dion a plié et laissé passé toutes les lois conservatrices ces derniers temps et rien ne prouve qu'il aurait changé de tactique cet automne. Les faits sont que ce sont les Conservateurs qui empêchent le Parlement de fonctionner (voir par exemple la commission parlementaire sur les dépenses du Parti Conservateur, qui ont tourné au cirque quand les témoins Conservateurs ont comparu à des dates et heures autres que ce qui avait été prévu ou ne se sont pas présenté) et doivent donc accepter l'odieux de ces élections précipitées.

    Harper espère un gouvernement majoritaire pour avoir les coudées franches et imposer ses politiques aux Canadiens. Or, il est impossible en ce moment pour les Conservateurs d'avoir plus de 50% des votes - ils peuvent espérer peut-être un beau 35%... Ils espèrent donc imposer leurs politiques à une majorité d'électeurs qui vont voter pour des partis qui sont soit plus à gauche. Malheureusement le vote dit progressif est divisé en quatre partis fédéraux: les Libéraux, le NPD, le Bloc et les Verts. Si notre système était réellement démocratique, nous aurions un Parlement à la proportionnelle et des gouvernements de coalition. Mais non, c'est plus facile de dicter sa volonté au peuple et garder le pouvoir à une chasse-gardée de 2 partis, Libéraux et Conservateurs. Tout parti plus progressiste ne semble avoir aucune chance d'être au pouvoir sauf s'il en détient la balance (balance du pouvoir). Les coalitions sont certes moins stables mais au moins elles sont plus démocratiques et gardent les gouvernements dans les limites de la décence. Les Libéraux ont joui du système dans le passé en dictant leurs politiques à tout le monde et maintenant les Conservateurs espèrent en faire autant. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 1 septembre 2008 07h20
    Et les subsides aux arts!
    « Harper devra expliquer le manque de vitalité de son gouvernement dans son soutien aux arts et artistes. Les Verner, Blackburn, Fortier, Bernier et Cannon nous font la preuve de leur pauvre compréhension du monde des arts. Ils font le calcul que ces québécois pénalisés appartiennent au Bloc sur l`île de Montréal. Ils se trompent gravement et perdront bien des votes dans cette campagne. Enfin se faire représenter par Verner, Blackburn et Bernier a ses limites bien évidentes. Faut pas trop creuser les esprits perfides! »

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