Économie et leadership, les thèmes de la campagne conservatrice
Stephen Harper
Ottawa — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est sorti de sa rencontre au 24 Sussex avec la certitude que Stephen Harper déclenchera une campagne électorale dans les prochains jours. «Il veut véritablement avoir des élections», a-t-il dit après sa réunion avec le premier ministre. qui a duré près d'une heure hier.
Pendant ce temps, la campagne conservatrice se prépare et a déjà trouvé son angle d'attaque, ne laissant aucune doute sur l'imminence du déclenchement.
Hier, une source conservatrice bien placée a soutenu au Devoir que Stephen Harper lancera sa campagne sur l'économie et le leadership, deux thèmes où le PC estime être plus fort que Stéphane Dion et les libéraux. «Qu'on aime Harper ou non, il sait où il s'en va», a dit cette source.
«Notre campagne proposera la certitude, sans engagement de dépenses massives, sans baisses d'impôts importantes, sans nouveaux programmes que le pays ne peut pas se payer. Les dépenses seront responsables», a soutenu cette source conservatrice, qui ajoute que les libéraux vont sûrement attaquer sur les «soi-disant coupures dans le domaine des arts».
Les libéraux n'ont toutefois pas l'intention de se laisser distancer sur les questions économiques. S'appuyant sur les données de Statistique Canada dévoilées hier, Stéphane Dion a soutenu que Stephen Harper était responsable du marasme économique qui gagne le pays, «le pire depuis 17 ans». «Stephen Harper et Jim Flaherty continuent d'affirmer que les bases sont excellentes au Canada en dépit du fait que selon toutes les définitions économiques, le Canada est en chute libre», a dit M. Dion par voie de communiqué. «Les libéraux ont remis de l'ordre dans la confusion budgétaire laissée par les conservateurs la dernière fois, et ils le feront à nouveau.»
Selon cette source conservatrice, les élections seront déclenchées entre mardi et dimanche prochain, pour un scrutin le mardi 14 octobre. Les libéraux doivent se réunir en caucus à Winnipeg mercredi et jeudi, à moins d'un avis contraire.
Selon nos informations, les candidats libéraux se rendront à Drummondville demain pour faire prendre leurs photos électorales. Une rumeur circulait à l'effet que trois candidats de la région de Québec s'étaient désistés, mais après vérification, il appert qu'ils avaient déjà signifié leurs intentions il y a plusieurs mois déjà. Plusieurs sources libérales critiquent malgré tout, en coulisses, la lieutenant québécoise Céline Hervieux-Payette pour sa maladresse dans le recrutement de candidats. «Elle attend toujours la perle rare et laisse filer les perles ordinaires qui se présentent», illustre l'une d'entres elles. Même une circonscription sûre comme Lasalle-Émard, ancien fief de Paul Martin, n'a toujours pas de candidat attitré. Le nom de Liza Frulla circule, mais cette dernière a fermé la porte catégoriquement. «Je n'y vais pas.»
Deux sondages nationaux parus hier, un Harris-Decima-Presse canadienne et un Nanos Research-Sun Media, placent le Parti libéral en avance sur le Parti conservateur, mais légèrement. En tenant compte de la marge d'erreur, les deux grands partis sont au coude à coude.
Rencontre infructueuse
Gilles Duceppe et Stephen Harper ont discuté de plusieurs enjeux hier au 24 Sussex, mais sans trouver de terrain d'entente. «On a regardé l'ensemble de la situation, mais je pense qu'il a un plan de match établi. Je lui ai demandé quelles étaient les priorités du gouvernement, et ce n'était pas clair», a dit Gilles Duceppe.
Le chef du Bloc québécois dit avoir offert au gouvernement de travailler avec chacun des partis d'opposition sur une base ponctuelle aux Communes pour faire passer les projets de loi, comme c'est le cas depuis près de trois ans. «Ce n'est pas ce qui l'intéresse», a-t-il dit.
Gilles Duceppe a souligné que les élections qui approchent seront l'occasion de débattre de grands enjeux. «On va parler d'économie et d'environnement, deux domaines très liés. [...] C'est bien de reconnaître la nation québécoise, c'est un gain, mais il faut aussi passer de la parole aux actes. Pourquoi couper dans la culture, qui est l'expression de la nation? Pourquoi s'opposer au modèle de développement économique communautaire mis en place dans les régions du Québec?», a-t-il énuméré.
Le chef bloquiste a rappelé que Stephen Harper contournerait sa propre loi, qui impose des élections à date fixe, en lançant une campagne électorale d'ici une semaine.
Stephen Harper n'a pas rencontré les journalistes après la rencontre. Son porte-parole, Dimitri Soudas, a soutenu que le Bloc québécois a clairement signifié n'avoir plus confiance au gouvernement conservateur. «Le Bloc veut montrer qu'il s'oppose au gouvernement», a-t-il dit.
Le premier ministre doit rencontrer le chef du NPD, Jack Layton, aujourd'hui. Aucune date n'a encore été fixée avec le chef libéral Stéphane Dion, qui a offert le 9 septembre. L'équipe de Stephen Harper juge cette date trop éloignée et laisse entendre qu'une telle rencontre n'est peut-être plus utile.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Pendant ce temps, la campagne conservatrice se prépare et a déjà trouvé son angle d'attaque, ne laissant aucune doute sur l'imminence du déclenchement.
Hier, une source conservatrice bien placée a soutenu au Devoir que Stephen Harper lancera sa campagne sur l'économie et le leadership, deux thèmes où le PC estime être plus fort que Stéphane Dion et les libéraux. «Qu'on aime Harper ou non, il sait où il s'en va», a dit cette source.
«Notre campagne proposera la certitude, sans engagement de dépenses massives, sans baisses d'impôts importantes, sans nouveaux programmes que le pays ne peut pas se payer. Les dépenses seront responsables», a soutenu cette source conservatrice, qui ajoute que les libéraux vont sûrement attaquer sur les «soi-disant coupures dans le domaine des arts».
Les libéraux n'ont toutefois pas l'intention de se laisser distancer sur les questions économiques. S'appuyant sur les données de Statistique Canada dévoilées hier, Stéphane Dion a soutenu que Stephen Harper était responsable du marasme économique qui gagne le pays, «le pire depuis 17 ans». «Stephen Harper et Jim Flaherty continuent d'affirmer que les bases sont excellentes au Canada en dépit du fait que selon toutes les définitions économiques, le Canada est en chute libre», a dit M. Dion par voie de communiqué. «Les libéraux ont remis de l'ordre dans la confusion budgétaire laissée par les conservateurs la dernière fois, et ils le feront à nouveau.»
Selon cette source conservatrice, les élections seront déclenchées entre mardi et dimanche prochain, pour un scrutin le mardi 14 octobre. Les libéraux doivent se réunir en caucus à Winnipeg mercredi et jeudi, à moins d'un avis contraire.
Selon nos informations, les candidats libéraux se rendront à Drummondville demain pour faire prendre leurs photos électorales. Une rumeur circulait à l'effet que trois candidats de la région de Québec s'étaient désistés, mais après vérification, il appert qu'ils avaient déjà signifié leurs intentions il y a plusieurs mois déjà. Plusieurs sources libérales critiquent malgré tout, en coulisses, la lieutenant québécoise Céline Hervieux-Payette pour sa maladresse dans le recrutement de candidats. «Elle attend toujours la perle rare et laisse filer les perles ordinaires qui se présentent», illustre l'une d'entres elles. Même une circonscription sûre comme Lasalle-Émard, ancien fief de Paul Martin, n'a toujours pas de candidat attitré. Le nom de Liza Frulla circule, mais cette dernière a fermé la porte catégoriquement. «Je n'y vais pas.»
Deux sondages nationaux parus hier, un Harris-Decima-Presse canadienne et un Nanos Research-Sun Media, placent le Parti libéral en avance sur le Parti conservateur, mais légèrement. En tenant compte de la marge d'erreur, les deux grands partis sont au coude à coude.
Rencontre infructueuse
Gilles Duceppe et Stephen Harper ont discuté de plusieurs enjeux hier au 24 Sussex, mais sans trouver de terrain d'entente. «On a regardé l'ensemble de la situation, mais je pense qu'il a un plan de match établi. Je lui ai demandé quelles étaient les priorités du gouvernement, et ce n'était pas clair», a dit Gilles Duceppe.
Le chef du Bloc québécois dit avoir offert au gouvernement de travailler avec chacun des partis d'opposition sur une base ponctuelle aux Communes pour faire passer les projets de loi, comme c'est le cas depuis près de trois ans. «Ce n'est pas ce qui l'intéresse», a-t-il dit.
Gilles Duceppe a souligné que les élections qui approchent seront l'occasion de débattre de grands enjeux. «On va parler d'économie et d'environnement, deux domaines très liés. [...] C'est bien de reconnaître la nation québécoise, c'est un gain, mais il faut aussi passer de la parole aux actes. Pourquoi couper dans la culture, qui est l'expression de la nation? Pourquoi s'opposer au modèle de développement économique communautaire mis en place dans les régions du Québec?», a-t-il énuméré.
Le chef bloquiste a rappelé que Stephen Harper contournerait sa propre loi, qui impose des élections à date fixe, en lançant une campagne électorale d'ici une semaine.
Stephen Harper n'a pas rencontré les journalistes après la rencontre. Son porte-parole, Dimitri Soudas, a soutenu que le Bloc québécois a clairement signifié n'avoir plus confiance au gouvernement conservateur. «Le Bloc veut montrer qu'il s'oppose au gouvernement», a-t-il dit.
Le premier ministre doit rencontrer le chef du NPD, Jack Layton, aujourd'hui. Aucune date n'a encore été fixée avec le chef libéral Stéphane Dion, qui a offert le 9 septembre. L'équipe de Stephen Harper juge cette date trop éloignée et laisse entendre qu'une telle rencontre n'est peut-être plus utile.
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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
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