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Ministre de l'Inculture

Gil Courtemanche   23 août 2008  Canada
La ministre du Patrimoine, Josée Verner
La ministre du Patrimoine, Josée Verner
La Haye — Disons d'entrée que Josée Verner ne s'est jamais distinguée par son intelligence politique, sa hauteur de vue ou la profondeur de sa pensée. Dans tous les postes qu'elle a occupés, elle a fait preuve d'une légèreté d'esprit et d'une ignorance des dossiers qui laisse bouche bée. Avouons-le, madame la ministre ne profiterait pas d'une limousine si elle avait été élue en Ontario. Elle ferait tapisserie à l'arrière-banc. Mais voilà que, pour notre plus grand malheur, la faible représentation des conservateurs au Québec lui donne la permission de sévir.

L'épisode est désolant à plus d'un titre. Il y a tout d'abord la manière. Des communiqués laconiques, suivis d'un silence de plomb de la part du ministère. Nulle justification, nulle explication démontrant que les programmes ne sont pas efficaces ou encore sont trop coûteux. On parle ici de quelques millions de dollars seulement.

Sur le fond, on devine des motivations cachées. Plusieurs des programmes abolis subventionnent des formes de création culturelle que certains pourraient qualifier de marginales ou d'avant-garde. Des bastions conservateurs proviennent des commentaires qui trahissent, non pas une volonté de bonne gouvernance et d'efficacité financière, mais plutôt un désir de «nettoyage culturel», de priver de soutien gouvernemental tout ce qui ne correspond pas aux normes conservatrices de la morale et du bon goût.

Cette décision doit être replacée dans le contexte de l'infâme clause qui voulait interdire le financement de certains films pour «atteinte» aux bonnes moeurs. On veut condamner à la marginalité absolue les artistes hors normes ou les formes moins populaires de création, comme les nouveaux médias ou la danse contemporaine. Voilà une forme de censure proactive. Mais si on s'arrête un moment pour y penser, l'attitude de Mme Verner ne surprend pas. Elle trahit et symbolise tout à la fois le rapport que ce gouvernement et le parti entretiennent avec la culture et les arts. La culture est une affaire de snobs, de marginaux et de rebelles qui ne partagent pas les valeurs de la société. Elle est un produit de luxe comme le caviar et le champagne. Pour ces gens-là, comme dirait Brel, leur chemin culturel s'est terminé avec la disparition de La Petite Maison dans la prairie de nos écrans de télévision et la perte de popularité de la valse.

***

Vue d'un pays d'Europe occidentale, la décision de Josée Verner de faire disparaître sans état d'âme une série de programmes de subventions pour la culture paraît relever d'un autre âge. Cette notion selon laquelle la production culturelle au Canada est trop subventionnée ne tient tout simplement pas la route. Il n'existe pas un pays digne de ce nom (sauf nos voisins du Sud) qui ne subventionne pas systématiquement les activités culturelles et qui n'investit pas dans sa diffusion et son exportation à l'étranger.

L'aide à la production culturelle, que ce soit à la littérature, au cinéma, à la danse, fait partie du paysage et n'a pas à être continuellement justifiée, tout comme le sont les programmes d'aide à l'agriculture ou les prêts garantis aux entreprises ou encore les programmes d'assurance aux exportations.

La France, par exemple, qui est dotée d'une solide industrie du cinéma, subventionne cette dernière pour qu'elle soit encore plus solide et aussi pour permettre l'émergence de nouveaux talents. Elle le fait à la fois pour des raisons de prestige à l'étranger et pour des raisons économiques.

En agriculture, on aide les producteurs qui, dotés d'un trop petit marché local, ne pourraient sinon faire face à la concurrence étrangère. On subventionne Bombardier pour la création d'emplois. Personne ne proteste.

Les artisans de la culture forment une industrie, on l'oublie trop souvent à force de ne voir dans la culture qu'une sorte de nourriture de l'esprit ou de divertissement luxueux. Il en va de même pour la littérature ou la danse. Notre marché est trop petit, mais une société normale ne peut vivre sans culture.

Plus profondément, les conservateurs mènent une bataille idéologique et nul argument économique ne les convaincra que le Canada a besoin de Robert Lepage ou de Louise Lecavalier, encore moins de poètes inconnus du public ou de peintres abstraits. Leur modernité, leur rébellion, leur remise en question permanente des valeurs agacent et dérangent.

Josée Verner aurait sabré les projets de développement ou de tournée du jeune Maurice Béjart. Elle aurait refusé d'orner son bureau d'un tableau de Picasso et serait sortie en furie d'un concert de Stravinski. À leur époque, ces grands artistes du patrimoine mondial bousculaient les règles, renversaient les conventions, remettaient toutes les normes en question. C'est ce que les conservateurs n'aiment pas dans la culture. Pour eux, deux jeunes filles qui ne font pas la finale de kayak valent plus pour la réputation du Canada et la santé du pays que deux jeunes filles qui peinent à monter un spectacle de danse.

Le Canada serait un pays moins intéressant sans ces jeunes artistes de l'aviron, tout comme il sera moins intéressant quand nos jeunes étoiles de la danse contemporaine décideront de venir s'installer ici, à La Haye, pour pouvoir pratiquer leur art.






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  • yves archambault
    Abonné
    samedi 23 août 2008 00h28
    culture !USA...
    « je voudrais préciser ceci: dire que les américains ne subventionnent pas l'art et qu'ils sont incultes à l'instar des con servateurs canadiens n'est pas vrai. et pour faire court lisez le livre de Serge Guilbaut: Comment New-York vola l'idée d'art moderne..." tout simplement passionnant. de mémoire... dès la fin de la guerre le gouvernement et l'industrie oui oui l'industrie investirent des sommes énormes pour soutenir par exemble jackson pollock et bien d'autres. »

  • Marc-André Lavigne
    Abonné
    samedi 23 août 2008 06h11
    Et l'on combat les Talibans
    « L'approche et l'attitude du gouvernement canadien est révoltante relativement au dossier de la culture. Je partage l'opinion de M. Courtemanche. Les talibans veulent imposer leur façon de voir. Ils n'acceptent pas les gens qui renversent leurs conventions et qui remettent leurs normes en question. Ils se donnent une mission d'imposer plutôt que d'écouter, partager, comprendre les cultures de se monde et enfin gouverner. De façon fort mal habile, Mme Verner veut imposer les normes conservatrices de la morale et du bon goût. De voir l'acharnement les convictions inébranlable qu'a ce gouvernement contre les talibans en Afghanistan laisse perplexe. Et cela n'est pas le premier dossier du genre pour lequel nous en sommes les témoins incrédules. »

  • Jean Dussault
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 07h28
    rouleau compresseur
    « Pour les Conservateurs, différence et non-conformisme égalent perversité. »

  • Marielle Gervais Crabbe
    Inscrite
    samedi 23 août 2008 07h49
    Gouvernement consersateur et culture
    « Monsieur Courtemanche.
    Je suis tout à fait d'accord avec votre article. Vivant à Ottawa, j'ai beau cherché dans ma mémoire récente et moins récente la présence d'élus conservateurs à des événements artistiques significatifs ici même dans la région de notre belle capitale nationale.Constat: Les représentant(e)s de ce parti brillent tout simplement par leur absence. Je considère cela non seulement gênant maisfaisant également preuve d'un manque profond de sensibilité et d'intérêt à tout ce qui contribue à enrichir la vie de l'esprit. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 08h30
    L'obscurantisme au pouvoir !
    « "Il fut un temps -il y a 6,000 ans- où les humains vivaient en paix avec les dinosaures." - Stockwell Day / Novembre 2000 http://www.pm.gc.ca/eng/bio.asp?id=54

    Ce guignol est en charge de notre sécurité nationale !

    Ouate de phoque !!!

    L'obscurantisme scientifique doit faire partie de la liberté de religion et protégé par la charte. Un accommodement "raisonnable" à la science et Darwinisme ?

    Alors la culture dans ce merdier !!!???

    "La loi de Dieu est claire: les standards de l'éducation ne sont pas fixés par le gouvernement, mais par Dieu, la Bible, la maison et l'école." Stockwell Day / Alberta Report Magazine, 1984

    Les conservateurs nord américains sont reconnus pour avoir un respect, tout relatif, pour les faits. Nos fiers québécois "conserviteurs" n'y manquent pas.

    "Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit." - Louis Pasteur

    Alors, s'attendre que ce gouvernement encourage les arts découle d'un jovialisme hilare peu commun. C'est justement, en principe, la job du créateur de déculotter les apparences et nous dévoilé un coin inconnu de la psyché collective. Clairement une priorité "tory" !

    Avec un quotient intellectuel moyen de 97 et des concepteurs publicitaires qui avouent candidement s'adresser à un âge mental de 13 ans; nos médias ont allègrement dressé la table à l'abus ou systématique du concept de "culture".

    L'heure n'est pas à l'art, à la culture ou à la dissidence.

    On a une guerre à gagner !

    "God bless Canada" - Steven Harper

    "What God wants, God gets, God help us all ! " - Roger Waters »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 23 août 2008 08h53
    Comprend pas.
    « Picasso signait des oeuvres dont il savait pertimment qu'il ne les avait pas faites; Marina Tsvetaeva n'a jamais eu au grand jamais recu d'argent d'aucune institution, ce qu'elle refusait aussi (lire ses Carnets edites il y a fort peu). elle s'est pendue de misere et de desarroi. Elle n'avait pas de quoi acheter des patates et quant a representer son pays, hors de question, elle representait la poesie. La, vous discutez de culture institutionnelle, une culture sans vie mais tout de meme avec compte en banque pour la subvention. Les subventions empechent la creation libre, juste la creation libre. Celle d'une vie. Le reste n'est que production. Voir Deleuze en passant. C'est regretable que notre cher Occident europeen ou americain du Nord (Canada) desire confondre la culture des tomates avec la possibilite d'en lancer sur les "createurs". Les artistes sont hors frontieres, ils n'ont pas besoin de representer un drapeau quelconque. la liberte pour un artiste transcende les hideux drapeaux des nations. C'est un empechenement a la vocation de l'art qui est celle d'etre universelle et de parler a tout le monde. La culture n'est pas du folklore. si on me dit Le page, je dis breton pas canadien. Il faudrait donc y mettre une etiquette et dire canadien mais son nom me parle autrement. Alors a cuase de mon ignorance, on va me dire importe peu le nom et sa provenance, il n'est pas de bretagne mais du Canada. L'artiste universel se perd dans le folklore de la designation subventionnee. puis quand on parle d'"artisans de la culture (formant) une industrie" qui ne seraient que nourriture terrestre et non celeste (distinction faite par Dostoievsky), c'est tuer l'art dans l'oeuf. C'est le long fleuve tranquille de l'art contemporain d'etre un officine politique du pouvoir qui serait pour ou contre, de droite ou de gauche, pouvoir tout de meme. Il est vrai que de la poesie, il y a un marche au metro Mt Royal »

  • Luc Beauséjour
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 09h35
    Honte à la Ministre de l'Inculture et aux Conservateurs
    « Monsieur Courtemanche,

    Je suis musicien professionnel et je suis tout à fait d'accord avec vous. Votre article est juste.

    Luc Beauséjour, claveciniste et organiste »

  • Jean-Guy Dagenais
    Abonné
    samedi 23 août 2008 09h38
    La valeur de la culture
    « Aux yeux des conservateurs, la culture avec un grand ''C'' ou un petit ''c'' ça n'existe pas, ce n'est pour eux que du chiurme de mouche.

    Dans une échelle de un à dix où placez-vous la culture ? demandait-on à un représentant conservateur récemment.
    Aucune fut la réponse, même pas onze.

    Des esprits ignares ne méritent pas qu'on considère leur accorder un appui. »

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    samedi 23 août 2008 09h46
    Le parti conservateur un danger public !
    « Bel article M. Courtemance !

    Ce parti au pouvoir me fait de plus en plus peur...mais surtout, ce qui m'effraie le plus c'est que leur popularité ne semble pas diminuer...d'aucuns disent même qu'ils pourraient revenir au pouvoir majoritaires !!!???!!! Perspective des plus horrible !
    Saurons-nous leur signifier leur congé bientôt ?
    Je le souhaite, avant que le Canada et le Québec ne deviennent un modèle pour tous les réactionnaires du monde. »

  • Robert Geoffrion
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 09h56
    Quelle inculte!
    « Une inculte au poste de ministre de la culture; quel beau gouvernement. Ceci dit, nous voyons bien qu'il ne s'agit pas ici de SES décisions. Les consignes viennent du niveau supérieur. Or, un gouvernement qui promeut la guerre plutôt que la culture étale à la face du monde son manque d'intelligence. Vivement des élections! »

  • Jean-Marie Bergman
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 10h02
    Subventions, fondations ou mécénat?
    « Je pense qu'il vaudrait mieux offrir des avantages fiscaux intéréssants aux mécénes privés que de laisser la bureaucratie dicter nos choix culturels.Les npartis politiques jouissent d'un avantage fiscal extraordinaire ouisque toute contribution est deductible d'impot et non de revenu imposable, on pourrait peut-être faire la même chose pour les dons au Conseil canadien des arts. »

  • Pascal Barrette
    Abonné
    samedi 23 août 2008 11h17
    Tout est dit
    « Monsieur Courtemanche

    Vous avez tout dit, et bien dit, comme à votre habitude. Le patron de Mme Verner «menace» de déclencher des élections. Ce ne serait pas une menace mais une bénédiction qui nous pemettra de nous défaire de ce gouvenment maladroit, trop bien à droite, ou bien trop à droite. Ne pouvant mâter ce qui leur apparaissait être l'ours de la liberté d'expression artistique, ils ont coupé aux artistes leurs bourses de promotion, même si dans le grand budget fédéral, cela ne représente que des «peanuts». Quelle mesquinerie tout de même! Électeurs, ayons le dernier mot. Reléguons ce parti à la «tapisserie à l'arrière banc» de la Chambre des communes.

    Pascal Barrette
    Ottawa »

  • Michel Magnant
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 11h34
    La culture au Québec dans les années trente
    « Simplement pour rapeller que dans les années 30, la culture (au sens intellectuel du terme)au Québec était localisée dans.... le ministère de l'Agriculture! Sous prétexte que ça utilisait du papier!!!

    Un raisonnement à la Josée Werner avant l'heure! »

  • Francois Piazza
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 11h41
    Hélas, cher Gilles, tu as raison ! François Piazza
    « Ayant oeuvré, sous des formes diverses, pendant plus de trente ans dans le domaine culturel, je ne peux qu'opiner comme on dit à la Cour...
    Encore que cette attitude vis-à-vis des « pseudo-intellectuels» « pelleteurs de nuages » ou «joueur de piano» - pour reprendre les termes con-sacrés n'est pas l'apanage exclusif des conservateurs : bien des libéraux, à commencer par PET,n'ont vus dans les subventions pour la culture que des occasions de propagande. À preuve certains créateurs bien-pensants «Canada » ont vécu pendant une bonne dizaine d'années, de bourses en programme pour finir en subvention . Le plus souvent, malgré un talent certain - pour un je dirais même génie , inconnus du public...
    Un aspect que nos politiciens ignorent, même quand ils sont ministres « culturel », c'est que la culture, outre le fait qu'elle est souvent la meilleure ambassadrice du pays - Léonard Cohen, Michel Tremblay ou Robert Lepage à travers le monde , ça évoque le pays, tandis que Josée Verner...- est une industrie dont les emplois subventionnés rapportent plus en taxes et retombées financières que ce qu'ils coûtent. aux différents paliers de gouvernement. ( Voir les études et les rapports annuels sur les taxes en retour en matière culturelle dans le rapport du Conseil du Trésor année 2006-20007).
    Jadis, un ignoble célèbre a dit « Quand j'entend le mot culture, je sors mon revolver » Ici, on sort la paire de ciseaux »

  • Raoul Larocque
    Abonné
    samedi 23 août 2008 12h32
    Courtemanche-Verner
    « Pour sortir d'un concert de Stravinski en colère encore faudrait-il qu'elle ait au préalable eu l'idée d'y aller; et ça, ce n'est pas évident. Nous aurons bientôt des élections: j'espère bien que les Québécois sauront,cette fois-ci, voter au bon endroit.
    Raoul Larocque »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 23 août 2008 14h59
    Les mots manquent
    « Les mots manquent pour parler de cette femme aussi « cute » qu'inculte. Une vraie conservatrice !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 19h36
    Toujours deux cultures nationales populeuses et d'importance dans le dit Canada
    « Comment peut t'on écrire un article sur la politique culturelle minable des conservateurs en ignorant totalement la culture québécoise par son inclusion automatique dans celle du Canada! Comment un journaliste à travers la pratique d'un universalisme idéologique franchement abstrait peut t'il à ce point se déconnecter de la culture de son propre peuple ? Louise Lecavalier et Robert Lepage sont des Québécois et ils mettent en scène une culture québécoise qui par sa distinction dérangent autant les conservateurs que le caractère plus ou moins d'avant-garde de leur expression. Le Moulin à images de Robert Lepage projeté cet été raconte l'histoire de Québec mais aussi de son encrage dans l'histoire d'une Amérique française, ainsi par cet exemple concret, Lepage ne se situe pas nulle part ou à Vancouver avec le Moulin.

    Tant que monsieur Courtemanche continuera explicitement ou implicitement d'opposer le social avec le national, il fera fausse route et ne sera pas moins idéologue que les conservateurs canadiens qu'il rejette avec véhémence.

    J.P.Bouchard »

  • Gervais Richard
    Inscrit
    samedi 23 août 2008 21h45
    merci
    « D'abord, vous écrivez en français, c'est déjà quelque chose dans ce québec-canada qui se créolise surtout en syntaxe. Ce qui a mon sens est inquiétant alors que les gains, pertes, emprunts en vocabulaire à d'autres langues sont contributifs, enrichissants. M'enfin! Empruntant à Gaston Lagaffe. Mais aussi et autant, une présence d'esprit, intelligence de lecture de notre condition politique, artistique. Voilà, je m'embrouille. Je n'ai pas lu un papier aussi intéressant et agréable depuis des lustres, politiquement et littérairement. Mordant, honnête, pas de faux fuyant. Assez dit. Encore merci, un bon et rare moment de journalisme dans ce canada-kebek qui se ... Je n'ose le verbe.
    Gervais Richard »

  • Geneviève Gariépy
    Abonnée
    samedi 23 août 2008 22h55
    Texte édifiant!!
    « WOW, comment mieux expliquer la place absurde de Josée Verner qu'en disant qu'elle est québécoise.

    Je suis ravie de cet article qui ne fait que montrer les conservateurs sous leur vrai jour de vieux réactionnaires bornés.

    Merci M. Courtemanche. »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    dimanche 24 août 2008 10h00
    Parce qu'elle dérange...
    « N'osant la confronter en face, la censure financière est hypocrite puisqu'elle cherche à priver d'existence ceux et celles qu'elle considère irrespectueux de sa propre vision de la moralité. En réponse à la censure politique, puisqu'il s'agit de cela, on doit répondre par encore plus de provocations, par encore plus de créations, se jouer en somme de la censure.

    Comment faire sans argent, avec peu de moyens financiers? nos mécènes aujourd'hui n'ont guère de culture, l'art ne les intéressent pas, sauf si c'est rentable. Un Fonds d'aide à la production culturelle québécois géré par un comité indépendant, formé de personnes du milieu pourrait faire une différence. On parle de quelques millions de dollars seulement...

    Quant au gouvernement Harper, il vient de boucler la boucle de la bêtise obtuse en plus de perdre irrémédiablement le Québec. Les artistes ont ce talent de déranger et de bousculer des certitudes imbéciles. »

  • andré michaud
    Inscrit
    dimanche 24 août 2008 11h46
    Droite, gauche et culture
    « Comme le disait si bien Frank Zappa, la droite qui est conservatrice de nature n'a jamais apprécié la culture et la création, et la gauche s'en est abondamment servi pour mousser sa propagande...rien de nouveau , encore une fois, sous le soleil.

    Les artiste libres n'attendent rien ni de la droite, ni de la gauche..leurs vrais appuis viendront des citoyens si ils tiennent compte de leurs désirs ou savent les émerveiller.

    Les prétentieux intellos qui méprisent les citoyens et se croient au-dessus d'eux , et pondent des oeuvres plattes et ennuyeuses sont probablement ceux qui cherchent le plus les subventions, car ils n'ont pas d'appui populaire...ils nous méprisent mais veulent notre argent..belle gang!!

    Frank Zappa, sauf un premier contrat de disque modeste, a toujours été fier de vivre sans subvention. Au lieu de dépenser son fric dans la dope ou les autos... comme trop d'artistes , il a su investir dans son travail. Une création à la fois originale et tenant compte des consommateurs qui le faisait vivre. Comme il ne pouvait vivre de sa musique classique contemporaine, il l'a teinté de rock et a ajouté de l'humour pour rendre ce type de musique agréable aux consommateurs, tout en restant lui-même.. C'est donc en étant à l'écoute des consommateurs qu'il a pu développer un art tout à fait original et inimité.

    Voila la voie , à mon avis, ne pas dépendre du bs pour artistes et garder les deux pieds sur terre en n'oubliant pas que l'on consomme des arts comme tout autre produit et que le romantisme économique est stupide. Les artistes doivent-ils être des éternels enfants cherchant une mamelle...et étant déconnecté de la vie économique? »

  • François Beaulé
    Abonné
    dimanche 24 août 2008 12h48
    L'avocat du diable
    « Je me ferai l'avocat du diable, celui qui nous tient lieu de Premier ministre.

    Stavinski, Picasso et Béjart ont-ils été subventionnés par un État? Faut-il des subventions pour remettre en question l'ordre établi? La modernité, avec des programmes gouvernementaux et avec une industrie culturelle qui cherche à faire une piasse avec du sensationnalisme, ne récupère-t-elle pas toute volonté de rébellion et de changement?

    Dans une société sans repère, où tout a déja éclaté, la fonction de remise en question que l'on a accordé à l'art moderne est-elle toujours à propos?

    L'art moderne ou les «avant-garde» du cinéma ou du théâtre servent-ils aujourd'hui à autre chose qu'à exciter des petits bourgeois qui, de toute façon, ne changeront rien à un système qui leur accorde tant de privilèges et de libertés? Cet art moderne est-il autre chose qu'un gargarisme parfumé pour contrer la mauvaise haleine de petits intellos trop gavés et trop confortables pour participer à la moindre révolution?

    Nommez-moi, Gil Courtemanche, une seule influence, en Occident dans les 20 dernières années, que l'art ou un artiste aurait eue sur l'évolution politique, économique ou sociale. Se pourrait-il que nous soyons, comme individus, libérés de tout et revenus de tout?

    Dans nos démocraties modernes, les individus sont libres et la société est réprimée. Nous ne sommes plus à l'époque où les individus cherchaient à s'affranchir de la méchante société répressive. Donc nous n'avons plus besoin de subventionner de prétendus libérateurs d'individualités. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    dimanche 24 août 2008 14h43
    Valeurs des Conservateurs
    « Les comportements de madame la ministre en dit long sur les valeurs qui animent le parti conservateur. »

  • Lucie Allaire
    Abonnée
    dimanche 24 août 2008 20h34
    étroistese d'esprit
    « vous avez si bien écrit ce qui sous-tend cette décision de Mme Verner. De plus en plus on comprend le vrai agenda des conservateurs, que ce soit dans ce cas-ci avec le dossier culturel, ou bien avec l'agenda de la lutte contre le VIH, ou contre les changements climatiques. Il y a une idéologie de droite, de rectitude qui se fait voir maintenant. Qu'on aille aux élections le plus vite!!
    Lucie Allaire
    Oxford Mills, Ontario »

  • Roch Langlois
    Abonné
    dimanche 24 août 2008 23h35
    Et l'argent !
    « Monsieur le chroniqueur il vous manque une donnée fondamentale à votre exposé sur la culture et Mme Verner.
    Savez-vous que tous ces créateurs de tout acabit que vous défendez "bec et ongle" vivent à nos dépends. Vos taxes, vos impôts ! Les travailleurs qui font 40 heures et plus dans des usines, des bureaux, à la construction, peuvent-ils demander des comptes à nos administrateurs ? Comment votre argent (et le mien) sert-il les arts et la culture? Surtout à des rêveurs (des créateurs), qui chaque soir se rencontent à la Brasserie du coin, discutant à refaire le monde, avec une bonne pinte et beaucoup de fumée à respirer ! Tout cela avec notre argent !
    Une suggestion à toutes les vierges offensées et les scribes de la colonie artisque; avec votre argent et des commanditaires, voyez à créer un fond pour subvenir au besoin
    de tout ce beau monde ! Ceci rendrait de très précieux services à notre ministre et à son gouvernement. »

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 17h24
    Cv de Mme Verner
    « Je me suis toujours demandé comment Mme Josée Verner a pu occuper autant de fonctions ou de portefeuilles dans l'appareil gouvernemental fédéral. Là, Monsieur Courtemance vous marquez un très bon point. J'ai eu beau fouiller dans le site de Mme Verner afin de consulter son Cv, à savoir si elle a autant de qualifications qu'elle a occupé de ministères. Voici ce qu'on y retrouve: (Madame Verner a fait carrière dans le domaine des communications et dans le secteur public pendant près de 20 ans.) «C'est beau l'éxpérience et apprendre sur le tas sur une aussi longue période, mais ça prend un minimum de scolarité peut-être? Quelle est-elle?» (Elle a oeuvré dans les cabinets de l'ancien Premier ministre du Québec, monsieur Robert Bourassa, et du Vice-président de l'Assemblée nationale du Québec.) «Tout le monde oeuvre dans son travail, même ceux qui font des photocopies». Sur le site wikipédia et sur le site du cabinet du Pm on y retrouve les mêmes choses. Je me demande si le fait d'avoir un joli minois peut-être un atout? Je pense que quand on est une personnalité publique nous devrions avoir accès au Cv des personnes qui sont nommées puisque nous sommes leurs employeurs/payeurs. Consultez le Cv de M. Gérard Bouchard sur son site et vous y retrouverez l'ensemble de son oeuvre sans phrases évasives.
    J'ajouterais, en plus d'être Ministre de l'Inculture, elle est aussi la Ministre de l'Incurie. »

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