Verner entend faire mieux avec moins
Un des programmes culturels supprimés sera remplacé
Josée Verner
Faire mieux avec moins: la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, affirme que c'est là l'objectif du gouvernement fédéral, qui fait des coupes en vrac dans les programmes de soutien aux artistes depuis quelques jours.
Sortant d'un mutisme qui a été décrié par l'ensemble du milieu culturel et politique depuis le début de la semaine, Mme Verner a indiqué hier que les suppressions n'étaient pas l'indice d'un désengagement des conservateurs envers les artistes, mais bien l'inverse. Elle a aussi confirmé qu'elle cherche une solution de rechange pour renouveler un des programmes abolis, soit Routes commerciales (neuf millions).
«Nous sommes dans un processus d'évaluation des programmes pour nous assurer qu'ils donnent le rendement attendu», a mentionné la ministre lors d'un long entretien téléphonique avec Le Devoir. Après quatre jours de silence, Mme Verner a passé quelques coups de fil aux médias hier pour expliquer la décision du gouvernement et justifier sa discrétion imposée, semble-t-il, par un horaire chargé.
«Nous voulons que les programmes soient performants et qu'ils correspondent à nos priorités, dit-elle. Je ne dis pas que les programmes n'étaient pas performants [...], mais il faut s'assurer que les investissements obtiennent les meilleurs résultats possibles pour le rayonnement de la culture.»
Mme Verner a rappelé que le gouvernement avait annoncé dans le dernier budget qu'il ferait une revue stratégique de l'ensemble des programmes, de manière à savoir «quel niveau de rendement est atteint et s'il est conforme à nos priorités. On n'évalue pas le rendement d'un groupe ou d'un individu en particulier, mais de l'argent fédéral investi.»
La ministre a toutefois paru avoir de la difficulté à définir précisément quels étaient les objectifs d'Ottawa en matière de culture et à dire si les attentes sont purement économiques. «C'est un ensemble de critères, ça ne peut être aussi simple qu'une équation mathématique. On regarde différentes options pour permettre à la culture de rayonner.» Mme Verner a mentionné que le gouvernement voulait se concentrer sur la «création, la promotion, la distribution et l'atteinte des auditoires».
Interrogée sur la question de savoir comment ces objectifs pourront être atteints plus facilement avec des budgets moindres, Josée Verner a soutenu que des programmes efficaces permettront d'y arriver avec plus d'impact.
Important, la culture
Attaquée par le milieu artistique québécois, qui lui reproche d'avoir laissé tomber la culture, Josée Verner réfute les accusations. «C'est important, la culture, et j'ai l'intention de défendre ça. Il n'est pas question qu'on laisse tomber les artistes dans leur plan de rayonnement international.»
Mais elle indique qu'il est «possible que le gouvernement ne puisse pas être présent» à tous les moments d'un montage financier. D'autres programmes existent pour aider les artistes à ce moment, dit-elle, en rappelant que les conservateurs ont augmenté le budget du Conseil des arts du Canada.
La ministre du Patrimoine s'est aussi défendue d'avoir voulu passer sous silence les coupes qui surviennent en plein été, pendant les Jeux olympiques et sans avoir fait l'objet d'aucun communiqué. Elle a rappelé que les bénéficiaires des bourses avaient tous été avisés vendredi dernier. Pour le reste, la complexité des détails techniques rattachés aux programmes a fait en sorte que Mme Verner préférait que les fonctionnaires du ministère se chargent des explications.
Mercredi, le ministère avait toutefois reçu la consigne de ne donner aucune information aux membres des médias.
Réactions
Reste que les réactions aux suppressions des programmes (qui aidaient notamment les artistes de tous les milieux à diffuser leurs oeuvres à l'étranger) ont continué d'affluer hier, toutes négatives.
À Saint-Lambert, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que l'abolition des programmes de soutien aux artistes faisait reculer le Canada 50 ans en arrière. Il a qualifié de «hargne idéologique» la décision du premier ministre Harper, qui a notamment justifié l'abolition du programme PromArt en invoquant un code de valeur artistique et morale.
La candidate du Nouveau Parti démocratique dans Westmount, Anne Lagacé-Dawson, estime que le geste des conservateurs révèle un profond mépris envers la culture. «On élimine de petits montants qui avaient une grande importance pour les artistes, dit-elle. Ça revient à couper la création à la racine.»
L'Union des artistes (UDA) a quant à elle demandé la fin d'un «saccage» et averti que le gouvernement aura un «automne mouvementé» s'il «continue à sabrer ainsi la culture».
«Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement coupe dans certains programmes, mais c'est la première fois que cela se produit dans un contexte d'obscurantisme», écrit le président Raymond Legault, évoquant la disparition de PromArt «pour répondre aux diktats d'une idéologie moralisatrice».
Le bureau de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a par ailleurs confirmé que les deux ministres se sont parlé dans les derniers jours, sans indiquer toutefois si Mme St-Pierre a été satisfaite des explications qu'elle avait demandées mardi.
Depuis le printemps, une dizaine de programmes de Patrimoine canadien ont été abolis. La valeur totale du financement amputé atteint ainsi plus de 41 millions.
Sortant d'un mutisme qui a été décrié par l'ensemble du milieu culturel et politique depuis le début de la semaine, Mme Verner a indiqué hier que les suppressions n'étaient pas l'indice d'un désengagement des conservateurs envers les artistes, mais bien l'inverse. Elle a aussi confirmé qu'elle cherche une solution de rechange pour renouveler un des programmes abolis, soit Routes commerciales (neuf millions).
«Nous sommes dans un processus d'évaluation des programmes pour nous assurer qu'ils donnent le rendement attendu», a mentionné la ministre lors d'un long entretien téléphonique avec Le Devoir. Après quatre jours de silence, Mme Verner a passé quelques coups de fil aux médias hier pour expliquer la décision du gouvernement et justifier sa discrétion imposée, semble-t-il, par un horaire chargé.
«Nous voulons que les programmes soient performants et qu'ils correspondent à nos priorités, dit-elle. Je ne dis pas que les programmes n'étaient pas performants [...], mais il faut s'assurer que les investissements obtiennent les meilleurs résultats possibles pour le rayonnement de la culture.»
Mme Verner a rappelé que le gouvernement avait annoncé dans le dernier budget qu'il ferait une revue stratégique de l'ensemble des programmes, de manière à savoir «quel niveau de rendement est atteint et s'il est conforme à nos priorités. On n'évalue pas le rendement d'un groupe ou d'un individu en particulier, mais de l'argent fédéral investi.»
La ministre a toutefois paru avoir de la difficulté à définir précisément quels étaient les objectifs d'Ottawa en matière de culture et à dire si les attentes sont purement économiques. «C'est un ensemble de critères, ça ne peut être aussi simple qu'une équation mathématique. On regarde différentes options pour permettre à la culture de rayonner.» Mme Verner a mentionné que le gouvernement voulait se concentrer sur la «création, la promotion, la distribution et l'atteinte des auditoires».
Interrogée sur la question de savoir comment ces objectifs pourront être atteints plus facilement avec des budgets moindres, Josée Verner a soutenu que des programmes efficaces permettront d'y arriver avec plus d'impact.
Important, la culture
Attaquée par le milieu artistique québécois, qui lui reproche d'avoir laissé tomber la culture, Josée Verner réfute les accusations. «C'est important, la culture, et j'ai l'intention de défendre ça. Il n'est pas question qu'on laisse tomber les artistes dans leur plan de rayonnement international.»
Mais elle indique qu'il est «possible que le gouvernement ne puisse pas être présent» à tous les moments d'un montage financier. D'autres programmes existent pour aider les artistes à ce moment, dit-elle, en rappelant que les conservateurs ont augmenté le budget du Conseil des arts du Canada.
La ministre du Patrimoine s'est aussi défendue d'avoir voulu passer sous silence les coupes qui surviennent en plein été, pendant les Jeux olympiques et sans avoir fait l'objet d'aucun communiqué. Elle a rappelé que les bénéficiaires des bourses avaient tous été avisés vendredi dernier. Pour le reste, la complexité des détails techniques rattachés aux programmes a fait en sorte que Mme Verner préférait que les fonctionnaires du ministère se chargent des explications.
Mercredi, le ministère avait toutefois reçu la consigne de ne donner aucune information aux membres des médias.
Réactions
Reste que les réactions aux suppressions des programmes (qui aidaient notamment les artistes de tous les milieux à diffuser leurs oeuvres à l'étranger) ont continué d'affluer hier, toutes négatives.
À Saint-Lambert, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que l'abolition des programmes de soutien aux artistes faisait reculer le Canada 50 ans en arrière. Il a qualifié de «hargne idéologique» la décision du premier ministre Harper, qui a notamment justifié l'abolition du programme PromArt en invoquant un code de valeur artistique et morale.
La candidate du Nouveau Parti démocratique dans Westmount, Anne Lagacé-Dawson, estime que le geste des conservateurs révèle un profond mépris envers la culture. «On élimine de petits montants qui avaient une grande importance pour les artistes, dit-elle. Ça revient à couper la création à la racine.»
L'Union des artistes (UDA) a quant à elle demandé la fin d'un «saccage» et averti que le gouvernement aura un «automne mouvementé» s'il «continue à sabrer ainsi la culture».
«Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement coupe dans certains programmes, mais c'est la première fois que cela se produit dans un contexte d'obscurantisme», écrit le président Raymond Legault, évoquant la disparition de PromArt «pour répondre aux diktats d'une idéologie moralisatrice».
Le bureau de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a par ailleurs confirmé que les deux ministres se sont parlé dans les derniers jours, sans indiquer toutefois si Mme St-Pierre a été satisfaite des explications qu'elle avait demandées mardi.
Depuis le printemps, une dizaine de programmes de Patrimoine canadien ont été abolis. La valeur totale du financement amputé atteint ainsi plus de 41 millions.
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