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Guerre en irak - Un déserteur américain réfugié au Canada devra quitter le pays

La Presse canadienne   14 août 2008  Canada
Jeremy Hinzman est arrivé au Canada avec sa famille en janvier 2004, peu après avoir appris que son unité serait déployée en Irak.
Photo : Agence France-Presse
Jeremy Hinzman est arrivé au Canada avec sa famille en janvier 2004, peu après avoir appris que son unité serait déployée en Irak.
Mississauga, Ont. — Un des premiers déserteurs de l'armée américaine à solliciter le statut de réfugié au Canada pour éviter de combattre en Irak a appris hier qu'il devra quitter le pays, une décision dénoncée par ses partisans, selon lesquels le Canada trahit ainsi sa tradition d'ouverture envers les réfugiés.

L'Agence des services frontaliers du Canada a ordonné à Jeremy Hinzman, sa femme, son fils de six ans et sa petite fille, un bébé, de partir d'ici le 23 septembre. «Je suis très déçu, a commenté M. Hinzman. Nous sommes ici depuis presque cinq ans, nous avons beaucoup d'amis et de proches.»

Selon Lee Zaslofsky, arrivé au Canada il y a 38 ans pour ne pas aller combattre au Vietnam, c'est le gouvernement et non le peuple canadien qui ferme ses portes aux opposants à la guerre comme M. Hinzman. Le coordonnateur de la campagne d'appui aux résistants à la guerre a appelé le gouvernement canadien à appliquer une motion adoptée par le Parlement, en juin, et qui prône l'arrêt des déportations de résistants à la guerre. «C'est le voeu du Parlement, et nous savons que c'est la volonté des Canadiens en général», a-t-il dit.

Danielle Norris, porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada, a dit ne pas pouvoir commenter un cas précis, mais a indiqué que les objecteurs américains à la guerre ne répondent pas aux critères pour être considérés comme des réfugiés, selon elle. Cette catégorie s'adresse aux personnes ayant des craintes fondées de persécution et qui, si elles sont expulsées, courent un réel danger de torture et de mort, a-t-elle ajouté.

La Commission de l'immigration et du statut de réfugié a rejeté les deux ultimes tentatives de M. Hinzman pour rester au pays, l'une en vertu du programme d'examen des risques avant renvoi, l'autre pour motifs humanitaires. Un homme qui conseille M. Hinzman sur les questions juridiques a dit que ces décisions pouvaient faire l'objet d'un appel.

M. Hinzman, âgé de 29 ans, affirme être toujours convaincu d'avoir agi comme il le fallait en fuyant au Canada plutôt que d'aller combattre pour «une guerre injuste» en Irak, même s'il risque la cour martiale et une peine de prison aux États-Unis.

M. Hinzman est arrivé au Canada avec sa famille en janvier 2004, peu après avoir appris que son unité serait déployée en Irak. La Commission de l'immigration et du statut de réfugié a rejeté sa requête en 2005, et la Cour d'appel fédérale a statué qu'il ne serait pas menacé d'une peine grave s'il retournait aux États-Unis. Le militaire a alors soumis sa cause à la Cour suprême du Canada, qui a refusé de l'entendre.

On estime à 200 le nombre de résistants américains à la guerre au Canada.

Selon le directeur d'un établissement pacifiste américain qui a aidé M. Hinzman pendant des années, la tradition canadienne d'ouverture aux réfugiés remonte à la révolution et à la guerre civile américaines.
 
 
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