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Documents secrets - Julie Couillard réplique à Ottawa

6 août 2008  Canada
Ottawa — Julie Couillard, l'ex-petite amie du ministre déchu Maxime Bernier, ne se laissera pas traiter de voleuse sans broncher. Par l'entremise de son avocat, elle a répliqué au gouvernement fédéral hier en faisant savoir qu'elle n'avait jamais subtilisé, comme il le laisse entendre, les documents secrets qui ont coûté son poste à son ancien amant.

Vendredi soir dernier, le ministère des Affaires étrangères a rendu publiques en catimini les conclusions de son enquête interne concernant les fameux documents d'État égarés par Maxime Bernier au mois d'avril. Le ministère conclut, à mots couverts, que le fautif n'est pas celui que l'on croyait: ce ne serait pas l'ex-ministre qui aurait laissé traîner des documents classifiés chez sa controversée conjointe, mais plutôt cette dernière qui aurait fouillé dans son porte-documents pendant la nuit pour en retirer les précieuses feuilles. Pour quel motif? Le ministère n'offre aucune hypothèse, mais prend la peine de préciser que Mme Couillard avait eu au moins deux occasions de faire savoir au ministre qu'elle détenait ces documents, mais qu'elle ne l'avait pas fait.

L'avocat de Julie Couillard, qui avait refusé que sa cliente participe à ce qu'il considère comme un «simulacre d'enquête», nie la thèse du vol. «C'est bien clair qu'elle n'a volé aucun document. Je suis catégorique là-dessus», a déclaré au Devoir hier Jean-Claude Hébert.

Me Hébert prétend avoir des preuves solides à fournir pour démontrer que sa cliente n'a rien fait de mal. «Nous sommes assez bien documentés là-dessus. Et ce ne sont pas juste des propos de quelqu'un. Il y aura des propos de quelqu'un, mais ils seront également entourés et supportés par des faits extérieurs et des faits documentés.» Me Hébert a refusé d'en dire davantage, disant attendre le «forum approprié», telle qu'une enquête policière en bonne et due forme ou un procès.

Passé trouble

Maxime Bernier a entamé une relation amoureuse avec Julie Couillard à l'été 2007. La dame a déjà eu pour conjoints un membre en règle des motards criminels et d'autres hommes liés aux Hells Angels. Le passé trouble de la femme a fait l'objet de nombreuses discussions de corridors sur la colline parlementaire à Ottawa en mars et avril derniers, mais ce n'est qu'en mai qu'il a été publiquement révélé par plusieurs médias, y compris Le Devoir.

Pendant trois semaines, le gouvernement conservateur défend le droit de son ministre de fréquenter les personnes de son choix. Puis, coup de théâtre: le ministre démissionne. La veille, les avocats de Mme Couillard l'avaient contacté pour lui dire qu'il avait oublié chez elle des documents classifiés, relatifs au sommet de l'OTAN tenu à Bucarest.

L'enquête interne du ministère des Affaires étrangères en arrive à la conclusion que «le ministre Bernier a bel et bien apporté des documents d'information préparatoires [...] au domicile de Mme Couillard et il est reparti sans les avoir en sa possession». C'était juste après le sommet de l'OTAN. M. Bernier est arrivé chez Mme Couillard tard en soirée (environ 23 h) le 4 avril et est reparti tôt le lendemain matin (environ 7 h 30) et «le ministre n'a pas, à quelque moment que ce soit après la conférence au sommet de l'OTAN, retiré les documents d'information de son porte-documents».

La seule conclusion possible est donc que quelqu'un d'autre que le ministre les a extirpés de la mallette. D'ailleurs, le rapport du ministère conclut «qu'il se peut que Mme Couillard se soit exposée au risque d'enfreindre une disposition de la Loi sur la protection de l'information», une loi protégeant les secrets de l'État.

Me Hébert n'aime pas ce sous-entendu qui noircit la réputation de sa cliente. «Je trouve cela déloyal de la part de M. Bernier de laisser courir cette sale rumeur de vol de documents, alors qu'il sait très bien qu'il n'y a pas eu vol de documents. Il vivra avec sa conscience.»

Des accusations?

Selon les professeurs de droit consultés hier, une accusation de vol de documents d'État est sérieuse et est punissable d'une amende ou d'une peine de prison, dans le pire des cas. La preuve doit toutefois être solide dans ce dernier cas. Pour le professeur Sébastien Grammond, de l'Université d'Ottawa, l'exercice serait de toute façon périlleux.

«Je suis sceptique face à la possibilité qu'on poursuive Julie Couillard, dit-il. L'article de la loi le plus susceptible d'être utilisé dans ce cas-ci a été jugé inconstitutionnel parce que les définitions étaient jugées trop vastes», explique-t-il. C'était la cause de la journaliste Juliet O'Neill, accusée de s'être trouvée en possession de documents d'État qui lui avaient été fournis par une source non identifiée. Mme O'Neil a été acquittée en 2006.






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 07h19
    Le ridicule!
    « Que de mensonges, de demi-vérités, dans l'histoire Couillard-Bernier. Tout cela est devenu ridicule et ridiculise à juste titre le gouvernement Harper. Un petit gouvernement fait pour de petites choses. Passons, mais ce que les Canadiens ont élu... »

  • Isabelle Lefebvre
    Inscrite
    mercredi 6 août 2008 08h05
    Quand on est irresponsable...
    « Toujours la faute des autres! Le petit Maxime n'a qu'à s'en prendre à lui-même. Il n'était probablement pas assez mature pour avoir un poste aussi important. Quant à Julie, je la crois sincère et elle fait bien de mettre les horloges à l'heure. »

  • daniel dubé
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 08h18
    Julie...aussi voleuse que lui...menteur
    « ça vas finir devant les tribunaux...elle, pour atteinte à la réputation, puis lui,pour dommage et intérêts, perte de salaire,etc...
    Lui, resteras député et elle, escortes...
    Le canada-anglais est , pendant ce temps, mort de rire...deux québècois qui se déchirent, ils aiment beaucoup ça....pathétique.... »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 08h27
    Un ange en perdition
    « Julie Couillard est loin d`être un ange d`après ce qui est de notoriété publique. Choisir un avocat criminaliste aux frais et conseils éclairés ne rassure d`aucune façon son comportement. La joute à haut risque qu`elle a choisi pourra lui couter toutes ses économies et bien plus. Un gouvernement est mis en doute et cela ne peut se comparer à une courtisane sans foi ni loi. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 08h29
    Une p'tite vite pour Maxime...
    « "M. Bernier est arrivé chez Mme Couillard tard en soirée (environ 23 h) le 4 avril et est reparti tôt le lendemain matin (environ 7 h 30)" »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mercredi 6 août 2008 10h19
    Qui ne dit mot consent...
    « C'est ça qui arrive quand on veut jouer au plus fin et attendre «le forum approprié». Ce n'est pas à Mme Couillard ou son avocat de décider du «forum» qui va faire enquête sur cette affaire et refuser de participer et donner sa version des faits ne fait que soulever encore plus de soupçons. On a beau accuser la soit-disant «enquête interne» de parti-pris mais en refusant de participer on donne ouverture aux insinuations qu'on y retrouve. Le public en sera le juge! »

  • robert roy
    Inscrit
    jeudi 7 août 2008 18h16
    monsieur harper
    « et pendant toute cette aventure et plusieurs autres, monsieur le premier ministre proclamé il y a peu de temps au-dessus de tout soupçon, contrairement aux libéraux de Paul Martin, et c'est nous qui payons, oui monsieur lke premier ministre c'est à nous que vous avez des comptes à rendre.

    Robert Roy
    robcloroy@videotron.ca »

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