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Pour le bilinguisme intégral à 12 ans

Les jeunes libéraux proposent également de tripler les droits de scolarité

Antoine Robitaille   2 août 2008  Canada
Sherbrooke — Hausser les droits de scolarité au niveau de la moyenne canadienne, ce qui représenterait un effort d'environ 4000 $ de plus par année par étudiant, telle est l'une des résolutions phares dont les jeunes libéraux vont discuter aujourd'hui à Sherbrooke, lors de leur 26e congrès annuel, afin de changer «des modèles québécois».

Plusieurs des 11 autres résolutions rédigées par l'exécutif (les régions en ont proposé 26), après une tournée de quelque 20 villes, risquent de provoquer d'âpres débats au sein et à l'extérieur du PLQ, notamment la proposition d'instaurer un programme obligatoire d'immersion en 6e année afin que tout Québécois devienne bilingue à 12 ans, celle de privilégier une hausse des tarifs d'Hydro-Québec à toute hausse de taxes, la diminution des taux d'imposition des entreprises, la promotion de l'exportation de l'eau «afin que les Québécois puissent commencer à s'enrichir grâce à leur or bleu», ainsi que l'adoption du principe du «consentement présumé» pour les greffes d'organes. Quelque 800 à 900 jeunes âgés de 16 à 25 ans s'étaient inscrits au congrès hier.

Rafraîchir le syndicalisme

Leur cahier de résolutions, dont le thème est «Le Québec, un travail d'équipe», est un document empreint d'une vive inquiétude à l'égard des tendances démographiques du Québec, lesquelles le feront passer «d'une société de travailleurs à une société de retraités».

Aussi, comme Le Devoir le révélait hier, les membres de la CJ proposent des façons de «rafraîchir» les institutions syndicales. Ils ont entre autres jugé bon de ramener leur proposition (déjà battue au congrès des membres en mars à Québec) d'imposer des votes secrets «par les travailleurs concernés lors des processus de grève ou d'accréditation syndicale». Selon les jeunes de la CJ, il est «primordial que l'action syndicale représente en tout temps les intérêts et les préoccupations des travailleurs syndiqués». Le président de la CJ, François Beaudry, a soutenu que le principe du vote secret est «incontournable» en démocratie et que, par conséquent, personne ne devrait s'y opposer dans le monde syndical.

À la Fédération des travailleurs du Québec, on déplorait hier ce positionnement. Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a soutenu, lors d'un entretien téléphonique, que les votes secrets pour l'accréditation avaient entraîné, là où ils ont été adoptés, une baisse radicale du taux de syndicalisation (actuellement à 40 % au Québec), notamment parce qu'ils ont pour «effet pervers» de reporter souvent indéfiniment la décision de se syndiquer ou non.

Au reste, M. Arsenault s'est plaint que les jeunes libéraux aient refusé de recevoir un représentant du comité jeune de la FTQ, Dominique Lemieux. Ce dernier avait proposé de venir faire une présentation devant les membres jeunes, laquelle aurait été suivie d'une période de questions. Interrogé à ce sujet, François Beaudry a confirmé avoir bien reçu une proposition de la FTQ. Mais selon lui elle est venue trop tard. De plus, la CJ, a-t-il insisté, ne reçoit habituellement aucun conférencier extérieur, qu'il soit représentant du patronat ou des syndicats. «J'ai vu une annonce contre les PPP sur l'autoroute 40; je n'ai pas été consulté non plus pour savoir si j'étais pour ou contre», a-t-il rétorqué. Il s'est toutefois dit disposé à rencontrer M. Lemieux «une prochaine fois».

Impôt post-universitaire

Quant à l'augmentation radicale des droits de scolarité, François Beaudry insiste sur le fait qu'elle s'accompagnerait de l'adoption d'un «impôt post-universitaire» (IPU), une formule selon laquelle on étudie maintenant et on paie plus tard, mais en proportion avec le salaire décroché. Et si un diplômé ne réussit pas à se trouver de l'emploi? «Il ne paie pas, c'est tout», a répondu M. Beaudry. L'idée d'un IPU a aussi circulé au sein du Parti québécois et avait même été évoquée l'an dernier comme solution au problème de financement des universités par le député de Gouin et ancien leader étudiant Nicolas Girard.

En 2005, alors que les droits de scolarité étaient «gelés», les jeunes libéraux, réunis à Sherbrooke, avaient appuyé massivement une résolution prônant un «dégel responsable». M. Charest avait trouvé l'idée intéressante et en avait par la suite fait une proposition électorale lors du scrutin de 2007. Le dégel a été appliqué en septembre 2007.

Au reste, François Beaudry a fait une sortie virulente contre le manque «d'imputabilité» qui a mené à ce qu'il est convenu d'appeler «le fiasco immobilier de l'UQAM», un «dérapage» qui s'est pourtant produit sous les libéraux.

Tous bilingues à 12 ans

La Commission jeunesse débattra aussi aujourd'hui de l'opportunité d'implanter un «véritable système d'apprentissage de la langue anglaise en sixième année du primaire», lequel comprendrait, pour tous les élèves «de la province», «un programme intensif en anglais d'une demi-année scolaire». Même si le français demeure la langue de «première importance», l'anglais est un atout dans la mondialisation actuelle, ont-il argué. Le jour de son arrivée à la tête de la CJ, l'an dernier, M. Beaudry avait provoqué une petite commotion lorsqu'il avait déclaré: «On est une province bilingue, qui va de plus en plus vers trilingue, quadrilingue. Donc, je pense que c'est important de parler autant en anglais qu'en français, deux langues qui sont égales, qui sont reconnues au Québec.» Il avait rectifié le tir le lendemain après avoir essuyé des critiques acerbes de la part du chef adéquiste Mario Dumont et de la chef péquiste Pauline Marois: «Le français est la langue officielle du Québec et n'est pas à égalité avec l'anglais; il n'y a aucun doute dans mon esprit.»

Combien coûterait un programme d'immersion obligatoire? Pour l'instant, le responsable de cette question au congrès, Julien Gagnon, dit n'en avoir aucune idée. Il s'agit pour la CJ de proposer une «grande orientation»: «Un changement de modèle, c'est donner de nouvelles orientations, de nouveaux objectifs.»

À l'entrée d'un caucus des élus libéraux qui avait lieu en marge de l'ouverture du congrès, le chef libéral Jean Charest a dit qu'il prêterait une grande attention à ce que les jeunes de son parti proposeraient. Mais il a ajouté que, lorsqu'on est jeune, «on est toujours plus pressé».
 
 
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  • Eric Wingender
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 00h37
    Espérons qu'ils finiront par murir!
    Ah la jeunesse et son idéalisme!!! Nous ne pouvons que nous réjouir du fait que les jeunes libéraux ont tenté de mobiliser leur créativité afin de pondre de nouveaux projets pour notre société. Mais, malheureusement, il semble que la cuvée 2008 ne passera probablement pas à l'histoire comme étant un grand cru. Devenir les émirs de l'or bleu? Morbleu! Commencez à approvisionner les Américains en eau douce (car, il ne fait pas de doute, ils seront prêts à payer le gros prix pour notre h2O) et la prochaine étape sera l'établissement de bases militaires u.s. sur notre territoire! D'ailleurs, avec toutes les incertitudes que créent les changements climatiques, nous serions beaucoup mieux avisés de continuer à refuser d'exporter notre eau sur une grande échelle afin d'être assuré de continuer à avoir accès à un approvisionnement en eau suffisant.

  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 2 août 2008 00h48
    Tiens, nos jeunes amis nous proposent de nous soumettre à la mondialisation
    De baisser les impots des entreprises, celles qui selon KPMG bénéficie du paradis fiscal qu'est le Québec. Les impots des entreprises sont plus base que celle des USA et de la plupart des pays.

    Ils veulent aussi bien nous angliciser afin qu'on s'intègre mieux à ce monde apatride.

    Ils veulent qu'on paie tout plus cher, comme l'électricité et qu'on fasse de l'eau un produit comme les autres.

    Ils sont fous, j'espère qu'ils ne sont pas représentatif de la jeunesse, sinon, on s'en va dans le clos.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 2 août 2008 00h54
    Inquiétudes justifiées et propositions irréalistes
    Les jeunes libéraux ont raison de s'inquiéter de l'impact qu'aura le nombre grandissant de retraités sur notre économie. Quand même surprenant qu'ils ne suggèrent pas de retarder l'âge de la retraite comme cela se fait déjà dans d'autres sociétés occidentales.

    Quant à leurs recommandations, je doute qu'elles fassent l'unanimité dans la population.

    Attendez-vous à une vive opposition à leur idée de vouloir hausser de 2 000 $ à 6 000 $ les frais annuels d'études universitaires. Cependant, si nos gouvernements avaient, dès les années 70 haussé de tels frais chaque année, au lieu de les geler pour des fins électorales, ces jeunes libéraux n'auraient pas eu à proposer ce qu'ils ont l'intention de faire lors de leur réunion de ce samedi.

    De vives réactions à prévoir aussi sur leur projet de « rafraîchir » les institutions syndicales. Tous les ministres du Travail qui ont tenté de toucher à la formule Rand - et le gouvernement actuel le sait - ont provoqué un tollé de protestations et ont dû reculer.

    De fortes réactions, finalement, à prévoir à leur idée d'immersion pour rendre les élèves bilingues (bon sang,on est loin des libéraux nationalistes du temps de R. Bourassa !). Combien cela coûterait-il en effet ? Et de toute manière, est-ce bien nécessaire ? En allant tous les jours sur Internet, les jeunes apprennent déjà rapidement la langue anglaise. Tant qu'à y être, aussi bien proposer des cours d'immersion en mandarin. Après tout, c'est la Chine qui deviendra bientôt la première puissance mondiale et la plupart de nos entreprises rêvent de vendre à ce pays dont le marché est immense !

  • Parisien Jaque
    Abonné
    samedi 2 août 2008 06h20
    Une raison de plus...
    Je n'ai jamais voté pour le parti libéral du Québec et à lire les propositions de son comité jeunesse je ne le ferai jamais de mon vivant. Plus conformistes et prévisibles que ces jeunes, tu meures. Et on ose appeler ça du «changement». Pas fort.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 07h53
    Bilingue à 12 ans
    On ne devient pas bilingue à l'école mais en étant plongé dans un milieu anglophone.

    Pourquoi les commissions scolaires ne développent-elles pas des échanges d'élèves entre le Québec français et le Québec anglais?

    A l'automne, on pourrait prendre des élèves (de 12-13 ans) du Saguenay ou de Québec et les amener dans le Montréal et l'Outaouais anglais. Pendant une semaine ils vivraient dans des familles anglophones et iraient à l'école anglaise. Au printemps, les petits anglos iraient vivre en français à Québec ou au Saguenay. Les commissions scolaires n'auraient qu'à défrayer le cout du transport.

  • Mario Tremblay
    Abonné
    samedi 2 août 2008 08h12
    Je me demande ...
    L'aile jeunesse libérale est noyautée par des néo-cons ou Jean Charest veut montrer que lui, contrairement à Pauline Marois, contrôle les éléments dissidents?

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 2 août 2008 08h46
    La vita è bella.
    Il y a eu un homme qui permit à son fils d'accéder à « la littérature de plusieurs pays dans leur langue propre » parce que ce père se refusait à reconnaître des « frontières dans la vie de l'esprit. » Il va de soi que par la suite, ce fils devint un des plus importants exégètes de la littérature internationale et un des plus éminents défenseurs, en tant que juif aussi, des libertés humaines. Nous étions hier avec des enfants parfaitement trilingues et c'est beau de voir les capacités humaines éveillées à ce point. D'ailleurs, les villes cosmopolites comme Paris, Prague, Vienne, Berlin, furent des lieux d'éveil de la grande culture occidentale, le terreau pour nos valeurs démocratiques d'aujourd'hui encore. De plein pied avec la marche de l'histoire et non dans le fossé comme beaucoup de petits champs non développés culturellement sauf folkloriquement. Montréal est aussi un lieu privilégié où on parle au minimum 4 langues (le québécois, le français, l'anglais, l'espagnol) et il n'est pas rare d'entendre de plus en plus le roumain, le bulgare, le russe sans compter l'italien et les créoles antillais, les langues orientales, asiatiques etc. Je crois 800 langues parlées. C'est magique. Il faut profiter de cette situation unique et rare dans le monde. La vita è bella, La vie est belle.

  • Josée Beauchamp
    Abonnée
    samedi 2 août 2008 09h05
    le vote secret
    Je suis parfaitement d'accord avec la proposition d'imposer le vote secret lors des processus de grève ou d'accréditation syndicale. Comment M. Arsenault, président de la FTQ, peut-il dénigrer l'importance du vote d'accréditation des employés??? ... à moins qu'il ne pense qu'à justifier son poste. Seul un vote secret est garant d'une réelle démocratie.

    Je ne suis pas une employée syndiquée, mais j'ai déjà vécu une situation de tentative d'accréditation. La décision des employés d'obtenir une accréditation soulève des discussions souvent vives, qui sont menées par les personnes ayant une personnalité forte et qui imposent leurs idées. L'intimidation empêche réellement l'expression des idées de plusieurs. La majorité silencieuse a droit d'être écoutée, et leur seul moyen est de pouvoir l'exprimer lors d'un vote secret. C'est la base de la démocratie.

    Qui plus est, la légitimité d'une accréditation est d'autant plus forte lorsqu'elle est obtenue par vote secret. C'est un argument de poids dans une discussion de négociation....

  • Caroline Moreno
    Inscrite
    samedi 2 août 2008 09h08
    Valoriser le français
    La Bulgarie compte 8,5 millions d'habitants, la Lituanie près de 4 millions, la Slovaquie 5,5 millions, le Danemark plus de 5 millions. La particularité de ces pays est qu'on y parle une langue unique. Ainsi, en Bulgarie, l'on parle bulgare, en Lituanie, lithuanien, en Slovaquie, le slovaque et le danois au Danemark. On pourrait, à cela, ajouter qu'en Italie on parle italien, en Suède, le suédois, en Pologne, le polonais, le grec en Grèce, le hongrois en Hongrie, le bengali au Bangladesh, etc. L'usage de ces langues est délimité par un seul territoire. Si des individus de ces localités partent vivre ailleurs, ils font en sorte de transmettre leur langue à leurs enfants mais adoptent la langue du pays d'accueil.


    Le français, quant à lui, rayonne au Québec, en France, au Sénégal, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en Guadeloupe, à Madagascar, dans une partie de la Belgique et de la Suisse, à Monaco, aux Seychelles, en République démocratique du Congo, en Algérie, en Guyane française, en Haïti, en Martinique, à Sainte-Lucie, au Burkina Faso, au Tchad, au Niger, en République centrafricaine, au Gabon, etc. Pourtant, plutôt que d'en éprouver une grande fierté, les Québécois, abreuvés de propagandes fédéralisantes, tendent à renier leurs origines françaises au profit d'une langue dite internationale; l'anglais.

    Le français est une belle langue puisqu'elle est nôtre et celle de plus de 200 millions de locuteurs. Il possède le statut de langue internationale. Pourquoi vouloir en faire, au Québec, une langue seconde, une langue tierce? Nous n'avons pas à nous prendre pour d'autres. Soyons pleinement Québécois. Faisons du français notre pays.



    Caroline Moreno

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 2 août 2008 09h37
    Sus au syndicalisme !
    La Commission jeunesse libérale juge «primordial que l'action syndicale représente en tout temps les intérêts et les préoccupations des travailleurs syndiqués», mais elle ne s'inquiète pas du fait que la députation représente à peu près pas les électeurs, et encore moins l'ensemble de la population. Comme toujours, l'autre est toujours moins démocratique que soi-même. J'ai hâte de voir grimper quelques-uns de ces jeunes à l'Assemblée nationale en passant par le militantisme syndical, comme tant d'autres ont fait avant eux.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 11h01
    L'anglais toujours l'anglais
    La moitié de la population du monde parle le chinois, une grande proportion parle l'espagnol et beaucoup parle le portugais en plus, l'arabe commence à s'imposer.

    Quaand on contrôle bien sa langue française on peut apprendre d'autres langues; actuellement au niveau CEGEP on ne parle pas bien sa propre langue on a pas l'outil de base qu'est le français. Quand est-ce que nos élites vont le comprendre ?

    Pourquoi toujours se limiter à l'anglais au Québec?

  • Olivier Laroche
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 11h37
    Jeune libéral
    Je suis un jeune libéral. Ma religion est l'économie.
    J'aime le Canada. Le Québec n'est pas une société distincte.
    Pour s'enrichir (ce qui est d'une importance vitale), les Québécois doivent parler anglais. Au pire on oublie le français.
    Je veux plus de fils de riches éduqués pour que se creusent les inégalités économiques, sociales et culturelles.
    Je suis contre les travailleurs et pour les patrons. Ceux-ci sont riches et ont le pouvoir, il faut donc les respecter.
    Je suis pour que tout soit à vendre, même l'eau, même l'air. Think big. S'il y a une piasse à faire, on devrait y aller, sans réfléchir.
    Je suis démocrate et élitiste, mais je n'y vois aucune contradiction.
    Je crois que les entreprises qui font des profits sont des merveilles du monde et qu'il ne faut pas les attaquer en augmentant leur impôt.
    Mon coeur est un signe de piasse. Ma parole est une action en bourse. Ma pensée est aussi vide que les poches des pauvres que mon système crée.

  • Ana Gavrancic
    Inscrite
    samedi 2 août 2008 12h02
    Quelle vision?
    Il est difficile de voir dans les propositions amenées par les jeunes libéraux à quelle vision de société elles répondent, à part celle mue uniquement par des gains monétaires, où il devient de plus en plus difficile d'assurer un minimum d'égalité pour tous. Notez qu'à part la proposition concernant le vote syndical, toutes les autres parlent de l'argent: baisser les impôts, tripler les frais de scolarité, augmenter les tarifs d'Hydro...Faut-il en conclure que la pensée libérale est incapable d'aller au-delà du portefeuille?

    Plusieurs autres sujets portent à réflexion:

    1) Quelle est l'utilité d'introduire un apprentissage intensif de l'anglais au primaire, alors que le système public actuel n'arrive même pas à pallier aux lacunes des élèves en français et à fournir les ressources nécessaires ou même le personnel compétent ? Faut-il en conclure qu'on vise une meilleure maîtrise de l'anglais car c'est simplement plus facile et moins exigeant intellectuellement ?

    2) Qu'en est-il de l'accessibilité avec le nouveau système proposé, alors que plusieurs recherches démontrent que la perception du coût des études influence fortement la fréquentation des études supérieures pour les personnes issues des milieux moins nantis ? Quelles mesures de soutien seront offertes pour rendre tout de même l'argent disponible pour couvrir les frais d'études collatéraux (logement, nourriture, etc), autres que les frais de scolarité ? Qu'est-ce qui nous assure que même si quelqu'un ne provient pas d'un milieu aisé, il peut accéder à des études supérieures?

    Enfin, il est dommage de voir que les jeunes libéraux, malgré le nombre important qu'ils sont, n'arrivent pas à proposer des changements mobilisateurs pour toute la société québécoise. Ce n'est certainement pas une copie pâle du modèle américain qui aidera le Québec à s'imposer en tant qu'exemple d'innovation

  • Éric Major
    Abonné
    samedi 2 août 2008 12h18
    La société de l'avoir
    Et voilà qu'ils remettent ça. Non contents de voir les droits de scolarité dégelés, les jeunes zélés du PLQ proposent rien de moins que de rejoindre la moyenne canadienne... Quelle vision, quelle audace, et surtout, quelle belle façon de bien se faire voir de leurs tuteurs politiques ! Décidément, le néo-libéralisme pur jus a de l'avenir (c'est Claude Picher qui va être content). Qui osera croire, après ça, à l'avènement d'une société du savoir au Québec. C'est mal barré, en tout cas...

    Éric Major Montréal

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    samedi 2 août 2008 13h11
    Le bling-bling idéologique des Jeunes AssimiléEs-ColoniséEs-ExploitéEs-VaincuEs
    J'imagine qu'ensuite les jeunes libârals vont proposer de modifier la Loi sur l'Instruction Publique afin de diminuer l'âge de scolarisation obligatoire à 13 ans en vue de mettre les enfants au service des exploiteurs uniligues anglo pour stimuler l'économie et par le fait même faire baisser le niveau du salaire moyen industriel québécois pour relever notre compétitivité et se comparer avantageusement aux géants économiques du Tiers-Monde.

    C'est dans l'ordre des choses avec ces parvenusEs incultes ignares, instruits mais pas nécessairement intelligentEs dans le domaine de la qualité de vie en société.

    Nos jeunes vieux libârals reviennent encore avec des sornettes qui seront obsolètes ou édulcorées mais tout de même appliquées dans les prochaines années si les libârals senior revenaient au pouvoir, rappelez-vous des modifications au Code du Travail ou encore de la hausse des tarifs d'Hydro-Québec ou bien la vente en vrac de l'eau douce.

    Ce sont des avocats-notaires-médecins qui ânnonnent sans rien comprendre les derniers credos des think-tanks de droite canadians et états-uniens appuyés par les vrais décideurs du parti, leurs aînés, et qui par la bande apprennent les rudiments de la mise en réseau du old boy's club et les premiers trucs de la corruption politique, étatique et institutionnelle pour continuer leur mainmise sur la richesse créée pour eux mais non partagée dans cette société productiviste.

    D'aucuns pourraient croire qu'un bon moyen de se débarasser de ces petits arrivistes en bas âge serait de les exclure de la vie politique en-dehors de l'exercice de leur droit de vote en séparant définitivement le législatif du judiciaire et ce faisant en interdisant tout avocat ou notaire, étudiant ou licencié, de quelque couleur politique que ce soit, de se présenter aux élections à quelque niveau que ce soit ou d'occuper une charge publique en se consacrant uniquement au domaine judiciaire séparé et indépendant des influences de l'État, domaine, donc, qui les fait très bien vivre et leur offre une perspective d'avenir de qualité en étant admissible à la magistrature.

    Elles et Ils deviendraient donc des auxiliaires juridiques pour conseiller le gouvernement et l'État ou la municipalité sans pour autant accéder à la législature.

    Ça nous débarasserait enfin de cette influence légaliste et économiste néfaste à une vision claire de l'orientation de l'État et du comblement des aspirations à une qualité de vie meilleure pour le peuple qui ne passe pas par des boulevards encombrés de steak-houses et de dealers de chars pour parvenus friqués, de délirants Power Centers à la Dix30 et leurs quartiers adjacents de monster-homes criardes d'opulence suspecte et gaspilleuses de précieuses ressources, rêve atavique de ces AssimiléEs-ColoniséEs-ExploitéEs-VaincuEs comme le disait Michel Van Schendel, trop assimilés à l'envahisseur pour affirmer une culture propre, trop colonisés pour se rendre compte qu'ils sont exploités par lui et trop exploités pour avoir la force de se révolter contre l'état des choses imposé par ce même envahisseur.

    Si c'est l'avenir que nous propose les young-soon-to-be-old libârals, avouez que c'est très réjouissant et porteur d'un avenir radieux pour le Nouvel Homme Anglo-Saxon en gestation sur cette belle Terre qu'est la Province Of Quebec.

  • Frédéric Ouellet
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 13h54
    complètement déconnectés
    Mais qui va enseigner l'anglais ? La vraie question c'est : À quoi sert l'état pour un jeune libéral qui veut oublier le scandale des commandites ? Toujours l'argent jamais les gens ni les syndicats , surtout pas les enfants. Ils ne sont pas au courant des problèmes d'apprentissage des enfants des sociétés industrialisées. Il devrait se concentrer sur la réalité. À les écouter tous le monde va se promener en chaises roulantes dans 3 ans .. il devrait être content c'est leur électorat ! Mais au lieu de s'en occuper pour vrai, bien ils font des peurs aux personnes âgées ou près de la retraite en leur disant qu'ils faut faire payer les jeunes. Si il y a des gens à qui fait mal l'augmentation du coût de la vie c'est les retraités et nous les jeunes on pourra toujours travailler 60 heures semaine et tomber malade après ! Bref, ils vont triper les libéraux durant les jeux Olympiques en Chine avec les syndicats qui ont pas le choix de penser comme leur patrons !

    Il y a un mini baby-boom en ce moment au Québec, comme au Canada je crois, et au lieu de focuser à sa réussite on s'arrange pour leur tomber dessus... Ca va également motiver beaucoup d'étrangers à venir étudier chez-nous dans notre société pacifique des plans comme ça. C'est connu, tout le monde veut venir étudier ici, et c'est en augmentant le prix qu'on va recevoir et intégrer la crème de la bourgeoisie et faire dépenser les jeunes dans nos commerces!

    Pourquoi ne pas arrêter de financer les écoles secondaires privés ? Faites payer le vrais prix à aux écoles des petits bourgeois et apprenez leur l'anglais à temps plein dans ces établissements. Tout le monde sera content ! Donner le droit aux jeunes québécois de suivre une formation en anglais serait déjà pas si mal...mais qui va la donner ??!?
    Reste que si on avait un pays on pourrait ramener l'armée de l'Afghanistan et arrêter l'évasion fiscale dans les pays à peine plus grand que Ste-Tite et on en aurait de l'argent...mais ca combien de temps on va en mettre encore pour le réaliser.

  • parade21
    Abonné
    samedi 2 août 2008 14h27
    La mondialisation a décidément bon dos!
    Les jeunes libéraux sont-ils en droit de proposer le bilinguisme aux Québécois dès l'âge de douze ans sous prétexte des effets de la mondialisation? Les jeunes libéraux abdiquent facilement devant le soit-disant rouleau compresseur de cette mondialisation. Ou plutôt, ils se servent de l'argument de la mondialisation pour imposer le bilinguisme institutionnel à tous les québécois et québécoises. Que cela leur soit nécessaire ou pas dans leur vie de tous les jours.

    On ne peut ignorer l'importance de l'anglais dans la société actuelle. Mais de là à en faire une obligation mur à mur, il y a un pas qu'il ne faut pas franchir.

    Paul de Bellefeuille
    Laval

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 15h58
    Quels intérêts sont en cause...
    Mais qui sont donc ces jeunes libéraux, mais quel monde évoluent-ils, quels sont leurs motivations? Pourquoi sont-ils toujours prêts à vendre tout ce qui semble solvable pour plus de profits (SAQ) qu'est-ce qui les poussent à se définir plus à droite que la plus à droite des économies?

    Qui sont ces jeunes impatients déjà vieux de demain... sont-ils la progéniture du patronat, ou de capitaines d'industries, ou d'entrepreneurs, fils et filles d'allo-franco-anglophones canadians, prêts à louisianiser le Québec parce qu'ils n'ont d'autres causalités que le profit ou leur futur rendement financier?

    Sont-ce là la fine fleur québécoise de l'intellect de demain, sans savoir autre que celle de l'argent, du porte feuille, ou des valeurs boursières, sans culture autre qu'économique, sans vision autre que celle du marché?

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    samedi 2 août 2008 17h08
    Le québécois est du français avec un accent
    Alors comment faites-vous pour Nous lire, sinon Nous comprendre, mon cher Citoyen Montoya ?

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 2 août 2008 20h53
    Des fils et filles à papa américanisés et obsédés par la mondialisation
    Avec leur proposition farfelue d'immersion pour rendre bilingues les élèves de 6e année, les jeunes libéraux se comportent comme une bande de colonisés américanisés. On est loin des jeunes libéraux de Bourassa qui étaient fiers de leur culture française. Bon sang, c'est quoi cette obsession de l'anglais ? Comme s'il n'y avait pas d'autres langues importantes dans le monde ! Puis-je rappeler à ces jeunes militants que bien des Américains nous envient de savoir le français et que, dans plusieurs villes de leur pays, on entend désormais plus souvent parler espagnol qu'anglais !

    Concernant la hausse des frais universitaires, les jeunes libéraux veulent que certains programmes coûtent plus chers que d'autres. Autrement dit, comme c'est déjà le cas en Ontario, de moins en moins d'étudiants des classes populaires auraient accès à la médecine. Un programme que seuls ceux issus des familles plus nanties pourraient s'offrir. On croirait retourner 60 ans en arrière !

    Finalement, les jeunes libéraux proposent de hausser les taxes comme la TVQ, l'électricité pour les particuliers et les réduire pour les entreprises (comme si celles-ci étaient déjà surtaxées !) pour que notre économie reste compétitive dans le contexte actuel de mondialisation. Et n'oublions pas leur idée de vendre notre eau, un bien public, aux plus offrants...

    je veux bien croire que chacun a droit à ses idées mais, en même temps, je ne peux m'empêcher de trouver désolant le spectacle que nous offrent les jeunes libéraux cette fin de semaine à Sherbrooke. Heureusement que bien des gens ne pensent pas comme eux !

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    samedi 2 août 2008 21h30
    @Olivier Laroche dit la piasse
    Olivier Laroche a dit : « Mon coeur est un signe de piasse. Ma parole est une action en bourse. Ma pensée est aussi vide que les poches des pauvres que mon système crée. »

    Olivier Laroche ne peut pas mieux se décrire comme jeune libéral, il a bien compris l'enseignement des vieux libéraux. Olivier Laroche va devenir riche, on peut voir le signe de piasse rutilant dans ses yeux. Sa pensée est dédiée à l'argent à se mettre dans les poches en exploitant les pauvres et aussi ceux de son espèce.

    Si vous rencontrez Olivier Laroche dites lui de ma part qu'il est un bien triste personnage, que ses ambitions de requin de la finance le conduiront tout droit à la réflexion sur la démesure de ses objectifs.

    La fin ne justifie pas les moyens quand on accorde trop d'importance à l'image de son statut social. Vouloir se faire valoir à tout prix dans une voyoucratie est une ambition dévastatrice et peut amener de grandes souffrances.

    ivan jobin

  • Maxime Lévesque
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 22h31
    Parlons en de l'or bleu ...
    Il y avait cette pub : http://www.pensezpluseau.com/ au plein milieu de la page lorsque je lisait cet article,
    curieu hazard quand même ! Si vous allez voir le site et fouillez un peu vous verrez que la source d'Eska est la propriété d'une filiale d'une banque new yorkaise (Morgan Stanley strategic investments). Nos jeunes libéraux peuvent ils nous dire combien ça nous rapporte lorsqu'une banque étrangère pompe notre eau et nous la revend dans de belles bouteilles ? C'est tu avec les p'tites miseres de redevances
    versés pour chaque metres cubes pompés qu'ils prévoient créer la prospérité dont ils rêvent ? Peut être avec la douzaines de jobines que cré l'exploitation de la source ?
    Libérez les libéraux de la bêtise crasse, libérez nous du néo libéralisme !

  • Pierre Germain
    Inscrit
    samedi 2 août 2008 23h04
    @ Ivan Jobin
    Cher M. Jobin,

    Je crois qu'il ne vous ferait pas de tort d'aller lire dans votre dictionnaire la définition du mot "ironi" (comme dans "faie de l'ironie")!

  • Yvon Montoya
    Abonné
    dimanche 3 août 2008 08h17
    @ François Caron.
    Je le maîtrise tout comme d'autres langues mais il est vrai avec un méchant accent français. C'est comme ça qu'on reconnaît que je ne suis pas d'ici. Je n'ai pas besoinde sous-titre comme pour les français lorsuq'ils voient (non écoutent)un film québécois. J'aime beaucoup les accents ça a du charme. J'adore le québécois.

  • Frédéric Ouellet
    Inscrit
    dimanche 3 août 2008 11h18
    Olivier j'aime ta poésie
    Merci j'ai presque le goût de prendre ma carte du parti. Il y a du contenu pour que Elvis Gratton adopte un fils !

    Je vais ouvrir ma télévision pour voir de quoi ils ont l'air... après être sorti dans les rues de Sherbrooke. Non, ils ont dû sortir dans un bon vieux pub anglais de Lennoxville pour apprendre à faire le party à l'anglaise.

    Bon congrès !

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 3 août 2008 16h34
    Les mêmes droits et les mêmes libertés.
    Les jeunes de la CJ libérale du PLQ (non du Québec) naviguent peut-être sur des pelures de bananes, à plusieurs égards. Mais ils ont le droit de penser et la liberté incontestable d'exprimer leurs opinions. Les mêmes droits et les mêmes libertés que s'arrogent quotidiennement et sans le moindre scrupule, les illettrés, les ignares qui affluent sur toutes les tribunes médiatiques, les sans éducation qui envahissent tous les crachoirs de la grossière déambulance québécoise, les graffiteurs qui défigurent les murs des places publiques au pied desquels ils signent leur prurit lamentable, les casseurs et autres pirates usurpateurs, nés de la délinquance explosive que nourrissent toutes les formes de l'extrémisme.

    Quels droits et quelles libertés ces jeunes de la CJ du PLQ n'on-ils pas que certains scribes de ce forum prétendent avoir en exclusivité ? De là à ce que certains gradués du primaire, que les gradués du décrochage, que des «fils sans papa», que les «fils des adoptions ponctuelles», que les «fils des échouements conjugaux et des abandons parentaux» ou que des «fils à moult papas» les traitent de «fils à papa» avec tous les venins du mépris cynique que cette expression colporte, chez les envieux du paupérisme intellectuel, les cupides de l'impécuniosité organisationnelle et les jaloux indigents d'un éculé communautarisme institutionnalisé, il y a des lieues qui séparent ces jeunes futés des jeunes fêlés qui, eux, vivent à nos crochets, qui ont encore une once d'énergie pour s'effoirer sur le clavier de l'ordinateur de leurs creux déboires, qu'ils soient libéraux, péquistes, adéquistes, fumistes, idéalistes, séparatistes ou fédéralistes.

    Il ressort soudain, comme une bombe à retardement, que les mouvances démographiques du Québec, lesquelles, pour certains myopes observateurs de notre société distincte et de notre réalité socioéconomique que siphonne la globalisation et que pompe la mondialisation, se résumeraient au simpliste diktat qui veut que nous soyons en train de passer d'une société de travailleurs à une société de retraités. C'est alarmiste et puéril. C'est l'effet d'une télécommande fort commanditée par les anti-baby-boomers. Attendez de voir à quoi ressembleront les produits du «Peace & Love», des cocaïnomanes et autres accros. Je crains davantage une société de casseurs et de cassés qui jettent le dévolu de leurs frustrations et considérations excrémentielles au visage de bâtisseurs responsables qui ont intelligence, raison, vision et compte en banque. Je crains davantage l'actuelle société de fainéants qui se substitue à une société de travaillants. Je crains davantage les arrivistes et carriéristes, les «fils de toutes les gratuités et de toutes les allocations sociales» ainsi que les illuminés de toutes les plèbes et plaies sociales qui revendiquent que tout leur soit dû et qui s'imaginent que le Québec ainsi que toutes les institutions du pouvoir leur appartiennent.

    Hier encore, le fils d'un juge, le fils d'un médecin, le fils d'un éducateur était motivé et enclin à suivre les traces de son paternel, professionnel et dédié à ses commettants, voué à une pratique honnête et à la poursuite d'une noble carrière meublée de réalisations et de succès qui ont rejailli sur toute la collectivité. Depuis les explosions à répétition des cellules familiales ; depuis qu'on se racole et qu'on se recolle; depuis que les noyaux familiaux «reconstituées, disloqués, rapiécés, délabrés et acculés à la faillite plurielle» ont damé le pion aux familles qui ont constitué la fierté du Québec, l'ensemble des constituantes de notre société québécoise a dramatiquement changé. Tout, absolument tout, a redoutablement chaviré.

    Il suffit de se rappeler des dernières négociations des médecins spécialistes, du crépit langagier et de l'allure de leur gourou négociateur, pour réaliser que les nouveaux parvenus sont issus des rangs du «tout est fourni», du «tout est gratuit», du «tout est syndicalement pris pour acquis», du «tout m'appartient si je le prends». Elle commence à nous envahir, cette émergence du «faire le moins possible aux plus gros salaires possibles», du «faire-faire et laisser-faire», «du gros char», des «pitounes de luxe», des «vacances à tout moment et voyages de pachas». Cette actuelle émergence des «tits jos connaissants», des «tits jos la piastre», des «tits jos consommateurs boulimiques», des «tits jos surendettés», des «tits jos dépendants» et de tous ces «tits jos qui grenouillent sur tous les blogues des libertaires et des lâches anonymes», en somme, tous les déploiements de cette émergence, au Québec, en inquiètent plus d'un.

    Oui, entre autre, je suis tout a fait d'accord avec cette volonté manifeste qui aurait pour effet que tous les aspirants au BES (Bien Être Scolaire) dans les universités du Québec, soient contraints à payer le juste prix d'une telle scolarisation et que l'impôt spécial soit la seule façon de prélever les redevances, à défaut de quoi, les diplômes et certificats devraient être confisqués, au moindre refus ou prétention d'incapacité de rembourser. Ceux qui ne veulent pas travailler 25-30 heures semaines pour se payer un tel tremplin sociétal, comme nous le faisions, il y a 50 ans ; ceux qui vivent aux pompes des cartes de crédits de «plusieurs parents ou autres banques à pitons» ; ceux qui ne veulent pas sacrifier les autos qui envahissent les terrains de stationnement des parcs universitaires, alors que les profs, en grand nombre, empruntent le transport en commun ; ceux qui ne veulent pas sacrifier leurs vacances dans le sud ou partout ailleurs au monde lors du «Christmas Off» et du «Spring Brake» ; ceux qui ne veulent pas mettre un frein aux 5@7 et aux beuveries de fin de semaine ; ceux qui chialent et qui prétendent qu'ils ne pourront pas avoir accès aux universités du Québec, s'informeront des coûts qu'il leur faudrait consentir, dans celles de l'Ontario ou d'ailleurs ! Ceux qui n'en auront pas les moyens, feront, ni plus ni moins, comme ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter un gros char, qui n'ont pas les moyens de s'acheter des créations Yves St-Laurent, qui n'ont pas les moyens d'habiter au centre-ville dans un des lofts du 15e étage, qui n'ont pas les moyens de se taper les restaurants huppés etc.. ILS S'EN PASSERONT! Ils arrêteront de péter au-dessus du trou et ils prendront leur trou. Ils n'en mourront surtout pas. Et, on va en revenir au cours normal de la vie qui n'a rien d'un bordel.

    Le drame, au Québec, ne vient pas particulièrement des libéraux et encore moins des jeunes de cette faction politique, quoiqu'en pensent les grossiers «Caron» de ce forum et les grenouilles de bénitiers (Dubé et Couture) des forums précédents, avec leurs chapelets d'insultes et leurs rosaires de petitesses, quoi qu'en disent ces héritiers et héritières du vide ; quoiqu'en radotent ces appendices qui se déversent sur toutes les tribunes quotidien Le Devoir qui étire tous les élastiques de la complaisante et qui finira probablement dans les dédales de la déchéance médiatique digne de Canoë ou des lignes ouvertes que pistonnait le totem Jeff Fillion. Le PQ a fait sa très large part dans la mise en scène et la réalisation du «drame québécois». Ce drame est rien de moins que la disparition catastrophique du balancier sociétal que constituait la Classe Moyenne. Dans les années qui ont suivi la révolution tranquille, la classe moyenne, celle qui motorisait le Québec, représentait + ou - 60% de l'actif et du potentiel québécois. Depuis le début du troisième millénaire, il y a + ou - 15% de richissimes docteurs et autres pachas et parvenus, toutes provenances et orientations confondues. Il y a + ou - 15% d'une classe moyenne dont font partie bon nombre de retraités de la Fonction publique dont les revenus, toutefois, ont été pris en otage par René Lévesque (1985) et sont toujours désindexés par Jean Charest (2008) ; une classe moyenne qui s'essouffle et s'appauvrit à la cadence accélérée que provoquent les actuels minoritaires sous l'ingouvernance de la ministre de l'endettement national et du spécialiste du NI-NI, du NON-FAIRE et du FAIRE-FAIRE qu'il s'empresse de DÉFAIRE, alors qu'il se tape deux revenus (que l'on connaît)... Il y a + ou - 30% d'appauvris qui ont double et triple emploi, qui longent les frontières de la pauvreté, sous des avalanches d'endettements tous azimuts et qui tirent plus d'un diable, par la queue. Il y a + ou - 40% de démunis dont les aînés forme la très grande majorité, qui se partagent les mépris et l'arrogance, les dédains et les morves des inhumains du Québec, toutes catégories politiques et civiles, cléricales et religieuses, réunies. À ces cliques s'ajoutent les gangs des ruelles médiatiques qui se comportent comme des coquerelles.

    Parmi les questions qui tuent, en voici une. «Vaut-il mieux vivre, survivre et finalement crever dans un pays qui subit les secousses d'une mondialisation sauvagement intégriste et volontairement militariste que de vivoter, suffoquer et finalement crever dans une république insularisée, aux mains du potentat de petits suzerains nombrilistes et infatués» qui brime et réprime toute forme de liberté d'expression, républiques dont les exemples pleuvent actuellement sur la planète des incuries ?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

    P.S. Qui parle encore de bilinguisme alors que la vaste majorité en a compris la force et la rentabilité, depuis des lunes ? Qui parle encore de bilinguisme, alors que nous sommes, minimalement, à l'heure du trilinguisme ?

  • rodolphe bourgeoys
    Inscrit
    dimanche 3 août 2008 20h05
    aux sophistes néo-libéraux
    Sachez que quelque soit le modèle de société adopté, mis effectivement en place ou conservé, il y a toujours eu, il y a toujours et il y aura toujours des «profiteurs» et des «profités». Ce qui change, c'est qui profite et qui fait profiter de lui. C'est très clair en économie et en anthropologie culturelle. La position par défaut est qu'un ou quelques groupes s'érige à la position de bénéficiaire(s) principal(aux) du système établit. On a vu s'y succéder le Clergé, la chevalerie, les nobles de palais, les bourgeois, les corporatistes divers formant les groupes de pressions, certains "specialistes" de l'utilisation futée de l'aide gouvernementale (certains pauvres oui, mais aussi ces entreprises qui extorquent systématiquement le gouvernement du Québec sous la menace d'établir leur usine ailleurs). C'est une réalité innéluctable découlant de la nature même de l'Homme. Tant qu'il y aura des «suiveux», les profiteurs pourront toujours s'accaparer le système en toute impunité. La question est qui profite de qui ?

    La révolution de l'État-providence a opéré un rééquilibrage en faveur de la population générale. Certes, certains--tolérés par des politiciens mous et irresponsables face à l'endettement collectif--on pu corrompre le système pour en faire un régime de «bougons». Mais qu'y avait-il avant, par exemple à la fin du XIXe siècle ? À l'époque, c'était le patronat qui avait le beau jeu: salaires minables, conditions de travail dangereuses, congédiement capricieux au moindre sentiment d'un regard innaproprié, traitement pire que celui réservé au chien de l'employeur, absence totale de liberté de parole et d'association, esclave se sentant néanmoins «infiniment» redevable d'avoir un emploi quelque soit ses conditions, etc. Pendant ce temps, les patrons engrangait des profits faramineux pour un travail nettement moindre que ce qu'ils doivent fournir aujourd'hui (notamment, beaucoup moins de formalités administratives et légales). Avant l'État providence, il y avaient des profiteurs, mais ce n'étaient les mêmes, c'est tout.

    Il est important de penser les relations entre la société et l'individu sous le thème de la réciprocité (du donnant-donnant) et de l'équité en se souvenant que la société est faite des personnes la constituant: ces personnes existeraient sans la société, mais la société ne peut évidemment exister sans les personnes la constituant. Prima facie, la société porte la première dette: la dette envers les personnes acceptant de faire partie de la société plutôt que de vivre en hermitte. On l'oublie parce que l'éducation donnée, voire imposée, au enfants est ainsi faite qu'elle nous fait oublier cette réalité et nous fait penser qu'on porte la premiere dette envers une société nous «acceuillant» (allez voir ce qu'on fait à quelqu'un qui s'avise d'aller vivre en forêt et de se bâtir une cabane: il est porté «disparu», on le cherche car il a supposément besoin d'aide, on le ramène de force, s'il ne veut pas, alors il est forcément atteint de troubles mentaux graves et on le «soigne» de force, la police démolit sa cabane car soi-disant bâtie sans permis sur des terres de la couronne.). Vraiment, c'est d'abord la société qui manifeste une volonté totalitaire d'inclure tout le monde, avec ou sans le consentement des sujets. C'est donc la société qui porte la première dettes selon la perspective d'un rapport de négotiation sincère, lucide, transparent et équitable. C'est celui qui veut une chose plus qui doit payer plus, et non pas faire croire à l'autre que c'est lui qui veut lui donner la chose et doit payer pour pouvoir la lui donner !!! Ça, c'est profiter !!!

    Et bien, que veut la société occidentale ? Elle a décidé qu'il fallait déménager les emplois manuels vers le sud et l'orient car 1) c'est moins cher et 2) les néo-coloniaux (ex: le roi de Belgique) qui on démarrer le plan de la mondialisation actuelle durant les années 50 pensent que les blancs du nord sont trop bien pour travailler dans des usines. Les sociétés occidentales ont fait le choix néo-colonial d'une «économie du savoir», le savoir étant considéré comme pouvoir. Personne n'a consulté les jeunes pour leur demander si cette entreprise néo-coloniale les intéressait. Ajoute à cela que les sociétés occidentales ont fait le choix de la dénatalité, ce qui raréfie l'offre de main-d'oeuvre et doit donc, en toute équité, déplacer le rapport de négotiation en faveur des jeunes gens qui débutent leur vie productive et s'apprête à travailler pour les vieux baby-boomers retraités qui ont accumulé un fond de retraite grâce à : 1)les politiques publiques qu'ils ont mis en place qui leur permettaient d'avoir des programmes sociaux à rabais en ne payant pas les justes impôts requis 2) l'économie d'impôts et/ou d'assurances privées leur a permis d'investir dand le fond de retraite 3) l'endettement public leur a permis de trouver un débouché majeur pour investir en prêtant au gouvernement 4) maintenant qu'ils veulent encaisser leur fond de retraite, ils ont besoin que le gouvernement rembourse sa dette (c'est comme ça qu'un régime d'épargne fonctionne: on prête à intérêt jusqu'à sa retraite et ensuite on se fait rembourser à l'âge de la retraite) ce qui fait que les jeunes d'aujourd'hui paient pour cette dette en se serrant la ceinture en payant des impôts élevés pour un état s'annonçant devenir un petit état-gendarme. Et on voudrait maintenant nous faire croire que c'est une faveur faite aux jeunes que de financer leurs études ??? Quelle hypocrisie !!! Ça, c'est profiter !

    La réalité d'un rapport de négotiation transparent et équitable: la société occidentale a grandement besoin que les jeunes étudient car autrement, le système va s'écrouler et l'occident sera encore plus rapidement remplacé par les puissances émergentes comme la Chine et l'Inde. C'est donc à la société de reconnaître sa première dette en donnant aux jeunes qui consentent à servir ce système les outils de ce faire ! Bien sûr, tout cela pourrait être différent si on inversait la mondialisation de manière à ce qu'il existe des emplois manuels décents pour ceux qui préféreraient ces emplois aux études. Mais pour l'instant, étudier n'est pas vraiment un choix. Pourquoi payerions-nous plus pour nos études que nos parents qui ont étudié à une époque où c'était presque gratuit ? Il est temps de reconnaître que ceux qui ont endetté l'État en refusant d'effectuer les compression minimes qui auraient suffit à l'époque (à peu près 2-5 %) n'étaient pas des tuteurs de bonnes foi et leurs décisions ne devraient pas lier les générations futures.

    Comme je le répète, dans tout système, il y a des «profiteurs» et des «profités» et la question est de savoir qui profitera de qui. À l'heure actuelle, il est clair que les baby-boomers retraité pressant pour un remboursement de leur caisse de retraites profitent actuellement des jeunes et tente de profiter encore davantage.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    mercredi 6 août 2008 17h34
    Si au moins Gerry Pagé m'avait bien lu avant et ailleurs...
    ... je crois bien être resté constant, sinon pertinent.

    Ayant été interpellé indirectement dans votre dernière logorrhéique diatribe (j'aime tout de même vous lire), permettez-moi de bien vouloir relever le gant...

    Bien que nous partagions les mêmes préoccupations envers la marginalisation de la classe moyenne qui disparaît comme peau de chagrin depuis 1990 environ et que nous divergions sur les tenants et aboutissants de solutions viables pour notre société, la personnalisation des attaques et la présomption de vacuité intellectuelle et culturelle est éminemment présomptueuse, aucunement bienvenue et à mon sens n'est pas le but d'un blogue.

    L'élégance par contre est bienvenue, et je vous situe très haut avec le citoyen Montoya, entre autres et notamment, sur cette échelle.

    Nous avons le devoir de la cultiver, malgré mes maigres ressources et moyens intellectuels.

    Pour ce qui est des plus démuniEs, nous convenons tous que leur sort n'est pas enviable et qu'il faut sortir les solutions d'une dynamique partisane et idéologique de guerre aux pauvres.

    Permettez-moi, Mr Pagé, de déverser un fiel de bon aloi sur ces parvenus incultes et ces rejetons inquiétants d'un parti que Robert Bourassa avait eu l'intelligence de ne pas se mêler des affaires de gouvernance financière, faisant confiance à ses acolytes chargés de ce faire, et qui eux-mêmes avaient des connaissances plus que douteuses et suspectes dans le domaine du financement politique et de la corruption étatique.

    Ce parti n'a ABSOLUMENT RIEN apporté de majeur au Québec depuis le 29 avril 1970 en-dehors de la honnie loi 22 et la délirante Baie-James, rien d'autre que le ménagement de la chèvre et du chou législatif pour ne pas écorcher l'industrie, pour soulager le Kapital (tiens-tiens, ça me rappelle queu'que chose...), rien d'autre que le confort et l'indifférence constitutionnels dans un melting-pot fédéral et fédéraliste anglo-saxon, rien d'autre que la multiplication des contrats de béton et d'asphalte aux généreux donateurs à la caisse électorale qui nous permettent d'avoir des routes en état exceptionnel pour aller vite attendre des heures à l'hôpital rénové mais tout de même dysfonctionnel faute de ressources humaines compétentes et suffisantes et arriver en retard à l'école aux valeurs conformistes et conservatrices conformes à celles de ceux qui ne veulent en rien changer, rien d'autre que l'extrême-immobilisme du sur-place dans les domaines social, environnemental et culturel, rien d'autre qu'un modèle de société individualiste, égoïste, affairiste et capitaliste à outrance jusqu'au ridicule du dealer de chars usagés, quintescence de leur idéologie de glorification de la réussite individuelle.

    Et ce qui est encore plus inquiétant est de constater qu'ils et elles se sont reproduitEs et multipliéEs et qu'ils et elles influencent néfastement le mal-développement turbocapitaliste de mangeurs de vaches mortes qu'ils infligent à la société québécoise, la politique que l'on subit quand ils sont au pouvoir.

    Mon autre grand rêve, parallèle à celui de couper les ailes politiques des divers gens de toge, est de voir ces chantres de l'industrie et de l'exploitation ouvrière dans la joie et l'allégresse prolétaire (à la chinoise, quoi !), de les voir payer leur juste part d'impôts et de ne plus les voir se mêler des affaires de l'État québécois et de ses municipalités, de retourner à ce qu"ils savent faire de mieux, de la petite business quotidienne routinière et relapse, n'ayant aucun sixième sens de la beauté paysagère et territoriale et de la qualité de vie sociale pour tous, d'être humbles et laisser ceux qui savent s'en occuper s'en occuper, quoi !

    Permettez-moi donc enfin, Mr Pagé, de les détester profondément, de les accuser de respirer Mon air et de dénoncer leur vision et leur mode de vie réducteurs à l'avoir net grossissant de leur actifs financiers, et de le leur faire savoir sur tous les tons possibles.

    C'est ma licence littéraire que me permet ce blogue car je ne personnalise pas autant que possible ces attaques, je les généralise car ils et elles sont tous également coupables d'inculture, d'inconscience et d'irréflexion face aux problèmes sociaux que leur mode de vie et leur organisation économique perpétue.

    Là se trouve la vraie grossièreté, la richesse matérielle sans richesse intellectuelle ou culturelle, sans conscience que leur liberté finit où débute celle du prochain.

    À bon entendeur...

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    mercredi 6 août 2008 18h03
    @ Mme et M. JMR et IJ
    Pourquoi relever votre intervention, me direz-vous ?

    Est-il vraiement utile pour les lecteurs de ce blogue que vous n'ayiez AUCUNEMENT relevé l'ironie et le sarcasme dans le propos d'Olivier ?

    C'esat un peu pathétique de constater que la perception du deuxième degré n'est pas donnée à tout le monde...

    Mais alors pourquoi le souligner, ma foi...

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