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Le fédéralisme vert

Manon Cornellier   2 juillet 2008  Canada
Lorsque le gouvernement conservateur a présenté, à l'automne 2007, son plan de réduction des impôts et de la TPS, on a vite compris que Stephen Harper avait choisi la voie budgétaire plutôt que constitutionnelle pour imprimer sa marque sur le fédéralisme canadien, limiter la marge de manoeuvre de l'État fédéral et, à long terme, sa capacité d'intervenir dans l'économie ou de créer de nouveaux programmes, peu importe le parti au pouvoir.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    2 juillet 2008 10 h 04
    Quel effet de serre ?
    Taxer le carbone, quelle idée farfelue ! Ne sommes-nous pas déjà suffisamment taxés à la pompe ? J'ai tout de même remarqué que la plupart des journalistes n'emploient plus les termes de «réchauffement climatique», leur ayant substitué, dans une certaine lueur d'intelligence, ceux de «changements climatiques». C'est un pas dans la bonne direction scientifique. Mais que d'aberrations encore dans l'emploi des mots qui traitent de cette question. D'abord «gaz à effet de serre». Ne se rend-on pas compte que le plus puissant gaz à effet de serre vient de l'eau devenue vapeur qui s'ajoute à l'azote, à l'oxygène, au gaz carbonique en minime proportion oui, pour diminuer l'effet de rayonnement de la chaleur vers le ciel. Mais cela a eu lieu depuis que la Terre existe, avec d'énormes fluctuations des niveaux de réchauffement et de refroidissement de notre planète, et ce bien avant l'industrialisation. Chaque semaine des milliers de scientifiques des plus sérieux ajoutent leur voix, dépassant maintenant les 32000, pour expliquer que les gaz carboniques qui s'échappent de nos autos comme de nos poumons y ont un effet pratiquement nul, comparés à tous les autres facteurs, dont principalement le Soleil et la position de la Terre sur son axe et dans son trajet autour du Soleil. Mais personne ne donne audience à ces milliers de scientifiques. Et, comble du ridicule, Dion recommence à prendre du galon en proposant de taxer davantage le carbone, comme s'il ne l'était pas déjà suffisamment.

    Les journalistes, et je vois que Manon Cornellier ne fait pas exception, emploient toujours les termes «de lutte contre les changements climatiques». Mais comment pourrait-on lutter contre des changements sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir? Pas plus d'ailleurs pour les provoquer que pour les contrer ! Non, ces milliards dépensés en vain contre le carbone, c'est vers l'adaptation aux changements qu'il faudrait les diriger. Et là, oui, il y aura beaucoup à faire. Car, comme c'est déjà arrivé plusieurs fois dans l'histoire de la Terre, nous sommes présentement dans une étape de changements climatiques rapides. Nous ne pouvons prévoir exactement jusqu'où iront ces changements et quelles seront les régions les plus touchées. Mais nous voyons déjà des effets dévastateurs dans les régions plus chaudes de la planète. Certaines basses terres devront être mieux protégées contre l'invasion de l'eau, ou même quittées pour des terres plus hautes. Cela est arrivé en Gaspésie récemment, et plusieurs maisons ont dû être relogées plus loin des rivières qui les ont inondées dramatiquement l'année dernière. Mais dans l'ensemble le Canada sera favorisé par rapport à des régions plus chaudes, dont le sud des États-Unis, La Louisiane en particulier. Depuis que les humains font face aux éléments, ils auraient dû apprendre depuis longtemps que l'on ne peut lutter contre les changements climatiques. La seule réaction sage est de s'y adapter. Et le plus vite on s'adapte, le mieux on s'en tire. Voilà la réalité.
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  • Jean-Louis Tanguay - Abonné
    3 juillet 2008 15 h 17
    Principe de précaution
    Votre analyse est la plus lucide que j'aie lue dans la presse francophone, dont le parti-pris habituel envers Stéphane Dion bousille les jugements. En effet, les jupons souverainistes dépassent souvent!

    Ultimement, la question des changements climatiques doit être soumise au principe de précaution : c'est une question vitale pour l'avenir! On ne peut risquer de se cantonner dans l'attentisme ou dans les demi-mesures à la Harper... Ce serait trop facile, et surtout trop dangereux!

    Il faut résolument s'attaquer directement aux comportements individuels, et c'est le but d'une taxe sur les émissions de gaz carbonique. Instinctivement, chacun se demande alors ce qu'il peut faire pour en diminuer l'impact. Personnellement, j'ai déjà diminué ma vitesse sur les routes et je songe à changer ma fournaise!

    Aucun plan n'est parfait au départ, et le plan libéral ne fait pas exception. Lier la solution directement à l'économie et aux transferts sociaux, par la voie de la fiscalité, est crucial pour juger la question dans son ensemble. En prime, on moderniserait notre fiscalité en mettant l'accent sur la consommation plutôt que sur le revenu.

    Il faut donc en discuter le plus sereinement possible. Sans illusions, toutefois, la politique étant ce qu'elle est!

    Voyons voir si les lucides seront plus nombreux que les sceptiques et les cyniques, pour envoyer paître les petits politiciens qui rêvent au pouvoir à tout prix, au mépris des conséquences pour l'avenir !

    Encore bravo pour votre article!
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