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Achat de 17 avions de sauvetage: feu vert à l'automne

Alec Castonguay   16 juin 2008  Canada
Ottawa — Le processus d'acquisition des nouveaux avions de recherche et de sauvetage devrait prendre son envol cet automne, avec un appel d'offres ou un préavis d'adjudication de contrat auprès des entreprises désireuses de fournir les 17 nouveaux appareils. C'est ce qu'a soutenu au Devoir le chef d'état-major de la Force aérienne, le lieutenant-général Angus Watt.

«On a terminé l'évaluation de la plupart de nos besoins et critères. On va bientôt être prêts à aller au Conseil des ministres [pour une approbation]. On va terminer le tout dans les prochains mois et on espère qu'à l'automne, on pourra aller voir le gouvernement et procéder au lancement du projet d'acquisition», a affirmé Angus Watt à sa sortie d'un comité sénatorial.

Au bureau du ministre de la Défense, Peter MacKay, on affirme également vouloir procéder à une annonce cet automne dans ce dossier. Son de cloche similaire du côté de Dan Ross, le sous-ministre adjoint responsable des acquisitions de matériel au ministère de la Défense. «Ce sera assez rapide, je pense», a-t-il dit au Devoir la semaine dernière.

La valeur du contrat pour l'achat des 17 appareils de recherche et de sauvetage atteindra 1,3 milliard de dollars. Une somme à laquelle il faut ajouter l'entretien sur 20 ans, d'une valeur de 1,8 milliard.

«Nos besoins sont bien définis, explique Angus Watt, le grand patron de la Force aérienne. Mais nous devons également élaborer une vision complète de ce que seront la recherche et le sauvetage. On ne peut pas simplement aller au cabinet et demander des avions, il faut expliquer le contexte global et ce que ça veut dire pour le Canada. On est très près d'avoir terminé cet exercice.»

Le Devoir a appris que les Forces canadiennes songent à ajouter une base pour la recherche et le sauvetage à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, ce qui permettrait de répondre plus rapidement aux appels de détresse dans le Grand Nord. Actuellement, il y a quatre bases d'où partent les avions de recherche et sauvetage: Comox, Winnipeg, Trenton et Greenwood.

Flotte désuète

La flotte actuelle des 16 avions de recherche et de sauvetage est largement désuète, et la Force aérienne a hâte de lancer le projet de remplacement des appareils. Les négociations avant la signature d'un contrat avec un constructeur militaire peuvent prendre environ un an. Le premier avion est livré 36 mois après la signature du contrat, et le dernier appareil est généralement reçu 60 mois après la signature. Si le gouvernement lance le processus d'acquisition cet automne, la nouvelle flotte pourrait être opérationnelle vers 2015.

Et ce ne serait pas un luxe. Selon des documents obtenus par Le Devoir en avril, la capacité opérationnelle des six Buffalo CC115 et des dix Hercules CC130 qui font actuellement les missions de recherche et de sauvetage est devenue si faible — à peine 33 % de la flotte peut voler tous les jours, alors que la norme est de 70 % — que le remplacement des avions est devenu la priorité numéro un des Forces canadiennes.

L'armée de l'air tente tant bien que mal d'assurer le secours des citoyens en détresse avec sa flotte vieillissante, mais c'est de plus en plus difficile, particulièrement dans les montagnes Rocheuses avec les Buffalo. Ces avions ont été mis en service il y a 41 ans.

«Le gouvernement n'a rien demandé de spécial»

Le 21 mai dernier, Le Devoir révélait qu'un bras de fer entre le gouvernement Harper et la Force aérienne retardait le lancement du processus d'acquisition. Le gouvernement aurait demandé à l'armée de revoir ses critères de sélection du nouvel appareil pour ne pas favoriser un seul constructeur. La Force aérienne estime au contraire qu'il faut le meilleur avion disponible pour aider les Canadiens en détresse, peu importe quelles entreprises sont sur les rangs.

Le chef d'état-major de la Force aérienne, Angus Watt, n'a pas voulu plonger dans ce débat politique très délicat avec Le Devoir. «Le gouvernement n'a rien demandé de spécial», a-t-il dit, avant d'ajouter: «On va acheter un avion qui peut faire le travail dans le deuxième plus grand pays du monde.»

Les Forces canadiennes cherchent à acquérir un type d'appareil conçu spécialement pour les missions de recherche et de sauvetage. Les multinationales Alenia (Italie), CASA-EADS (Espagne) et Lockheed Martin (États-Unis) sont sur les rangs pour fournir les nouveaux avions. Alenia a toutefois une longueur d'avance puisqu'elle remplit tous les critères de la Force aérienne, ce qui n'est pas le cas des deux autres compagnies pour l'instant.
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 16 juin 2008 08h56
    Pourquoi, pour qui, comment ?
    Pourquoi ces nouveaux avions de recherche et de sauvetage ?

    Tout le monde peut avoir son GPS pour 200 $. Fait que, ça règle l'aspect recherche. Tant qu'au sauvetage, est-ce que ces avions vont pouvoir amerrir dans la tempête ou atterrir dans les montagnes ? Non ? Ils vont être utiles à quoi au juste ? Des exemples, s.v.p....merci.

  • Gaetan Saint-Pierre
    Abonné
    lundi 16 juin 2008 10h47
    Le bon choix
    Et pourquoi pas des hélicos pour faire ce travail?

  • Raoul Larocque
    Abonné
    lundi 16 juin 2008 17h00
    !7 avions
    La problématique sur l'ouverture des appels d'offre à plus d'une compagnie me rappelle la problématique qui existait lors des appels d'offre pour l'achat des hélico de combat à bord des frégates: les critères avaient été développées sur une période de 3 ans par un comité qui comprenait des dizaines d'experts et la seule compagnie qui remplissait véritablement les critères c'était Augusta-Westland compagnie européenne. Le choix fut présenté au Cabinet et quelques heures plus tard, la réponse vint: Refaites vos devoirs!! Après deux interventions du genre et où tout les critères techniques favorisant A-W, avaient été éliminés, le choix se porta tout naturellement sur une cie américaine laquelle a d'énormes problèmes à finir par aboutir et ce qui nous forcera probablement à commander de nouvelles frégates avant d'avoir les dits hélicos. Les politiciens ont probablement certains intérêts à ne pas avoir la compagnie italienne comme fournisseur, et je ne veux pas dire des intérêts d'ordre humanitaire ou même technique.
    Raoul Larocque

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