dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Québec cède le contrôle à Ottawa

Robert Dutrisac   12 juin 2008  Canada
Québec — Le site Internet du Sommet de la Francophonie qui aura lieu en octobre à Québec est bilingue. Les offres d'emploi ainsi que les appels d'offres pour cet événement sont produits dans les deux langues officielles du Canada.

Cette situation s'explique par le fait que l'organisation du Sommet de la Francophonie à Québec est régie par les règles du Conseil du trésor du Canada. Elle est donc soumise à la Loi sur les langues officielles du Canada et n'a pas à respecter la Charte de la langue française.

L'organisation du Sommet, qui est chapeautée par un secrétariat basé à Québec, est pourtant une affaire conjointe entre le gouvernement fédéral et celui du Québec. Chaque ordre de gouvernement y contribue 16 millions. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui a un statut de gouvernement participant au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au même titre que le Québec, fait partie de l'entente et débourse de son côté 750 000 $.

Si le gouvernement québécois, par l'entremise de son Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), bataille pour que la Charte de la langue française soit respectée dans les programmes à frais partagés entre Ottawa et Québec — on n'a qu'à penser au programme d'infrastructures auquel Ottawa contribue en sol québécois —, il en va tout autrement quand il est question de relations internationales. «C'est un monde à part parce qu'il y a une dimension internationale. C'est pourquoi on retrouve des clauses plus canadiennes», a-t-on expliqué au SAIC.

Selon l'annexe A du Protocole d'entente «concernant l'organisation, le déroulement et les modalités administratives et financières relativement au XIIe Sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage», le secrétariat de l'événement «sera géré conformément aux politiques et directives du Conseil du trésor du Canada», que ce soit pour les ressources humaines ou pour les appels d'offres. La Charte de la langue française ne s'applique pas.

Pour l'organisation des Fêtes marquant le 400e anniversaire de la ville de Québec, les trois ordres de gouvernement avaient convenu de créer un organisme sans but lucratif (OSBL), la Société du 400e, pour se charger de la tenue des événements tout au long de 2008. La Société du 400e a signé un protocole d'entente avec le gouvernement du Québec, un autre avec le gouvernement fédéral et, enfin, un autre avec la Ville de Québec, tous trois bâilleurs de fonds. Le SAIC avait obtenu du gouvernement fédéral qu'il s'engage à respecter la Charte de la langue française.

Au ministère des Relations internationales (MRI), on a indiqué qu'il avait été question de créer un OSBL pour organiser le prochain Sommet de la Francophonie. Mais pour des raisons de simplicité administrative, on a jugé bon d'en faire une organisation soumise aux règles fédérales uniquement.

En principe, pour se conformer à la Loi sur les langues officielles, certaines fonctions au sein de l'organisation du Sommet, comme celle d'une téléphoniste qui traite avec le public, doivent être occupées par des employés bilingues. De même, l'affichage public doit être bilingue.

«On fonctionne dans le cadre des règles fédérales. Mais dans la réalité, ça ne change rien», assure le directeur général du secrétariat du Sommet, Denis Ricard. «Dans les faits, ici, on travaille carrément en français. Nous n'avons pas d'obligation d'embauche de gens bilingues.»

Si les offres d'emploi sont rédigées dans les deux langues, on exige pour tous les postes une connaissance du français. En outre, il n'y aura pas de traduction dans l'affichage public. «Tout sera en français», soutient M. Ricard. Quant au site Internet, il est en français et en anglais. Le message du premier ministre du Québec, Jean Charest, n'est toutefois pas traduit en anglais.

Les appels d'offres figurent dans les deux langues sur le site fédéral MERX destiné aux fournisseurs du gouvernement fédéral. Selon les règles qui découlent de la Loi sur les langues officielles, les contrats peuvent être en anglais ou en français, selon le voeu du fournisseur. Or les contrats signés par le secrétariat du Sommet sont rédigés en français bien qu'il soit possible d'en obtenir une traduction en anglais, a précisé M. Ricard.

En congé de son poste de directeur général de l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM) depuis mars 2007, Denis Ricard travaillera pour le Sommet jusqu'en décembre 2008, après la remise du rapport d'activités. Ce fonctionnaire de carrière a une vaste expérience de l'organisation de sommets internationaux. C'est lui qui a dirigé l'organisation, pour le compte du gouvernement fédéral, du Sommet des Amériques qui a eu lieu à Québec en 2001. Il a travaillé à des Sommets de la Terre et à d'autres Sommets de la Francophonie, dont celui qui a eu lieu à Québec en 1987.

Tenir un Sommet de la Francophonie en 2008 afin de souligner le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, c'est une idée de Jean Charest lancée alors qu'il était chef de l'opposition officielle. Il ne faut pas en déduire que c'est le gouvernement du Québec qui invite. Ce privilège est réservé au gouvernement du Canada.

Le protocole d'entente ainsi que l'entente qu'ont signée Jean Charest et Paul Martin en 2005 en vue de la tenue du Sommet de la Francophonie à Québec en 2008 ne sont pas différents des ententes similaires qui balisent la participation du Canada et du Québec aux Sommets de la Francophonie. Ils découlent de l'entente intervenue en 1985 entre Brian Mulroney et Pierre Marc Johnson et ne s'éloignent pas de l'entente subséquente liée à la tenue du Sommet de la Francophonie à Québec en 1987.

Le Canada est «la puissance invitante». Le Canada et le Québec sont les «gouvernements hôtes». Ainsi, le Canada fait parvenir «une lettre d'invitation à chacun des chefs d'État et de gouvernement des pays membres, gouvernements participants, membres associés et observateurs composant le Sommet». Puis, après avoir consulté le gouvernement du Québec et le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, le Canada adressera aux invités de marque non membres de la Francophonie une invitation. «Le Québec enverra sa lettre d'invitation aux mêmes participants et invités après celle du gouvernement du Canada», précise l'entente.

Pour l'organisation du Sommet, on a formé un comité présidé par le sherpa du premier ministre canadien, en l'occurrence Jacques Bilodeau, épaulé par le directeur des affaires de la Francophonie au ministère des Affaires étrangères, Philippe Beaulieu. Le Québec désigne le vice-président du comité, soit Gaston Harvey, sous-ministre adjoint au MRI, et un deuxième représentant, Wilfrid-Guy Licari, le délégué général du Québec à Paris. Le Nouveau-Brunswick a droit à un membre et c'est la sous-ministre des Affaires intergouvernementales, Mireille Cyr, qui a été nommée. Le directeur général, Denis Ricard, a été nommé par le Québec avec l'accord du Canada, conformément à l'entente.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Steve Fortin
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 07h27
    Quand on est un peuple conquis...
    « je sais, je sais, ça fait passéiste... mais d'la mar... avec Eddie Shore! Franchement, quotidiennement nous avons des exemples des limites, plutôt des contraintes que nous imposent le fédéralisme (quand l'esprit d'une CONFÉDÉRATION sera-t-il respecté???) canadian. Si l'esprit du bilinguisme coast to coast est un échec retentissant au Canada, pourquoi le forcer dans la gorge des québécois ???

    Nouvelle devise du peuple québécois : QUAND T'ES NÉ POUR UN PETIT PAIN, TU FAIS PAS DES SANDWICHS POUR TOUT LE MONDE »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 07h34
    La francophonie
    « Ou devrais-je dire la francopholie. Quel gaspillage de temps et d'argent. Il y a assez de structurites sans que nous soyons obligés d'en inventer d'autres, et par surplus, complètement inutiles.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    jeudi 12 juin 2008 07h50
    Un peu tard...
    « Il est un peu tard pour réagir.

    Nous aurions dû depuis belle lurette mettre la main sur l'entente signée entre la Ville de Québec, le fédéral et le provincial. Tout a été décidé et écrit depuis plusieurs années maintenant.

    Nous ne savons que réagir après coup. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 12 juin 2008 08h11
    Papa fédéral a toujours raison dans une fédération
    « Le Québec ne peut avoir cédé le contrôle à Ottawa puisque, dans notre fédération actuelle, le Canada a tous les contrôles qu'il veut bien. Ses provinces sont SOUS son pouvoir de plus en plus centralisé. Il peut désavouer les lois des provinces et les siennes ont préséance.

    Si le Québec veut avoir LE contrôle sur son territoire, faudrait qu'il abandonne cette FÉDÉRATION qui a été faussement nommée CONFÉDÉRATION depuis 1867 "qu'il n'a pas signée en 1982", pour négocier une CONFÉDÉRATION qui changerait son statut de PROVINCE dépendante à celui d'ÉTAT souverain.

    Voir son dictionnaire pour confirmer le tout. »

  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 09h56
    Ottawa et la francophonie
    « Ottawa et la francophonie (12-06-2008)
    La francophonie est devenue une opération politique où le français a de moins en moins à voir. Le Gouvernement fédéral est responsable de l'assimilation de près 70% des « Canadiens-français », appellation devenue archaïque, sauf pour Gérard Bouchard. Et pourtant, c'est lui, la « puissance invitante » qui a le haut du pavé, qui prodigue à la francophonie sa bilingue hospitalité. Sous prétexte de « lois des langues officielles », on impose l'anglais où, par définition, seul le français devrait avoir cours. Quant à cette fameuse loi des « langues officielles », elle n'a jamais consisté qu'à imposer l'anglais au Québec, et, ailleurs, au Canada, un français de traduction, rare, intermittent, cosmétique, dont le Québec est complètement absent.
    On ne compte plus les trahisons du Gouvernement Charest. En s'inclinant devant Ottawa, en lui cédant l'organisation du Sommet de la francophonie, le « Gouvernement du Québec » renonce à sa fonction de gardien de notre nation et de son caractère distinct. Il nous confine dans le rôle d'une minorité dominée par l'anglais, et dont la loi sur les « langues officielles » est l'hypocrite affirmation.
    Hubert Larocque, Gatineau. »

  • Peter Langford
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 13h23
    Québec cède le contrôle à Ottawa
    « What a misleading header! Always trying to make a mountain out of a mouse-hill! Has M. Dutrisac got nothing better to do? What a drag it is to read all his trouble-making efforts. »

  • Réal Ouellet
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 13h53
    Dion
    « Le chef du parti libéral s'excusait hier au nom du Canada pour avoir détruit la culture et les langues autoctones alors que le fédéral fait la même chose avec la langue et la culture québécoise.On se souvient du scandale des commandites! Difficile de manifester plus d'hypocrisie. Mais ici, dire une telle énormité passe comme du beurre dans la poêle. »

  • Françoise Maertens
    Inscrite
    jeudi 12 juin 2008 19h32
    Qu'est-ce cé qui veut dire Mr Langford????
    « Je ne comprends pas vore message, Monsieur. Pourriez-vous le traduire?
    Merci! »

  • Marc Bouchard
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 16h44
    Francophonie, conquête Canadian.
    « Les Canadians se comportent en conquérants en imposant leur langue et leur culture en autres. Lorsqu'un peuple se dit non deux fois, il n'a que ce qu'il mérite...peut-être?...mais.
    De plus, nos valets de service ne nous aident pas en travaillant pour une presse appartenant à 95% au point de vue fédéraliste...c'est ce qu'on appelle la "démocratie"...
    Imaginé un seul instant que se serait les forces souverainistes qui possèderaient 95% des moyens d'informations...on appellerait ça probablement de la dictature...
    Les lavages de cerveaux ça existent seulement en Russie avec la Pravda...
    Nous sommes vraiment chanceux!...n'est-ce pas? »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    dimanche 15 juin 2008 13h34
    Le titre aurait dû se lire:"Québec traduit pour Ottawa!"
    « Comme d'habitude, avec notre indéfaillible patience, nous nous abaissons à bien vouloir traduire, pour les incultes de service, les nouvelles et évènements qui "surviennent" chez nous. Bien entendu ceci est accompli à nos frais, pour les auditeurs du ROC(nous pouvons lire ici les fans de South Park).

    J'imagine qu'un petit déficite de 5.8 Milliards n'est pas suffisant ici pour chercher à faire l'économie de ces traductions... »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009