Ottawa annule des contrats pour 1,5 milliard
Ottawa — Le ministère de la Défense vient d'annuler la signature d'un contrat de 700 millions de dollars qui devait être octroyé à l'entreprise Rheinmetall Canada, dont le siège social est situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, au sud de Montréal, a appris Le Devoir.
Cette compagnie, connue sous le nom d'Oerlikon jusqu'à l'an dernier, met à l'oeuvre environ 400 personnes, dont 200 ingénieurs. La disparition de ce lucratif contrat empêche la création des dizaines d'emplois bien rémunérés initialement prévus, selon l'entreprise.
Les Forces canadiennes ont également mis fin à un processus d'acquisition avec General Dynamics Land System Canada, basé à London, en Ontario. Ce contrat avait une valeur de 800 millions de dollars.
Ces deux contrats majeurs, qui totalisent 1,5 milliard de dollars, sont victimes d'une redéfinition des priorités de la part des Forces canadiennes. La somme ainsi épargnée sera réinvestie dans de futurs achats militaires qui cadrent mieux avec la stratégie de défense «Canada d'abord», ce plan sur 20 ans qui n'a pas été rendu public par le gouvernement.
Seulement en ce qui concerne les cinq acquisitions majeures prévues dans «Canada d'abord», les Forces canadiennes prévoient devoir débourser entre 45 et 50 milliards de dollars sur 20 ans. Le ministère de la Défense cherche donc à rediriger des fonds vers ses nouvelles priorités. Évidemment, la mission canadienne en Afghanistan gruge aussi le budget du ministère.
Une rumeur avait circulé l'an dernier concernant l'annulation possible de ces deux contrats, mais le ministère de la Défense avait alors refusé de la commenter. La décision finale vient tout juste d'être prise. «On met fin à ces programmes d'acquisition, alors les contrats ne seront pas octroyés, a confirmé hier au Devoir Dan Ross, le sous-ministre adjoint responsable des acquisitions de matériels au ministère de la Défense. Le monde change et nous pensons que ces programmes ne sont plus adaptés à la réalité des Forces canadiennes.»
Rheinmetall Canada devait livrer au gouvernement fédéral 33 nouveaux véhicules à effets multi-missions (VEMM) entre 2010 et 2014. Ces engins tout-terrain auraient ressemblé à un gros véhicule blindé léger (VBL III), une sorte de char d'assaut sur roues qui aurait été surmonté de puissants canons antiaériens et antichars. Un système à la fine pointe de la technologie pour contrer les attaques venues des airs.
L'entreprise basée au Québec avait déjà été choisie comme seul fournisseur par la Défense nationale. Le contrat formel devait être signé d'ici la fin de 2008, d'après le site Internet du ministère des Travaux publics. Le contrat était évalué à 700 millions de dollars.
Les nouveaux VEMM devaient notamment être utilisés pour protéger le ciel contre les attaques possibles durant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Il semble que les Forces canadiennes devront plutôt se contenter des 36 véhicules antiaériens et antichars qu'elles possèdent déjà et qui se nomment ADATS (Air Defense Anti-Tank System). Rheinmetall, qui a conçu les ADATS utilisés par le Canada depuis 1988, fait d'ailleurs une mise à jour constante des véhicules existants.
Chez Rheinmetall Canada, on se dit déçu de la décision du ministère de la Défense. «Ce n'est pas une bonne nouvelle, c'est certain, dit la porte-parole, Thérèse Ménard. On aurait pu créer beaucoup d'emplois bien rémunérés avec ce contrat. On travaille dans la haute technologie, alors c'est souvent des postes d'ingénieur. Pour la région, c'était bien.» L'entreprise refuse de dire combien d'employés elle prévoyait embaucher pour remplir cette commande. «Il n'y aura pas de perte d'emplois», assure-t-elle toutefois.
Mme Ménard affirme que Rheinmetall Canada savait depuis un petit moment déjà que ce contrat ne verrait pas le jour dans sa forme originale. Rheinmetall pensait toutefois que le contrat pourrait simplement être modifié et non pas annulé.
Un autre contrat à la poubelle
La signature d'un autre contrat important, celui-là d'une valeur de 800 millions de dollars, est également annulée par le ministère de la Défense. Dans ce cas, le gouvernement devra toutefois payer une pénalité, parce que le fournisseur était assez avancé dans le développement de la technologie. Le montant de la pénalité, qu'on juge «minime» au sein de l'appareil militaire, n'a pu être fourni hier par le ministère de la Défense.
General Dynamics Land System Canada, basée en Ontario, devait adapter et installer 66 systèmes de canon mobile sur des véhicules blindés légers (VBL III). Les véhicules équipés de ces canons, qui peuvent tirer des obus de 105 mm, devaient servir à appuyer l'infanterie lors des attaques au sol.
Ce projet d'acquisition avait d'abord été annoncé par le gouvernement en 2003, puis annoncé de nouveau en 2004, après les élections fédérales. Selon un document préparé par les fonctionnaires fédéraux et remis au ministre de la Défense, Gordon O'Connor, en février 2007, ce contrat valait près de 800 millions de dollars.
Le ministère de la Défense estime que les chars d'assaut Léopard 2 d'occasion qu'il a acquis des Pays-Bas l'an dernier — et dont il devrait prendre livraison sous peu — sont mieux adaptés à ce travail d'appui à l'infanterie. «Les chars d'assaut sont plus lourds et mieux protégés contre les engins explosifs improvisés, qui sont très utilisés en Afghanistan. Les Léopards 2 sont aussi plus solides et ont une meilleure portée de tir que les VBL III sur lesquels les canons mobiles devaient être installés», explique Dan Ross.
La mise à mort simultanée des deux contrats n'est pas étonnante, puisque les VEMM et les systèmes de canon mobile étaient vus comme des technologies complémentaires de défense.
Cette compagnie, connue sous le nom d'Oerlikon jusqu'à l'an dernier, met à l'oeuvre environ 400 personnes, dont 200 ingénieurs. La disparition de ce lucratif contrat empêche la création des dizaines d'emplois bien rémunérés initialement prévus, selon l'entreprise.
Les Forces canadiennes ont également mis fin à un processus d'acquisition avec General Dynamics Land System Canada, basé à London, en Ontario. Ce contrat avait une valeur de 800 millions de dollars.
Ces deux contrats majeurs, qui totalisent 1,5 milliard de dollars, sont victimes d'une redéfinition des priorités de la part des Forces canadiennes. La somme ainsi épargnée sera réinvestie dans de futurs achats militaires qui cadrent mieux avec la stratégie de défense «Canada d'abord», ce plan sur 20 ans qui n'a pas été rendu public par le gouvernement.
Seulement en ce qui concerne les cinq acquisitions majeures prévues dans «Canada d'abord», les Forces canadiennes prévoient devoir débourser entre 45 et 50 milliards de dollars sur 20 ans. Le ministère de la Défense cherche donc à rediriger des fonds vers ses nouvelles priorités. Évidemment, la mission canadienne en Afghanistan gruge aussi le budget du ministère.
Une rumeur avait circulé l'an dernier concernant l'annulation possible de ces deux contrats, mais le ministère de la Défense avait alors refusé de la commenter. La décision finale vient tout juste d'être prise. «On met fin à ces programmes d'acquisition, alors les contrats ne seront pas octroyés, a confirmé hier au Devoir Dan Ross, le sous-ministre adjoint responsable des acquisitions de matériels au ministère de la Défense. Le monde change et nous pensons que ces programmes ne sont plus adaptés à la réalité des Forces canadiennes.»
Rheinmetall Canada devait livrer au gouvernement fédéral 33 nouveaux véhicules à effets multi-missions (VEMM) entre 2010 et 2014. Ces engins tout-terrain auraient ressemblé à un gros véhicule blindé léger (VBL III), une sorte de char d'assaut sur roues qui aurait été surmonté de puissants canons antiaériens et antichars. Un système à la fine pointe de la technologie pour contrer les attaques venues des airs.
L'entreprise basée au Québec avait déjà été choisie comme seul fournisseur par la Défense nationale. Le contrat formel devait être signé d'ici la fin de 2008, d'après le site Internet du ministère des Travaux publics. Le contrat était évalué à 700 millions de dollars.
Les nouveaux VEMM devaient notamment être utilisés pour protéger le ciel contre les attaques possibles durant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Il semble que les Forces canadiennes devront plutôt se contenter des 36 véhicules antiaériens et antichars qu'elles possèdent déjà et qui se nomment ADATS (Air Defense Anti-Tank System). Rheinmetall, qui a conçu les ADATS utilisés par le Canada depuis 1988, fait d'ailleurs une mise à jour constante des véhicules existants.
Chez Rheinmetall Canada, on se dit déçu de la décision du ministère de la Défense. «Ce n'est pas une bonne nouvelle, c'est certain, dit la porte-parole, Thérèse Ménard. On aurait pu créer beaucoup d'emplois bien rémunérés avec ce contrat. On travaille dans la haute technologie, alors c'est souvent des postes d'ingénieur. Pour la région, c'était bien.» L'entreprise refuse de dire combien d'employés elle prévoyait embaucher pour remplir cette commande. «Il n'y aura pas de perte d'emplois», assure-t-elle toutefois.
Mme Ménard affirme que Rheinmetall Canada savait depuis un petit moment déjà que ce contrat ne verrait pas le jour dans sa forme originale. Rheinmetall pensait toutefois que le contrat pourrait simplement être modifié et non pas annulé.
Un autre contrat à la poubelle
La signature d'un autre contrat important, celui-là d'une valeur de 800 millions de dollars, est également annulée par le ministère de la Défense. Dans ce cas, le gouvernement devra toutefois payer une pénalité, parce que le fournisseur était assez avancé dans le développement de la technologie. Le montant de la pénalité, qu'on juge «minime» au sein de l'appareil militaire, n'a pu être fourni hier par le ministère de la Défense.
General Dynamics Land System Canada, basée en Ontario, devait adapter et installer 66 systèmes de canon mobile sur des véhicules blindés légers (VBL III). Les véhicules équipés de ces canons, qui peuvent tirer des obus de 105 mm, devaient servir à appuyer l'infanterie lors des attaques au sol.
Ce projet d'acquisition avait d'abord été annoncé par le gouvernement en 2003, puis annoncé de nouveau en 2004, après les élections fédérales. Selon un document préparé par les fonctionnaires fédéraux et remis au ministre de la Défense, Gordon O'Connor, en février 2007, ce contrat valait près de 800 millions de dollars.
Le ministère de la Défense estime que les chars d'assaut Léopard 2 d'occasion qu'il a acquis des Pays-Bas l'an dernier — et dont il devrait prendre livraison sous peu — sont mieux adaptés à ce travail d'appui à l'infanterie. «Les chars d'assaut sont plus lourds et mieux protégés contre les engins explosifs improvisés, qui sont très utilisés en Afghanistan. Les Léopards 2 sont aussi plus solides et ont une meilleure portée de tir que les VBL III sur lesquels les canons mobiles devaient être installés», explique Dan Ross.
La mise à mort simultanée des deux contrats n'est pas étonnante, puisque les VEMM et les systèmes de canon mobile étaient vus comme des technologies complémentaires de défense.
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