Lutte contre les GES - Ottawa s'oppose au projet conjoint du Québec et de l'Ontario
Photo : Agence Reuters
Les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, Dalton McGuinty et Jean Charest, que l’on voit ici lors d’une rencontre précédente, pourraient signer aujourd’hui un accord pour établir la structure de base d’un système interprovincial de
Québec — Le gouvernement fédéral a répondu durement au projet d'entente entre le Québec et l'Ontario sur le développement d'un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre (GES).
Le ministre de l'Environnement, John Baird, a affirmé que cet accord pourrait saper le plan d'Ottawa sur les changements climatiques, lors de l'émission Question Period du réseau anglais CTV.
M. Baird a également accusé l'Ontario de ne pas réduire suffisamment ses émissions de gaz à effet de serre.
La Presse canadienne a été informée que le Québec et l'Ontario signeraient un protocole lors du conseil des ministres conjoint aujourd'hui, à Québec. Les provinces concluront alors un accord pour établir la structure de base d'un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre.
Les deux provinces estiment qu'un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre devrait faire contrepoids à Ottawa et forcer le gouvernement fédéral à modifier son plan sur les changements climatiques pour qu'il soit conforme aux normes internationales.
Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a donné le coup d'envoi à cette première initiative d'un conseil des ministres conjoint hier, en fin de journée, en présentant à son homologue québécois, Jean Charest, une plaque commémorative pour le 400e anniversaire de la ville de Québec.
C'est la première fois qu'une telle initiative — un Conseil des ministres qui réunit deux provinces — a cours, et elle vise à renforcer les liens entre Québec et Toronto, sur les plans économique, énergétique et environnemental.
Une base
En matière de changements climatiques, les premiers ministres Charest et McGuinty jugent les engagements pris par le gouvernement fédéral nettement insuffisants et ont décidé de prendre le taureau par les cornes.
Si les élus conservateurs à Ottawa «ne veulent pas nous organiser, on va s'organiser nous-mêmes», confie la source.
MM. Charest et McGuinty espèrent que le protocole d'entente signé aujourd'hui servira de base pour convaincre les autres provinces d'emboîter le pas. Les deux provinces reprochent notamment à Ottawa d'avoir fixé, dans sa politique, des objectifs «d'intensité» de réduction des gaz à effet de serre, au lieu de seuils de réduction absolue de quantité.
De plus, le Québec et l'Ontario jugent beaucoup trop éloigné l'échéance fixée par Ottawa pour obtenir des résultats, soit 2025.
On reproche aussi à Ottawa d'avoir retenu 2006 comme année de référence pour mesurer les efforts accomplis, plutôt que 1990, comme le préconisait le protocole de Kyoto.
Or, on estime au Québec avoir fait beaucoup entre ces deux dates pour réduire les GES, dans le secteur des alumineries, par exemple, explique-t-on à Québec.
Les deux provinces veulent donc démontrer qu'elles s'alignent sur le protocole de Kyoto et les pays qui s'engagent dans cette voie, plutôt que sur le fédéral, pour ce qui est des changements climatiques.
L'alliance Québec-Ontario «viendra en quelque sorte faire pression sur le fédéral pour qu'on passe à un système qui va être compatible avec ce qui se fait ailleurs», particulièrement en Europe, a précisé la source.
Un représentant officiel d'Environnement Canada a répondu en reprochant aux deux provinces de ne pas avoir forcé les gros pollueurs à réduire leurs émissions.
«Pendant ce temps, alors que Dalton McGuinty est au pouvoir, les usines qui fonctionnent avec du charbon à haute teneur en soufre continuent à rejeter des mégatonnes de pollution et il n'y a aucun projet pour les fermer, affirme ce représentant dans un courriel. Et le gouvernement fédéral a donné à l'Ontario et au Québec près d'un milliard pour fermer les usines à charbon ontariennes et pour aider Québec à atteindre les objectifs de Kyoto.»
Le ministre de l'Environnement, John Baird, a affirmé que cet accord pourrait saper le plan d'Ottawa sur les changements climatiques, lors de l'émission Question Period du réseau anglais CTV.
M. Baird a également accusé l'Ontario de ne pas réduire suffisamment ses émissions de gaz à effet de serre.
La Presse canadienne a été informée que le Québec et l'Ontario signeraient un protocole lors du conseil des ministres conjoint aujourd'hui, à Québec. Les provinces concluront alors un accord pour établir la structure de base d'un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre.
Les deux provinces estiment qu'un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre devrait faire contrepoids à Ottawa et forcer le gouvernement fédéral à modifier son plan sur les changements climatiques pour qu'il soit conforme aux normes internationales.
Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a donné le coup d'envoi à cette première initiative d'un conseil des ministres conjoint hier, en fin de journée, en présentant à son homologue québécois, Jean Charest, une plaque commémorative pour le 400e anniversaire de la ville de Québec.
C'est la première fois qu'une telle initiative — un Conseil des ministres qui réunit deux provinces — a cours, et elle vise à renforcer les liens entre Québec et Toronto, sur les plans économique, énergétique et environnemental.
Une base
En matière de changements climatiques, les premiers ministres Charest et McGuinty jugent les engagements pris par le gouvernement fédéral nettement insuffisants et ont décidé de prendre le taureau par les cornes.
Si les élus conservateurs à Ottawa «ne veulent pas nous organiser, on va s'organiser nous-mêmes», confie la source.
MM. Charest et McGuinty espèrent que le protocole d'entente signé aujourd'hui servira de base pour convaincre les autres provinces d'emboîter le pas. Les deux provinces reprochent notamment à Ottawa d'avoir fixé, dans sa politique, des objectifs «d'intensité» de réduction des gaz à effet de serre, au lieu de seuils de réduction absolue de quantité.
De plus, le Québec et l'Ontario jugent beaucoup trop éloigné l'échéance fixée par Ottawa pour obtenir des résultats, soit 2025.
On reproche aussi à Ottawa d'avoir retenu 2006 comme année de référence pour mesurer les efforts accomplis, plutôt que 1990, comme le préconisait le protocole de Kyoto.
Or, on estime au Québec avoir fait beaucoup entre ces deux dates pour réduire les GES, dans le secteur des alumineries, par exemple, explique-t-on à Québec.
Les deux provinces veulent donc démontrer qu'elles s'alignent sur le protocole de Kyoto et les pays qui s'engagent dans cette voie, plutôt que sur le fédéral, pour ce qui est des changements climatiques.
L'alliance Québec-Ontario «viendra en quelque sorte faire pression sur le fédéral pour qu'on passe à un système qui va être compatible avec ce qui se fait ailleurs», particulièrement en Europe, a précisé la source.
Un représentant officiel d'Environnement Canada a répondu en reprochant aux deux provinces de ne pas avoir forcé les gros pollueurs à réduire leurs émissions.
«Pendant ce temps, alors que Dalton McGuinty est au pouvoir, les usines qui fonctionnent avec du charbon à haute teneur en soufre continuent à rejeter des mégatonnes de pollution et il n'y a aucun projet pour les fermer, affirme ce représentant dans un courriel. Et le gouvernement fédéral a donné à l'Ontario et au Québec près d'un milliard pour fermer les usines à charbon ontariennes et pour aider Québec à atteindre les objectifs de Kyoto.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

