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Affaire Bernier-Couillard : l'opposition tentera aujourd'hui d'enclencher une enquête

Libéraux et néo-démocrates appuient une motion du bloc en ce sens

La Presse canadienne   2 juin 2008  Canada
Maxime Bernier, ex-ministre des Affaires étrangères, pour-rait être forcé de venir s’ex-pliquer devant un comité des Communes.
Photo : Agence Reuters
Maxime Bernier, ex-ministre des Affaires étrangères, pour-rait être forcé de venir s’ex-pliquer devant un comité des Communes.
Ottawa — Cet après-midi, l'opposition va tenter de commencer une première enquête sur l'affaire Bernier-Couillard.

C'est une motion du Bloc québécois au comité parlementaire de la sécurité publique qui marquera le point de départ de cette enquête. Les libéraux appuient la motion. Le NPD ne s'y oppose pas.

Cette motion demande d'étudier les questions de sécurité soulevées par les relations de l'ex-ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier avec Julie Couillard. Elle propose d'appeler comme témoins, devant le comité, Julie Couillard, Maxime Bernier, le premier ministre Stephen Harper, le ministre de la Sécurité publique Stockwell Day, des représentants de la GRC et des experts en sécurité.

Comme les députés du gouvernement sont minoritaires au comité, la motion devrait passer. Mais les conservateurs sont devenus experts, ces derniers mois, en tactiques et procédures pour paralyser les travaux des comités qui ne font pas leur affaire.

Il est manifeste que le gouvernement Harper ne veut pas explorer davantage l'affaire Bernier-Couillard. Toute la semaine, le leader en chambre du gouvernement, Peter Van Loan, a répété que l'incident des documents secrets laissés chez Mme Couillard était clos depuis la démission de Maxime Bernier et que, pour le reste, c'était des questions de vie privée.

Pas une source de la police

Par ailleurs, le député libéral et ex-chef-enquêteur à la Sûreté du Québec, Guy Ouellette, a démenti que Julie Couillard ait jamais été informatrice de police.

M. Ouellette a dit samedi qu'il ne connaissait pas personnellement l'ex-amie de coeur du ministre déchu Maxime Bernier et qu'il ne l'a jamais rencontrée.

Lors d'un entretien téléphonique à La Presse canadienne, M. Ouellette a donc démenti les informations publiées dans le quotidien The Globe and Mail le même jour, voulant que Julie Couillard ait pu être une «informatrice» de la police sur les activités des Hells Angels.

Citant une source anonyme proche de l'ancien chef des Hells Angels, Maurice «Mom» Boucher, le Globe and Mail écrit que Mme Couillard était il y a quelques années en contact avec M. Ouellette, quand il était à la Sûreté du Québec.

Selon le journal, Boucher, incarcéré dans une prison à sécurité maximale depuis 2002, croyait que Mme Couillard était à la solde de la police dès 1996 et qu'elle tentait d'infiltrer les gangs de motards criminels en entretenant des «liens romantiques» avec des motards.

Convaincu qu'elle parlait à la police, il aurait même donné un «contrat» pour l'éliminer.Mais ce scénario ne tient pas debout, selon Guy Ouellette. «S'il y avait vraiment eu un contrat, elle ne serait plus là», a-t-il dit.

Il a ajouté qu'il serait «très, très surpris» d'apprendre que Julie Couillard ait pu être à un moment donné une informatrice payée par la police pour fournir des informations sur les motards criminels.

M. Ouellette se montre aussi très étonné d'apprendre qu'un proche de Maurice Boucher a été en mesure de rapporter ses propos à un journaliste, puisqu'il est tenu à distance de toute relation depuis 2002. «Il n'a accès à personne, sauf son avocat», a-t-il argué.

Julie Couillard a été liée à deux individus reliés aux Hells Angels, soit Gilles Giguère et Stéphane Sirois, qui a été son mari pendant un an.

Député de Chomedey depuis 2007, Guy Ouellette était, entre 1995 et 1997, le spécialiste reconnu des motards criminels, au sein de l'escouade Carcajou, de la Sûreté du Québec, chargée de démanteler ces réseaux. Par la suite, il été conseiller de la SQ sur ces questions.
 
 
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