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Vie privée, vie publique

Denise Bombardier   31 mai 2008  Canada
Cette calamiteuse histoire de moeurs qui a mis fin à la carrière du ministre Maxime Bernier aura réussi à faire les manchettes dans la presse internationale puisque tout le monde adore les histoires croustillantes où le sexe, la politique, le crime et l'espionnage se conjuguent pour créer le scandale. Le Canada, pays discret et calme, a, cette fois, intéressé les médias étrangers.

Cet épisode nous oblige à aborder encore une fois le problème de l'étanchéité de la vie privée et de la vie publique des personnalités politiques. Que le premier ministre Stephen Harper ait saisi, comme une bouée, l'argument de la vie privée pour banaliser la relation problématique — et précisons-le, plus que douteuse — de son ministre des Affaires étrangères relève de l'insolence politique.

Les défenseurs de la vie privée ont ici tort. Il est faux de croire que la frontière entre vie privée et vie publique peut être tracée une fois pour toutes. Cela procède d'une conception bien peu réaliste des comportements humains et des rôles sociaux. Il existe dans la société des fonctions multiples où le devoir de réserve, la prudence et le plus élémentaire jugement sont obligatoires.

On ne peut pas être policier et s'entourer dans sa vie privée de hors-la-loi et de criminels. On ne peut pas être juge et se comporter dans des lieux publics de façon déplacée sans courir le risque d'être jugé irresponsable, ce qui pour un juge signifierait l'incompétence. Un élu du peuple ne peut pas considérer que sa vie privée n'est soumise qu'aux contraintes définies par la loi. Autrement dit, l'élu ne doit pas, dans sa vie privée, agir simplement en fonction de ce qui est légal. À notre époque de chartes des droits, plusieurs ont fini par croire que seul le droit définissait nos gestes.

Quand on est premier ministre ou ministre, on ne peut pas s'afficher en public avec n'importe qui, au risque de se voir demander des comptes. On appartient, qu'on le veuille ou non, à une institution qui a ses règles, ses normes, son protocole et son éthique. Lorsque M. Bernier s'est présenté à son assermentation au bras de sa sulfureuse compagne au décolleté plongeant dans ce milieu conservateur (dans les deux sens) qu'est la colline parlementaire, il taquinait l'assemblée comme d'autres taquinent le poisson.

Dans l'ancien temps, on disait que ça ne faisait pas distingué. «Regardez, les gars, le pétard que j'ai entre les mains!» est la traduction vulgaire de ce qui devait trotter dans la tête du ministre. Or le décolleté, on le sait maintenant, n'était que la pointe de l'iceberg, si l'on peut dire, puisque dans l'alcôve, avec ou sans micro, le ministre des Affaires étrangères avait appris de la bouche même de la dame l'essentiel de sa vie passée si rock'n'roll.

Ni un député ni un ministre, et qui plus est le chef de la diplomatie canadienne représentant les Canadiens sur toute la planète, ne doivent s'imaginer que leur vie privée se situe dans le même espace que celui de leurs concitoyens. Dans le cas du premier ministre, d'une certaine manière on pourrait affirmer qu'il n'a pas de vie privée sauf à l'intérieur des murs de son domicile personnel. Même ceux dont il choisit d'être entouré ont aussi un devoir de réserve afin de ne pas porter offense à sa fonction.

On accepte mal de nos jours ces contraintes qu'on perçoit souvent comme des relents d'une époque conformiste et rigide et qu'on dit révolue. Mais toute société possède des règles strictes qui garantissent l'harmonie sociale. Ne confondons pas la hiérarchie et la valeur symbolique des fonctions au principe reconnu de l'égalité des êtres. À certaines fonctions sont rattachés des privilèges, certes, mais avant tout des contraintes, dont celle d'un empiétement de la vie publique sur la vie privée.

La phrase lapidaire de Pierre Elliott Trudeau, à savoir que l'État n'a rien à faire dans la chambre à coucher des citoyens, n'est pas un principe absolu. Un premier ministre pourrait-il, sans retombées politiques, séduire et se mettre au lit avec la femme du chef de l'opposition? Imagine-t-on la gouverneure générale du Canada devenir la maîtresse du juge en chef de la Cour suprême? Serait-il acceptable que le ministre de la Justice ait une liaison avec la propriétaire d'un club échangiste et s'affiche avec elle? Politique-fiction? Évidemment, mais ces exemples outranciers illustrent bien les limites de l'étanchéité de la vie publique et de la vie privée de ceux qui nous gouvernent ou dirigent nos institutions publiques.

L'époque est à l'épanouissement du moi dans un environnement le moins contraignant possible. La vie privée est devenue une valeur sacrée alors que la technologie l'a pulvérisée avec les banques de données, Internet, les contrôles de sécurité, pour ne pas parler de la télévision-confessionnal où tout un chacun accepte volontairement de livrer le plus intime de lui-même.

Or il existe des fonctions où l'on ne fait pas ce que l'on veut avec qui l'on veut, pour parler comme dans les blogues. Le sens de la fonction, le devoir dû à son rang, la conscience de son rôle social et le respect des électeurs ou du public que l'on sert devraient habiter ceux à qui l'on a confié le mandat de nous représenter, ceux qui incarnent l'autorité et la loi.

***

denbombardier@videotron.ca






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  • Fernand Turbide
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 08h02
    Un visage de femme....
    « Un visage de femme est un mensonge que l'homme est prêt a croire sur parole.(auteur inconnu)..... Maxime Bernier est un homme meurtrit aujourd'hui , il vient de dégringoler l'escalier du pouvoir , rapidement et brutalement.
    Naif oui mais la naiveté et l'honnêteté font souvent équipe. Une si jolie femme aurait pu faire tomber bien des hommes. D'ailleurs même le Président Américain était tombé sous le charme si on en croit les critiques. Le vrai responsable et Dieu merci il est minoritaire, c'est le chef du gouvernement actuel, un accident de parcours malheureux dans l'histoire politique du Canada, qui je l'espère sera remplacé le plus tôt possible dans l'intérêt du peuple Canadien. C'est lui qui choisit ses ministres et qui a nommé a ce poste un homme qui n'avait pas l'expérience nécessaire pour un des postes les plus importants de ce gouvernement. D'ailleurs lui même n'a pas ce qu'il faut pour redonner au Canada sa réputation d'antan.

    Fernand Turbide
    Ville Saguenay »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 31 mai 2008 09h16
    Bernier est de la génération ou tout est permis
    « Bernier est de la génération ou tout est permis, il a apprit à ses dépends que les règles de la vie publique sont toujours aussi vorace de potins à journaux.

    Ceci n'est pas une excuse, mais un constat, cette génération d'hommes et de femmes publiques n'ont eu aucune éducation ni à l'école, ni des parents trop occupés par l'argent et le pouvoir.

    Passez de la scène municipale au provincial ou au fédéral est un saut qui nécessiterait, de la part des partis un cour de bienséance et de politesse publique.

    Passez du monde des affaires à la politique est aussi un saut périlleux que même la députée qui est passé de la riche compagnie de son père à la politique à raté en changeant de cavalier de sexe et de parti sans savoir que le non dit le réprouve encore. »

  • Marcel André
    Abonné
    samedi 31 mai 2008 09h53
    La politique
    « J'aime votre article et je suis pleinement en accord avec.
    M.Bernier ne semble pas avoir eu la maturité nécessaire de l'emploie. Il était déjà plus haut que son niveau d'incompétence. Déplorable mais celui qu'il l'a nommé s'est incontestablement trompé.

    S'afficher avec Julie ça paraissait bien. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 31 mai 2008 09h53
    Naïf.
    « C'est un article d'une naïveté abbyssale. Une morlaine sans connaissance du réel, ue pensée adolescente et sans substance. To Polonius's inquisitive question "What do you read, my lord?" (Hamlet, 2.2.191) Hamlet nonchalantly and intriguingly aptly replies: "Words, words, words" (2.2.192). »

  • Gerald Way
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 11h13
    vie priveé,vie publique
    « Cet article de Mme Bonbardier est a point.Pour la cité ( A CERTAINES FONCTION SONT RETTACHÉE DES PRIVILÈGES,CERTES, MAIS AVANT TOUS DES CONTRAINTES,DONT CELL D,UN EMPIÈTEMENT A LA VIEPUBLIQUE SUR LA VIE PRIVÉE) THIS IS RIGHT ON. »

  • Hubert Gratton
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 11h15
    Même dans le secteur privé
    « La vie privée a ses limites même dans le secteur privé.

    À ce jour je n'ai lu ou entendu rien qui dise que les dirigeants, et bien souvent les cadres également, doivent aussi s'astreindre à certaines exigences du milieu institutionnel en question. Les entreprises et leurs agences de recrutement s'intéressent au style de vie, aux conjoints du candidat, aux manières même! Et si je disais qu'une fois embauché et en fonction, ça n'est pas carte blanche, ça n'est pas de tout repos . . »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 11h31
    L'affaire Bernier -Couillard
    « M.Bernier a démissionné. À moins que des accusations formelles ne soient portées contre l'un ou l'autre des personnages, restons en là. Une telle liaison ne mérite pas un tel tapage médiatique.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 14h33
    Le ver est dans le fruit
    « Maxime Bernier pourrait se faire inviter par Mireille Dumas à son émission "Vie privée, vie publique" (TV5) pour témoigner de son expérience avec Julie Couillard et la politique! Manière de se redonner une virginité politique après avoir passé l'épreuve du confessionnal télévisuel.

    Pour des politiciens conventionnels ou qui finissent par le devenir avec les années, la vie publique est une occasion de se mettre en valeur, la voie pour posséder un certain pouvoir personnel qui ne sert pas tant les citoyens que soi.
    Autrement dit, la privatisation de la vie politique existe à la source.

    Jean Pierre Bouchard »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 31 mai 2008 15h19
    Et ses électeurs ?
    « Il est à se demander ce que les citoyens et citoyennes qui ont élu Maxime Bernier savaient du tempérament de l'homme de leur choix. La facilité avec laquelle ils semblent lui avoir pardonné laisse croire qu'ils le connaissaient plutôt bien. Auront-ils le culot de le réélire si jamais il se représente ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 31 mai 2008 15h28
    Muflerie
    « "C'est un article d'une naïveté abbyssale. Une morlaine sans connaissance du réel, une pensée adolescente et sans substance"(Montoya)

    On se demande où Montoya a pu dénicher pareille fadaise....

    C'est ce qu'on appelle des propos incohérents et misogynes, dans le but de rabaisser l'auteure de cet article; ce qui nous démontre la bassesse de ce digne personnage...!

    Vous ne devriez pas commenter les articles qui dépassent votre entendement et surtout, dont l'auteure est une femme; ce qui déclenche automatiquement chez-vous un complexe d'infériorité. »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 18h38
    la vie et l'oeuvre
    « J'ai tendance à être Sainte-Beuve plutôt que proustien.... L'Histoire et ses grands acteurs ont une riche biographie...la vie est indissociable de l'oeuvre... je me demande sur quoi (quel traité de morale) vous fondez vos opinions?... l'homme/la femme est un être entier, total et unique... (il/elle est aussi la somme de ses actes)...
    mais ici on me connaît bien et on connaît aussi TOUT ce que je pense de vous »

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    samedi 31 mai 2008 22h11
    Les ministres ont aussi des droits
    « Chère madame Bombardier, je vous dis franchement que si j'étais premier ministre je n'hésiterais pas à faire l'amour avec la femme du chef de l'opposition, si elle est de mon goût. Ou même avec la femme d'un premier ministre. Mais je n'en connais pas qui soient de mon goût, ou pour des raisons autres que mes intérêts dits personnels (comme la fidélité).

    Évidemment, les médias libéraux et socialistes veulent faire la une avec la relation Maxime-Lucie. C'est faire la une avec peu de choses, car il semble de plus en plus que ce soit un moyen de diversion pour ce que nous cachent les libéraux dans leur programme de hausses de taxes et d'autres entourloupettes pour nous faire chier. Ce sont des crypto-communistes.

    Pour ce qui est des droits à la chambre à coucher de PET, il faut dire qu'il n'a reconnu ce droit que pour les homosexuels. Il manque la reconnaissance du droit de propriété. Si vous êtes propriétaire, ou même locataire, vous n'avez aucun droit face à l'État et aux juges de la Cour Suprême ! L'État a tous les pouvoirs de nier les droits à votre propriété ! Et c'est ce qu'il fait. Vous n'avez pas le droit par exemple d'avoir une arme à feu dans votre chambre à coucher. Vous avez le droit de coucher avec une autre femme, à condition de le faire dans un motel. Si un bandit envahit votre domicile, sans sonner à la porte, ou même cogner, ce n'est pas une invasion de domicile s'il ne défonce pas la porte ! Suite à une telle invasion de domicile, face à un inconnu, vous devez faire preuve de psychiatrie, au cas où vous auriez affaire à un de ces nombreux incompris que le quotidien Le Devoir défend constamment !

    Allons, la mer est belle ! Voguons dans le sens des écrits publiés par Le Devoir. Mais où allons-nous ? »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    samedi 31 mai 2008 23h59
    Lire ses ses propres nullités .....c'est comme s'écouter parler!
    « Excellente analyse de Mme Bombardier!

    Pauvre Monsieur Montoya qui écrit la plupart du temps pour le plaisir de se lire!

    Mais il a en le droit... »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 1 juin 2008 02h58
    Bleu ciel et rouge enfer.
    « Sur un sujet fort délicat que chérissent habituellement et davantage les dévotes et les bigotes, avouez, je suis étonné que vous ayez contenu, tant bien que mal, vos machiavéliques agressions habituelles, quand il s'agit d'aiguiser vos ongles, dans le dos d'un homme ou de tout prototype de vos puristes mépris purgatoires. Dans votre «modération de convenance», toutefois, il semble se cacher la crainte d'un certain ressac (back lash)! Non? Contrairement à vos habitudes, vous êtes ni Agrippine, ni béguine, ni trop chagrine. Mais, pour rien au monde, je croirai que c'est par un quelconque respect pour Monsieur Maxime Bernier ou pour Madame Julie Couillard. Mais, vous ne pouviez rater cette belle occasion de passer au peigne fin les dessous d'une malencontreuse histoire de collage ou de racolage qui ne vous concerne surtout pas. Àa moins que je ne me trompe, ni vous, ni la prêtresse en vous qui joue du goupillon plus souvent qu'à son tour n'avait commenté le fait que Bill Clinton avait la vilaine habitude de fumer des cigares singulièrement juteux et qu'il vive grassement des glorioles d'un événement dont le scandale avait parcouru la planète.

    Comme si, chez vous, s'était une première nature, il vous arrive que trop souvent de vous coincer entre l'arbre et son écorce, en ce qui a trait notamment à la morale «des autres». Les abbesses, en 2008, sont rarissimes. Dans vos sacrées lectures et vos écritures sacrées, vous en êtes une des plus austères, mais aussi des plus bancales. Une Gilberte Coté-Mercier et ses ergoteries radoteuses d'une époque que l'on croyait révolue.

    Vous jouez avec les poignées de portes de la vie privée et de la chambre à baiser des autres, comme les curés et les mères supérieures de l'époque jouaient avec celles des consciences. Avec tout ce que l'on sait, aujourd'hui et dont on se doutait, à l'époque des grandes noirceurs de nos assujettissements et esclavages religionnaires, ces cardeurs de conscience n'ont été rien d'autres que des voyeurs et des abuseurs. C'est aujourd'hui ce qui caractérise et singularise les préposés aux loupes macroscopiques des médias sensationnalistes.

    Je ne comprends pas, qu'en 2008 encore, l'incorrigible Denise Bombardier prenne un tel plaisir jouissif à porter l'étole convertible du prédicateur, du confesseur, du cardeur de consciences et du directeur spirituel des brebis égarées. «Sur le plan de vos fréquentations et de vos accointances», vous n'avez probablement rien à vous reprocher et, en regard des visées de votre épître de ce jour, je l'espère bien pour vous. Même si vous ne manquez aucune occasion de vous déguiser en épouvantail, ça ne justifie en rien vos salés petits prêchi-prêcha qui ont, j'en suis persuadé, les effets contraires de ce que vous semblez rechercher. Vous me rappelez le curé de mon village qui, dans les années 50, du haut de la chaire, avait défendu à tous les hommes de se rendre au lac P... parce qu'il avait été informé que des jeunes dévergondées de la grande ville viendraient y parader leur costume d'Ève. Dans l'après-midi, mon village était devenu un village fantôme...

    Ce qui peut déplaire souverainement, chez vous, n'est pas nécessairement relié au fait que vous dictez tout du haut de l'escabeau de votre autorité, de la niche de votre infaillibilité et des plateformes de votre tendance à la supériorité. Ce n'est pas tellement relié, non plus, aux prétentions souveraines de la détentrice de la vérité. Ce qui déplait, c'est plutôt l'abus que vous faites de toutes les tribunes de visibilité et de propagande auxquelles vos sorties notoires, vos accointances d'un certain milieu, le carnet de vos adresses et les autels de vos consécrations passées vous ont donné royal accès.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    dimanche 1 juin 2008 06h09
    et vous?
    « Connaissant votre vie, notamment à Paris, vous auriez mieux fait de vous taire. Sans rancune. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    dimanche 1 juin 2008 11h44
    Z'avez vu Madame Fouinard...
    « Chuis pas le seul...Allez à la soupe... »

  • Claudette Deshaies
    Inscrite
    dimanche 1 juin 2008 11h57
    et vous...suite
    « Que M. Lépine connaisse des choses sur Mme Bombardier à Paris, je m'en balance éperdument. La partie du message qui lui échappe est que Mme Bombardier n'exerce pas politiquement la fonction de représentation des citoyen-nes. Elle peut essayer d'influencer nos opinions, elle n'a pas la capacité du ministre de changer légalement le cours de notre vie par les décisions prises au Parlement. Pour compléter cette justification, je devrais faire la recherche de la prise de position de Mme Bombardier sur la consommation d'opiacés de M. Boisclair: cela me donnerait l'heure juste sur sa probité.
    Claudette Deshaies
    Sarnia »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    dimanche 1 juin 2008 13h07
    Maxime Bernier / Julie Couillard
    « Maxime Bernier, Vie privée, Stephen Harper, Gouvernement, Média, Canada (Pays)

    C'est comme les juges de la cours suprème qui ne comprennent pas le français.

    C'est comme les Mohacs qui ignorent les pseudo-gouvernements.

    C'est comme les juges pour qui le mot perpétuité veut dire 25 ans moins 20 ans soit le un sixième de vingt-cinq ans.

    C'est comme quelqu'un qui crée le scandale des commandites et se présente pour une élection.

    C'est comme un journaliste qui intervew une dénommée Julie Couillard qui dit n'importe quoi et présente ça comme des vérités très importantes.

    C'est comme Vincent Lacroix qui voudrait ne rembourser personne de ceux qu'il a volé.

    C'est comme un violeur/tueur d'enfants qu'on libère après 2 ans pour qu'il puisse recommencer parce qu'un psychiatre incompétent le dit guéri.

    C'est comme un ministre de l'insécurité publique qui libérerait des criminels dangereux parce que ses prisons sont trops pleines.

    C'est comme gens emprisonnés pour fraude d'élection et à qui on donne le droit de vote.

    En voulez-vous d'autres? »

  • Patrick Morisseau
    Inscrit
    lundi 2 juin 2008 01h00
    Aux nostalgiques des vieilleries morales
    « La morale en politique est élective .Le jour ou on un citoyen jusque là ordinaire passe de l'autre côté du pouvoir,ce n'est pas seulement son portefeuille de revenus et de retraite qui vient de subir une mutation profonde,il devient du coup gardien de nouvelles valeurs,sujet d'une axiologie à laquelle le citoyen ordinaire n'y verrait que dalle,il confirme dans l'acceptation de son nouveau poste qu'il se soumettra volontiers à des formes de vie si éloignées de celles partagées par la communauté civique que le citoyen ordinaire peinerait à croire qu'un individu de chair et de sang puisse volontairement se soumettre à des impératifs si ésotériques et nébuleux.

    Qu'un ministre ait fréquenté une femme qui rodait dans les satellites du crime organisé n'aurait rien de foncièrement scandaleux pour le citoyen ordinaire si les politiciens n'avaient eux-mêmes mis tant de soins à s'isoler des préoccupations de l'homme de la rue. Mais ils sont devenus tellement impersonnels qu'on imagine mal qu'ils pissent,bouffent, sacrent et baisent comme tout bon fils d'Adam.

    N'est-il même pas paradoxal qu'à l'heure de la téléréalité alors que les consommateurs s'arrachent les exemplaires des tabloïdes pour être à l'affût des dessous des têtes d'affiche hollywoodienne et jalousent silencieusement les fresques d'un Clooney,d'un Nicolson ou d'un Cruise,on soit en même temps si pointilleux quant à nos attentes en matière de moralité publique à l'égard des hommes de pouvoir. Le moins qu'on peut dire c'est qu'il y a là une double mesure qui trahit les traits irréductiblement schizophréniques qui divisent la psychè de nos citoyens dans les démocraties modernes.

    Disons le tout cru:lorsque Georges Clooney trompe sa femme nous trouvons qu'il est victime de ses charmes, qu'on l'a trahi, qu'il s'est fait piéger,nous lui trouvons presque du charme. Mais l'homme de pouvoir commettant le même impair est tout simplement condamné d'avance. Il lui est interdit d'attendre le moindre soupçon de sympathie de la part de ses électeurs ou des journalistes.

    Il confirme aussitôt une prétendue hypocrisie qui serait l'empreinte même des sphères du pouvoir,il fait paraître en plein jour ce que plusieurs croient le lot du quotidien des coulisses du pouvoir,ce qu'il s'évertuera à faire passer comme une erreur,un accident de parcours,un geste isolé,est présumé participer de l'éthique défaillante qui constitue les us et coutumes mêmes ,le modus operandi habituel de nos politiques. Alors on se dit on avait bien raison de se douter de ses serviteurs publics, voilà encore un autre qui s'est fait pincer.

    On le savait, nous disons-nous, c'est tous des salauds ces hommes de pouvoir, ils aiment le pouvoir justement parce qu'ils étaient déjà des salauds Ils sont devenus par la force des choses les nouvelles sorcières à chasser.Ils n'ont pas le droit d'attendre la moindre marque de pitié de la part de qui que ce soit. Quand on a eu le toupet de vouloir être des meneurs d'hommmes et de femmes alors les gouvernés doivent avoir de temps à autre pouvoir se payer le petit bonheur de se défouler et de bien se moquer des petites tracasseries ministérielles.

    La petite scène d'un ministre qui s'est mis les deux pieds dans le plat sera toujours une bonne pharmacée contre la misère du politique en ces temps post-démocratiques. Le vieux besoin de faire payer, d'immoler,de crucifier,de trouver un bouc émissaire trouvera vite matière à satisfaction aussi longtemps qu'il y aura des politiques. Car ils sont dans nos sociétés dites égalitaristes les dernier à pouvoir étre investis encore de l'exigence sacerdotariale,les seuls à cristalliser le vieux fond chrétien de moralité qui faisait il y a pas si longtemps encore idolatrer un saint,un prophète,un héros. Ce sont nos nouveaux saints nos nouveaux prophètes, nos nouveaux héros. Toute la collectivité nationale peut aspirer à devenir des Hells Angels , coucher avec la femme de ses meilleurs amis,être de toutes les orgies imaginables en ville,nul n'y trouverait à y redire car on ne juge plus personne depuis longtemps.

    Mais qu'un élu s'accoquine avec des individus un peu louches alors la grande ouverture habituelle ne s'applique plus,la machine des exceptions vient de se mettre en branle,l'argumentaire de la belle tolérance gagnée de haute lutte depuis les Lumières vient d'attraper la grippe et nous nous surprenons très vite à nous entendre réclamer que les têtes tombent,que les fautifs payent,que l'adultérien ou l'immoral démissionne.

    Je me demande si au-delà des discours rassurants sur la vie privée et la vie publique il n'y aurait pas ici matière à dénoncer cette dernière illusion démocratique et à la reconnaître enfin pour ce qu'elle est réellement à savoir l'un des derniers retraits de l'hégémonie chrétienne sur la totalité de nos institutions.

    Se pourrait-il que sous le couvert enjolivé des prétendues menaces à la sécurité et des allégations bien pensantes d'irresponsabilité et de corruption, se cacherait le visage persistant et subtile de ces nostalgiques de la Curée qui ont du mal à reconnaître l'autonomie du politique par rapport à la morale quelle qu'elle soit.

    Au nom de quoi les vielles valeurs chrétiennes qu'on croyait mortes depuis trois siècles peuvent-elles revenir nous hanter et le faire dans le lieu qui est le plus cher à l'héritage des Lumières à savoir l'espace commun ou se décident les aléas de notre vivre ensemble et qui illustre plus que tout autre le coeur de notre identité et la raison d'être de nos engagements collectifs. N'est-il pas dangereux pour l'exercice même de la démocratie que seuls des individus qui ont eu le bonheur de se compter au nombre des constipés anonymes, des fantômes sans histoire, des modèles du vide, des vierges anoblis, des moribonds tranquilles, des honnêtes hommes sans aventure,des métaphysiciens de bureau soient seuls dignes de devenir des politiques conséquents?Enfin on ne m'a pas toujours pas dit en quoi plus un homme ou une femme est plate,sans histoire et acceptable moralement plus il ou elle sera un bon député ou un bon ministre. Donnez-nous des députés qui connaissent leurs dossiers et des ministres compétents,le reste c'est de la mystification politicienne servant à achever l'obscurantisme des masses.

    Que le ministre couche avec qui il veut,se tape toutes ses secrétaires,participe à toutes les orgies en ville,arrache aux Hells toutes leurs petites amies,si c'est là qu'il trouve son inspiration pour assainir les finances publiques améliorer les soins de santé et rapatrier les troupes canadiennes qui meurent en vain en Irak,je me battrai pour qu'il puisse continuer de le faire et c'est l'opposition qui se disqualifie de ses devoirs envers la Nation en sacrifiant une politique compétente pour sauver le maintien des apparences d'une moralité bon marché. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    lundi 2 juin 2008 17h55
    Vie publique oblige
    « Les responsabilités de nos élus les obligent face à leurs concitoyens. Ils (élus) ne peuvent pas tout se permettre »

  • Louise Lafaille
    Inscrite
    lundi 16 juin 2008 11h56
    Ça commence dès l'enfance...
    « Lorsqu'il est petit, le garçon dit de son père - "c'est mon père le plus fort !" Puis, à16 ans - "C'est mon père qui possède l'auto la plus performante! " Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il arrive à l'âge de la trentaine : Présentement, son oréole de gloire et sa fierté nécessitent absolument les plus gros seins afin de dire à son père et à ses chums qu'il est plus fort que son papa et tous les autres... Faut pas trop s'en faire avec ce petit problème d'adolescence! Ce qui importe plus, ce sont les documents et les relations de sa gentille nana... Puis, en bout d'ligne, je me demande sur quelles qualités se base, notre ministre Harper, pour décider de la capacité d'un homme à devenir ministre,,, »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 11h59
    Comme toujours
    « Vous traduisez ma pensée de façon claire et précise.

    Les phrases lapidaires de notre PET national sentent l'esprit fallacieux qui l'ont animé.

    Dans toute cette histoire, je me demande où était la GRC,
    quel travail baclé a-t-il été fait de sa part pour les vérification des antécédents de ce ministre par le ministère de l'insécurité publique ?

    On vérifie les brosses à dents des honnêtes citoyens dans les aéroports; mais on oublie les fournisseurs pour les avions, on oublie les ministres, on oublie les mosqués...

    Je veux bien payer des taxes; mais elles ne doivent pas servir qu'à me jeter de la poudre aux yeux. Mes yeux supportent mal la poussière. »

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