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Des documents comme monnaie d'échange?

Julie Couillard a fait miroiter aux médias une preuve que le ministre avait été négligent

30 mai 2008  Canada
Ottawa — L'affaire Bernier ne s'essouffle pas. Tandis que les partis d'opposition à Ottawa se demandent si l'ex-conjointe du ministre déchu, Julie Couillard, avait un passeport diplomatique et que celle-ci accorde une nouvelle entrevue au magazine 7 Jours, des doutes émergent quant à l'utilisation qu'elle voulait faire des documents oubliés chez elle.

Le réseau CBC révélait mercredi soir que Julie Couillard s'est présentée à l'entrevue accordée au réseau TVA avec en sa possession les fameux documents secrets oubliés à son domicile par son ex-conjoint, Maxime Bernier. À la vue de ce cartable destiné à des yeux autres, un avocat aurait été appelé pour les retourner immédiatement au ministère des Affaires étrangères, rapporte la télévision publique anglaise.

Le réseau TVA réfute totalement cette thèse. «Elle n'avait pas de documents à l'entrevue», insiste la porte-parole du réseau, Nicole Tardif. Le plus grand silence prévalait à TVA hier, la consigne étant de ne pas révéler qui était présent à cette entrevue enregistrée dimanche dernier. L'entretien, réalisé en français et en anglais, s'est déroulé dans un hôtel de Montréal.

Mme Couillard avait tenté de vendre au média le plus offrant son histoire. Aux journalistes qu'elle a contactés pour connaître le prix qu'elle pourrait tirer de son aventure, elle a fait miroiter une preuve démontrant que le ministre avait été négligent.

L'entrevue accordée au magazine 7 Jours, qui comme le réseau TVA fait partie de l'empire Quebecor, révèle davantage de détails personnels de la vie de Julie Couillard. Elle raconte ses relations amoureuses précédentes, dont celles avec Gilles Giguère, une relation d'affaires de Maurice «Mom» Boucher, et Stéphane Sirois, un membre en règle des Rockers.

Elle dit avoir demandé le divorce à ce dernier dès leur retour de leur voyage de noces. «J'ai appris que sa situation était assez précaire sur le plan financier. [...] Il était tout le temps dépressif, il prenait des pilules et menaçait de se suicider. J'ai compris que je m'étais fait arnaquer: il savait que j'étais une femme d'affaires, que j'avais des sous que j'avais durement gagnés.»

Ce thème de l'argent revient souvent dans son entrevue. «Moi, je gagne ma vie, alors je n'allais pas passer mes semaines à Ottawa! Et il n'était pas question que Maxime paye mes affaires non plus.» Quand la journaliste lui demande si cela prouve qu'elle ne fréquentait pas un ministre pour les avantages financiers qui accompagnent ce statut, Mme Couillard le confirme. «Tout le monde le sait: un ministre gagne 250 000 $ par année. Il reste quoi au net? 125 000 $? 130 000 $? Je suis constamment avec des hommes d'affaires qui gagnent beaucoup de sous. Un ministre, ça n'a pas d'argent.»

Julie Couillard dit que sa mésaventure a nui à son entreprise Itek Solutions globales. Cette entreprise de sécurité, dont Le Devoir révélait l'existence lundi, aurait obtenu un contrat de sécurité municipale en 2005. Depuis, l'entreprise se serait recyclée dans la consultation en développement des affaires, précise l'article.

Mme Couillard s'est intéressée aux questions de sécurité au contact d'un précédent conjoint, Robert Pépin. «Il avait une compagnie de sécurité avec son père, un ex-policier. Robert m'a offert de devenir associée avec son père et lui. Je devais promouvoir les services de la compagnie, trouver de nouveaux clients tout en gérant les équipes d'installation. Un grand ami du père de Robert avait des contacts dans l'ACSTA [l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien]. Il fallait remplir des formulaires, donner des renseignements. Il faut croire que nous avons passé tous les tests, car nous avons pu assister à notre rendez-nous et entrer dans l'édifice de l'ACSTA qui gère la sécurité de nos aéroports. Ils ont enquêté sur mon passé, mais ils n'ont rien vu.»

Mme Couillard précise qu'elle a rencontré pour la première fois M. Bernier, alors ministre de l'Industrie, à la fin d'avril 2007.

Un passeport tout-aller?

À la Chambre des communes hier, le Bloc québécois a demandé si Mme Couillard, qui s'était fait inscrire comme la conjointe officielle du ministre aux fins de voyages, avait reçu un passeport diplomatique (rouge) ou un passeport spécial (vert). De tels passeports permettent aux voyageurs de passer plus rapidement les contrôles douaniers, des contrôles par ailleurs souvent plus sommaires.

Le chef Gilles Duceppe a expliqué qu'un tel détail est «important» «parce que ça veut dire qu'il y a enquête. Alors, s'il y a enquête, on vérifie sur une période de quelques années qui est cette personne. On ne peut pas prétendre par la suite qu'on ne savait pas [son passé].»

Le gouvernement a refusé de répondre à cette question en invoquant le droit à la vie privée de Mme Couillard. Les passeports diplomatiques sont la propriété du gouvernement. Généralement, un détenteur doit le remettre au gouvernement après chaque utilisation.

Pour les libéraux, c'est la chronologie des événements telle que relatée par M. Bernier qui ne concorde pas. Dans sa lettre de démission fournie lundi soir, M. Bernier a écrit au premier ministre qu'il l'a informé lundi après-midi qu'il avait su la veille avoir égaré des documents secrets. Or, dans sa déclaration diffusée mercredi, il affirme qu'il a offert au premier ministre sa démission «aussitôt» qu'il s'est rendu compte de la possible brèche dans la sécurité. Les libéraux veulent savoir laquelle de ces deux versions est vraie.

Ce détail est important à leurs yeux pour deux raisons: d'abord parce que lundi midi, lorsque interrogé à propos de Julie Couillard, M. Harper a déclaré ne pas prendre le sujet au «sérieux», ensuite parce que des médias ont cité des amis de M. Bernier selon lesquels la décision de démettre le ministre de ses fonctions a été prise uniquement lorsqu'il a été jugé que l'entrevue de Mme Couillard accordée au réseau de TVA serait dommageable pour l'image du gouvernement.
 
 
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  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 00h32
    Au secours !
    Je suis pantois devant le spectacle de cette basse-cour de roman savon.

    Oh! Oh! Madame Couillard va vendre sa preuve d'imbécillité maximale.

    Bravo et bonne chance Max.

    Tes beaucerons, prouvant qu'on être collectivement épais, te pardonnent tes légères erreurs de jugement.

  • Danielle Bourdages
    Inscrite
    vendredi 30 mai 2008 02h26
    À propos des conséquences de sa mésaventure
    Julie Couillard aurait pu signaler son oubli au désormais ex-ministre Maxime Bernier. Or, il se trouve qu'elle y a mis cinq semaines avant de décider de vendre son histoire au plus offrant. Pourquoi cinq semaines ? Une bonne citoyenne les aurait rendus directement au ministre. Qu'en a-t-elle fait durant tout le temps qu'elle les a eus en sa possession ? Who knows...

    Qu'elle ne vienne donc pas se plaindre des conséquences de son choix.

    http://igneusignition.blogspot.com/2008/05/les-int

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 12h21
    Julie Couillard députée
    Imaginez le brouhaha. Les démarcheurs, ministres et autres mâles en surplus de testostérone dans la serre de la CHAMBRE des Communes. Julie serait justifiée de dire que tous ces beaux mâles ne l`aime pas! Et puis le cercle des députées femelles aurait une très sérieuse compétitrice.

  • Marc Ben
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 12h29
    Nuisance
    Cette fameuse femme, Julie Couillard, est une nuisance publique et Maxime paie le prix de son imbécilité. Quant aux autres politiciens à Ottawa, tous partis confondus, ils sont aussi nuls et arrivistes que cette Julie Couillard.

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 13h00
    "Un ministre, ça n'a pas d'argent."
    Une autre phrase qui va passer à l'histoire...

    Dans l'entrevue qu'il a accordée à l'Actualité l'an passé, Bernier disait qu'il envoyait ses deux fillettes à l'école anglophone (à Westmount!) parce qu'il voulait qu'elles parlent anglais sans accent. Voilà qui en disait déjà long sur ce jarret noir, assez mal dans sa peau de Nègre blanc d'Amérique, et "sans argent".

    Le couple est allé en vacances à Aruba, une ile controlée par le crime organisé. Elle aurait obtenu un passeport diplomatique qui permet de passer les frontières sans être fouillé. Si, et je dis bien si, elle est une taupe du crime organisé plantée dans le cabinet Harper, on a un scandale fracassant qui va faire tomber le gouvernement

  • nicole ouellet
    Inscrite
    vendredi 30 mai 2008 16h33
    la Poule ou l'Oeuf
    Ministre, petite amie, Hell's, sécurité, plans stratégiques un melting pot extravagant qui prouve que "qui se ressemblent, s'assemblent. Mon père disait cela mais mal y fasse car ces preuves le ferait jubiler. Mais cela est faux, bien sur.

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