Sondages -Les Canadiens souhaitent une taxe sur le carbone
Ottawa — Malgré un débat houleux qui ne fait que commencer, le chef libéral Stéphane Dion peut encore espérer vendre aux Canadiens son idée de taxe sur le carbone, une proposition qui sera au coeur de la prochaine plate-forme électorale du Parti libéral. En dépit des attaques soutenues du Parti conservateur et du NPD sur cet enjeu environnemental dans les dernières semaines, deux nouveaux sondages montrent que les citoyens sont favorables à l'implantation d'une taxe sur le carbone au niveau fédéral.
Le Québec et la Colombie-Britannique ont déjà annoncé la mise en place d'une taxe sur le carbone qui servira à financer la lutte contre les changements climatiques. Et malgré la hausse rapide du prix de l'essence, l'idée semble faire son chemin dans la population.
La firme Harris-Decima a posé la question suivante: «Est-ce que vous appuyez une taxe sur le carbone qui serait imposée aux industries et aux citoyens en fonction des émissions de GES qu'ils génèrent», et 61 % des gens ont répondu «oui», alors que 32 % étaient contre.
L'appui à cette mesure grimpe à 70 % si l'argent recueilli avec la taxe est dirigé vers des mesures environnementales. L'opposition chute à 22 %. Étonnamment, la firme Decima note que les personnes qui prévoient voter pour le Parti conservateur (PC) aux prochaines élections appuient à 75 % l'idée d'une taxe sur le carbone qui permettrait de financer des mesures écologiques, alors que seulement 22 % des partisans conservateurs s'y opposent. Stephen Harper est farouchement opposé à une taxe sur le carbone.
Le sondage a été mené entre le 1er et le 4 mai auprès de 1000 Canadiens. La marge d'erreur est de 3,1 % 19 fois sur 20.
Un autre coup de sonde a révélé sensiblement le même portrait. L'Institut Pembina, un groupe écologiste réputé, a commandé un sondage à la firme McAllister Opinion Research en prenant comme exemple la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique, afin de voir la perception des Canadiens sur le sujet.
Ainsi, 27 % des citoyens estiment que cette mesure est «très positive», alors que 45 % la jugent «plutôt positive», pour un total de 72 % d'opinions favorables. Ils sont 23 % à trouver que la taxe sur le carbone est une mauvaise idée.
La maison de sondage a demandé aux répondants ce que le gouvernement fédéral devrait faire avec les revenus d'une telle taxe. Près de 63 % souhaitent que l'argent soit réinvesti dans des mesures visant à diminuer les gaz à effet de serre (GES), notamment la promotion des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Ils sont 11 % à souhaiter que les sommes retournent dans les poches des contribuables sous forme de baisses d'impôt. Une autre tranche de 11 % désire un mélange de projets verts et de baisses d'impôt. Le sondage a été réalisé entre le 29 avril et le 9 mai auprès de 1007 Canadiens. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
Le plan libéral
La proposition des libéraux concernant une taxe sur le carbone est encore en préparation, mais des sources affirment que Stéphane Dion devrait dévoiler ses intentions d'ici un mois, tout au plus. Les députés libéraux et leur chef auront alors plusieurs mois pour expliquer leur stratégie avant un éventuel déclenchement électoral. Dans le caucus libéral, certains élus craignent toutefois que le moment ne soit mal choisi pour parler d'une taxe sur le carbone, avec des prix à la pompe qui font rager les automobilistes.
Mais les proches du chef libéral soutiennent que la taxe sur le carbone ne poussera pas les prix de l'essence à la hausse. Selon les informations qui circulent, il s'agirait de remplacer la taxe d'accise fédérale de 0,10 $ le litre par une taxe sur le carbone qui ne viserait plus uniquement l'essence, mais aussi les autres formes d'énergie, comme le gaz et le mazout.
L'argent ainsi recueilli pourrait atteindre près de 17 milliards de dollars par année, selon les estimations. En retour, le Parti libéral prévoit offrir aux contribuables de massives baisses d'impôt — entre 10 et 13 milliards de dollars par année, dit-on —, ce qui rendrait la nouvelle taxe sur le carbone fiscalement neutre. En fait, la charge fiscale serait répartie différemment, ce qui inciterait les gens à modifier leurs habitudes de consommation s'ils veulent véritablement profiter des baisses d'impôt.
Même si la taxe sur le carbone est au centre de la plate-forme électorale des libéraux en vue du prochain scrutin, cette mesure fera partie d'un plan vert plus large qui inclura également un marché des crédits d'émission des GES pour les entreprises, aussi appelé Bourse du carbone.
Des appuis et des critiques
Depuis que les intentions des libéraux ont commencé à faire surface, le débat sur une taxe du carbone est houleux. Les grands groupes environnementaux applaudissent à l'idée, et certains économistes réputés de droite, comme Jack Mintz, l'ancien président de l'Institut C. D. Howe, appuient une telle taxe. La Table ronde nationale sur l'environnement et l'écologie, un organisme fédéral indépendant, conseillait le 7 janvier dernier de fixer un prix aux émissions de carbone le plus rapidement possible.
Par contre, le Parti conservateur, le NPD et le Bloc québécois s'opposent à l'idée du Parti libéral, même si elle n'a pas encore été rendue publique. Les conservateurs et les néo-démocrates ont eu les attaques les plus virulentes. Ils soutiennent qu'une taxe sur le carbone fera grimper encore davantage les prix à la pompe.
Les conservateurs estiment que les Canadiens payent «suffisamment de taxes» à l'heure actuelle, alors que le NPD affirme qu'une hausse des prix de l'énergie frapperait d'abord les plus pauvres de la société qui doivent chauffer des appartements et des maisons mal isolés.
Le Québec et la Colombie-Britannique ont déjà annoncé la mise en place d'une taxe sur le carbone qui servira à financer la lutte contre les changements climatiques. Et malgré la hausse rapide du prix de l'essence, l'idée semble faire son chemin dans la population.
La firme Harris-Decima a posé la question suivante: «Est-ce que vous appuyez une taxe sur le carbone qui serait imposée aux industries et aux citoyens en fonction des émissions de GES qu'ils génèrent», et 61 % des gens ont répondu «oui», alors que 32 % étaient contre.
L'appui à cette mesure grimpe à 70 % si l'argent recueilli avec la taxe est dirigé vers des mesures environnementales. L'opposition chute à 22 %. Étonnamment, la firme Decima note que les personnes qui prévoient voter pour le Parti conservateur (PC) aux prochaines élections appuient à 75 % l'idée d'une taxe sur le carbone qui permettrait de financer des mesures écologiques, alors que seulement 22 % des partisans conservateurs s'y opposent. Stephen Harper est farouchement opposé à une taxe sur le carbone.
Le sondage a été mené entre le 1er et le 4 mai auprès de 1000 Canadiens. La marge d'erreur est de 3,1 % 19 fois sur 20.
Un autre coup de sonde a révélé sensiblement le même portrait. L'Institut Pembina, un groupe écologiste réputé, a commandé un sondage à la firme McAllister Opinion Research en prenant comme exemple la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique, afin de voir la perception des Canadiens sur le sujet.
Ainsi, 27 % des citoyens estiment que cette mesure est «très positive», alors que 45 % la jugent «plutôt positive», pour un total de 72 % d'opinions favorables. Ils sont 23 % à trouver que la taxe sur le carbone est une mauvaise idée.
La maison de sondage a demandé aux répondants ce que le gouvernement fédéral devrait faire avec les revenus d'une telle taxe. Près de 63 % souhaitent que l'argent soit réinvesti dans des mesures visant à diminuer les gaz à effet de serre (GES), notamment la promotion des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Ils sont 11 % à souhaiter que les sommes retournent dans les poches des contribuables sous forme de baisses d'impôt. Une autre tranche de 11 % désire un mélange de projets verts et de baisses d'impôt. Le sondage a été réalisé entre le 29 avril et le 9 mai auprès de 1007 Canadiens. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
Le plan libéral
La proposition des libéraux concernant une taxe sur le carbone est encore en préparation, mais des sources affirment que Stéphane Dion devrait dévoiler ses intentions d'ici un mois, tout au plus. Les députés libéraux et leur chef auront alors plusieurs mois pour expliquer leur stratégie avant un éventuel déclenchement électoral. Dans le caucus libéral, certains élus craignent toutefois que le moment ne soit mal choisi pour parler d'une taxe sur le carbone, avec des prix à la pompe qui font rager les automobilistes.
Mais les proches du chef libéral soutiennent que la taxe sur le carbone ne poussera pas les prix de l'essence à la hausse. Selon les informations qui circulent, il s'agirait de remplacer la taxe d'accise fédérale de 0,10 $ le litre par une taxe sur le carbone qui ne viserait plus uniquement l'essence, mais aussi les autres formes d'énergie, comme le gaz et le mazout.
L'argent ainsi recueilli pourrait atteindre près de 17 milliards de dollars par année, selon les estimations. En retour, le Parti libéral prévoit offrir aux contribuables de massives baisses d'impôt — entre 10 et 13 milliards de dollars par année, dit-on —, ce qui rendrait la nouvelle taxe sur le carbone fiscalement neutre. En fait, la charge fiscale serait répartie différemment, ce qui inciterait les gens à modifier leurs habitudes de consommation s'ils veulent véritablement profiter des baisses d'impôt.
Même si la taxe sur le carbone est au centre de la plate-forme électorale des libéraux en vue du prochain scrutin, cette mesure fera partie d'un plan vert plus large qui inclura également un marché des crédits d'émission des GES pour les entreprises, aussi appelé Bourse du carbone.
Des appuis et des critiques
Depuis que les intentions des libéraux ont commencé à faire surface, le débat sur une taxe du carbone est houleux. Les grands groupes environnementaux applaudissent à l'idée, et certains économistes réputés de droite, comme Jack Mintz, l'ancien président de l'Institut C. D. Howe, appuient une telle taxe. La Table ronde nationale sur l'environnement et l'écologie, un organisme fédéral indépendant, conseillait le 7 janvier dernier de fixer un prix aux émissions de carbone le plus rapidement possible.
Par contre, le Parti conservateur, le NPD et le Bloc québécois s'opposent à l'idée du Parti libéral, même si elle n'a pas encore été rendue publique. Les conservateurs et les néo-démocrates ont eu les attaques les plus virulentes. Ils soutiennent qu'une taxe sur le carbone fera grimper encore davantage les prix à la pompe.
Les conservateurs estiment que les Canadiens payent «suffisamment de taxes» à l'heure actuelle, alors que le NPD affirme qu'une hausse des prix de l'énergie frapperait d'abord les plus pauvres de la société qui doivent chauffer des appartements et des maisons mal isolés.
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