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Vu de loin

Gil Courtemanche   17 mai 2008  Canada
La Haye — Un proverbe africain dit que l'étranger voit parfois mieux les choses que celui qui les vit. Quand je regarde ces jours-ci ce qui se passe sur le continent nord-américain, je me sens un peu comme l'étranger qui parvient à voir la forêt plutôt que l'arbre.

Je me rends compte avec stupéfaction qu'on accepte sans trop regimber que le gouvernement Charest donne à des millionnaires des millions, des milliards qui auraient pu profiter aux régions. Je parle ici de l'énergie éolienne, qui aurait pu lancer le développement des régions, leur donner une forme d'autonomie. Vue d'ici, cette décision semble encore plus aberrante, scandaleuse. Un cadeau à des riches, qui n'ont pas besoin de cadeaux, alors que dans les régions concernées existait une volonté collective de s'approprier et de développer cette richesse commune. De près, j'aurais tenté de trouver des nuances et des explications; de loin, je vois bien que le gouvernement Charest a choisi le capitalisme gratuit. Le capitalisme gratuit, c'est le droit de faire des millions avec une ressource qui aurait pu profiter à l'État ou à la collectivité, ce qui ici, en Europe, est la même chose. De loin, je me rends surtout compte que ce cadeau aux riches va en bonne partie à l'EDF, l'Hydro-Québec français. Nous donnons donc à une entreprise publique étrangère la possibilité de donner à ses clients des rabais à partir des profits réalisés ici. On admettra que c'est un curieux paradoxe.

Vus de loin, Stéphane Dion et le Parti libéral semblent encore plus pusillanimes, plus ridicules et plus fous qu'ils ne nous le paraissent chez nous. Ici, cet avachissement permanent, ce refus d'exister comme parti, ce refus du risque de l'engagement politique, cette négation permanente de ses principes, feraient disparaître le chef et le parti. Chez nous, cela semble de plus en plus normal et acceptable.

Pis. Dans la nuit de mardi à mercredi, la semaine dernière, je suivais les résultats des primaires en Indiana et en Caroline du Nord. J'ai longtemps couvert la politique américaine. Ses moeurs, ses mécanismes et ses habitudes me sont familiers. Parallèlement, je regardais un débat français sur la faim dans le monde dans le cadre de la crise alimentaire. Politiciens, journalistes, spécialistes. Les idées fusaient, les principes s'affrontaient, les idées s'exprimaient.

Sur CNN, journalistes, politiciens et spécialistes commentaient la victoire retentissante d'Obama en Caroline et le petit gain de Mme Clinton en Indiana. Malgré la victoire d'Obama, les commentaires étaient unanimes: le jeune sénateur de l'Illinois est trop intellectuel, il devrait emprunter au discours de Hillary Clinton, être plus près des gens ordinaires. On ne parlait que de l'image et de l'impression, jamais des idées ou des principes que défendent ces deux candidats. L'analyse était particulièrement fine. Obama fait mieux avec les jeunes. Clinton réussit chez les cols bleus pauvres et sans instruction. Comment faire en sorte qu'Obama puisse rejoindre cette catégorie, cette clientèle d'électeurs qui lui échappe pour le moment? Il aurait aussi des problèmes avec les catholiques, avec les plombiers blancs qui sont racistes et les homosexuels qui possèdent des Harley Davidson.

Pas un mot durant quatre heures sur la direction que proposent les deux candidats, sinon pour dire que les sondages révèlent que, sur l'économie, Clinton possède un avantage auprès des démocrates conservateurs et qu'Obama, donc, devrait infléchir son discours pour séduire cette portion de l'électorat.

De près, on a l'impression qu'un profond débat se déroule. De loin, d'un endroit où les idées existent encore, on découvre que la politique américaine n'est devenue qu'une lutte publicitaire entre Best Buy et Bureau en gros. On vend les mêmes produits, mais les rabais sont différents selon les jours. La politique du plus puissant pays du monde est une campagne de publicité permanente qui oppose des individus et jamais des idées, des projets, des principes. Nous sommes dans le royaume du cliché.

Chez nous, pour paraître un candidat favorable aux familles, il faut parler congé parental, allocations familiales, places en garderie, tout cela dans le même discours. Aux USA d'Elvis Gratton (il a raison), le candidat se contente de dire qu'il croit aux valeurs familiales et qu'il refuse que la famille disparaisse. Si un candidat est perçu comme antiguerre, comme Obama, il doit proclamer qu'il ne mettra pas en danger la sécurité du pays. Si on le soupçonne d'être libéral, il raconte son «rêve américain». Si on lui demande s'il est progressiste, il répond qu'il croit aux valeurs américaines qui sont la démocratie, la justice et... non, pas l'égalité. Cela ne se dit pas.

Mercredi, Hillary Clinton, qui a perdu mais refuse de le reconnaître, a prononcé un discours qui illustre bien la caractéristique fondamentale de la politique américaine: le marché et les clientèles. Pas un mot sur les différences d'orientation entre elle et le sénateur de l'Illinois, pas un mot sur le projet pour les citoyens américains. «Je suis celle qui peut gagner [...] je gagne chez les catholiques, chez les personnes âgées qui votent plus que les jeunes [...] je gagne chez les agriculteurs qui votent démocrate [...] chez les ouvriers pauvres.»

Barak Obama a aussi compris le jeu. Durant son discours après la victoire, il s'est couché dans l'American dream, dont il est un enfant, il a parlé des familles, il a évoqué son patriotisme et, pour ne pas laisser les catholiques ou les fondamentalistes en reste, il a terminé en disant «God bless America», ce qu'il ne disait jamais avant. Obama rentre dans le moule Wal-Mart de la politique américaine.

Pis encore, vu de loin. Je me demande pourquoi le Parti libéral ne fusionne pas avec le Parti conservateur puisqu'ils sont d'accord sur tout. Vu de loin, Stéphane Dion est un Schtroumpf.

***

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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 17 mai 2008 05h01
    La peur des idées, la liberté d'expression, la démocratie
    « Les idées font peur.
    Comme si les idées faisaient de plus en plus peur.

    Comme si nous n'étions plus habitués à les manipuler, à les dires, à les discuter, à les défendre, à les débattre.

    Vous avez bien raison, l'image domine.
    Surtout ici, en Amérique, l'image domine.
    Le débat fait peur. Il implique du changement.
    Le changement fait peur.

    La peur.
    On fait campagne sur la peur.
    Peur du terrorisme, peur du communisme, peur des idées.
    Peur de ceux qui ont des idées.

    Nos politiciens, devrait-on plutôt dire, nos pantins, sont, à l'instar de M. Dion, pusillanimes. Pusillanimes à l'extrême. Dion en est le roi incontestable.

    On parle de démocratie, on craint les idées.
    Juste ici, dans Le Devoir, les idées font peur et bousculent.
    On voit de plus en plus et de plus en plus tard:

    « Aucun commentaire ... soyez le premier ! »


    On hésite à trop publier les commentaires.
    Les idées dérangent. On préfère le conformisme idéologique.
    On préfère que les discours suivent le courant et surtout ne le perturbent pas.
    Quelle tristesse de voir notre démocratie à la dérive! On se gargarise de droit de parole, de liberté d'expression... pourtant, où sont les débats?

    Le militarisme (des milliards pour l'armée!),
    Le capitalisme gratuit, je dirais honteux,
    Le contrôle de plus en plus insidieux dans nos libertés, justifié par une fausse sécurité.
    Des lois de censure "douce", etc.

    On nous en passe un petit peu chaque jour.
    En bout de ligne, nous perdons peu à peu le contrôle de nos institutions, de nos ressources et ce, au profit d'un "groupe" mondial obscur qui empoche la richesse et contrôle le pouvoir.
    Les pauvres qui ne peuvent plus se payer le riz qui pourtant a eu une production record l'an dernier.
    Le carburant qui hausse extrême sans aucune justification extrêmement plausible.
    Les inégalités croissantes entre extrêmement riches et extrêmement pauvres.

    L'opulence honteuse et la misère atroce.
    On subventionne des compagnies riches et on coupe les services sociaux.

    Il est grand temps que la période de privatisation sauvage cesse.
    Il est temps de tout nationaliser. L'énergie, les médicaments, les ressources naturelles.
    Tous ces secteurs payant pour le privé, sont payants pour le public.

    «La politique du plus puissant pays du monde est une campagne de publicité permanente qui oppose des individus et jamais des idées, des projets, des principes. Nous sommes dans le royaume du cliché.»

    On vend du cliché et cela se répand. Il est temps de se brasser les idées. Il est temps de réagir, il est temps de supporter les rares politiciens qui ont un certain courage.
    Il faut être conscient que nous sommes dans une sorte de sable mouvant de la politique et que peu à peu nous nous enfonçons.

    «Vu de loin, Stéphane Dion est un Schtroumpf.»
    C'est vrai que le valeureux Stéphane est plutôt bleu, un bleu de conservateur très Schtroumpf. Mais vu de près Dion est transparent. Transparent dans le sens d'insipide, de mollusque, dans le sens du sans aucune couleur. Un néant de courage.
    Pire qu'un mollusque, car le mollusque, lui au moins, se traîne.



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Philip Merrigan
    Inscrit
    samedi 17 mai 2008 05h52
    Profitables ?
    « Il n'est pas clair que les éoliennes seront particulièrement profitables à long-terme. »

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 17 mai 2008 07h24
    La nullité, le néant...intellectuel
    « M. Courtemanche,

    Vous écrivez

    « Parallèlement, je regardais un débat français sur la faim dans le monde dans le cadre de la crise alimentaire. Politiciens, journalistes, spécialistes. Les idées fusaient, les principes s'affrontaient, les idées s'exprimaient. »

    En effet, il est assez désolant de constater qu'à la suite des Amerloches, les politiciens, intellectuels, journalistes québécois, etc...ont adopté la philosophie du néant et de la nullité intellectuelle.

    Aucun débat sérieux, aucune réflexion, sauf ceux des spécialistes de « perrons de portes », telles les commères d'autrefois. Des commentateurs télés qui se permettent de nous donner leur petite opinion personnelle sur tous les sujets. Quant à moi, j'en ai soupé. Tout ce que nous leur demandons, c'est de nous informer et non de nous désinformer.

    Il est vrai qu'ici au Québec, il ne faut pas se chicaner...diviser les familles... (cf. Jean Chrétien)

    Marie Mance Vallée »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 17 mai 2008 08h12
    LE VOTE ETHNIQUE AU SUD
    « Imagine Charest, Marois ou Dumont disant:

    «je gagne chez les catholiques, chez les personnes âgées qui votent plus que les jeunes [...] je gagne chez les agriculteurs qui votent démocrate [...] chez les ouvriers pauvres.»

    Autant le vote ethnique est caché au Québec (au grand plaisir des Libéraux qui le ramassent à la pelle), autant aux USA il est disséqué dans ses moindres détails. On sait exactement comment la monoparentale noire de 25-29 de l'Alabama ou le juif riche de 40-44 de New-York votent. Aucun tabou. Icite, on vomit encore sur Monsieur, l'un des plus grands PM de notre histoire. »

  • nicole ouellet
    Inscrite
    samedi 17 mai 2008 09h36
    Victoire du mensonge
    « et si tout cela n'était qu'un jeu pour occuper les petits esprits comme vous et moi! Pendant ce temps les fils sont tirés comme le veulent les vrais décideurs cachés derrière ces polichinels-élus. Ca ne vaut pas l'encre utilisé pour le dénoncer.Nous n'avons qu'à créer le monde que l'on veut les laissant faire leurs pirouettes sans même leur jeter un regard. »

  • william morris
    Abonné
    samedi 17 mai 2008 09h41
    Bien dit !
    « Bonjour,

    Je félicite l'auteur de cet excellent article. J'ajoute que, une fois qu'il est acquis que le Parti libéral ne mérite pas d'exister, il faut bien se garder de voter pour lui. Si les prochaines élections sont un désastre pour lui, il se dissoudra peut-être, pour le plus grand bienfait de la démocratie et dea Canadiens. Cela fera un parti de moins et le NPD deviendra l'opposition officielle. Qu'en pensez-vous ?

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    samedi 17 mai 2008 11h16
    Les PPP et le «Paraître»
    « Monsieur Courtemanche, vous tombez pile dans deux me mes plus grandes préoccupations en ce début de vingtième siècle. L'importance démesurée que prennent les grandes entreprises privées, et la place indécente du paraître dans nos sociétés, surtout nord-américaines.

    Le Québec s'était donné avec l'Hydro un formidable outil de développement bien de chez nous. Nos rivières et lacs sont des richesses renouvelables. René Levesque nous avait permis de les exploiter pour le bien de tous plutôt que de les laisser aux mains de quelques puissants. Grâce aux gouvernements successifs, à Robert Bourassa en particulier, nous possédons actuellement un réseau d'une grande fiabilité, surtout depuis que le niveau de nos lacs a cessé de nous inquiéter. Nous possédons aussi de grands espaces où les vents s'amusent à faire chanter nos forêts la nuit. Les voilà, ces forces gratuites de la nature, mises à contribution depuis quelques années pour augmenter notre potentiel hydroélectrique non polluant. Pour le meilleur ? Oh que non ! Voilà que l'entreprise privée, avec ses gros sous et son manque flagrant d'éthique sociale, est en train de semer à tous vents de ces moulins «donquichotesques» dans des cours privées pour le profit du promoteur d'abord, du propriétaire du terrain ensuite, des Américains enfin. Le bien commun québécois n'intervient qu'en quatrième lieu dans cette quadrature du cercle mal ficelé par nos responsables gouvernementaux.

    Et le «Paraître» alors ! Je ne sais si la prédiction de Malraux va se réaliser dans ce siècle, à savoir qu'il serait religieux, spirituel disent certains. Mais ce que je vois, c'est une frénésie déboulonnée de paraître, quel que soit la valeur du contenu mis de l'avant. Si vous avez pu, Monsieur Courtemanche, mieux voir le phénomène en nous regardant de loin, je peux vous assurer que cette tendance n'est pas nouvelle chez nous. On n'a qu'à penser à la téléréalité, aux démonstrations politiques de plus en plus burlesques, au manque d'intérêt de nos jeunes pour des lectures de fond, pour se demander comment les véritables enjeux humains pourront encore trouver une place au soleil dans ce brouhaha des plus pétaradants. Le phénomène a pris dans nos sociétés une envergure telle que certains politiciens comme Stéphane Dion par exemple se sont enfoncés dans le ridicule en essayant de faire «à la mode». Denise Bombardier à propos du 400e de Québec parle de ««pipolisation» en marche dans nos démocraties émotionnelles.»

    La recherche de la vérité perd du terrain dans tous les domaines. Pour exemple, je ne retiendrai ici que deux extraits tirés l'un de la Presse électronique, l'autre du journal Le Devoir de ce samedi. Pierre Foglia a bien raison de ne pas laisser les émotions l'emporter sur la vérité quand il souligne qu'un athlète comme Oscar Pistorius a beau faire touchant en courant très vite le 400 mètres avec ses jambes bioniques installées quand il était bébé, la beauté du spectacle ne doit pas nous empêcher de voir le désavantage évident pour tous les autres athlètes qui courent sur leurs propres jambes. Et, dans Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur dénonce à propos de la méga entreprise Monsanto « le tabou qui entoure l'à-plat-ventrisme, sinon la vénalité des scientifiques, des institutions et des politiciens qui se prêtent souvent aux manipulations et aux collusions. » Justement à propos des scientifiques, je déplore moi-même le théâtre qu'est devenue la défense de l'environnement. Présentement la cause défendue par un Gore, un Reeves, un Suzuki ou un Guilbault possède un énorme capital de sympathies, principalement à cause de la personnalité vendeuse de chacun de ces chantres de l'effet néfaste des gaz à effet de serre. Or de plus en plus de scientifique trouvent que ces environnementalistes font les coins ronds quand il s'agit de faire des liens entre le gaz carbonique causé par les activités humaines et les changements climatiques. Je ne suis pas encore certain si ces scientifiques sceptiques ont raison. Mais une chose est certaine, on ne leur donne aucune tribune officielle et ils doivent essayer de répandre leur conviction par des messages sur Internet. Ils n'ont pas l'aura d'un Gore ou d'un Reeves. Toujours le paraître avant le fond ! Il y a bien une trentaine d'années que je déplore cette dérive vers le paraître. Je trouvais même que les journaux écrits cédaient à la mode de l'annonce frappante d'une nouvelle découverte, mais sans la situer dans l'ensemble de la recherche scientifique. Je dois reconnaître les grands progrès réalisés par les journalistes dans ce domaine. Mais comme les medias visuels sont beaucoup plus fréquentés maintenant que les livres et médias écrits, nous assistons à une surenchère du clinquant et du «m'as-tu vu ?»

    Jusqu'où ira cette dérive vers le théâtre au détriment du fond ? Les signes ne sont pas nombreux, qui annonceraient pour bientôt un changement de cap. Peut-être le 21e siècle sera-t-il à la fois spirituel et visuel ? Tout compte fait, je préférerais qu'il soit d'abord le siècle de la recherche honnête de la vérité. Personne ne la détient, la vérité. Mais ce serait déjà « un grand pas pour l'humanité » si au moins les scientifiques ne se laissaient pas embrigader. »

  • Francois Munyabagisha
    Inscrit
    samedi 17 mai 2008 11h29
    Grosse bille de bois dans l'oeil d'étranger
    « Belle critique,hélas incomplète et sans issue. J'inviterais l'auteur tout comme tous les journalistes, à se regarder dans ce miroir. Combien de fois nos opinions de libres penseurs sur des sujets non ordinaires, techniques, dans lesquels nous n'avons pas pas bonne maitrise meublent les espaces médiatiques sans penser une seule fois consulter des ressources compétentes? Voici que Gil est devenu un expert de l'économie, pour critiquer la politique économique d'ici et d'ailleurs. Et comme c'est la mode en Amérique du nord, bénefician de sa notoriété acquise par des opinions de néophyte vendues pour des savoirs d'expert, Gil sera lu et écouté et influencera les opinions et les politiques electoralistes qu'il viendra ensuite critiquer pour gagner sa vie et reinfluencer encore les girouttes d'électeurs que nous sommes et d'élus qu'ils seront. Et quelle leçon cher Gil? Je n'en ai pas non plus à donner, nous sommes dans la jungle africaine d'Amérique du Nord. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 17 mai 2008 12h03
    Le scandale du vent
    « Vous avez raison, Monsieur Courtemanche. Le dossier de l'énergie éolienne au Québec est un vrai scandale digne d'une république de bananes. Un scandale signé J. Charest.

    En confiant maintenant le développement de l'éolien au secteur privé plutôt qu'à Hydro-Québec, on s'apercevra dans 20 ans que l'on a bradé une mine d'or pour un plat de lentilles.

    Imaginez où en serait le Québec aujourd'hui si l'énergie hydro-électrique n'avait pas été nationalisée! Les tarifs d'électricité seraient le double de ceux que nous avons présentement, et les milliards de profit d'Hydro-Québec qui nous appartiennent seraient plutôt dans les poches de grosses compagnies privées.

    Il faut que le Québec développe au maximum l'énergie éolienne sur son territoire, en complémentarité avec l'énergie hydro-électrique, en respectant la population et les paysages.

    Le vent étant une richesse collective, c'est Hydro-Québec qui devrait développer l'énergie éolienne sans laisser filer les profits à l'entreprise privée.

    Nous avons déjà en place l'infra-structure du réseau de tranport d'énergie électrique à haute tension d'Hydro-Québec; il s'agit d'y greffer l'énergie du vent. Il y a du vent en abondance dans les régions non habitées près des barrages et des lignes de transport existantes, de même que dans les eaux du golfe St-Laurent. C'est de ces côtés qu'il faudrait aller pour implanter les éoliennes plutôt que de défigurer nos villages et nos paysages.

    Nous avons cette richesse du vent. Pourquoi la laisser en jachère dans les espaces non habités et la brader au secteur privé dans les paysages autour de nos villages?

    Il est grand temps de chasser ce gouvernement Charest de droite qui ne jure que pour le privé, qui ne représente pas la majorité, mais qui a été élu grâce à la division du vote francophone.

    Le prochain gouvernement du Parti Québécois devra renverser la vapeur et faire d'Hydro-Québec ou de sa filiale Éole-Québec le maître d'oeuvre du harnachement du vent au Québec. »

  • Monique Désy Proulx
    Abonnée
    samedi 17 mai 2008 18h48
    C'est la télé...
    « À la télé, l'image frappe tellement l'esprit qu'on a l'impression d'apprendre quelque chose, alors qu'en fait, les nouvelles à la télé ne disent rien! Je l'écoute assez peu souvent pour m'en rendre compte quand j'allume le petit écran. Et j'enrage. C'est de la poudre aux yeux! De la manipulation sémantique.

    Par exemple, les représentants de notre gouvernement réussissent à affirmer sans rire qu'en construisant une autoroute en milieu urbain où passeront 150 mille voitures par jour, les résidents des quartiers riverains s'en porteront mieux! En plus, ils osent appeler ça la RUE Notre-Dame! Une «rue» bordée d'un mur antibruit... vous voyez ça souvent? Ici, dans l'est de Montréal, c'est ce que nous propose notre gouvernement affairiste qui semble ne pas savoir qu'un fleuve géant coule d'un côté et que des milliers d'enfants grandissent de l'autre. C'est peut-être qu'ils ont des petits copains dans les compagnies de béton et que leurs membres ne connaissent pas trop leur géographie...

    Ils veulent donc passer une autoroute en tranchée, de style Décarie, juste devant l'endroit où ont été pendus les compagnons de combat de Louis-Joseph Papineau, comme le noble chevalier de Lorimier, mort au bout d'une corde comme un bandit de grand chemin, par les bons soins des Anglais. Mais s'en souvient-on?

    Tout cette stupidité, tout ce vide, cette négation de notre histoire, cet oubli d'une tradition d'intelligence, de bon goût et d'amour du pays, c'est parfaitement désespérant.

    D'ailleurs, bien des jeunes se désespèrent de voir le monde dans lequel ils ont débarqué. »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    dimanche 18 mai 2008 08h58
    Choses qu'il faut dire et sur lesquelles il faut réfléchir.
    « Merci de si bien exprimer notre désarroi devant ce qui se passe à Ottawa et à Québec. La colère stérile qui m'anime lorsque je lis ce qui se passe dans le monde comme dans notre pays, n'aide nullement à faire réfléchir les autres. Mais vous, avec votre expérience, votre plume et vos convictions réussissez très bien à faire saisir les enjeux en cause. BRAVO et MERCI. »

  • Jasette
    Abonné
    dimanche 18 mai 2008 10h33
    M. Charest un collabo, M. Dion un valet du roi et les politiciens américains aux primaires des agents glads.
    « Vue de loin, vue de près, comme vous dites, un certain recul effectivement aurait sa raison d'être pour un gouvernement dont le but serait de prendre des décisions plus éclairées. En effet, le gouvernement de M. Charest se comporte un peu comme un "collabo", dans un certain sens, au détriment des colonisés. Un peu comme si le Québec était entre les mains de des colonisateurs et que M. Charest était le complice, quand vient le temps de prendre des décisions économiques importantes.

    Tandis qu'au gouvernement du Canada, effectivement, M. Dion et le parti Libéral ne semble malheureusement pas avoir de colonne. C'est plus la peur et la défensive qui lui font prendre ses décisions. Pendant ce temps, M. Harper a le vent dans les voiles. Par les temps qui courent, en somme, M. Dion est un peu comme le valet du roi.

    Quant aux USA, aux primaires, les politiciens sont comme des agents glads. Ils cherchent à faire briller, autant que faire se peut, l'image grandement ternie de l'impérialisme américain. La population n'est cependant pas dupe. Ils votent aux primaires pour l'un ou l'autre des politiciens, mais ce sont des votes sans convictions. De ce point de vue, c'est un peu ce qui se passe dans la plupart de nos sociétés occidentales. »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    lundi 19 mai 2008 01h06
    Vue de chez moi, cà va...
    « Votre réflexion est pertinente et votre métaphore est efficace. Mais voilà nous sommes (pour reprendre votre métaphore) l`arbre. En fait nous sommes dedans, comme le poisson, nous ne connaissons pas l`eau. Par quelle rupture devons-nous passer pour que nous puissions retrouver une rationalité orientée vers des finalités et des pratiques concernant les vertus (forces qualités) qui nous redonne la joie de vivre ensemble. Peut-être que la rupture est en relation avec l`échec du capitaliste... »

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