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Les amitiés de la France

Robert Dutrisac   10 mai 2008  Canada
Michaëlle Jean a reçu un accueil princier cette semaine en France.
Photo : Agence Reuters
Michaëlle Jean a reçu un accueil princier cette semaine en France.
Québec — C'est à une véritable réorientation de la politique de la France à l'endroit du Québec qu'on a assisté cette semaine. Une première manifestation: la République française reçoit avec tous les égards réservés à un chef d'État de première importance la vice-reine du Canada, Michaëlle Jean. Puis, le président Nicolas Sarkozy déclare qu'il refuse désormais d'opposer «nos deux amitiés et nos deux fidélités» que sont le Canada et le Québec. On peut toujours prétendre que la France maintiendra des relations privilégiées avec le Québec, mais elles ne devront pas nuire à celles qui l'unissent au Canada.
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  • Sophie Maheu
    Abonné
    samedi 10 mai 2008 06h16
    Les nuls sont les pires
    « Première évidence dans ce qui guidera la perception mais surtout les agissements de Sarkozy à l'égard du Québec et du Canada, celui-ci n'a pas fini de se faire pisser dans l'oreille par son mentor Paul Desmarais. Ensuite, sur le plan des connaissances mais également sur celui de l'intérêt réel, Sarko malgré ses ambitions fait plutôt classe allégée, comme Bush à ses débuts et notre Bernier avec son bonnet d'âne dans le coin droit. Je vous invite à refaire son tour du monde de la première année de son règne pour mesurer, disons, ses incapacités et son manque de jugement. Mais avec Sarko, il y a pire ou plus con si vous voulez. Malgré la symbolique puissante que représente le fait de recevoir la représentante de la Reine d'Angleterre, Sarko est assez petit pour avoir voulu toucher le grain de la peau de la madame qu'il devait trouver bien belle sur les photos (et que je me balance du Québec). D'ailleurs, Monsieur Paul a trouvé l'idée bien bonne.

    Robert Lachance »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    samedi 10 mai 2008 11h25
    Assumer la Conquête
    « On dirait que chaque génération de canadiens revis la Conquête et doit se positionner en tant que conquérant ou conquis. De quelle théraphie avons-nous besoin de vivre librement? Il est triste de voir, qu'alors que la Nouvelle-France rayonnait à cause de ses alliances avec les Premières Nations, les québécois se sont repliés sur eux-mêmes après la Conquête, et n'ont pas bougé depuis. On dirait qu'ils savourent leur état de vaincu. La haine devient un moteur à l'action.

    Pourtant, dans une perspective internationale, il suffit de regarder le conflit en Israël, l'histoire canadienne est une riche histoire de cohabitation. Bien sûr, nous ne sommes pas parfaits, mais notre expérience permet d'éclairer des conflits. Alors qu'hier le feu reprenaît en Liban, j'avais cette réflexion basée sur l'expérience du Canada: comment peut-on règler le conflit? Combien de temps cela prendra-t-il pour cicatriser les plaies?

    À la veille du 250e anniversaire de la bataille des Plaines d'Abraham, on peut se demander comment commémorer la Conquête. En attendant, je fournis une piste de réflexion. C'est la carte des villages québécois brûlés par l'armée anglaise. Je l'ai vue une fois dans une librairie de Calgary. Il y avait une étoile pour le village de Petite-Rivière-Saint-François, où ma grand-mère était née. Je me suis senti seul. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 10 mai 2008 11h32
    Changer le programme d'histoire
    « Avec le virage que prend le rapport entre la France et le Québec, le ministère de l'Éducation devra refaire son programme d'histoire. Il n'y sera plus question de l'histoire du Québec avant et après la Conquête et avant et après la Confédération mais, quelle belle simplicité, de l'histoire du Québec canadien. Comme on a fait dire à quelqu'un : « Tout est consommé. »
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 11 mai 2008 08h15
    Bis
    « Pour ceux et celles qui ne liraient pas la chronique de Michel David, et les commentaires qui y sont attachés, je prends la liberté de reprendre ici à peu près tout ce que j'ai écrit là.
    "Il faudrait bien que les chroniqueurs et les éditorialistes, la plupart souverainistes, anciens, présents ou futurs, (comme on dit ancien curé ou ancienne religieuse) se laissent influencer, même juste un peu, par le réalisme du Président Sarkosy qui, préoccupé comme il se doit par les intérêts de la France, voit le Canada et le Québec comme ils sont.

    1- Les Québécois, en majorité, préfèrent travailler à solidifier et à améliorer leur avenir politique et économique à l'intérieur du système canadien. Le PQ et encore moins le RIN n'ont pu les rassurer à ce sujet. Ils se disent que tant qu'à devoir conserver la monnaie canadienne, la nationalité et le passeport canadiens et envisager au moins 5 années de turbulence, il vaut mieux continuer de vivre et de travailler dans un pays réel dont le système politique décentralisé permet, avec une marge importante d'autonomie, un grand nombre d'initiatives personnelles et collectives. Les Français et autres Européens sont très heureux d'avoir maintenant une monnaie commune, un passeport commun et un permis de conduire commun. Il sont heureux également que l'Union européenne les représente, seule, dans l'OMC, la Station spatiale internationale, les négociations internationales sur une quantité toujours plus grande de sujets.

    2- Samuel de Champlain savait très bien qu'il s'apprêtait à établir une petite communauté de collègues et d'amis sur un territoire déjà occupé, qui s'appelait le Canada. Son premier récit intitulé "Des sauvages" du Canada, publié en 1603, suite à son premier voyage, (où il tenta d'établir un poste de traite de fourrures à Tadoussac) en est une preuve tangible. Il fit ensuite deux autres tentatives. En 1604 en Acadie ou il bâtit Port-Royal, et en 1608 où il bâtit des résidences au bord du Saint-Laurent, à Stadaconé. Endroit qui s'appellera plus tard Kebec. Donc que le Canada s'intérese à ce fait historique n'est pas du tout étonnant.

    3. Ce n'est qu'au 16ième siècle que le français est devenu langue officielle en France. On sait très bien maintenant que Charlemage et ses successeurs ne parlaient pas français. Ils parlaient et écrivaient l'allemand et le latin. C'est François premier qui commença la solidification du français par l'ordonnance Villers-Cotterêts de 1539. On ne sait pas très bien combien des compagnons de Champlain parlaient effectivement un certain français. Les fourrures et la pêche les intéressaient beaucoup plus que la langue et la culture françaises.

    4. La minorisation démographique quasi inéluctable du Québec dans l'ensemble canadien oblige à songer à des stratégies positives si on veut assurer la survie du français en Amérique et favoriser son développement au niveau international. Il ne me semble pas y en avoir d'autre que celle de réinventer la théorie des deux nations, chère au Conservateurs de Robert Stanfield, et de mener le combat au sein du système canadien pour que le Canada, membre à part entière de la Francophonie, fort de ses 32 millions de citoyens et de son économie propère, mène en son nom et en notre nom à tous, ce combat de la survie et de l'épanouissement de la langue et de la culture françaises au Canada et dans le monde.

    Cessons de rêver et mettons-nous au travail.


    " »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 11 mai 2008 14h44
    Conquête ou défaite?
    « On est très colonisé pour parler de la conquête de 1760, au lieu de la défaite de 1760.

    Ce sont les Anglais qui ont conquis.

    Ce sont les canayens qui ont été défaits.

    Un Anglais peut parler de conquête.

    Les Québécois devraient parler de défaite.

    C'est une question de lucidité. »

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