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«Des potineux», dit Harper

9 mai 2008  Canada
Ottawa — Les histoires de coeur du ministre des Affaires étrangères, étalées à la une de plusieurs médias hier, ont enflammé les discussions sur la colline parlementaire fédérale. Le premier ministre, qui a évité les débats en s'envolant pour Toronto, a quand même pris la peine de déclarer que l'affaire ne le concernait pas, tout en évitant de mentionner le passé trouble de la jolie ex-conjointe de Maxime Bernier.

«On m'a dit qu'un de mes ministres a une ancienne copine. C'est pas mon affaire. C'est pas l'affaire de M. Duceppe. C'est pas l'affaire de M. Dion. MM. Duceppe et Dion, quel groupe de copains potineux!», a déclaré Stephen Harper, dans les deux langues, avant de tourner les talons sans répondre aux questions.

Ce sont les chefs bloquiste et libéral, Gilles Duceppe et Stéphane Dion, qui ont les premiers crevé l'abcès des rumeurs mercredi en disant tout haut ce que le Tout-Ottawa chuchotait depuis des semaines: la conjointe du ministre des Affaires étrangères, Julie Couillard, a eu il y a neuf ans des relations amoureuses successives avec deux hommes reliés aux Hells Angels. L'un a été assassiné, l'autre est devenu délateur. Mme Couillard n'a pas de casier judiciaire. Au bureau de M. Bernier, où la loi du silence est implacablement appliquée, on se borne à dire que les deux ne se fréquentent plus. Depuis quand? Personne ne veut le dire.

On sait que leur relation a duré au moins sept mois et demi. Le couple a en effet été vu pour la première fois à Rideau Hall le 14 août, puis le 31 mars par un groupe de députés bloquistes dans un restaurant d'Ottawa en compagnie du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, et de son épouse. M. Bernier a présenté à ces députés Mme Couillard comme sa conjointe.

Mme Couillard a aussi accompagné le ministre dans ses fonctions officielles, notamment en octobre lors de son voyage au siège des Nations unies, à New York. Selon ce que rapporte la Presse canadienne, Mme Couillard avait même fait sourciller bien des gens en tentant d'influencer la teneur du discours de M. Bernier concernant la nature de la mission canadienne en Afghanistan.

À la période de questions hier, où les huées et les injures ont tonné chaque fois que le sujet a été soulevé, le leader adjoint libéral Michael Ignatieff a ouvert le bal en déclarant que «le jugement ministériel et la sécurité nationale ne relèvent pas du domaine privé. Ils concernent tout le monde et nous soulèverons ces questions à la Chambre des communes».

Le premier concerné, Maxime Bernier, s'est levé et a fait une déclaration (la seule sur ce sujet). «Jamais je n'aurais cru subir une attaque aussi mesquine et aussi basse de la part des partis de l'opposition. Cela concerne ma vie privée. Cela concerne ma vie privée et le passé de mon ancienne copine, et la vie privée des gens n'est pas de vos affaires», a-t-il dit, récoltant une ovation de ses collègues. Tous ne se sont pas levés, toutefois.

Pas de vérification sur Mme Couillard

Pour le chef bloquiste, il ne fait pas de doute que Maxime Bernier était au courant du passé trouble de sa flamme depuis longtemps, au moins depuis son assermentation à titre de chef de la diplomatie canadienne. Car, a-t-il rappelé à la Chambre des communes, lorsqu'une journaliste de l'hebdomadaire Hill Times a tenté de savoir qui l'accompagnait à Rideau Hall, il a voulu «garder son nom secret».

«Non seulement le ministre des Affaires étrangères était au courant du passé de sa conjointe au moment de son assermentation, mais le Conseil privé, le ministère du premier ministre, aussi. En effet, la journaliste du Hill Times s'est également adressée aux Affaires étrangères, au ministère de l'Industrie et au Conseil privé pour connaître l'identité de l'accompagnatrice du ministre, et partout c'était le même mutisme.»

Il s'agit d'une question à laquelle il est impossible d'obtenir réponse, d'ailleurs. Le gouvernement de Stephen Harper refuse de dire si les relations passées de Julie Couillard lui étaient connues et, si oui, depuis combien de temps.

Au Conseil privé, on affirme que les futurs membres du cabinet subissent une «vérification d'antécédents», mais pas une «enquête de sécurité». Ces dernières, réservées aux fonctionnaires de divers niveaux, consistent notamment à retourner 10 années en arrière pour connaître toutes leurs adresses, les personnes ayant vécu sous le même toit et les conjoints fréquentés. Les vérifications d'antécédents sont beaucoup moins complexes et ne portent que sur le candidat au cabinet et jamais sur son entourage ou son conjoint. On doit donc conclure de ces réponses que personne n'a vérifié si Mme Couillard a encore aujourd'hui des relations avec des membres du crime organisé.

Mme Couillard, 38 ans, a fréquenté Gilles Giguère, un proche de Maurice «Mom» Boucher, assassiné en 1996, à la veille de son procès pour possession de mitraillettes et de 70 livres de hachisch. Elle s'est ensuite mariée à Stéphane Sirois, un membre des Rockers. Le divorce a été prononcé en 1999.

Une question de sécurité

Les partis d'opposition se sont bien défendus de s'intéresser à cette histoire par pur voyeurisme. «Le passé de Mme Couillard, ce qu'elle a fait, la longueur de ses jupes, ça ne m'intéresse pas. La question, c'est de savoir si les vérifications ont été faites et si elle a eu accès à des documents touchant la sécurité nationale du Canada», a expliqué Michael Ignatieff.

Pour Gilles Duceppe, il y a toujours des risques que le ministre ait été soumis à des pressions. «Vous savez, le crime organisé peut faire pression sur des individus, et le nombre d'années [depuis qu'ils connaissent ces individus] compte peu quand ils ont quelque chose en tête.»

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a affirmé sa pleine confiance en son collègue. «Maxime Bernier est un bon ami. Nous avons fait campagne ensemble et nous travaillons ensemble pour le bien du Canada. Les ministres ont droit à leur vie privée et je respecte ça, tout comme j'attache une grande valeur à mon amitié pour M. Bernier», a-t-il dit.

Le rôle du Bloc québécois

Des questions circulaient par ailleurs sur la colline parlementaire quant à la façon dont cette histoire a vu le jour. Selon des rumeurs, le chef bloquiste lui-même avait mis certains journalistes au parfum de la fumante histoire. Le ministre des Transports et lieutenant pour le Québec, Lawrence Cannon, a même demandé à M. Duceppe s'il pouvait «rassurer cette Chambre en disant que lui, personnellement, n'a jamais participé à une conférence téléphonique avec des journalistes et n'a pas proféré de menaces aux mêmes journalistes si ceux-ci n'allaient pas dans le sens de l'histoire dont il parle aujourd'hui». «Je n'ai fait aucune menace à aucun journaliste. Je ne suis pas un conservateur, moi», a répliqué M. Duceppe, du tac au tac.

N'empêche que M. Duceppe s'est fait demander par des journalistes pourquoi, s'il connaissait ces faits depuis longtemps, il ne les a pas dévoilés à la Chambre des communes plus tôt. Il a répondu qu'il n'avait obtenu une information importante que mercredi. Selon nos informations, il s'agit de la date de naissance de Julie Couillard, permettant de la relier à la Julie Couillard apparaissant dans les documents judiciaires.






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  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 07h09
    A quoi sert des élus sans jugement?
    « Ça nous fait une belle tronche d`avoir Bernier et Verner comme délégués au cabinet fédéral. Le Québec perd en crédibilité lorsque ses représentants se comportent comme des cloportes autant Conservateurs que Libéraux. Il faudra s`en occuper lors de la prochaine élection. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 09h30
    Plus blancs que blancs
    « Il est amusant de voir des membres du nouveau parti conservateur est montré du doigt parce que moins blancs que blancs. À qui le tour ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 9 mai 2008 09h31
    Plein de pharisiens
    « Plu ques de potineux, des jaloux, des purs, des pharisiens.

    Pardonnez à ceux qui crucifient et qui ne pardonnent pas...Seigneur...s.v.p., des jaloux que je vous dit. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 10h03
    Des « Grandes Gueules» qui méritent d'être lessivées.
    « Voilà que le profond et creux provincial Duceppe, son criard Paquet et les autres de sa «gang de politicaillerie de ruelle», incapables de crotter davantage le conservateur Bernier qui a eu récemment la franchise et l'audace qui tienne de sa droiture beauceronne, pour franchir les frontières de l'hypocrisie qui entoure la crasse politique afghane, ses passeurs d'armes et revendeurs du pavot lucratif et autres psychotropes partout officieusement pourchassés, voilà que, dans une cacophonie insupportable de petitesse et de bassesse, ce caisson bloquiste et ses picolos bruiteurs s'agitent et s'activent dans la fosse de leur orchestrale mesquinerie, cherchant à y enterrer de leur sale vacarme, le député ministre et à y abasourdir son ex-copine Madame Julie Couillard. Du vrai comportement de faux prêtres et de sépulcres blanchis. Ces saligauds épurateurs et purgatifs sortent d'un oubli récent et nous rappellent ce curé confesseur qui, après avoir libéralement pardonné toutes les fautes des infidèles, est allé mourir dans la cabine d'une danseuse nue, dans une des sacristies montréalaise de l'érotisme où l'on cherche Consolation Ultime & Luxueuse!

    Quant à bec sec Dion, personne ne porte plus attention à ce qui sort de son orifice buccal, enfoncé en «nid de poule» et coincé en «bénitier de sainte nitouche». D'ailleurs personne ne souhaite serrer cette petite patte blanche ayant serré et tenu tant de mains de diabolos qui se sont travestis et qui ont pirouetté dans le cirque du pire Scandale de l'histoire politicrasse du Canada. Quant au puritain empesé et austère pudibond, le guindé Michael Ignatief, qui a le sacré culot d'en appeler du «jugement politique» du député ministre Bernier et de faire un plat avec la «sécurité nationale» qu'une relation intime, privée et «omnibus», s'il en est une, aurait mise en présence d'explosifs, alors que les filets troués d'Immigration Canada ont laissé passer plus de 40 000 illégaux tous azimuts, il importe que soit dit à ce fantoche et fantôme de l'outre tombe libérale, que, dans l'esprit d'un très grand nombre, il est guignol et fait tout simplement office de ridicule épouvantail à fientes des plus mal empaillé. Que Ignatief et Duceppe exposent les bobettes des parcours de leurs intimités, sur la place publique, là où ils semblent vouloir lessiver celles de leur rival conservateur et de son ex-copine, et on en reparlera! C'est ce genre d'insignifiants hébétés grassement payés et qui ont un train de vie de pachas, qui donnent des nausées.

    Très ravis et très nombreux nous le serions, si Madame Julie Couillard poursuivait Duceppe, l'instigateur de cette saloperie de fumant et d'infect potinage, pour basse et sale tentative de diffamation. Comme l'a fait, pour plus de 2M$, l'ancien premier ministre qui engrangeait les grosses enveloppes brunes de son ex-copain Schreiber, l'ex-copine du député ministre Bernier, Madame Julie Couillard, dont la réputation est traînée nationalement dans les boues dont cette grande gueule se fait si aisément un grosse carotte à chiquer, 2M$ serait un accommodement minimalement raisonnable. Dans un tel cas de la diffamation d'un tiers, personne ne peut faire appel aux maffieux protectorats de l'immunité et de l'impunité. Il serait même avenu qu'un omnipotent membre de la capitainerie des Hell's et des Rockers du crime organisé ou de quelque autre chapitre rival du crime institutionnalisé, prenne rendez-vous avec Duceppe et Paquet, avec Dion et Ignatief...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 11h49
    Représentation du Canada aux Affaires étrangères
    « Maintenant les élus deux-de-pique se font substituer à Ottawa. Julie Couillard et Michaëlle Jean, ces non-élues, font un travail de première page que leurs patrons ne peuvent accomplir. Soyons fiers de ces coups fumants du cirque médiatique! Vraiment il y a des jours ou... »

  • Loïc Roussel
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 13h25
    @ Gerry Pagé
    « Sais pas si on a lu le même article. Que Harper s'en lave les mains, c'est pas ce qui va réparer la gaffe de M. Bernier! On a beau dire qu'il y a de beaux et chauds débats autour de l'autonomie ou "autonomisme" québécois, terme qui semble plaisamment plus agraire que le séditieux "indépendance", c'est l'affaire de Couillard qui occupe le devant des manchettes! Jouer cartes sur table, voilà le comble, ce que les tribunes pamphlétaires modernes semblent éviter à fort prix! Mais moi, les chiffons rouges, je laisse ça aux autres. M. Bernier a beau être jaloux de Mme Jean, lui qui n'a sûrement pas d'aussi bons rabais sur Air France. »

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