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Lutte sans merci contre Élections Canada

30 avril 2008  Canada
Ottawa — Les troupes conservatrices de Stephen Harper sont prêtes à tout pour étaler leur présumée innocence dans la gestion de leur publicité électorale, malgré la perquisition effectuée sous escorte policière à leur quartier général. Elles l'ont démontré hier en s'opposant à une motion de confiance envers Élections Canada, le chien de garde du processus électoral au pays. Les conservateurs disent désormais que c'est en la loi électorale qu'ils ont confiance, pas nécessairement en l'organisme indépendant qui l'administre.

Les députés conservateurs ont en effet voté hier soir contre la motion du Bloc québécois par laquelle la Chambre des communes «exprime sa pleine et entière confiance envers Élections Canada et le Commissaire aux élections fédérales». Gouvernement minoritaire oblige, la motion a quand même été adoptée par 152 voix contre 117. Le premier ministre Stephen Harper ne s'est pas présenté au vote. Seuls huit autres conservateurs étaient absents. Tous les autres présents ont aussi voté contre cette motion. Inversement, tous les députés de l'opposition présents ont voté en sa faveur, y compris Bill Cassey, l'ex-conservateur aujourd'hui indépendant, et Paul Martin, l'ex-premier ministre d'ordinaire peu présent à la Chambre des communes.

Toute la journée, les porte-parole du premier ministre ont fait circuler des notes toutes en nuances destinées aux journalistes: «Nous avons confiance en la Loi électorale du Canada». Pas un mot sur la confiance envers le Directeur général des élections, Marc Mayrand, et son enquêteur, le Commissaire aux élections fédérales, William Corbett.

Aucun ministre ne s'est présenté devant les micros pour expliquer la position conservatrice. Seul le député d'arrière-banc ontarien Pierre Poilièvre est venu livrer la parade du jour: cette fois, le Parti conservateur accuse Élections Canada de ne pas avoir respecté ses propres règles en effectuant une perquisition sans avoir au préalable averti le Parti conservateur qu'il recherchait certaines informations. «Si Élections Canada n'est pas capable de respecter son propre guide, peut-être aura-t-il de la difficulté à faire respecter les règles par les partis politiques», a lancé M. Poilièvre. Il n'a pas rappelé que les 18 entrevues prévues entre Élections Canada et des candidats impliqués dans le stratagème ont toutes été annulées ou encore que le mandat de perquisition avait été avalisé par un juge de la Cour supérieure de l'Ontario.

Lawrence Cannon, ministre des Transports et lieutenant conservateur au Québec, a livré le discours-phare du gouvernement sur le sujet. La très grande majorité de son allocution a porté sur ce qu'il considère comme l'inutilité du Bloc québécois à la Chambre des communes. Seules quelques phrases portaient sur le véritable sujet.

«Bien sûr que notre gouvernement a confiance dans l'institution démocratique fondamentale que constitue Élections-Canada», a assuré M. Cannon. Mais, a-t-il immédiatement ajouté, «nous contestons sa récente interprétation de la légitimité de certaines dépenses électorales et la façon outrancière avec laquelle on a traité notre parti».

Les partis d'opposition étaient choqués de cette position du gouvernement, y voyant un précédent dangereux pour la démocratie canadienne. «C'est peu édifiant, a déclaré le chef bloquiste, Gilles Duceppe. Voilà un gouvernement qui dit clairement qu'il n'a pas confiance dans un organisme indépendant qui est au coeur même du système démocratique canadien.»

En Chambre, pendant le débat, un député conservateur a demandé si Élections Canada était infaillible. Cette idée a fait bondir le libéral Michael Ignatieff. «On peut avoir confiance en Élections Canada sans affirmer pour autant que c'est infaillible. C'est une question de respect des institutions. [...] La Cour suprême n'est pas infaillible, mais mon Dieu! C'est la Cour suprême!»

Selon le chef du NPD, Jack Layton, «les Canadiens devraient être inquiets de ce que leur gouvernement n'est même pas prêt à accorder sa confiance à Élections Canada, qui est l'organisme qui gère nos élections. Cela trahit une certaine arrogance à laquelle les Canadiens s'habituent de la part de Stephen Harper.»

Les conservateurs sont prêts à tout pour se défendre dans ce dossier. Par exemple, le député conservateur Christian Paradis (Mégantic-L'Érable) a soutenu à la Chambre des communes que les journalistes et le Parti libéral avaient été informés d'avance qu'une perquisition se tramait au quartier général conservateur et qu'ils se seraient présentés sur les lieux avant l'arrivée de la GRC. Le bureau de M. Paradis n'a pas voulu dire sur quelles bases s'appuyait une telle affirmation.

Les journalistes de Radio-Canada ayant les premiers annoncé la nouvelle affirment au contraire qu'ils sont arrivés sur les lieux alors que la saisie battait son plein. L'employé libéral muni d'une caméra s'est présenté par la suite. Notons par ailleurs que les bureaux du Parti conservateur sont situés dans un grand édifice du centre-ville d'Ottawa abritant plusieurs autres enseignes. Il est possible que des employés aient eu vent de la présence policière et aient alerté des connaissances.

Pour Michael Ignatieff, les propos de M. Paradis sous-entendent qu'Élections Canada a alerté les libéraux et les journalistes, ce qui non seulement est «archi-faux», mais constitue un autre manque de respect, à son avis, envers l'institution.

Le Parti conservateur est soupçonné d'avoir imaginé un système par lequel il faisait circuler de l'argent entre sa caisse électorale et celle de ses candidats pour donner l'impression que c'étaient ces derniers qui achetaient de la publicité. En imputant ainsi certaines dépenses à 67 de ses candidats, le PC a pu dépenser 1,1 million de dollars de plus que ce qui est permis par la loi, tout en fournissant à ses candidats des factures leur permettant de réclamer auprès d'Élections Canada des remboursements auxquels ils n'avaient pas droit.






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  • Jasette
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 04h26
    Vendeur dimages électorales, les troupes conservatrices cachent-elles un ver dans la pomme?
    « C'est vraiment laid de voir l'attitude des troupes conservateurs dans ce dossier. Pour faire une caricature, en voulant se montrer plus blanc que blanc, vu de l'extérieur, on dirait les Bougons en train de patauger dans la magouille. La démocratie est sur la sellette et les troupes conservatrices partisanes avant tout semblent l'oublier. »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 08h13
    Quand on en aura vraiment assez...
    « Quand la population en aura vraiment assez de ce traitement cavalier d'un parti politique, j'espère qu'elle le signifiera haut et fort auprès de ses élus actuels pour que ceux-ci aient enfin le courage de le renverser... en souhaitant que ce soit au plus tôt, car ce n'est pas un très bon reflet sur nous! »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 08h39
    Pas d'imagition de la part du PC
    « Au risque d'en décevoir plusieurs, il ne faut pas donner trop le crédit de l'invention au Conservateur pour leurs petits jeux de caisse électorale. Le crédit, s'il y en a un, revient à Gilles Duceppe et au Bloc. Oui, c'est bien eux les défendeurs de la vierge offensée qui les premier se sont fait exposé pour s'être servit de cette zone grise dans la loi.
    En, 2003 le Bloc a poursuivit et gagné leur procès contre un de leur candidat, M Jean-Paul Marchand. La raison ? M Marchand n'avait pas dépensé assez pour sa campagne. Chaque candidat doit signer un document qui l'oblige à dépenser $66,000 à l'époque. Ceci pour s'assurer que le Bloc reçoive le maximum par la loi du retour sur les dépenses. Et ce contrat stipule que si le candidat ne rencontre pas ses obligations, il devra payer de sa poche le manque à gagner au Bloc. Comme M. Marchand n'a dépensé que $22,276, le juge Bernard Godbout de la cour Supérieur du Québec a ordonné ce dernier à payer $16,362. Citant que ce contrat n'était pas contre l'ordre publique, même si Election Canada en condamnait la pratique. Aussi pour éviter au candidat de se trouver dans la même situation la haute gomme du parti a suggéré la méthode appelé "La Méthode In & Out". C'est alors que des milliers d'organisateur, partisans et candidats on contribué à augmenter les dépenses. Soit en payant des gens qui sont habituellement des volontaires, en les payant pour l'usage de la maison et toute une panoplie de dépense qui normalement ne sont pas remboursé. En retour ces gens, faisait une contribution du même montant au parti. Et le bloc recevait des deniers publique 50% de ces sommes en plus.
    Une pratique pas illégale, mais on peu dire pour un peu douteuse pour un parti qui se prétend celui des simple gens....... Ou des gens simple !

    C'est drôle, une recherche sur internet montre qu'aucun média francophone, même pas le Devoir, n'a rapporté ces fait....mmmm les journalistes......... »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 09h23
    Des menteurs, des voleurs, des assassins...
    « Petit à petit, ce gouvernement tue la démocratie, l'étouffe dans sa folie partisane et son idéologie de droite radicale. Un rouleau compresseur poussé par des députés mythomanes au moeurs politique douteuse, où le mensonge est érigé en système de communication à l'aide d'une partie de La Presse complaisante...

    Les québécois, toujours cocus contents et heureux d'être enculés se massent, apparemment, derrière cette figure pater, nostalgiques du Cheuf jusque dans leur adn de colonisés...

    Comme le disait Elvis un peu prémonitoire : "enwaye taase toué à drette... plusse à drette"

    Jamais il n'aurait cru si bien dire... »

  • Jean-Pierre Aubry
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 09h39
    Agir avec prudence et dans respect de nos institutions démocratiques
    « Je pense que le Parti conservateur aurait dû tout simplement vérifier avec Élections Canada s'il cautionnait différentes pratiques touchant à la répartition des sommes alloués à la publicité lors des dernières élections avant de faire leur propres choix.

    En ne faisant pas cette vérification et en se lançant tête baissée avec leur propre interprétation, le Parti conservateur a montré un manque de respect envers la loi, les règlements et les institutions qui font en sorte que l'élection d'un gouvernement fédéral soit faite le plus démocratiquement possible.



    Jean-Pierre Aubry »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 09h44
    La désolation...
    « Les faits parlent d'eux-mêmes. Les conservateurs ne méritent plus de gouverner, mais les libéraux attendent... Tout cela est bien désolant pour la vie démocratique. »

  • Roger Dion
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 10h12
    Seul Harper a le pas
    « Les conservateurs et HARPER, seul eux ont le pas,/ comme la mère qui voit son fil dans la parade/seul lui avait le pas.
    Le président d élection CANADA, nommé par ce premier ministre, qui doit ètre neutre, HARPER ne lui fait meme pas confiance, faut ètre réellement rendu comme/ BUSH SON GRAND AMI ET MENTOR/ seul lui disait la vérité ,nous voyons quel beau désastre qu il a fait aux ÉTATS UNIS.
    Tous les institutions du fédéral ont étés contestés par HARPER, / le sénat, les juges de la cour suprême, élections canada, les journalistes etc, seul HARPER dit vrai comme son AMI BUSH.
    Il serait peut ètre, le temps d arrêter ce gouvernement, avant qu il soit trop tard.
    ROGER MONTREAL »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 10h13
    Merci à Duceppe et au Bloc
    « Pourquoi ne pas dire merci à Duceppe qui représent très bien les électeurs québécois dans cette affaire. Les Conservateurs se sont retrouvés coincés entre l`arbre et l`écorce grace au Bloc. Belle démonstration des compromissions que les gouvernements canadiens nous font subir depuis trop longtemps. Depuis la crise des commandites nous découvrons que les partis au pouvoir improvisent des règles du jeu de dessous de table. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mercredi 30 avril 2008 11h33
    Ce n'est pas le Bloc Québécois monsieur Archambault qui est poursuivi, mais bien le PC
    « Monsieur Archambault,loin de moi l'idée de discréditer vos propos ou cautionner un comportement semblable de la part d'aucun parti politique...Mais,
    En attendant, seul l'arrogant PC du Canada est poursuivi, il n'est question d'aucun des autres partis...HEUREUSEMENT que les conservateurs sont minoritaires!
    Je crois que si l'un des autres partis avait été fautif, il y a longtemps que le parti Conservateur se ferait un plaisir de les inculper...pour diluer leurs fautes, comme c'est souvent le cas déplorable en politique... Le style
    * REGARDEZ, IL L'A BIEN FAIT LUI!*
    De plus, je tiens à ajouter que Le Devoir fait souvent preuve d'objectivité...et ne cautionne pas aveuglément tout ce qui est souverainiste. Il n'a aucune leçon d'objectivité à recevoir de ses rivaux! Je dois dire cependant que tout comme vous je me questionne sur les pouvoirs des médias, surtout les abus de pouvoir que nous nous devons de dénoncer. Pour ce qui est du cas présent,lorsqu'il n'y a aucune réplique c'est qu'il n'y a rien à se mettre sous la dent...sinon le parti conservateur aurait déjà trouvé motif à inculpation...et diversions.
    Je conçois que c'est de la petite politique, une autre manière de mettre les projecteurs sur autrui lorsqu'on est à court d'arguments ET SURTOUT DE TRANSPARENCE. »

  • Claude Tardif
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 11h46
    Joyeuses perspectives
    « Il y a quelques années, sentant le scandale des commandites
    lui chauffer le derrière, Jean Chrétien retournait sa veste,
    pour annoncer que le Canada respecterait le protocole de Kyoto
    et refuserait de participer à la guerre en Irak. Nos gouvernements
    ne deviennent-ils pas meilleurs quand le scandale les talonne? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 15h26
    À Mde Dubé
    « Oui c'est le PC qui est maintenant accusé, mais ce que je démontrais c'est que ces tactiques douteuses, déploré par Election Canada, ont été employé par le bloc de par le passé. Et qu'un juge de la cour supérieur du Québec ne les a pas trouvés illégale. Ce qu'aucun média ne rapporte. Il y a peu être autre chose dans ce cas, mais, si ce n'est que la même faute, alors il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
    P.S. Je ne suis pas un partisan du PC, tout ce que je suis, comme plusieurs le reconnaissent, c'est un fan de la Marois. »

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