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Sourd à l'injustice

Manon Cornellier   30 avril 2008  Canada
Des juristes de partout dans le monde ont pris sa défense. De plus en plus de Canadiens croient qu'il doit être jugé au Canada. Des libéraux, dont Bill Graham, l'ancien ministre des Affaires étrangères, regrettent ouvertement de ne pas en avoir fait davantage pour lui lorsqu'ils étaient au pouvoir. Le gouvernement de Stephen Harper, lui, ne veut rien entendre. S'il n'en tient qu'à lui, Omar Khadr, ce jeune Ontarien coincé à Guantanamo Bay, peut bien y rester, être traité comme un combattant adulte et subir un procès devant un de ces tribunaux fantoches que sont les commissions militaires.

Pour la première fois depuis qu'on lui a confié la défense d'Omar Khadr, l'avocat militaire américain William Kuebler a pu plaider hier en faveur du rapatriement de son client devant des parlementaires canadiens. Le secrétaire d'État au multiculturalisme, Jason Kenney, qui participait à la rencontre du comité, n'a pas été ébranlé. Il refuse toujours de considérer Khadr comme un enfant soldat, d'envisager de le ramener au Canada pour y être jugé ou encore de critiquer, ne serait-ce que du bout des lèvres, le système des commissions militaires mises sur pied par le gouvernement Bush.

Omar Khadr, qui est né au Canada, a été transplanté en Afghanistan au début de son adolescence par un père farouche partisan d'al-Qaïda. Endoctriné, forcé de participer à des camps d'entraînement, le jeune Khadr s'est retrouvé sur la ligne de front lors de la guerre qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. Il n'avait alors que 15 ans.

***

Son statut d'enfant soldat ne fait aucun doute aux yeux des experts internationaux, ce qui suppose qu'il ne soit ni traité ni jugé comme un adulte. Ce que Jason Kenney retient, lui, c'est que Khadr a maintenant 21 ans et que le «protocole optionnel» touchant les enfants soldats n'interdit pas de les juger pour des crimes commis à partir de l'âge de 15 ans. Il omet de mentionner que le processus doit viser la réhabilitation.

Quant à rapatrier Khadr pour le juger au pays, Jason Kenney ne veut pas en discuter. Il fait écho à Stephen Harper qui a déclaré en décembre que «M. Khadr est accusé de crimes extrêmement graves. [...] Il n'est accusé de rien au Canada. Il n'y a aucune base, selon ce que je comprends, sur laquelle on pourrait le détenir ou le juger ici.»

Pour Errol Mendès, spécialiste en droit international, le gouvernement prend la question à l'envers. Il faut d'abord évaluer la preuve avant de se demander si des accusations peuvent être portées en vertu du droit canadien. Il est persuadé que les conservateurs présentent les choses sous cet angle pour «pouvoir s'en laver les mains».

Tous les pays occidentaux ont négocié avec succès le rapatriement de leurs ressortissants — tous adultes — détenus à Guantanamo. Khadr est le seul citoyen d'un pays industrialisé à y être encore. Dans le cas de la Grande-Bretagne, on n'a pas promis la lune. Comme le suggère M. Mendès, on s'est engagé à porter des accusations en vertu du droit britannique mais seulement si la preuve le justifiait. On l'a revue et personne n'a été traduit en justice.

***

Khadr fait face à plusieurs accusations liées à des actes accomplis en Afghanistan, mais la plus grave est celle d'avoir tué un soldat. S'il est reconnu coupable, il est passible de la prison à perpétuité. Dès 2002, les autorités américaines ont cherché à faire un exemple du jeune Khadr, mais leur cause a été ébranlée avec le début du dévoilement de la preuve cet hiver. On a appris que personne n'avait vu Khadr lancer la grenade fatidique, qu'il n'était pas le seul combattant ennemi sur les lieux, que lui-même s'était fait tirer à deux reprises dans le dos.

William Kuebler est catégorique. La preuve présentée à l'appui de l'accusation de meurtre ne tient pas la route. Elle ne résisterait pas à l'examen dans le cadre d'un processus judiciaire normal. «Les commissions militaires ont été conçues de manière à aboutir à des condamnations sur la base de preuves [...] qui ne répondent pas aux normes traditionnelles de fiabilité exigées dans une poursuite criminelle normale ou même devant une cour martiale.» L'avocat ne se fait pas d'illusion sur ce qui attend Khadr si le Canada ne fait rien. «Je crois qu'il sera probablement reconnu coupable de meurtre par la commission militaire, et ça, pour avoir tout au plus survécu.»

Jason Kenney, lui, refuse de se prononcer sur la valeur des commissions, disant simplement suivre «le procès auquel [Khadr] fait face aux États-Unis». Il omet de dire que les commissions militaires siègent à Guantanamo (Cuba), car elles ne seraient pas permises en territoire américain. Quand Guantanamo fermera, ce que promettent tous les candidats à la présidence américaine, les commissions subiront le même sort. Que feront les conservateurs alors avec Khadr?

***

Tous les avocats de Khadr, Kuebler inclus, sont convaincus que le grand handicap de leur client est son appartenance à une famille proche d'Ossama ben Laden. Les États-Unis l'ont tout de suite traité comme un adulte et interrogé dans l'espoir de lui soutirer des informations sur sa famille. Or, selon Kuebler, l'expérience a montré que le traitement réservé à un détenu de Guantanamo et sa sortie éventuelle dépendent beaucoup de la volonté de son pays de se porter à sa défense.

Omar Khadr n'en a pas bénéficié et a payé très cher pour son passé. Âgé de 21 ans, il a passé plus du quart de son existence dans ce camp contesté, privé des programmes offerts aux autres détenus mineurs.

Aveuglés par leur sympathie pour George W. Bush, leur obsession sécuritaire mais aussi leur antipathie à l'endroit de la famille Khadr, les conservateurs refusent de voir ou d'admettre l'iniquité. Mais, comme on l'a vu dans la décision de ne plus intervenir systématiquement en faveur de Canadiens condamnés à mort à l'étranger, l'assistance du Canada n'est plus guidée par des principes mais par la tête de l'intéressé... ou son nom. Peu importe l'injustice qui se perpétue.

mcornellier@ledevoir.com






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  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 05h00
    Une injustice dont je me rappellerai
    « J'ai maintenant 57 ans et je me rappellerai toujours que les gouvernements libéraux se sont à jamais interdit de véritablement rendre des comptes à la population sur son application de la Loi des mesures de guerre en 1970...et de s'excuser.

    Je me rappellerai tout autant le souci d'injustice manifesté par le gouvernement actuel envers ce jeune canadien séquestré à Guantanamo par le gouvernement américain. Pourtant, d'autres gouvernements, aussi proches des américains, y ont vu l'injustice, pas le nôtre...et dans leurs cas, il s'agissait d'adultes, pas d'un enfant.

    À mon avis, dans l'esprit du gouvernement Harpel, ce cas d'enfant soldat met en jeu plusieurs soucis existentiels. D'abord, le souci d'appliquer ici, à l'égard de nos propres enfants, l'ancestrale vieille et désuète loi religieuse et sociale, faussement préventive et inéquitable, du "oeuil pour oeil, dent pour dent". Ensuite, le souci de leur montrer qu'ils peuvent réellement maintenant tout nous demander. »

  • André Chevalier
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 05h33
    À bas les conservateurs !
    « Une preuve de plus que si jamais les conservateurs détenaient une majorité absolue, méprisant les droits humains fondamentaux comme ici ainsi que les lois du pays comme pour les élections, ils constitueraient une menace pour l'avenir de la démocratie du pays.
    Il faut réagir fermement devant un tel étalage de mauvaise foi et renverser ce gouvernement au plus vite ! Il serait temps que les libéraux cessent d'être défaitistes et laissent de côté leur stratégie électorale. Mais pour ça, il faudraitremplacer Dion. »

  • Jean Racine
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 08h01
    Et les FARC
    « Il ya a d`intéressantes constations à faire entre cette administration Bush et les FARC de Colomvbi..... »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 08h49
    Bien de la sympathie pour ce jeune
    « Coupable ou innocent ? Je ne le sais pas. Son père était un terroriste, cela ne fait pas de lui un terroriste, d'accord. Mais une question, que faisait un jeune canadien là-bas au milieu des terroristes. C'est assez pour mettre un grand doute.

    Ce que je dis par contre, et cela ne s'applique pas tout à fait à ce cas, c'est quand quelqu'un a la double citoyenneté, et qu'il est dans le trouble dans le pays de sa deuxième citoyenneté, ce n'est pas au Canada de s'en mêler ou de lui venir en aide à tout prix. La citoyenneté canadienne ne doit pas servir comme une assurance voyage dans le pays d'origine des gens à double citoyenneté. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 30 avril 2008 09h10
    Choix cornéliens
    « On n'est pas surpris de l'attitude de M. Harper un minus de Bush qui gagne en popularité au Québec malgré son penchant pour polluer le Canada avec les pétrolières de l'ouest et pour faire la guerre avec son idole, W. Bush.

    Face à lui, on a l'autre Stéphane, le francophone, Dion qui confronte les nationalistes québécois pour se faire des votes au Canada anglais comme ses dignes prédécesseurs, Trudeau et Chrétien.

    Il y a aussi le Bloc qui n'en mène plus très large et le NPD qui remonte un peu. Bonne chance Québec ! »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 10h03
    Facile et simpliste, peut-être?
    « Votre dernier paragraphe comporte des accusations graves qui s'apparentent à un procès d'intention, sans plus. Si la situation tragique de Omar Khadr est aussi simple que celle que vous tentez de démontrer ou dont vous tentez de nous persuader, ce n'est certes pas le lectorat du Devoir.com qu'il faut chercher à convertir à vos croyances et soumettre à cet exposé de votre virtuel endoctrinement.

    Qu'attendez-vous alors pour faire pression sur les clans de l'Opéra bouffe où s'amusent les improvisateurs de l'Opposition majoritaire, à la Chambre des communes? À l'instar de l'unanimité plurielle dont la confiance aveugle et opportuniste à l'endroit du PDG d'Élection Canada a fait l'objet, pourquoi n'invitez-vous pas plutôt l'Union des Oppositions Fédérales à présenter une motion ayant le fort de l'unanimité électoraliste et la force de la solidarité partisane et anti-conservatrice, afin d'infléchir les Conservateurs et de forcer l'actuel gouvernement canadien à rapatrier Monsieur Khadr, ce pauvre enfant guérilléro, devenu adolescent carabinier, ayant été victime d'un paternel terroriste, ayant été éduqué et formé par les soldats d'Al Qaeda et tous les fous d'Allah? Votre excès de maternitude subite et à contre-courant, dans ce cas, étonne autant qu'il questionne.

    Pour un occidental froussard, votre formule et vos conclusions vont dans le sens d'une interprétation grosse et très sommaire de l'intégrisme musulman, du double langage du Coran, de la foi aveugle de ces fervents intégristes ainsi que des croyances singulières de tous ces adeptes des folies du fondamentalisme d'Allah, en regard de l'épuration des infidèles impérialistes et des impies colonialistes et des impurs capitalistes. S'il s'agit des capitaux des omnipotents Émirs du Moyen-Orient, ça va toujours... Quant à ceux des Conglomérats états-uniens, rien ne va plus ...

    Pour une journaliste de votre calibre, faire appel à autant de sensiblerie pour ramener et materner l'enfant machette et possiblement l'adolescent tueur, devant les caméras anti-états-uniennes, anti-Bush et par voie de conséquence, anti-Harper, c'est, me semble-t-il, à première vue comme au second regard, une façon à la fois simpliste et potentiellement charriée pour ne pas dire malicieusement tordue, de réduire à sa plus simple expression, une situation fort complexe qui n'est pas que judiciaire. Cette «Affaire Khadr», d'ailleurs, est tellement complexe, que quatre sommités en droit ont donné quatre interprétations qui diffèrent sérieusement et qui, à plus d'un égard, sont diamétralement opposées.

    Du même souffle, auriez préconisé que l'on accueille avec toute la chaleur du laxisme canadien et que l'on fasse preuve de compréhension accommodante à l'égard du pakistanais débarqué à Toronto et à qui le Haut Commissariat du Canada à Londres avait niaisement (erreur administrative) remis un visa de résidence canadienne, si temporaire fut-il? Dans ce cas, nos fonctionnaires chargés de la sécurité, ont-ils agi comme des agents d'un État policier et de sécurité maximale plutôt que des agents d'un État de droit et de libertés? De quoi est donc faite la zone grise, dite «molle», en matière de la prévention efficace de la criminalité et de la dangerosité? Du bunker de la presse barricadée, que faites-vous donc des messages terroristes non équivoques qui ciblent les canadiens, les Québécois y compris?

    Du même souffle, si les Commissions militaires sont des appendices d'occasion, potentiellement autoritaires et arbitraires qui, au surplus, pratiquent le terrorisme à rebours, laisse-t-on entendre, que pensez-vous donc des Commissions religionnaires pénitentiaires, des Commissions auxiliaires dispensaires, des Commissions judiciaires sommaires, des Commissions policières lapidaires, des «Commissions minoritaires des grabataires de notre Gouvernement de thuriféraires provinciaux très ordinaires» qui, ces dernière notamment et leurs substituts politiques Sous Commissionnaires, ne vivent que de diktats qui, jusqu'à ce jour d'avril 2008, ne semble mener la Nation du Québec nulle part ailleurs que sur les tablettes de l'attentisme et l'inaction et de l'inanition?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • huguette gagnon
    Abonnée
    mercredi 30 avril 2008 10h33
    Écrire à M. Harper (action de Amnistie internationale)
    « Nous devons tout faire pour qu'une telle injustice ne se produise pas!!! Je vous invite à signer la pétition de Amnistie internationale (demande de rapatriement au Canada de Omar Khar)que l'on retrouve au lien suivant https://www.amnistie.ca/outils/actions/index.php?ActionID=9

    Huguette Gagnon »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 10h51
    Who cares?
    « Il a quitté le Canada au début de l'adolescence à l'âge où Joseph Facal, Michaelle Jean et Isabelle Maréchal arrivaient au Québec. Est-ce qu'on dit aujourd'hui que Facal est uruguayen? Jean haitienne? Maréchal française?
    Si Facal était dans le pétrin aujourd'hui, est-ce qu'il clamerait sa nationalité uruguayenne?

    C'est toujours la même histoire. Ils quittent le Canada pour retourner dans leur pays (remember les Libanais il y a deux ans) et une fois qu'ils sont dans la merde, ils crient: "Hey, I am Canadian".

    En plus, ses parents n'étaient pas canadiens et son frère a couté une petite fortune à soigner.

    Basta. Y hasta la vista. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 11h04
    Leçons...
    « Il n'est pas étonnant que les Conservateurs soient rébarbatifs à la famille Khadr; le Canada anglais en entier l'est probablement, suite à la diffusion par la CBC d'une entrevue avec sa mère et sa soeurs qui, voilées, vantaient les mérites de ben Laden et glorifiaient le terrorisme fanatique islamique. Mais là n'est pas la question. Objectivement, il est ironique de voir les critiques ici du régime des USA alors que ces derniers se disent des parangons de démocratie et qu'ils veulent l'exporter à travers le monde, particulièrement en Irak et en Afghanistan... avec la complicité de plusieurs pays occidentaux et, dans le cas de l'Afghanistan, du Canada! Deux poids, deux mesures! Si c'est le genre de démocratie qu'on veut exporter à l'étranger, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait de la résistance.

    Il n'est donc pas surprenant de voir l'hésitation des Conservateurs de se mêler de cette histoire. Çà pourrait être interprété comme une condamnation du régime Bush et du système judiciaire mis sur pied pour soit-disant « combattre le terrorisme ». Ici aussi on a vu des lois dites « anti-terroristes » alors que notre système judiciaire pénal et le Code criminel étaient amplement suffisants pour traiter de ce genre de crimes. Le Canada a moins dérapé que les USA mais il a dérapé quand même et il est mal placé pour blâmer ses amis et complices. D'ailleurs le Canada a lui-même ses propres exemples d'abus: le traitement de centaines de Québécois détenus à l'automne 1970 sous le régime des mesures de guerre de Trudeau le « Liberal ». Qu'aujourd'hui les « Liberals » aient des regrets de ne pas s'être occupés de Khadr est risible et sent les larmes de crocodiles électoralistes. »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 16h05
    La bétise
    « Après avoir lu l'ensemble des commentaires sur cet article, je me rends compte que la bêtise, l'ignorance et la méchanceté sont l'apanage de la majorité des intervenants. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 19h51
    Que fait l'opposition ?
    « Avant de signer une pétition pour rapatrier ce malheureux j'aimerais que le Bloc sorte de son chapeau une autre résolution, du genre de celle qui a piégé les Conservateurs avec le DGE, pour les menacer d'aller en élection s'ils ne rapatrient pas ce jeune homme. Ainsi nous verrons la magnificence du "plus meilleur pays au monde" !

    Claude L'Heureux, Québec

    P.S.: j'ai de la misère à croire que les réactions de certains sont celles de lecteurs du Devoir. »

  • David Leclerc
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 20h42
    Suggestion de lecture
    « Je suggère la lecture de The Shock Doctrine de Naomi Klein pour une réflexion sur la l'utilité de la torture utilisée à Guantanamo (le deuxième chapitre surtout). En résumé, on pourrait dire que la torture n'a pour seuls buts que torture et terreur.

    Peu importe les fautes de ce pauvre type, il doit être sorti de ce ce trou. Guantanamo devrait être fermé de toute façon. »

  • Marjolaine Beausoleil
    Inscrite
    jeudi 1 mai 2008 05h06
    accent
    « C`est domage pour lui d`être tomber dans les pattes de révolutionnaires surtout si c`est son père mais aujourd`hui à l`heure ou l`on se parle je crois que toutes les énegies doivent se diriger vers une crise déjà existente pour l`ensemble dela population. Nos voisins ont faim. Penez note que se sera vos voisin bientot. Laissez nous tranquile avec des cas de ce genre. Marjolaine1007@hotmail.com »

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