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Écologistes et experts partagent les mêmes appréhensions - Guerre de l'eau en perspective

La Presse canadienne   24 avril 2008  Canada
Le lac Supérieur près de Sault-Sainte-Marie. Le réchauffement climatique ne fera qu’accroître l’intérêt des «États secs» pour l’eau des Grands Lacs, croient tant les écologistes que les experts des agences gouvernementales. Croire à une
Photo : La Presse canadienne (photo)
Le lac Supérieur près de Sault-Sainte-Marie. Le réchauffement climatique ne fera qu’accroître l’intérêt des «États secs» pour l’eau des Grands Lacs, croient tant les écologistes que les experts des agences gouvernementales. Croire à une
Toronto — Les États américains les moins irrigués pourraient déclencher une «guerre de l'eau» afin d'accéder aux ressources hydrauliques des Grands Lacs.

Cette préoccupation est — une fois n'est pas coutume — partagée à la fois par les environnementalistes et par les experts des agences gouvernementales.

Réunis hier à Toronto dans le cadre de la Conférence des Grands Lacs, des représentants d'Environnement Canada et de l'Environmental Protection Agency (EPA, États-Unis) ont en effet estimé qu'un tel scénario était tout à fait envisageable.

Selon Linda Mortsch, chercheuse à Environnement Canada, les effets du changement climatique aggraveront immanquablement la situation des États qui manquent actuellement d'eau.

Et la réputation de richesse hydraulique des États et des provinces limitrophes des Grands Lacs en fera des cibles toutes désignées pour les revendications des «États secs».

Milton Clark, conseiller principal en santé et en sciences à l'EPA, estime lui aussi que les questions qui émergent aujourd'hui sur l'approvisionnement en eau pourraient dégénérer en conflits dans un futur proche, lorsque ces États se trouveront acculés.

«Nous nous dirigeons vers des guerres de l'eau de grande envergure, pense-t-il. Vous verrez ces guerres venir de partout et prendre toutes les formes.»

M. Clark signale que des politiciens américains suggèrent d'ores et déjà que les ressources des Grands Lacs devraient être partagées avec ces «États secs».

«Aux États-Unis, certains chefs politiques ont déclaré que les Grands Lacs appartiennent en fait à tout le monde et que l'eau devrait être nationalisée», a-t-il indiqué.

Lee Fisher, le vice-gouverneur de l'Ohio, a récemment fait sensation en affirmant, lors d'un congrès économique, qu'il ne se passera pas dix ans avant que la région des Grands Lacs commence à vendre de l'eau à ses voisins du Sud.

Cette déclaration a causé un tel émoi auprès de la population des Grands Lacs que M. Fisher a dû clarifier ses propos, allant même jusqu'à invoquer un lapsus.

Il faut dire que l'analyse de M. Fisher contredit la politique de plusieurs États et provinces limitrophes des lacs.

L'Ontario et le Québec ont, en effet, signé un accord interdisant le transfert massif d'eau depuis les Grands Lacs vers d'autres juridictions. Les deux États attendent que leurs partenaires — et le Congrès des États-Unis — les rejoignent.

Le Minnesota, New York, l'Indiana et l'Illinois se sont engagés à le faire, mais le Michigan, le Wisconsin, l'Ohio et la Pennsylvanie ne se sont pas encore engagés.






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