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Congrès du PC: la Constitution au menu

Alec Castonguay   9 avril 2008  Canada
Ottawa — Le ministre Jean-Pierre Blackburn n'est pas le seul conservateur québécois à vouloir ouvrir la Constitution pour y ramener le Québec. Même si le gouvernement Harper ne veut pas en entendre parler, cet épineux débat devrait refaire surface au congrès d'orientation du Parti conservateur, qui aura lieu cet automne à Winnipeg, a appris Le Devoir. Les militants conservateurs du Québec ont aussi l'intention de rappeler au gouvernement Harper sa promesse d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, ce qui n'a toujours pas été fait. imposer des limites «explicites» à l'utilisation du pouvoir fédéral de dépenser pour des «nouveaux programmes à frais partagés dans les compétences exclusives des provinces». Le gouvernement du Québec avait alors rejeté du revers de la main cette proposition, puisque des nouveaux programmes à frais partagés, ça n'existe pratiquement plus. Depuis cette fin de non-recevoir, Ottawa n'a jamais déposé son projet de loi.

Le Parti conservateur a confirmé hier en fin de journée que le moment est venu de réunir ses militants pour un congrès d'orientation, un rassemblement qui permet de définir les priorités du parti. L'événement, qui doit réunir près de 3000 militants de partout au pays, se tiendra à Winnipeg, du 13 au 15 novembre. C'est la première fois que le Parti conservateur (PC) tiendra un tel rendez-vous depuis qu'il a pris le pouvoir. Le dernier congrès avait eu lieu en mars 2005 à Montréal. Ce brassage d'idées sera le bienvenu, estiment plusieurs sources conservatrices, puisque le menu législatif est plutôt mince à Ottawa. Le gouvernement a besoin de nouvelles idées, lui qui n'avait pas prévu de rester au pouvoir aussi longtemps. Ce congrès pourrait servir à relancer la machine gouvernementale advenant que le PC soit contraint de rester au pouvoir jusqu'en octobre 2009.

Dans ce remue-méninges, les militants conservateurs du Québec ont bien l'intention de se faire entendre. Les associations de comtés mettent actuellement la touche finale aux propositions qu'ils veulent voir débattre au congrès. Certaines ont déjà été envoyées au Conseil national, l'instance qui dirige le Parti conservateur. Des militants influents du parti, ainsi que des membres du caucus, ont l'intention dans les prochains mois d'orchestrer une stratégie pour être certains que la voix du Québec porte lors du congrès. «On va faire des rencontres au préalable pour déterminer certains éléments à défendre à Winnipeg», explique au Devoir le sénateur conservateur Pierre Claude Nolin, une figure de proue du parti au Québec.

Le débat amorcé par le ministre Jean-Pierre Blackburn la semaine dernière pourrait bien trouver un écho lors du congrès. M. Blackburn avait soutenu au Globe and Mail que le temps était peut-être venu de «mettre de la chair autour de l'os» de la reconnaissance du Québec comme nation et que l'un des moyens envisagés est d'inscrire la motion parlementaire dans la Constitution. Mais pour y arriver, le Parti conservateur devrait être majoritaire aux Communes, avait-il précisé.

Selon Pierre Claude Nolin, la place du Québec dans le Canada est un débat important qui a toutes les chances de surgir à Winnipeg. «On ne peut pas ignorer que le Québec ne fait pas partie de la famille constitutionnelle. Même si les tribunaux n'en font pas un grand cas, la réalité, c'est que le Québec n'est pas là. On n'arrêtera pas d'en faire un objectif», dit-il.

Selon lui, les militants québécois, composés largement de nationalistes francophones, ne doivent pas s'empêcher de «réclamer que le Québec fasse partie de la Constitution». Il faut toutefois trouver une manière d'y arriver, précise-t-il. «Le but n'est pas de s'enfarger en tentant de s'y rendre. On ne peut pas casser la baraque. Il y a un processus à suivre et il faut le faire dans le respect du Canada», dit M. Nolin. Plusieurs militants conservateurs, qui ont requis l'anonymat, ont dit partager le point de vue du sénateur.

Reste à voir comment une résolution en ce sens provenant des militants du Québec serait écrite en vue du congrès. Un texte revendicateur pourrait être reçu froidement par les militants du reste du pays, alors qu'une résolution sans fracas — et sans conséquence, disent certains — aurait plus de chances de passer la rampe.

Lors du congrès de mars 2005, une résolution en ce sens avait été soumise par des circonscriptions du Québec. Elle se lisait comme suit: «Un gouvernement conservateur envisagera de réformer le fédéralisme canadien en tenant compte de la nécessité de consolider la position du Québec au sein de la fédération canadienne, car la province n'a pas accepté la Loi constitutionnelle de 1982, de la nécessité de remédier au sentiment d'aliénation des citoyens de l'Ouest et de l'importance de créer un partenariat à long terme avec les peuples autochtones.» Cette résolution avait finalement été adoptée par les militants de partout au pays.

Un militant conservateur du Québec bien branché, qui a demandé à rester dans l'ombre sur ce sujet sensible, affirme que Stephen Harper ne verrait pas d'un mauvais oeil une résolution sur l'intégration du Québec dans la Constitution. «Harper sait que, s'il veut arriver un jour à réformer le Sénat, il faudra rouvrir la Constitution.»

Mais au lendemain de son entrevue au Globe and Mail, le ministre Jean-Pierre Blackburn s'était fait rabrouer non seulement par le gouvernement du Québec, mais aussi par ses propres collègues du cabinet. Il avait été forcé de dire que «le fruit n'est pas mûr» pour une ronde constitutionnelle. Hier, le premier ministre Harper a répété le même message lors d'un point de presse. «Je ne sens pas de volonté dans la population pour discuter de la Constitution dans un futur prévisible. Nous avons d'autres priorités. On va examiner ça quand la terre sera fertile», a-t-il dit.

Le pouvoir fédéral de dépenser

Dans la besace des résolutions, les militants conservateurs québécois comptent aussi rappeler au gouvernement qu'il n'a pas encore tenu sa promesse en ce qui a trait au pouvoir fédéral de dépenser. Le premier ministre avait indiqué, dans le discours du Trône d'octobre dernier, son intention de déposer un projet de loi. Le gouvernement Harper disait vouloir imposer des limites «explicites» à l'utilisation du pouvoir fédéral de dépenser pour des «nouveaux programmes à frais partagés dans les compétences exclusives des provinces». Le gouvernement du Québec avait alors rejeté du revers de la main cette proposition, puisque des nouveaux programmes à frais partagés, ça n'existe pratiquement plus. Depuis cette fin de non-recevoir, Ottawa n'a jamais déposé son projet de loi.

Une autre priorité des conservateurs du Québec en vue du congrès sera le développement économique régional. «Les questions constitutionnelles sont importantes, il faut en parler, mais ce ne sera pas le seul sujet, dit un militant qui compte bien se rendre à Winnipeg. Il faut garder les yeux sur la balle et, dans le moment, je pense que le développement économique est très important.»

Avec un possible ralentissement économique à l'horizon, les hautes instances du PC espèrent d'ailleurs que les militants discuteront à profusion «de la structure financière du pays», comme l'exprime une source. «Plus on va parler d'économie, plus on va pouvoir se différencier des libéraux», estime un stratège.

L'immigration et la place du Canada dans le monde sont d'autres sujets que les militants du Québec voudraient voir débattre, selon nos informations. Reste à voir quelles résolutions pourront se rendre jusqu'au plancher du congrès, comment elles seront écrites et quel accueil elles recevront.

Les 75 circonscriptions de la province pourront envoyer 12 délégués à Winnipeg. En tout, près de 900 militants du Québec pourraient donc se rendre au Manitoba. À Montréal, en 2005, ils avaient été un peu moins de 400.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 9 avril 2008 08h10
    Menu fruité dur à digérer
    « La constitution au menu, ça va être dur à digérer pour les convives conservateurs principalement si le fruit n'est pas mûr comme les Conservateurs, les Libéraux et M. Pelletier, ministre du PLQ, le déclarent.

    Souhaitons ensemble que le fruit mûrisse d'ici là pour éviter des indigestions ! »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 08h35
    Sparages inutiles
    « Est-ce que relancer les débats constititionels créera un seul emploi, soignera une seule personne de plus, créera le succès scolaire d'un seul étudiant, donnera un endroit adéquat pour une personne âgée.. etc....??? NON!!!! Et ce sont pourtant tous ces points qui sont prioritaires pour les citoyens qui se foutent carrément de la constitution. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 09h16
    On va débattre d'immigration?
    « Vous voulez rire?

    Le PC n'a pas eu un seul député à Vancouver, Toronto et Montréal, vote ethnique oblige.

    Les chances qu'il en gagne un à la prochaine élection sont à peu près nulles aussi. Les grandes villes sont devenues des forteresses libérales qui nous garantissent des gouvernements rouges pour des decennies à venir, même avec des Stéphane Dion comme chef.

    Est-ce que les Bleus ont enfin compris qu'ils doivent changer la donne et boucher l'immense trou à la frontière qui les condamne à l'Opposition jusqu'à la fin des temps? »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 11h15
    Je suis peut-être inocent...
    « Congrès, Parti conservateur, Jean-Pierre Blackburn, Canada (Pays)

    Je suis peut-être inocent...pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

    Quand je dis que les québécois ne savent pas ce qu'ils veulent en voice deux exemples.

    Ils votent la loi 101 mais ne la font pas respecter dans son intégralité.

    Les québécois payent des taxes à Ottawa; mais ils n'ont pas signé la constitution. Donc ils ne sont pas soumis aux lois canadiennes. Ils jouent dans l'illégalité. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 9 avril 2008 12h10
    Opinion rampante négative à l`ouverture de la Constitution de 1982
    « Blackburn et compagnie ne peuvent espérer la réouverture de ce document branché sur la bonne volonté des politiciens hors-Québec. Faut pas rêver car même des Québécois anti-francophones (dit canadiens-français), campés au parti Libéral du Canada, vont tout faire pour empêcher une telle idée. Il ne faut que lire les opinions délirantes anti-Québec dans les blogs nationaux. De plus pourquoi les anglophones devraient-ils montrer un intérêt s`il n`y a aucun risque de rupture chez les francophones? La fierté des francophones ne rejoint même pas la lutte contre l`assimilation programmée, maintenant évidente sur l`île de Montréal. Vive l`immigration disait Chrétien. Quel avenir pour Le Bloc Québécois! Déprimant. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 14h58
    Dans le respect du... Québec!
    « Si monsieur Nolin et les militants québécois sont sérieux dans leurs démarches de ramener le Québec dans le giron canadien ils devront d'abord respecter le Québec en lui donnant l'heure juste en ce qui concerne l'intérêt réel des canadiens pour donner un statut spécial au Québec. Ils devront donc, à court terme, joindre les rangs du Bloc. Nous comprenons tous que Mi-chaud ne fait pas parti de ces militants.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 16h18
    La farce confédérative
    « Le Québec, 22e économie mondiale, doit devenir un pays dans la fierté de son être.

    L'histoire du Canada est une vaste farce en ce qui concerne la notion de fédération. La dérive a commencé dès 1867, avec la mal-nommée CONFÉDÉRATION, qu'on a ensuite appelée FÉDÉRATION, mais qui en pratique a tendu de plus en plus vers un état centralisé, sans respecter les compétences des provinces constituant la fédération. Il faut contrer l'action des pseudo-fédéralistes à Ottawa, et contrer le travail de sape continu des médias, inféodés au fédéralisme invasif et centralisateur, qui s'acharnent à rapetisser le Québec et à ralentir sa marche vers la souveraineté.

    Par toutes sortes de moyens, les pseudo-fédéralistes à Ottawa ne cessent d'étendre leurs tentacules étouffantes dans les champs de compétence du Québec. Il ne s'agit pas de sortir le Québec du Canada, il s'agit de sortir le Canada du Québec. Que le Canada enlève ses grosses pattes dans nos affaires.

    Le Québec est une nation pacifique avec ses caractéristiques distinctes qui mérite de se perpétuer dans son identité et selon ses propres choix.

    Le Québec est la 22e économie mondiale (quant au PIB par habitant, classement de 2006), comme plusieurs pays européens de taille comparable (Norvège, Danemark, Suède, Suisse, Irlande, etc). Cela malgré le fait que nous n'ayons pas le plein contrôle de nos impôts, et malgré l'histoire séculaire d'un Québec rapetissé par les politiciens fédéraux.

    Les souverainistes québécois veulent construire le Québec de demain. Le Québec, 22e économie mondiale, ne l'oublions pas. On n'est pas né pour un petit pain, on est capable. Malgré les entraves d'Ottawa, nous avons réussi à nous imposer dans plusieurs domaines dans le monde. Il est temps que le Québec soit le maître de son avenir. Nous avons pleinement le droit d'être ce que nous sommes. Il faut faire la souveraineté du Québec. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 9 avril 2008 16h19
    Le fruit n'est pas mûr ... il est pourri
    « Le fruit n'est pas mûr ... il est pourri

    L'opinion de M. Pelletier des libéraux pour s'opposer à ce qu'on parle de changements constitutionnels, c'est que le fruit n'est pas mûr. Belle phrase creuse, car il ne dit ni pourquoi il ne l'est pas, ni comment ni quand il le serait. Et M. Charest répète la même vacuité.

    Le fruit n'est pas mûr ... il est pourri dans l'emmanchure de 1982! »

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