Les libéraux fédéraux au Québec se déchirent sur la place publique - Dion lance un appel au calme
Photo : Agence Reuters
Stéphane Dion
Le chef libéral Stéphane Dion et le député Denis Coderre ont lancé hier un appel au calme destiné aux militants du Parti libéral du Canada au Québec. Les deux hommes estiment que laver son linge sale en public ne fait qu'une seule victime: le PLC.
Ottawa — L'influent député libéral Denis Coderre en a assez de voir son parti se transformer en clone du Parti québécois quand vient le temps de régler les problèmes internes de la formation. La chicane en public doit cesser, dit-il. «C'est malsain. Il peut y avoir des conflits de personnalités, mais agir de la sorte en public, c'est un manque de respect. Il faut commencer à être loyal envers le parti», a soutenu un Denis Coderre visiblement excédé lors d'une entrevue avec Le Devoir.
Depuis quelques jours, La Presse et le Globe and Mail ont donné la parole à Steve Pinkus, l'un des 25 membres du comité de direction du Parti libéral du Canada section Québec. Il représente les militants de la communauté anglophone de la province. Selon lui, l'organisation du parti au Québec ne va nulle part, connaît des problèmes de recrutement importants et n'est absolument pas prête à affronter une campagne électorale. La qualité du travail de la lieutenante de Stéphane Dion au Québec, Céline Hervieux-Payette, a également été remise en question, tout comme les qualités de leadership du chef. M. Pinkus n'a pas rappelé Le Devoir hier.
La semaine dernière, c'était le président du parti au Québec, Robert Fragasso, qui était la cible d'un autre membre de la direction du PLC, Marc Bélanger. M. Fragasso a facilement survécu à un vote de confiance tenu lors d'une réunion des membres de la direction.
De passage au Nouveau-Brunswick hier, Stéphane Dion a demandé à ses troupes au Québec de se serrer les coudes. «On a des progrès à faire et on va faire ces progrès ensemble», a-t-il dit lors d'un discours devant des militants à Fredericton. En point de presse, il a souhaité que les membres du parti cessent «d'avoir peur de perdre» et cherchent plutôt «une volonté de gagner».
«Nous allons gagner au Québec sous la direction de la sénatrice Céline Hervieux-Payette et du président Robert Fragasso. On a besoin que les libéraux du Québec travaillent tous ensemble, l'enjeu est trop grand. Il faut donner une alternative progressiste aux idées des conservateurs», a dit Stéphane Dion.
Même s'il était un partisan du candidat au leadership Michael Ignatieff, le député libéral Denis Coderre en a assez des querelles fratricides qui rongent son parti dans la province. «On joue le jeu de nos adversaires en se divisant sur la place publique. Il arrive un moment où il faut faire preuve de loyauté envers le parti. Je demande de rester calme et de faire preuve de retenue. On a un chef et on a une lieutenante. Il faut arrêter de dire "j'aurais dont dû". On fait tous partie de la solution», dit-il.
Denis Coderre a vécu les hauts et les bas du parti depuis 25 ans, y compris la chicane entre les clans Chrétien et Martin qui a divisé le PLC pendant des années. «Je sais ce qu'il faut faire pour gagner des élections: il faut mettre notre énergie pour aider le parti. Les problèmes, on règle ça en famille, pas dans les journaux. Il faut travailler dans la même direction.»
Plutôt que de tirer sur des collègues, les insatisfaits devraient se regarder dans le miroir, soutient Denis Coderre. «Je n'ai jamais eu le titre de lieutenant ou quelque chose du genre et ça ne m'a jamais empêché de prendre mes responsabilités. J'aide les gens, je fais des téléphones, je participe à des événements. Tout le monde peut agir pour aider la cause du parti», dit-il.
Alléger la tâche de Mme Hervieux-Payette?
Dans les rangs des militants du PLC au Québec, certains estiment que la responsable de la province, Céline Hervieux-Payette, devrait délaisser quelques fonctions pour améliorer l'efficacité de la machine politique. Elle pourrait notamment rester en charge du Sénat et du caucus du Québec mais laisser l'organisation électorale et le financement à d'autres.
«Ça fait 15 ans que Céline [Hervieux-Payette] n'a pas fait de campagne électorale. Ce n'est pas une mauvaise personne, mais elle n'a pas le réseau de contacts pour remettre l'organisation sur pied», a dit au Devoir une source libérale bien placée.
L'ancienne ministre libérale devenue analyste politique, Liza Frulla, disait la même chose hier midi sur RDI. «On ne peut pas avoir toutes les qualités. Ça pourrait être bien de laisser des tâches à d'autres», a-t-elle dit. Une telle avenue n'est toutefois pas dans les cartons pour l'instant, soutient Jean-François Del Torchio, le porte-parole de Stéphane Dion.
Certains militants voudraient que les députés Pablo Rodriguez et Denis Coderre prennent du galon, eux qui ont un bon réseau de contacts dans la province. Les deux hommes avaient toutefois refusé le poste de lieutenant du Québec l'automne dernier. M. Rodriguez n'a pas voulu commenter la situation hier.
Le porte-parole de Mme Hervieux-Payette, Marc Roy, estime que les critiques sont injustes. «Elle connaît des gens partout, dans tous les domaines. Elle se dévoue pour aider le parti. C'est une tâche difficile en ce moment parce que le parti n'est pas habitué à être dans l'opposition. C'est donc normal qu'il y ait de la frustration.»
Ottawa — L'influent député libéral Denis Coderre en a assez de voir son parti se transformer en clone du Parti québécois quand vient le temps de régler les problèmes internes de la formation. La chicane en public doit cesser, dit-il. «C'est malsain. Il peut y avoir des conflits de personnalités, mais agir de la sorte en public, c'est un manque de respect. Il faut commencer à être loyal envers le parti», a soutenu un Denis Coderre visiblement excédé lors d'une entrevue avec Le Devoir.
Depuis quelques jours, La Presse et le Globe and Mail ont donné la parole à Steve Pinkus, l'un des 25 membres du comité de direction du Parti libéral du Canada section Québec. Il représente les militants de la communauté anglophone de la province. Selon lui, l'organisation du parti au Québec ne va nulle part, connaît des problèmes de recrutement importants et n'est absolument pas prête à affronter une campagne électorale. La qualité du travail de la lieutenante de Stéphane Dion au Québec, Céline Hervieux-Payette, a également été remise en question, tout comme les qualités de leadership du chef. M. Pinkus n'a pas rappelé Le Devoir hier.
La semaine dernière, c'était le président du parti au Québec, Robert Fragasso, qui était la cible d'un autre membre de la direction du PLC, Marc Bélanger. M. Fragasso a facilement survécu à un vote de confiance tenu lors d'une réunion des membres de la direction.
De passage au Nouveau-Brunswick hier, Stéphane Dion a demandé à ses troupes au Québec de se serrer les coudes. «On a des progrès à faire et on va faire ces progrès ensemble», a-t-il dit lors d'un discours devant des militants à Fredericton. En point de presse, il a souhaité que les membres du parti cessent «d'avoir peur de perdre» et cherchent plutôt «une volonté de gagner».
«Nous allons gagner au Québec sous la direction de la sénatrice Céline Hervieux-Payette et du président Robert Fragasso. On a besoin que les libéraux du Québec travaillent tous ensemble, l'enjeu est trop grand. Il faut donner une alternative progressiste aux idées des conservateurs», a dit Stéphane Dion.
Même s'il était un partisan du candidat au leadership Michael Ignatieff, le député libéral Denis Coderre en a assez des querelles fratricides qui rongent son parti dans la province. «On joue le jeu de nos adversaires en se divisant sur la place publique. Il arrive un moment où il faut faire preuve de loyauté envers le parti. Je demande de rester calme et de faire preuve de retenue. On a un chef et on a une lieutenante. Il faut arrêter de dire "j'aurais dont dû". On fait tous partie de la solution», dit-il.
Denis Coderre a vécu les hauts et les bas du parti depuis 25 ans, y compris la chicane entre les clans Chrétien et Martin qui a divisé le PLC pendant des années. «Je sais ce qu'il faut faire pour gagner des élections: il faut mettre notre énergie pour aider le parti. Les problèmes, on règle ça en famille, pas dans les journaux. Il faut travailler dans la même direction.»
Plutôt que de tirer sur des collègues, les insatisfaits devraient se regarder dans le miroir, soutient Denis Coderre. «Je n'ai jamais eu le titre de lieutenant ou quelque chose du genre et ça ne m'a jamais empêché de prendre mes responsabilités. J'aide les gens, je fais des téléphones, je participe à des événements. Tout le monde peut agir pour aider la cause du parti», dit-il.
Alléger la tâche de Mme Hervieux-Payette?
Dans les rangs des militants du PLC au Québec, certains estiment que la responsable de la province, Céline Hervieux-Payette, devrait délaisser quelques fonctions pour améliorer l'efficacité de la machine politique. Elle pourrait notamment rester en charge du Sénat et du caucus du Québec mais laisser l'organisation électorale et le financement à d'autres.
«Ça fait 15 ans que Céline [Hervieux-Payette] n'a pas fait de campagne électorale. Ce n'est pas une mauvaise personne, mais elle n'a pas le réseau de contacts pour remettre l'organisation sur pied», a dit au Devoir une source libérale bien placée.
L'ancienne ministre libérale devenue analyste politique, Liza Frulla, disait la même chose hier midi sur RDI. «On ne peut pas avoir toutes les qualités. Ça pourrait être bien de laisser des tâches à d'autres», a-t-elle dit. Une telle avenue n'est toutefois pas dans les cartons pour l'instant, soutient Jean-François Del Torchio, le porte-parole de Stéphane Dion.
Certains militants voudraient que les députés Pablo Rodriguez et Denis Coderre prennent du galon, eux qui ont un bon réseau de contacts dans la province. Les deux hommes avaient toutefois refusé le poste de lieutenant du Québec l'automne dernier. M. Rodriguez n'a pas voulu commenter la situation hier.
Le porte-parole de Mme Hervieux-Payette, Marc Roy, estime que les critiques sont injustes. «Elle connaît des gens partout, dans tous les domaines. Elle se dévoue pour aider le parti. C'est une tâche difficile en ce moment parce que le parti n'est pas habitué à être dans l'opposition. C'est donc normal qu'il y ait de la frustration.»
Haut de la page

