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Adieu aux promesses de Montebello

22 mars 2008  Canada
Les manifestations et les critiques citoyennes, loin d’émouvoir les trois hommes d’État, s’étaient plutôt attiré leurs railleries, M. Harper comparant l’importance de cet enjeu à celle d’une poignée de bonbons à la gelée.
Photo : Jacques Nadeau
Les manifestations et les critiques citoyennes, loin d’émouvoir les trois hommes d’État, s’étaient plutôt attiré leurs railleries, M. Harper comparant l’importance de cet enjeu à celle d’une poignée de bonbons à la gelée.
Ottawa — Malgré les belles paroles prononcées par Stephen Harper, George W. Bush et leur homologue mexicain Felipe Calderón l'été dernier, la population n'apprendra pas grand-chose à propos du mystérieux Partenariat sur la sécurité et la prospérité. Les trois pays ont beau harmoniser leurs réglementations respectives, parfois en revoyant les normes à la baisse, les citoyens n'en sauront rien: le comité d'information promis en août n'a pas encore été créé, a appris Le Devoir. Et il ne le sera jamais.

La réunion annuelle des trois chefs de gouvernement de l'Amérique du Nord, en août dernier à Montebello, avait suscité une très vaste couverture médiatique, souvent négative. Les groupes citoyens se plaignaient de ne savoir à peu près rien de ce que les trois pays négociaient derrière des portes closes au nom du Partenariat sur la sécurité et la prospérité (PSP). Ce n'est que par la bande qu'on avait appris, par exemple, que le Canada relâcherait ses exigences sur la quantité de résidus de pesticides tolérés sur les fruits et légumes de façon à les uniformiser avec les normes américaines.

Les critiques citoyennes, loin d'émouvoir les trois hommes d'État, s'étaient plutôt attiré leurs railleries, M. Harper comparant l'importance de cet enjeu à celle d'une poignée de bonbons à la gelée. Malgré tout, les politiciens avaient consenti à informer davantage la population. Dans le communiqué final du sommet de Montebello, on promettait que les progrès accomplis en matière d'harmonisation des réglementations feraient l'objet de «rapports aux dirigeants, aux ministres et à la population par le truchement d'un comité». Ce «comité coordonnateur», comme on l'appelait dans les documents rendus publics, devait compter des membres «des ministères centraux, des agences réglementaires et des ministères des Affaires étrangères et du Commerce international».

Or, selon ce qu'a appris Le Devoir, il n'en sera rien. Le comité n'est rien de plus que le triumvirat des ministres désignés par MM. Harper, Bush et Calderón pour faire le suivi habituel du PSP pendant l'année. La réunion annuelle des trois leaders tiendra lieu de rapport tandis que la conférence de presse qui la clôturera sera considérée comme un compte rendu auprès de la population.

Au Canada, c'est le ministre de l'Industrie, Jim Prentice, que M. Harper a désigné pour piloter le dossier PSP entre deux rencontres annuelles. «Le comité qui existe à l'heure actuelle se compose comme suit: moi-même, le secrétaire [d'État américain au Commerce, Carlos] Gutierrez, et le secrétaire [d'État mexicain à l'Économie, Eduardo] Sojo, ainsi que nos sous-ministres, qui coordonnent l'activité de tous les groupes de travail», a expliqué le ministre Prentice en entrevue au Devoir. «Alors, dans ce sens, oui, ça fonctionne très bien.»

Pressé d'expliquer de quelle manière la population pourrait connaître l'état d'avancement de ces discussions, M. Prentice a répondu: «Le rapport public prendra la forme du sommet de La Nouvelle-Orléans.» C'est à La Nouvelle-Orléans qu'aura lieu le prochain sommet annuel des trois dirigeants, qui en assurent la présidence à tour de rôle. En général, ces sommets durent une dizaine d'heures au total et se limitent aux grands principes. M. Prentice a ajouté qu'après une de ses récentes rencontres de travail avec ses homologues, il a tenu une conférence de presse, ce qui constitue une preuve que le public a été informé.

La tyrannie des pare-chocs

Il est toutefois rare que les ministres soient au courant des menus détails de ces discussions hautement techniques. D'ailleurs, en entrevue, M. Prentice a été à peu près incapable d'en fournir. Tout au plus a-t-il donné l'exemple des pare-choc d'automobiles, conçus aux États-Unis pour résister à une collision à «cinq milles à l'heure», contre «dix milles à l'heure» au Canada. Cette norme différente nuit à la fluidité du commerce automobile sur le marché nord-américain, déplore le ministre. «C'est ce qu'on appelle la tyrannie des petites différences.»

Nous sommes donc loin des promesses faites en août dernier pour calmer les craintes citoyennes. Au Devoir, la directrice des communications du premier ministre Harper, Sandra Buckler, avait bien expliqué le rôle du comité promis: «Ce comité fera un rapport annuel aux dirigeants, aux ministres et à la population, accroissant ainsi la transparence et l'imputabilité du processus», écrivait-elle dans un courriel. Mme Buckler ajoutait que «ce comité de coordination fournira aux parties intéressées [stakeholders] une occasion de commenter au fur et à mesure que le plan de travail sera développé et mis à la disposition du public.»

Pour l'heure, il est impossible de savoir quelles normes font l'objet de discussions entre les trois pays en vue de leur harmonisation. Cette harmonisation ne fait pas l'objet de projets de loi à la Chambre des communes.

Tout au plus le ministère de l'Industrie a-t-il indiqué qu'un «large éventail de parties intéressées» a été convié à participer à des rencontres portant sur la propriété intellectuelle, que des groupes comme l'Association des chemins de fer du Canada ont été consultés par Transports Canada dans le cadre du PSP et que Santé Canada a lancé une consultation publique sur sa proposition de plan d'action dans le domaine de la sécurité des produits alimentaires et de consommation. Rien sur l'harmonisation nord-américaine des normes.

Le ministère de l'Industrie se vante même d'avoir rendu publics ces exemples de consultation... au moyen d'une réponse écrite du gouvernement versée aux archives de la Chambre des communes. Ce processus en vertu duquel les députés peuvent poser des questions par écrit est si peu connu qu'il est à peu près impossible de retrouver les réponses fournies.






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 22 mars 2008 03h36
    Démocratie ? C'est comme l'union européenne, on fait avaler une constitution revisée sans en parler au peuple.
    « Le PSP ou partenariat pour la sécurité et la prospérité vise détourner le pouvoir du peuple et de son gouvernement pour le donner à des bureaucrates aux services des corporations. »

  • Jean Préfontaine
    Inscrit
    samedi 22 mars 2008 09h54
    Mon cher Stephan..
    « Mon cher Stephan, tu n'es qu'un hypocrite..Tu prends le monde pour des épais..Tu fais l'air d'être compréhensif, enjoleur, cajoleur mais, en réalité, tu fais tout par en arrière ( !!! )..Ça se sent, on le voit que lorsque tu veux te montrer gentil et que tu as quelque chose à vendre, tu as autre chose en arrière de la tête..Tu es plein de malice..Tout comme ton ami et diable Bush, tu n'es qu'un ennemi de ta mère Terre, un ''vendeux '' de pétrole, un marchand d'armes..Tu te résumes à ça..C'est quelque chose n'est-ce-pas..Au fait, toi qui es si pro-guerre, comment se fait-il que de temps à autres, tu ne vas pas au front avec tes amis soldats faire ta part..Aurais-tu peur par hasard ??..Vous êtes bien bon toi et tes semblables pour faire la guerre dans vos bureaux, mais quand vient le temps d'être au commande du char d'assaut sur le terrain, on ne vous vois pas souvent..Bizarre non ?.. Et le pire, oui le pire, et c'est ce qui est le plus décourageant, c'est qu'il s'en trouve pour te croire et ces mêmes gens seraient prêt à te remettre au pouvoir..Faut le faire non ?

    Il y a sûrement quelque chose qui m'échappe.. »

  • Paul Racicot
    Inscrit
    samedi 22 mars 2008 12h00
    Comme quoi...
    « ...nous vivons d'abord sous un régime planétaire techno-capitaliste et, tout à fait secondairement, dans une société «démocratique» ! »

  • Lorien Routhier
    Abonné
    samedi 22 mars 2008 12h34
    Quelle joie
    « Bonheur et exhaltation, on nous ment en pleine figure, on traite la population intéressée comme une bande de minus, et on se moque de notre désir de savoir ce qu'il se passe en matière de réglementation. Cette opacité est un concerto de mauvaise foi et de sophisme bidon. Bref, ça pue.

    Pourquoi ajuster les normes à la baisse? Ce n'est pas par pure méchancetée, c'est parce que c'est plus rentable que de les ajuster à la hausse, même si les plus hautes normes ont été établies ainsi pour le bien et la protection des gens.

    Tout cela est très frustrant. On élit du monde pour qu'ils nous dirigent, et la prochaine chose qu'ils trouvent à faire, c'est comploter pour faire de l'argent au dam de la liberté et du bonheur du reste de la population. Pheu. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    dimanche 23 mars 2008 00h15
    Histoire de poubelles...
    « Stephen Harper, Montebello, Sommet, Canada (Pays), Amérique du nord (Région)

    Si on veut de l'information, on aura qu'à fouiller dans les poubelles. C'est comme les plans de sécurité, tout les dossiers doivent y être classés...oups ! Qu'ai-je dit ? »

  • Jean Lahoud
    Inscrit
    dimanche 23 mars 2008 09h23
    Le sommet des fachos
    « Croyez vous que des fachos de droite comme Bush et Harper vont informer la population ? il fallait etre naif pour y croire...Il est temps que le Canada pren son avenir en main loin des USA et du mensonge nommee ALENA »

  • Gemma Lajeunesse
    Inscrite
    dimanche 23 mars 2008 21h44
    inconscience
    « nous avons le pouvoir de faire changer les choses mais nous aimons mieux assis confortable dans nos salons critiquer et ne rien faire ,l'effort a donner serait trop fatiguant, la langue ça ne fatique jamais mais les doigts et les méminges fatiguent facilement . dommage. quand nous nous réveillerons il faudra une révolution pour faire reculer ce que nous avons tout simplement accepter Ainsi sommes nous fait......gemhl@globetrotter.net »

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