dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Message électoral

Manon Cornellier   19 mars 2008  Canada
Tous les yeux étaient tournés vers le chef libéral Stéphane Dion lundi soir, au moment où les résultats des quatre élections complémentaires déboulaient sur les écrans d'Élections Canada. Tous les sièges lui appartenaient et il ne pouvait pas se permettre d'en perdre sans provoquer de nouvelles questions sur son leadership.

Il en a finalement perdu un, le moins sûr des quatre, celui le plus porté à changer de camp d'un scrutin à l'autre. Il a gagné sans aucune difficulté les deux circonscriptions torontoises en jeu mais a conservé par un cheveu le château fort de Vancouver Quadra. M. Dion n'est cependant pas le seul à devoir décoder le message contenu dans ses résultats. Le chef néo-démocrate Jack Layton, qui a vu son parti reculer au profit des verts dans trois circonscriptions et piétiner dans la quatrième, sera forcé de faire le même exercice.

Pour Stéphane Dion, la perte de Desnethé-Missinippi-Rivière-Churchill, en Saskatchewan, n'aurait pas vraiment fait de vagues s'il n'avait pas imposé sa candidate, l'ancienne ministre néo-démocrate provinciale Joan Beatty, aux dépens des aspirants locaux, dont David Orchard, qui croyait l'affaire dans le sac. La division qui a marqué la campagne libérale a permis aux conservateurs de reprendre un siège perdu en 2006. Le résultat n'aurait peut-être pas été différent avec l'un ou l'autre des candidats potentiels, mais en s'en mêlant M. Dion a permis qu'on lui fasse porter le blâme pour la défaite. Il doit aujourd'hui assumer sa part de responsabilité, comme il a dû le faire dans Outremont où, là encore, il avait imposé son candidat.

***

La dynamique en Saskatchewan était unique et très locale. Difficile d'en tirer des leçons pour le reste du pays. Le résultat dans Vancouver Quadra, par contre, équivaut à un avertissement pour les libéraux en ce qui a trait à la suite des choses en Colombie-Britannique. Rien ne peut être tenu pour acquis dans cette province pour le Parti libéral du Canada (PLC). La côte Ouest est reconnue pour ses courses à trois. Or le fléchissement libéral a beaucoup profité aux verts. Ils ont vu leur part du vote passer de 5,1 à 13,5 % alors que celle du NPD a chuté de 16,1 à 14,4 %. Voilà qui démontre qu'il y aura maintenant beaucoup de courses à quatre. De quoi brouiller totalement les cartes en plus de diviser davantage le centre-gauche de l'échiquier politique.

Les victoires torontoises confirment pour leur part la force des libéraux en Ontario, en particulier dans les villes, une force confirmée par deux sondages publiés hier. L'arrivée de Bob Rae et de Martha Hall Findlay permet en plus d'ajouter du muscle à l'équipe parlementaire de M. Dion. Les libéraux tiennent d'ailleurs beaucoup à opposer leur équipe «forte» à celle de Stephen Harper.

Cette carte a l'avantage de compenser pour l'image de faiblesse du chef. Mais pour que l'impression de force s'impose, il faut que tous les anciens aspirants à la direction du PLC évitent de donner prise aux rumeurs de grenouillage en vue de déloger Stéphane Dion. Le défi de ce dernier, d'ici les prochaines élections générales, sera de maintenir l'unité de son équipe et de s'assurer de la loyauté de ses puissants seconds.

Le bilan de ces élections complémentaires est donc mi-figue mi-raisin pour les libéraux, mais il n'est pas aussi dévastateur que certains le prédisaient. Dans quelques mois, on ne se souviendra que d'une chose, à savoir que les libéraux ont remporté trois courses sur quatre.

***

En fait, si quelqu'un doit s'inquiéter, c'est davantage le chef du NPD, Jack Layton. Il a perdu du terrain dans trois circonscriptions et n'a gagné que des miettes en Saskatchewan. Dans Vancouver Quadra, il a reculé de deux points pour se retrouver avec moins d'un point d'avance sur les verts. Pis, il a dû céder le troisième rang aux verts dans Willowdale. Et c'est par la peau des dents qu'il a ravi le deuxième rang aux verts dans Toronto-Centre. Le NPD y a perdu cinq points alors que les verts en ont gagné 8,4.

Lors d'élections complémentaires, le vote de protestation contre les partis traditionnels est monnaie courante. Traditionnellement, le NPD engrange ce vote, comme on l'a vu dans Outremont l'automne dernier. Or les résultats de lundi laissent croire que les verts sont sur le point de supplanter le NPD comme véhicule pour exprimer ce rejet du statu quo.

Ce n'est pas de bon augure pour le NPD ni pour Jack Layton. Il s'agit d'un rejet de la stratégie adoptée depuis 2006, qui consiste à attaquer et à embarrasser les libéraux presque davantage que les conservateurs.

Les vrais gagnants de ces complémentaires sont, en un mot, les verts. Les conservateurs, eux, ont remporté un siège, mais deux sondages leur sont tombés dessus comme une douche froide hier. Réalisé pour la Presse canadienne, le sondage Harris-Decima met les deux principaux partis à égalité mais constate le recul des conservateurs au Québec et en Ontario. Publié par le Globe and Mail, le sondage de Strategic Counsel donne, quant à lui, une avance au PC mais constate son glissement au Québec et en Ontario. Or c'est dans ces deux provinces que les conservateurs doivent faire des gains pour rêver d'une majorité.

Cette nouvelle donne calmera-t-elle les ardeurs électorales des députés libéraux, qui en ont assez de s'abstenir, ou des néo-démocrates, plus prompts à voter contre le gouvernement? Ça reste à voir, mais ils ont intérêt à profiter du congé pascal pour se faire une idée, car les conservateurs ne leur laisseront pas grand temps pour y réfléchir. Comme s'ils rêvaient d'en découdre au plus tôt, les conservateurs ont indirectement mis leurs adversaires au défi de les défaire en annonçant, vendredi dernier, que les trois premières journées de travaux parlementaires qui suivront le congé pascal seront des journées d'opposition. Chaque parti aura la sienne. Or, selon le règlement, chacun peut forcer un vote sur la motion de son choix, y compris pour retirer au gouvernement la confiance du Parlement.

mcornellier@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Yves Poitras - Inscrit
    19 mars 2008 07 h 23
    Que le plus vert se lève!
    Ici au Québec, on bénéficie d'une conjecture plutôt favorable aux citoyens préoccupés par l'environnement, en ce qui concerne leurs choix électoraux. Québec Solidaire est manifestement plus vert que les verts, puis les autres partis se foutent totalement de l'environnement, sauf peut-être en apparence, mais encore...

    À Ottawa, c'est moins clair. On peut certainement percevoir une vision environnementale acceptable de la part du NPD, surtout depuis l'arrivée de M. Mulcair dans leurs rangs.

    Vu du Québec, la perception que je conserve du Parti Vert canadien, c'est que leur ancien chef était un vendeur de moteurs hybrides. Ce qui, entre nous, n'est pas si vert que ça.

    Ça ressemble à un vote, non de protestation, ce qui aurait favorisé le NPD, mais bien à un vote de déni.

    Que le plus vert se lève!

    Yves Poitras
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jacques noel - Inscrit
    19 mars 2008 09 h 08
    Ils ne peuvent pas perdre
    Au Canada, plus que jamais, on vote essentiellement sur une base ethnique.

    Les immigrants (20% de la pop canadienne, 25% avec leurs enfants) votent libéral, tout comme les Indiens (4% du Canada) les Anglos-Québécois (2% du Canada) et les Acadiens et francos-hors-Québec (3% du Canada). S'ajoutent les Québécois fédéralistes purs et durs (10% du Québec, 2% du Canada) et les vrais Libéraux Canadians (5% du Canada).

    Le vote ethnique joue dans 150 comtés (presque toute l'Ontario et les grandes villes sauf Québec), le vote indien dans une quarantaine, le vote anglo-québécois dans une quinzaine et le vote acadien et franco-hors-québec dans une vingtaine. Bref, les Libéraux ne peuvent pas perdre une élection. A moins de patauger dans les scandales. Ou d'avoir un chef qui s'appelle Stéphane Dion.

    Dans Churchill les Libéraux devaient gagner les yeux fermés puisqu'il y a 40% d'autochtones. Mais Stéphane a tellement mal joué ses cartes qu'il a trouvé le moyen de perdre!
    On ne peut pas devenir PM si on ne gagne pas les comtés qu'on doit gagner! Politique 101!

    Outre la faiblesse de Dion, la seule chance pour les Bleus d'avoir un gouvernement majoritaire c'est d'unir les deux vieux Canada pour batte le nouveau urbain. Mulroney a réussi l'exploit en 1984 et 1988. Mais Mulroney avait du charisme, il était parfait bilingue, les Québécois lui faisaient confiance et le Canada urbain pésait encore moins lourd qu'aujourd'hui. Harper, qui voulait partitionner le Québec hier encore et qui baragouine le français est loin de là. Il a bien fait une percée à Québec mais c'est dû essentiellement à la radio-poubelle qui a scoré pour lui. Pas sûr qu'il va répéter l'exploit?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Lorraine Dubé - Abonnée
    19 mars 2008 13 h 49
    "@ Yves Poitras de Lorraine Dubé
    Rappelons-nous monsieur Poitras combien Thomas Mulcair
    ( ministre de l'environnement à cette époque ) qualifiait d'arrogante l'attitude méprisante de son homologue fédéral, en l'occurence Stépahane Dion, alors ministre des affaires inter-gouvernementales. De toute évidence, nous n'avons rien à attendre de mieux de l'équipe présentement au pouvoir.
    Je suis entièrement en accord avec vous quant à l'importance de se préoccuper de l'environnement, l'héritage que nous laisserons à notre descendance. Il faut que des gestes concrets soient posés en ce sens. Mais cependant, il y a dans la gouvernance d'autres priorités qui ne sont pas négligeables et qui demandent également notre vigilance. Je suis consciente que le Parti Vert a contribué à faire avancer la cause environnementale qui n'est toutefois pas le seul défi important auquel doit faire face le gouvernement en place.
    Lorraine Dubé
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012