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La fête de la Francophonie

25 septembre 2009 06h33  Canada
Dans deux jours nous fêterons la Journée internationale de la Francophonie. Au Québec, les festivités ont déjà commencé et s'étendent sur plusieurs jours; dans certaines régions, en Outaouais par exemple, ce sont des organismes du type Impératif français qui organisent la Francofête.

En ce début de XXIe siècle, il est intéressant de noter que les aires géolinguistiques sont de plus en plus nombreuses. Elles répondent à un besoin pour les locuteurs d'une même langue de se regrouper sur cette base parce que la langue et la culture sont devenues, dans le cadre des mondialisations en cours, des éléments d'influence (soft power) et que chaque pays, les États-Unis au premier chef, ou chaque espace linguistique, veut les utiliser et s'en servir pour atteindre ses fins diplomatiques.

Le Commonwealth, la plus ancienne de ces institutions, dont les origines remontent à la Première Guerre mondiale, au moment où le Royaume-Uni souhaitait rallier les Dominions faisant partie de son Empire à ses efforts de guerre (ce qui explique l'absence des États-Unis de ce forum), n'a reconnu que récemment, en ce qui le concerne, l'importance de l'anglais comme langue commune de ses membres. Son dernier sommet s'est tenu en Afrique l'automne dernier, et le Canada a réussi — puisque toutes les décisions lors de ces Sommets se prennent non pas au vote mais par consensus — à bloquer l'adoption d'une résolution contenant des cibles précises à atteindre pour diminuer les émissions de CO2 dans l'atmosphère.

Dans les autres aires linguistiques, dont les plus connues et les plus actives, la langue s'est au contraire retrouvée immédiatement et spontanément au coeur de leur raison d'être. Ainsi en est-il de l'Organisation des États ibéro-américains, de la Lusophonie et de la Francophonie qui collaborent d'ailleurs ensemble depuis 2001 dans un certain nombre de projets éducatifs et culturels.

Le XVIIe Sommet ibéro-américain auquel 22 pays (y compris le Brésil et le Portugal) ont participé s'est déroulé en novembre dernier à Santiago du Chili. Il a été très agité et, par la même occasion, mondialement médiatisé en raison d'une altercation entre Hugo Chávez et le roi d'Espagne. Le bouillant président vénézuélien ayant traité l'ancien premier ministre d'Espagne, José Maria Aznar, de «fasciste» de «serpent» de «petit chien dans les jupes de George Bush», le roi Juan Carlos lui a répliqué sur un ton non équivoque de «se taire».

Le reste du sommet consacré au thème de la cohésion sociale a été marqué par plusieurs interventions musclées de présidents élus de gauche ou de centre-gauche d'Amérique latine et centrale (le Bolivien Morales, le Nicaraguayen Ortega, l'Argentine Kirchner) attaquant l'action des multinationales espagnoles dans leur pays respectif.

Quant à la Lusophonie, ses huit membres — les huit pays dans le monde qui ont le portugais comme langue officielle — se réunissent à l'occasion, mais cette communauté souffre d'un leadership concurrent et éclaté entre le puissant et émergent Brésil sûr de lui et de son destin avec ses 180 millions d'habitants et le Portugal, petit pays de 10 millions d'habitants du bout de l'Europe, qui rêve avec nostalgie de sa gloire et de son empire perdus.

La Turquie tente de son côté, sans trop de succès, de regrouper les anciennes républiques turcophones de l'ex-URSS. Sous l'oeil malveillant de Moscou qui se sert là comme ailleurs de son pétrole et de son gaz pour ramener dans son giron celles qui seraient tentées par les sirènes linguistiques et culturelles d'Ankara.

La Francophonie, bien organisée, bien structurée qui existe, institutionnellement, depuis les années 1970 tiendra son XIIe Sommet en octobre prochain à Québec. Elle rayonne au-delà des anciennes colonies françaises et belges puisqu'elle inclut des pays comme la Bulgarie, la Moldavie ou la Grèce. Parmi ses 55 membres et 13 observateurs, il y a 32 États ou gouvernements qui ont le français comme langue officielle (seule ou avec d'autres langues).

Ce qui signifie que les pays de langue française sont minoritaires aujourd'hui en Francophonie... Voilà une de ses faiblesses, car comment imaginer que des pays qui ont une relation aussi éloignée avec le français et qui adhèrent à la Francophonie pour d'autres raisons que la proximité linguistique se mobiliseront et s'investiront totalement dans le maintien et la promotion du français comme grande langue internationale? En contrepartie, il faut le souligner, lors du débat à l'UNESCO pour l'adoption, en 2005, de la Convention sur la diversité des expressions culturelles, la Francophonie a pu jouer un grand rôle et peser de tout son poids parce qu'elle a convaincu la majorité de ses nombreux membres de voter en sa faveur.

Quoi qu'il en soit des forces et des faiblesses de la Francophonie, pour le Québec la participation à cet ensemble est primordiale. Le Québec déjà isolé en Amérique du Nord le serait encore davantage s'il ne pouvait participer pleinement aux activités et aux institutions francophones. Mais discutera-t-on au Sommet de Québec de ce qui censément nous réunit, c'est-à-dire de la langue française, de son avenir, du déclin du plurilinguisme dans les organisations internationales? Plurilinguisme qui s'il était appliqué refléterait pourtant la pluralité des visions du monde, la multiplicité des points de vue alors que langue unique rime avec pensée unique, avec hyperpuissance, avec unipolarité au moment où la multipolarité s'impose dans les faits avec l'émergence de la Chine, de l'Inde, du Brésil et des autres?

Il faudrait parler de tout ça mais rien n'est moins sûr. D'autant que la ministre française de l'Enseignement supérieur vient de déclarer à Bruxelles, en contradiction totale avec les promesses du candidat Sarkozy lors de la campagne électorale de 2007, qu'elle parle anglais avec ses collègues de l'Union européenne; d'autant, enfin, que certains au Québec ne veulent plus que l'on enseigne le français mais bien le québécois... Alors, à quoi bon? Il ne me reste plus qu'à entrer en résistance!

Louise Beaudoin est membre invitée, chargée des questions de francophonie internationale au CERIUM..






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  • Delerin Patrick
    Inscrit
    mardi 18 mars 2008 14h48
    faut le lire pour le croire
    « Je découvre cet aprés midi votre article sur la francophonie..
    Et me voici bien perplexe devant vos écrits ...
    vous dites que c'est en octobre que se réunira le sommet de la francophonie dans la belle ville de Québec...
    Ironie ou subterfuge bien involontaire de la part de cette même ville qui par le biais de ses conseillés (e) endéveloppement aux affaires culturelles dans les arrondissements de quartier ne se gêne pas pour faire barage a tout ce qui touche de prés ou de loin à des création d'origines françaises... n'es-ce pas un heureux hasard ....? alors vive la minorité francophone quand l'on sait que pertinament ces même responsables oscillent entre le missel et le fusil de la sociale démocratie .... »

  • Robert Lavigne
    Abonné
    samedi 22 mars 2008 00h30
    la francophonie...oui..mais...
    « je suis un retraite de l,enseignement au Quebec...et depuis 3 ans j,enseigne l'anglais et le francais en Chine...a plusieurs occasions j'ai demande a nos amis anglophones de l'Ambassade canadienne a Beijing du materiel pour l'enseignement du francais, de meme qu,a un certain M.Gaudette me semble-t-il du Consulat canadien a Shanghai...mais rien de rien..a une visite chez moi a Montreal..quartier d,Ahuntsic...j,esperais un coup de pouce de ma deputee (pequiste) madame Lapointe..barrage de questions de sa secretaire et de me dire que c,est plutot au federal de s'occuper de cela...pendant ce temps des organismes et consulats americains, anglais et australiens m,inondent de ressources pedagogiques...le dynamisme de la francophonie se retrouve plutot dans les grands cocktails (comme pour le Cirque du Soleil a Shanghai l'ete dernier)les expositions sur notre cinema, notre peinture et autres ...pour ce qui est de la presentation de notre culture sur le terrain avec les jeunes chinois...la place est laissee aux anglophones...et ceux-ci la prennent largement...d'ailleurs a ce semestre mon universite chinoise m'a demande d'enseigner que l'anglais...les besoins etant plus importants pour cet enseignement...et alors je me souviens..bien oui..je me souviens d'une intervention dans un cours d'histoire a l'UQAM de Pauline Julien qui demandait qu'est-ce qu'on attendait pour se reveiller....et 37-38 ans plus tard...je tente de me rappeler les paroles de sa chanson...tell me mummy..why...

    robert lavigne
    wuhan.chine »

  • Jean Leroux
    Inscrit
    samedi 22 mars 2008 20h56
    La Francophonie internationale et le Québec
    « Quelle ironie de voir madame Beaudoin se joindre à l'équipe du Devoir!! Pendant que les péquistes étaient au pouvoir, ils faisaient tout pour marginaliser les francophones du Canada au sein de La Francophonie. J'ai été témoin, moi-même, de rencontres internationales ou le Québec des péquistes divisait, marginalisait, et se comportait comme un petit pays sans statut au sein de La Francophonie. J'ai toujours pris plaisir à comparer Le Devoir à La Pravda des péquistes mais là... c'est confirmé ... avec l'arrivée de madame Beaudoin et Lise Payette... on peut maintenant dire avec certitude que Le Devoir est le bulletin de nouvelles du Parti québécois. C'est dommage parce que la mission fondatrice de ce journal jadis réputé se voulait rassembleuse pour tous les francophones du Canada. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 8 mai 2008 07h38
    La francophonie
    « On dirait ien que la francophonie est le phantasme ou l'obsession de madame Beaudoin. Elle semble incapable de passer à autre chose.
    Paul Lafran »

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