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2,5 milliards pour prolonger la mission

Alec Castonguay   15 mars 2008  Canada
Ottawa — Les analystes du ministère de la Défense ont discrètement prévenu le gouvernement Harper que la prolongation de la mission en Afghanistan entre 2009 et 2011 coûtera près de 2,5 milliards de dollars, a appris Le Devoir. Les députés ont voté jeudi soir sur la prolongation de la mission sans connaître cette estimation des stratèges militaires.

Une source gouvernementale a soutenu que le ministère de la Défense était en train de mettre la touche finale à l'analyse des coûts de la mission en Afghanistan après 2009. Aucun chiffre n'a toutefois été rendu public à ce jour.

En privé, les experts du ministère de la Défense ont toutefois donné une idée «approximative» des coûts au gouvernement conservateur, même si l'analyse détaillée n'est pas disponible. Un document devrait être envoyé sous peu au conseil des ministres pour approbation.

Le ministère de la Défense a confirmé au Devoir qu'une évaluation «prudente» des coûts de la mission entre février 2009 et juillet 2011 atteint près de 2,5 milliards de dollars. Le ministère, qui gère le budget de la guerre, estime que la facture annuelle devrait continuer d'osciller autour d'un milliard de dollars par année, comme c'est le cas actuellement. La mission est prolongée de deux ans et demi (30 mois).

«Une planification prudente montre que les coûts de la mission après 2009 seront comparables aux coûts actuels», affirme le lieutenant-colonel Jamie Robertson, porte-parole national au ministère de la Défense.

Pour l'année financière 2007-08 qui prendra fin le 31 mars prochain, la mission en Afghanistan aura coûté 1,077 milliard de dollars au gouvernement canadien. Il s'agit d'une hausse de 230 millions sur les projections faites en mars 2007, puisque le budget fédéral de l'an dernier accordait 847 millions à la mission en Afghanistan. L'ajout de protection pour les véhicules, l'utilisation des chars d'assaut Léopards 2 et l'achat de plusieurs camions pour déminer les dangereuses routes afghanes sont à l'origine de la facture plus salée que prévu.

Depuis 2001, la mission a coûté 3,6 milliards de dollars. La Défense nationale prévoit qu'en février 2009 la facture aura atteint cinq milliards. Pour obtenir ce montant et donc tenir compte des coûts réels de la mission, il faut isoler les dépenses de l'armée destinées spécifiquement à l'Afghanistan et les coûts de fonctionnement réguliers (salaires, avantages sociaux, dépréciation normale des véhicules, etc.). C'est ce que l'armée nomme les «coûts additionnels» du déploiement à l'étranger.

Le ministère de la Défense précise que la situation peut évoluer en Afghanistan et que les projections financières pourraient changer au fil des mois. «Nous ajustons régulièrement nos estimations pour tenir compte de la réalité», dit M. Robertson.

L'obtention de six hélicoptères de transport Chinook, l'utilisation de deux hélicoptères polonais d'origine russe et la location de drones pourraient notamment faire augmenter la facture, même si les Forces canadiennes affirment avoir tenu compte des nouveaux besoins dans leurs calculs. «Le gouvernement va continuer de fournir aux Forces canadiennes l'équipement nécessaire pour assumer leurs tâches», précise le lieutenant-colonel Jamie Robertson.

Les soldats québécois en Afghanistan dès 2009

L'approbation par le Parlement d'une prolongation de la mission aura également un effet direct sur les soldats québécois, qui devront retourner deux fois en terrain hostile d'ici juillet 2011.

Une nouvelle qui risque de ne pas réjouir les familles des militaires, qui accueillent ces jours-ci avec soulagement le retour au bercail de leurs proches. La rotation des soldats québécois laisse la place ce mois-ci à Kandahar au bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry (PPCLI) d'Edmonton. Certains soldats québécois qui ne font pas partie du groupe de combat qui affronte les talibans reviendront toutefois dans deux ou trois mois seulement.

Le feu vert a été donné par le haut commandement militaire pour préparer le déploiement à Kandahar des soldats québécois en février 2009. L'entraînement commencera tranquillement dans les prochaines semaines pour ceux qui ne reviennent pas d'Afghanistan, alors que la préparation intensive au Texas ou en Alberta commencera en août prochain.

Le Devoir a appris que, pendant le déploiement des soldats du Québec entre février et juillet 2009, le quartier général de la force canadienne en Afghanistan sera dirigé par un haut commandement majoritairement issu de l'Ouest, notamment d'Edmonton. Habituellement, la soixantaine de personnes qui constituent ce haut commandement proviennent de la même province que les soldats qu'elles accompagnent.

Il s'agit d'une situation particulière qui inquiète certains militaires. «On fait tous partie de la même armée, mais j'ai hâte de voir si les cultures militaires francophone et anglophone iront bien ensemble là-bas. Ça va prendre un ajustement», a soutenu un soldat qui a requis l'anonymat.

Les documents de planification du ministère de la Défense montrent également que les soldats du Québec, majoritairement issus de la base de Valcartier, retourneront à Kandahar en août 2010 pour un dernier séjour de six à neuf mois. À cette date, l'Armée nationale afghane devrait être beaucoup plus opérationnelle et autonome que maintenant, ce qui pourrait signifier une présence militaire plus faible du Canada. Le ministère ne fait toutefois aucune projection du nombre de soldats requis.






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 00h53
    On s'en va où avec ça?
    « Plus de soldats morts, plus de familles afghanes détruites et plus d'argent gaspillé, mais certainement pas plus de sécurité pour nous ou pour les afghans. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 15 mars 2008 08h35
    ???????????????
    « Ils ont compté les milliards mais est-ce qu'ils ont aussi compté les morts ? Combien de bon soldats et combien de méchants Talibans et combien d'innocents Afghans ? Combien de briques posées et combien d'arrachées ? »

  • Jean-Pierre Aubry
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 09h49
    Objectif : une armée afghane plus opérationnelle et plus autonome
    « Je pense qu'on se berce d'illusion en pansant que l'armée afghane sera suffisamment opérationnelle et autonome en 2011.

    En fait, les demandes des militaires d'utiliser des chars d'assaut plus performants et davantage d'hélicoptères et de drones ne fait que refléter l'incapacité à sécuriser quelques routes importantes.

    Dans une dizaine d'années, lorsqu'on fera le décompte de coûts de la mission militaire et des dépenses d'aide, nous verrons peut-être que notre gouvernement a dépensé plus de dix milliards de dollars et que les rendements sur cet investissement ont été très faibles ou même négatifs.

    J'aimerais être plus optimiste, mais les résultats obtenus jusqu'à date m'en empèchent.

    Jean-Pierre Aubry »

  • Robert Côté
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 10h02
    L'armée a retrouvé sa calculatrice !
    « Le gouvernement et l'armée ne voulaient pas d'un débat à la chambre des communes portant sur les coûts liées à la poursuite de la mission de guerre en afghanistan.En 24 heures l'armée a soudainement trouver sa calculatrice!!! Une autre grande leçon de transparence dont nous devrons nous souvenir lors des prochaines élections.
    Il ne faudra pas non plus oublier que la moitié des libéraux étaient absents lors de ce vote important.Les dés étaient pipés à l'avance.Et vlan! pour notre démocratie que nous voulons exporter...en afghanistan justement. »

  • Michel Lauzon
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 10h21
    Mc Kay + Mulroney + Schreiber : enquête
    « Mc Kay connais Schreiber peu importe ce qu'il dit, ne le croyez pas ce mensonge est reconnu par plusieurs journaux.

    Mc Kay refuse de nous donner le prix d'un Léopard 2 acheté de l'Allemagne. Karlheinz a payé pour que Mulroney puisse détroner Clark dans une course à la chefferie, ce qui en a surpris plusieurs.

    Schreiber est un vendeur d'arme et un ex espion allemand.

    Harper les a tous rencontré dans son bureau cet automnne.

    J'ai essayé d'obtenir le prix d'un char Léopard 2 et c'est impossible. On ne dit pas qu'on ne peut pas le donner en vertue de la Loi de la Sécurité Nationale, on refuse simplement de le dire, étrange non ?

    Le budget qu'on nous donne est totalement mensonger. Il manque au moins 12 milliards, probablement bien plus d'ailleurs parce qu'ils ne ventilent pas.

    On dirais qu'ils ne comptabilisent pas le prix des armes, avions etc.

    On veut savoir ce que vous cachez de plus juteux monsieur Mc Kay. Est ce que Schreiber s'est mêlé de cette vente ? »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 15 mars 2008 12h20
    Et le droit à la vie privée dans tout ça....
    « Et pis quoi encore....que pourraient-ils déclarer de plus pour satisfaire les voyeurs et les jaloux!

    -le nombre de relations sexuelles par mois; ce qu'ils bouffent; ce qu'ils ch.....!!!!!

    Voyons donc. A ce compte-là, tous les citoyens devraient déclarer toutes les petites jobines qu'ils accomplissent pour arrondir leur fin de mois.

    Il ne faut pas être plus catholique que le Pape! »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    samedi 15 mars 2008 16h21
    Scandaleux!
    « Canada, out of Afghanistan! »

  • gilbert troutet
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 23h10
    Les marchands d'armes se frottent les mains
    « La présence militaire du Canada en Afghanistan tient à deux raisons. La première, c'est qu'après avoir refusé aux Américains de collaborer à leur invasion de l'Irak, il fallait faire un geste, et ce fut l'Afghanistan (décision du gouvernement de Paul Martin). La deuxième raison, c'est que le gouvernement Harper est soutenu par l'industrie de l'armement (et du pétrole). Qu'on se le dise, les Canadiens ne sont pas en Afghanistan pour des raisons humanitaires. D'ailleurs les dépenses militaires sur le terrain sont dix fois plus élevées que l'aide humanitaire. C'est dire.

    Comme l'article le mentionne à juste titre, cette aventure militaire a déjà coûté 5 milliards de dollars. Elle en coûtera encore autant d'ici 2011 et je crains que ça ne s'arrête pas là, tant nous aurons ce gouvernement à Ottawa. Je rappelle qu'en deux ans, le gouvernement Harper a dépensé 17 milliards en équipement militaire, en plus de ce que nous coûte la guerre en Afghanistan. 17 milliards, c'est 17 000 millions, soit 1 500 dollars par foyer canadien. Or, c'est de l'argent dépensé en pure perte. Imaginez ce qu'on pourrait faire avec des sommes pareilles dans le domaine de la santé ou de l'éducation, ou même simplement pour entretenir nos infrastructures.

    De plus, à mener la guerre comme le Canada le fait pour le moment, c'est le meilleur moyen d'attirer sur notre sol le terrorisme qu'on prétend combattre.

    La guerre, écrivait Paul Valéry, est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profite de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas. »

  • Denis Boyer
    Inscrit
    dimanche 16 mars 2008 13h25
    Outre les questions économiques...
    « Il me semble qu'une question bien plus pressante que de savoir combien il en coûtera de poursuivre notre présence en Afghanistan est de savoir ce qu'on fait là en premier lieu. Quelqu'un peut-il me rappeler le but de la mission canadienne? La guerre en Afghanistan, comme celle en Irak d'ailleurs, a été déclarée sous de faux prétextes et est illégale, peu importe la rhétorique gouvernementale habituelle de défense de notre sécurité, de guerre au terrorisme (le plus grand oxymoron de l'histoire) ou de quelques autres buts altruistes. La plupart des canadiens sont contre notre implication. Dans une démocracie qui mérite ce nom, le gouvernement est censé écouter la voix du peuple, à ce que je sache. Mais la vraie question n'est pas de savoir si on peut se permettre les coûts de notre présence - autant financiers qu'humain (blessures et décès de nos soldats) - mais plutôt si on peut justifier notre implication, légalement et surtout moralement. »

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