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Mission afghane: voter sans connaître les coûts

Ottawa est près d'une entente pour l'obtention de six hélicoptères Chinook américains

Alec Castonguay   12 mars 2008  Canada
Ottawa — Le Parlement votera dans 24 heures pour une prolongation de la mission canadienne en Afghanistan jusqu'en 2011, mais les députés, le gouvernement Harper et la population n'ont toujours aucune idée des coûts supplémentaires engendrés par cette prolongation de deux ans. La facture de la mission a beau être salée et continuer de gonfler, le ministère de la Défense n'a fait aucune projection des coûts, a appris Le Devoir.

«Il n'y a aucune estimation des coûts préparée jusqu'à maintenant concernant une prolongation possible après 2009», a confirmé une porte-parole des Forces canadiennes, la lieutenante Isabelle Riché.

Par contre, même si le gouvernement conservateur ne semble pas se soucier des milliards de dollars qui seront engouffrés dans la mission en Afghanistan, il travaille très fort en coulisse pour remplir les conditions énoncées dans le rapport Manley. Ottawa est d'ailleurs tout près d'une entente avec Washington pour obtenir six hélicoptères Chinook, qui seront opérationnels à Kandahar au plus tard en février prochain.

L'obtention de six à huit hélicoptères pour soulager les troupes canadiennes qui doivent parcourir les dangereuses routes de Kandahar est l'une des conditions mises en avant par le rapport Manley pour rester engagé en Afghanistan. Les conservateurs et les libéraux l'ont d'ailleurs inclus dans leur motion qui sera votée aux Communes demain en fin de journée. À la suite d'une entente, les deux grands partis fédéraux vont permettre à la mission de se poursuivre jusqu'en juillet 2011.

Une facture qui gonfle

Les députés vont toutefois se prononcer sans savoir combien le trésor public aura à débourser pour maintenir les soldats canadiens en Afghanistan. Le ministère de la Défense, responsable de gérer le budget de la guerre, n'a fait aucune projection de coût.

En novembre dernier, Le Devoir avait demandé au ministère de la Défense, en vertu de la Loi d'accès à l'information, de lui fournir tous les documents d'analyse concernant la facture d'une prolongation de la mission entre 2009 et 2011. La réponse avait été rapide et limpide: il n'y a aucun document à cet effet, avait répondu le ministère. Il semble que, dans les derniers mois, le gouvernement n'ait pas davantage cherché à savoir l'ampleur des coûts à venir, même si le débat politique se précisait.

Marc-André Boivin, directeur adjoint du Réseau francophone sur les opérations de paix à l'Université de Montréal, juge ce manque de planification surprenant. «Il y a un peu de mauvaise foi ici. Les militaires planifient leurs achats et leurs programmes sur 20 ans, alors je ne vois pas pourquoi ils ne l'auraient pas fait avec les coûts de la mission.»

Selon lui, le gouvernement cache les chiffres ou alors il y a un gros problème dans la gestion de la mission. «C'est clair que le premier ministre a demandé à voir les coûts possibles d'une prolongation avant de faire son choix. On ne se lance pas là-dedans sans savoir l'impact que cela aura sur les finances publiques. Je suis extrêmement surpris que rien n'existe. Ça ne tient pas la route, à moins de vouloir éviter de révéler les montants à la veille d'un vote aux Communes», dit Marc-André Boivin.

Cette information a pourtant une importance, puisque les coûts de la guerre en Afghanistan continuent de bondir. Selon les informations obtenues par Le Devoir, les Forces canadiennes ont révisé à la hausse il y a quelques semaines la facture estimée de la mission entre 2001 et 2009, qui passe ainsi à cinq milliards de dollars, soit un bond de 500 millions (10 %). La dernière estimation, réalisée l'automne dernier, faisait état de 4,5 milliards.

Il faut noter par ailleurs que le coût total de la mission ne peut être de sept milliards de dollars, tel qu'avancé par La Presse hier, car un tel calcul inclut les dépenses régulières (frais fixes) que les Forces canadiennes devraient assumer même si les militaires étaient restés au pays (salaires, avantages sociaux, entretien normal des véhicules, utilisation des munitions pour l'entraînement, etc.). Pour obtenir le chiffre le plus représentatif des coûts de la mission en Afghanistan, il faut uniquement tenir compte des «coûts additionnels» engendrés par le déploiement des soldats à l'étranger, qui se chiffrent maintenant à cinq milliards de dollars.

Il ne faut pas non plus confondre les «coûts additionnels» avec des dépassements de coûts imprévus. Les Forces canadiennes révisent le budget de la guerre régulièrement et ajustent les montants. Ainsi, les coûts de la mission pour l'année 2007-08 devraient être légèrement au-dessus d'un milliard de dollars, mais il ne s'agit pas d'une facture imprévue. À titre de comparaison, les coûts de la mission l'an dernier (2006-07) avaient été de 803 millions.

Malheureusement, le ministère de la Défense n'a pas été en mesure d'expliquer la hausse de 500 millions anticipée d'ici février 2009, même si Le Devoir a demandé les informations jeudi dernier. Il faut savoir que les communications du ministère de la Défense sont maintenant sous le contrôle du bureau du premier ministre et du Conseil privé, qui supervisent les informations transmises aux médias, ce qui ralentit le processus.

Hélicoptères

Inactif en ce qui concerne la planification financière de la mission, le gouvernement Harper est au contraire très actif pour dénicher des drones (petits avions sans pilote) et des hélicoptères de transport, ce qui remplira l'une des recommandations majeures du rapport Manley.

La Pologne a déjà annoncé qu'elle fournira deux hélicoptères MI-17 d'origine russe pour aider le Canada à Kandahar. Mais les experts estiment qu'il faut entre six et huit hélicoptères pour remplir les besoins du Canada.

Pour cette raison, le gouvernement Harper est actuellement en négociation avec Washington pour louer ou acquérir six hélicoptères de transport Chinook (un gros appareil à deux hélices), construit par le géant Boeing.

En 2006, Ottawa a signifié son intention d'acheter 16 Chinook, mais ils ne seront pas livrés avant la fin de 2011 puisque le Canada exige des appareils ultra-équipés et plus polyvalents. Or les soldats ont besoin des hélicoptères bien avant cette date.

Deux options sont sur la table avec les Américains: louer des appareils d'occasion ou encore accélérer l'achat de six Chinook plus modestes.

Pour la location des hélicoptères, il s'agirait de procéder comme les Forces canadiennes l'ont fait avec les chars d'assaut Léopards 2 loués de l'Allemagne. Le Canada utilise 20 de ces véhicules lourds, sans frais, en attendant que sa commande de 100 chars d'assaut soit prête. Ottawa doit toutefois retourner les 20 chars d'assaut dans l'état où ils étaient avant la location.

Le gouvernement Harper étudie aussi la possibilité d'acheter des hélicoptères Chinook plus modestes, calqués sur le modèle utilisé par l'Armée américaine, en attendant de recevoir le modèle qu'il désire. Mais pour ce faire, il faudrait que Washington accepte de céder sa place dans la chaîne de montage des Chinook, puisque la US Air Force a priorité dans la livraison des commandes. Ce stratagème a été utilisé pour obtenir plus rapidement l'avion de transport C-17 de Boeing acquis par le Canada en 2007.

«Nous sommes en négociation avec les États-Unis et il y a plusieurs options envisagées. On ne peut pas en dire plus pour l'instant», a soutenu au Devoir Jay Paxton, porte-parole du ministre de la Défense. Il affirme toutefois qu'une entente est «très proche» avec Washington.

Dans le cas des drones de surveillance, Ottawa va lancer d'ici quelques jours un appel d'offres pour louer ces avions sans pilote. Le plan de location, d'un budget de 120 millions, permettra aux soldats sur le terrain de recevoir les appareils pour février 2009 au plus tard. Les drones que le Canada manoeuvre actuellement, les Spewers, seront donc ramenés au pays pour faire place à une technologie plus moderne. Les nouveaux drones, probablement des Predators américains, ont une meilleure autonomie et sont mieux adaptés aux conditions difficiles de l'Afghanistan. Les Spewers du Canada ont été conçus pour une surveillance dans l'Arctique.
 
 
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  • Alexandre Gosselin
    Abonné
    mercredi 12 mars 2008 00h17
    Question à cent piasses pour de fins politiques
    Qui pourrait me dire comment le gouvernment Harper réussi à si bien survivre après des nouvelles comme celles-la. Comment fait-il pour endormir les Québécois, si historiquements pacifistes? Quel jeu politique utilise-t-il pour qu'aucune grande manifestation ni même contestation médiatique n'apparaisse?

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 09h03
    STOP
    STOP Ottawa est en train de nous noyer sous les coûts d'une mission injustifiée. Cessons de faire les inconséquents. Nous paierons ces folies pendant des décennies. Quel beau cadeau pour nos enfants et petits enfants !

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    mercredi 12 mars 2008 10h04
    Choisir de ne pas être transparent
    Il est tout à fait inacceptable que le gouvernement Harper veuille faire approuver par la Chambre des communes une prolongation de la mission en Afghanistan sans présenter une estimation des coûts de cette prolongation. Le gouvernement veut un chèque en blanc.

    Le manque de transparence au niveau des coûts totaux de cette mission n'est pas nouveau. On a voté de participer à cette mission et de changer notre contribution sans mettre sur la table les coûts attendus de ces décisions. Il est clair que le gouvernement préfère ne pas bien informer sur les coûts passés, présents et futurs de ce projet.

    Je suis d'accord avec l'idée que pour mesurer les coûts liés à la contribution de la Défense nationale il faut tenir « compte uniquement des «coûts additionnels» engendrés par le déploiement des soldats à l'étranger ». Cependant, il faut inclure dans le coût total de notre intervention en Afghanistan les dépenses du gouvernement canadien dans ce pays par le biais de ses programmes d'aide internationale.


    Jean-Pierre Aubry
    Économiste

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 12 mars 2008 10h17
    Les coûts en vies Humaines
    « Plus de 8000 personnes ont été tuées dans des combats ou des attaques-suicides en 2007, dont un peu plus de 1500 civils. Cela se traduit par une moyenne de 666 (8000 ÷ 12 mois = 666) morts par mois, comparativement à 425 en 2006. Il s'agit d'une augmentation de 57 % (666-425= 241, soit 241 ÷ 425 = 56.7%).

    ( http://www.radio-canada.ca/nouvelles/
    International/2008/03/11/003-onu_afghanistan.shtml )

    Des milliards de vos impôts pour une occupation qui entraîne la mort de 666 personnes par mois.

    Il faut se demander si ce manque de respect pour la vie est conforme aux valeurs canadiennes?

    Le même gouvernement qui dépense des milliards pour des tueries, veut passer des lois pour rendre l'avortement criminel, par respect pour la vie.

    Le même gouvernement va bientôt proposer la peine de mort au Canada.
    Un jour on condamnera à la peine de mort ces mères indignes qui se sont faites avortées.
    Ainsi que ces médecins avorteurs.
    La peine de mort par respect pour la vie!

    Des milliards pour des tueries et on économise sur les élections.
    La démocratie est un luxe, mais les tueries sont un «investissement».

    Il est grand temps que les Canadiens prennent leur politique en main.
    Il est grand temps que les Canadiens réfléchissent sur ce que sont leurs "valeurs".

    Il est grand temps que les Canadiens s'ouvrent les yeux bien grands pour voir la réalité en face et prennent conscience qu'on manipule leur opinion.

    Il faut réfléchir sur ce que veut dire "démocratie", "respect de la vie humaine", "dignité humaine", "occupation", etc.
    Il faut cesser de prendre le discours médiatique comme un abreuvoir de vérités. Il faut s'efforcer de s'attarder aux faits et à la réalité sur le terrain.


    Le coût en $$ est indécent, le coût en Vies Humaines, l'est encore plus!


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 10h24
    Dire OUI ou NON à la guerre par les votes
    Si on est en faveur d'allonger de 2 ans la participation du Canada à la guerre en Afghanistan, on devrait voter, à la prochaine élection fédérale, Libéral ou Conservateur pour être logique.

    Si on est contre, faudrait voter Bloc ou NPD, autrement, on croit une chose et on vote pour un parti qui préconise le contraire, pas fort.

  • NOrmand Beaudet
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 10h41
    La solution, les hélicoptères.
    La solution de nos valeureux politiciens aux morts successives de militaires. Des vieux Chinook américains.

    Au lieu de s'entraîner au "jeu du démineur", nos soldats vont maintenant servir à l'entraînement au "tir au pigeon d'argile" pour les combattant talibans.

    Décidément on apprend pas! Les missiles portables sol-air, et même les AK-47 des combattants contre l'armée rouge ont détruit de nombreuses hélicoptères lors de la précédente occupation de l'Afghanistan.

    C'est probablement un des moyens de transport les plus vulnérables en situation de guerre à cause de leur basse vitesse et des difficultés qu'entraînent les manoeuvres en haute montagne. Les américains dépensent des millions en leurres et en équipement de sécurité de tout genre pour éviter de faire détruire les leurs une à une.

    Nos soldats se font tuer en situation d'approvisionnement. On peut comprendre l'utilisation d'hélico pour des déplacement tactic de combat, même si c'est dangeureux pour les soldats.

    Pour l'approvisionnement régulier des troupes, ça semble une sinistre farce d'un autre marchand de canons à laquelle ont mordus nos naïf politicien.

    Au lieu de mourrir de un à trois à la fois, nos militaires mourront à la demi douzaine et à la dizaine. Chose certaine, ils seront morts.

    Plus d'embêtants blessés.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 12h24
    Le Tant par Taliban
    Faudrait que notre gouvernement fédéral Con-servateur nous rapporte son degré d'efficacité en Afghanistan, ça pourrait être le : TANT PAR TALIBAN ou comment ça coûte de tuer un Taliban, principalement s'il est du genre méchant et si sa mère talibane l'est aussi.

    Disons qu'un mois de dépenses en Afghanistan nous coûte 10 millions de beaux dollars canadiens "minimum" et que nos valeureux soldats, envoyés là par Ottawa, tuent une moyenne de 50 Talibans méchants par mois "on oubliera les quelques bons Afghans qui passaient par là par hasard" qui sont tués et qui n'ont eut qu'une jambe ou autre chose d'arraché.

    On divise 10 millions de dollars canadiens par ce 50 Talibans, ce qui ne fait que 200 000 $ en moyenne pour tuer un Taliban. Si l'année suivante, la moyenne d'efficacité se situe à, disons, 150 000 $, on pourrait dire et écrire : On a amélioré le facteur TANT PAR TALIBAN de 25 %.

    Notre gouvernement fédéral Con-servateur doit trouver dommage que l'Afghanistan n'ait pas de frontière sur la mer parce que nous aurions pu nous servir de nos sous-marins presque neufs, achetés de l'Angleterre, la mère-patrie des fédéralistes anglophiles, pour aller les torpiller pour faire diversion.

  • Michel Lauzon
    Inscrit
    mercredi 12 mars 2008 16h08
    La date de retrait est un faux débat, Duceppe nous trahit.
    Débattre de la date de la fin de la guerre est une tactique de basse classe ainsi qu'une trahison du peuple qui ne veut pas de guerre.

    Nous sommes plus de 75% contre ET demandons un retrait immédiat.

    Cette guerre a été décidée en 4 jours , 4 jour après le 11 Sept. 2001 que plusieurs considèrent comme un autre opération "false flag" typique pour justifier des guerres et des diminutions des droits constitutionnels.

    Rien de neuf la dedans, chaque guerre américaine a été précédée d'un coup monté renforcé par les médias.

    Depuis 3 ans on discute de la fin de la guerre.
    Le Bloc demande une date qui suit toujours la même équation :

    date de la fin = aujourd'hui plus un an.

    Il est faut de dire que Duceppe et Dion veulent mettre fin à la guerre et veulent signer Kyoto.

    Duceppe et Dion ne font rien en prétextant une peur électorale qui est de la foutaise. Il suffirais de déclancher une élection sur le thème de la guerre pour gagner.

    Duceppe et Dion sont "temporairement" pour la guerre-reconstruction depuis 2001 non ?

    Pourquoi ne parlent ils pas de Kyoto ? Parce que Kyoto amène la paix et ces 2 clowns font semblant de vouloir la paix.

    Pourquoi sommes nous en guerre en Afghanistan ? Tout les pays limitrophes de l'Iran ont de sérieux problèmes avec la CIA qui s'arrange pour tous les déstabiliser. (Même le PKK de Turquie reçoit de l'argent de la CIA, ils rencontrent aussi des officiers américaains dans le nord de l'Iraq alors qu'ils sont sur la liste des terrorristes de Washington).

    Les analystes de gauche comme de droite s'attendent à un autre faux attentat terrorriste suivit d'une frappe aérienne de l'Iran par Israël suivit des USA.

    La probabilité de cette frappe est élevée, surtout quelques mois avant les présidentielles. Pourquoi pas un peu avant les jeux olympiques ?

    John Manley recommande la guerre mais il est patron des comités privés du Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité (de qui?).

    Son action est dénoncée par le Parti de l'Action Canadienne ainsi que par n'importe quel gauchiste.

    Le plan Manley c'est de nous enfoncer vers un "North American Union", un étât militarisé, un seul gouvernement, une seule monnaie, une seule police qui serait aussi partie de la seule armée.

    Duceppe et Dion ne sont que de tout petits pions servant à tenir une pièce de théatre, celle d'un gouvernement minoritaire qui fait ce qu'il veut.

    Messieurs Duceppe et Dion : on espère que c'est payant de nous vendre. Si vous croyez réellement dans la guerre prenez vous un fusil et allez y vous battre. CVe serait plus courageux que d'envoyer de jeunes naïfs aller se faire tuer en votre nom pour votre profit.

    Ce n'est pas au nom du Canada que cette guerre est faîte. Le Canada ne veut PAS de guerre.

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