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Revue de presse - D'erreur en erreur

Manon Cornellier   8 mars 2008  Canada
Le gouvernement Harper a vécu une semaine difficile. Des erreurs de jugement passées et récentes sont venues le hanter et ont provoqué une pluie de critiques sévères.

Il y a encore l'affaire Cadman, de ce défunt député à qui on aurait offert une aide financière, sous la forme d'une police d'assurance vie, au dire de sa femme, en échange de son vote pour défaire le gouvernement Martin. Le Times & Transcript, du Nouveau-Brunswick, est l'un des rares membres du club des sceptiques, avec Michael Smyth, du Vancouver Sun; ailleurs, comme au Halifax Chronicle-Herald et au Calgary Herald, on trouve qu'il y a trop de questions sans réponse et qu'un examen indépendant s'impose, que ce soit par le Comité sur l'éthique ou par la GRC.

Selon Don Martin, du Calgary Herald, le premier ministre doit clarifier les réponses qu'il a données à un journaliste il y a deux ans et demi. L'enregistrement de la conversation est clair. Harper y parlait bel et bien d'une offre de «compensation financière». Si l'esquive se poursuit, dit Martin, «la tache sur le bilan de Harper va s'étendre et ses démentis de toute transgression éthique ou même légale vont sonner de plus en plus creux»

Le Globe and Mail exige lui aussi une explication crédible. «D'ici là, les soupçons vont planer.» Le Toronto Star se demande d'ailleurs pourquoi il est si difficile pour le premier ministre d'offrir des réponses simples à des questions précises. Il croit que, si les conservateurs n'ont rien à cacher, ils ne craindront pas une enquête du Comité sur l'éthique. Ce qui amène le Star à s'interroger dans un deuxième éditorial sur les raisons qui poussent le NPD à s'opposer à pareille enquête.

Dans une autre chronique parue dans le National Post, Don Martin tient à préciser cependant que tous les partis ont tenté à un moment ou à un autre d'«acheter» des députés pour leur appui. Poste diplomatique, nomination, siège au conseil des ministres, les exemples abondent. Martin trouve donc que les libéraux font preuve d'une certaine hypocrisie dans cette affaire. Le chroniqueur rappelle l'entrée au cabinet de Belinda Stronach, la tentative de recrutement de Germant Grewal — ratée — et celle plus réussie de Scott Brison. Dans la même veine, Barbara Yaffe, du Vancouver Sun, se demande où s'arrête l'offre légitime et où commence le pot-de-vin.

Brouillage diplomatique

La fuite d'une note diplomatique laissant entendre que le candidat démocrate Barack Obama ne pensait pas ce qu'il disait en promettant la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain a semé l'inquiétude. Le Star Phoenix, de Saskatoon, craint que le Canada ne souffre de cette ingérence dans la campagne américaine. Le Toronto Star note que, si Obama devait devenir président, cette fuite n'aiderait pas à améliorer les relations canado-américaines. Que le gouvernement Harper en soit responsable ou pas, le mal est fait, pense le quotidien, même dans le clan Clinton qui a durci le ton face au libre-échange.

Selon Lawrence Martin, du Globe and Mail, les explications offertes par le gouvernement dans les affaires Cadman et Obama sonnent faux. Dans les deux dossiers, dit-il, «il est difficile de donner le bénéfice du doute au gouvernement. Dans chacun des cas, sa crédibilité est suspecte». Alan Ferguson, du Vancouver Province, fait lui aussi un lien entre les deux dossiers. Il dit que, dans les deux cas, «le premier ministre a l'air d'un politicien amateur» et que ces incidents font comprendre qu'on a peut-être surestimé ses instincts politiques.

Bisbille chez le voisin

Le ton monte entre Ottawa et Queen's Park. Les attaques répétées du ministre des Finances, Jim Flaherty, contre la politique fiscale du premier ministre ontarien, David McGuinty, ont suscité la réprobation de la plupart des quotidiens de la province. Le Toronto Star invite les conservateurs à se rappeler que c'est en Ontario qu'ils doivent faire des gains en vue d'une éventuelle majorité, un argument repris par le Toronto Sun. De l'avis du Star, le moment est bien mal choisi pour insulter l'Ontario et y décourager les investissements. «Flaherty semble en train d'auditionner pour un autre rôle, soupçonne le Star: celui de chef de l'opposition à l'assemblée législative ontarienne.»

Dans une province près de chez vous

Pendant que les conservateurs font tout pour réduire le rôle du fédéral, Carol Goar, du Toronto Star, observe un phénomène intéressant. Les provinces ont repris l'initiative en matière de politiques publiques. Alors qu'elles avaient tendance par le passé à demander à Ottawa de lutter contre les changements climatiques ou la pauvreté, elles ont maintenant entrepris de s'y attaquer elles-mêmes, dit Goar, qui offre une série d'exemples. La Colombie-Britannique a introduit le mois dernier une vraie taxe sur le carbone. L'Alberta a mis en avant un plan audacieux de réduction des temps d'attente en orthopédie sans pour autant opter pour la privatisation. Le Manitoba offre maintenant un financement stable à ses municipalités. L'Ontario vient d'adopter un plan de relance de son secteur manufacturier. Le Québec est à l'avant-garde en matière de services de garde, de lutte contre la pauvreté et d'économie sociale. La Nouvelle-Écosse a adopté une stratégie en matière de santé axée sur la prévention. En bonne Ontarienne, Goar soutient qu'elle préférerait que ces approches s'inscrivent dans une vision nationale. «Mais la Confédération, avec ses tensions et ses accrochages, est résiliente. Quand un ordre de gouvernement se retire de la vie des gens, les autres prennent la relève», se félicite-t-elle.

Suite et fin

Acheter une maison coûte cher? À Vancouver, le mot est faible. Selon le Vancouver Province, le prix moyen d'une maison unifamiliale dans la grande région de Vancouver a atteint 921 000 $, une augmentation de 14 % par rapport à février 2007...

mcornellier@ledevoir.com
 
 
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  • André Chamberland - Inscrit
    8 mars 2008 09 h 39
    Les canadiens sont maso
    N'ayant d'autres loisirs que la télé-réalité politique, les Canadiens ne manquent aucun des feuilletons à tous les niveaux de gouvernement. Ils réélisent en alternance des bleus et des rouges et suivent les match de corruption et de fraude, de mensonge et de duperie, de patronnage etc.
    Quoi de mieux pour se faire souffrir que de réélire nos vieux partis ?
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