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Les pro-vie crient victoire

Le projet de loi sur les foetus est vu comme une étape vers la recriminalisation de l'avortement

7 mars 2008  Canada
Ottawa — Les traditionnelles lignes de fracture entre les groupes pro-vie et pro-choix ont refait surface hier, au lendemain de l'adoption en seconde lecture du projet de loi reconnaissant les foetus comme des victimes à part entière lorsqu'une femme enceinte est attaquée. L'organisme s'opposant à l'avortement au Québec s'est réjoui de ce qu'il considère comme la première étape vers la recriminalisation de cet acte médical.

«J'en suis extrêmement heureux», a indiqué hier au Devoir Luc Gagnon, le président de Campagne Québec-vie, un groupe pro-vie comptant «plusieurs milliers» de membres dans la province. «Ce projet de loi est un début de reconnaissance des droits des foetus, qui avant étaient laissés dans les limbes comme si c'étaient des êtres qui n'existent pas.» Il ajoute que «cette existence légale pourra avoir des conséquences légales et déboucher sur le droit à la vie. Il est certain que ça fait partie d'un ensemble juridique, d'un ensemble politique. Un être humain qui a des droits quand il fait l'objet de violences, il a d'autres droits.»

Campagne Québec-vie avait milité au cours des derniers mois en faveur du projet de loi conservateur. «J'en ai parlé dans notre bulletin, raconte M. Gagnon. Nous incitions nos membres à appuyer le projet de loi, à contacter leur député, à faire des efforts pour que ce projet de loi soit adopté.»

M. Gagnon était furieux qu'aucun député du Bloc québécois n'ait apporté son appui au projet de loi. «C'est vraiment une honte pour le Québec, c'est un scandale.» Il était d'autant plus fâché que le député et prêtre Raymond Gravel a voté contre. «Il devra éventuellement encourir des peines canoniques.» Selon lui, cela s'ajoutera au lourd «dossier incriminant» de cet abbé pas très catholique.

Le projet de loi C-484 a été adopté en seconde lecture mercredi soir par la Chambre des communes par un vote serré de 147 à 132. Seulement 11 femmes ont voté pour. Il n'a toujours pas force de loi puisqu'il doit encore être étudié en comité parlementaire. Il s'agissait d'un projet de loi dit «privé», c'est-à-dire piloté par un député. Il vise à faire en sorte, par exemple, que le meurtrier d'une femme enceinte soit accusé non pas d'un, mais de deux meurtres. Les groupes de défense du droit à l'avortement y voient au contraire un cheval de Troie qui placera, d'un point de vue légal, les droits des futures mères et ceux de leur foetus en compétition.

Harper appuie la loi

Le député parrain de la loi, Ken Epp, a récolté des appuis de taille. Le premier ministre Stephen Harper a voté en faveur de sa loi, tout comme 118 des 122 députés conservateurs présents en Chambre (sur 126). Les quatre s'étant opposés à cette loi sont les ministres Josée Verner, Lawrence Cannon et Gordon O'Connor ainsi que la députée Sylvie Boucher.

L'indépendant André Arthur a voté en faveur. Chez les libéraux, 27 députés ont fait de même, soit principalement les membres du caucus informel pro-vie. Le chef Stéphane Dion n'était pas en Chambre pour le vote. Tous les bloquistes présents (45) ont voté contre, y compris Gilles Duceppe. Chez les néo-démocrates, seul Peter Stoffer a voté en faveur du projet de loi. Le chef Jack Layton a d'ailleurs indiqué qu'il exigerait des explications. «C'est évidemment le début d'une recriminalisation de l'avortement et c'est la raison pour laquelle le NPD s'oppose à ce projet.»

Les députés qui appuyaient ce projet de loi ont organisé une petite fête en fin de soirée mercredi pour célébrer leur victoire. Ken Epp confirme qu'elle a bien eu lieu mais qu'il n'a pas pu y participer. M. Epp avait la victoire modeste hier, rappelant que son projet de loi devait encore passer l'étape du comité parlementaire — où des projets de loi du gouvernement doivent être étudiés en priorité — puis celle du Sénat.

Inspirée de la droite religieuse américaine

M. Epp voudrait faire taire ses détracteurs qui associent son projet de loi à une tentative hypocrite de recriminaliser l'avortement au Canada. «Une femme enceinte qui marche dans la rue en promenant son petit chien et en tenant un sac à main sait que, si on s'attaque à son chien ou si on lui vole son sac, la loi prévoit des sanctions. Mais si on s'en prend à ce qui lui tient le plus à coeur, son bébé, il n'y a rien.» Seuls cinq meurtres de femmes enceintes ont été recensés au Canada.

Le projet de loi stipule clairement qu'il n'a pas pour but de criminaliser l'avortement, mais les groupes pro-choix n'en ont cure. «Une fois qu'une personne aura été reconnue coupable de meurtre sur un foetus, la Cour suprême pourra utiliser ce verdict comme un précédent pour conclure que le foetus est un être humain», indique Patricia Larue, directrice générale de l'Association pour la liberté de choix. Et, d'ajouter Joyce Arthur, de la Coalition pour le droit à l'avortement, «une fois que les foetus seront reconnus comme des personnes, nous aurons perdu la bataille»!

«Il y a 37 États aux États-Unis qui ont des lois similaires, ajoute Mme Arthur. Plusieurs contiennent une telle clause à propos de l'avortement et, pourtant, cela n'a pas empêché des femmes d'être arrêtées et poursuivies dans ces États.» Elle rappelle le cas de Gerardo Flores, au Texas, qui avait sauté sur le ventre de sa jeune copine à la demande de celle-ci dans le but d'interrompre sa grossesse. Il a écopé d'une peine de prison à vie. La jeune femme n'a pas été poursuivie car l'avortement est encore légal...

Campagne Québec-vie n'est pas le seul groupe pro-vie à avoir associé ce projet de loi à une première étape vers la recriminalisation de l'avortement. Un groupe d'intérêt a notamment été lancé sur le populaire site Facebook en faveur du projet de loi C-484, décrit comme «une importante étape vers la recriminalisation de l'avortement».

Les élues libérales avaient la mine déconfite après le vote mercredi soir. En privé, plusieurs ont exprimé leur mécontentement envers leurs collègues masculins du caucus qui ont, par leur vote, permis de faire passer cette loi. Elles se sont promis de s'atteler à la tâche et de faire des représentations afin que le prochain vote soit négatif.

«Les gens qui ont voté en faveur de cette loi ne savaient peut-être pas que c'est précisément le mécanisme qu'a utilisé la droite religieuse aux États-Unis pour rouvrir le débat sur l'avortement», explique la députée Bonnie Brown.

M. Dion a pris la peine de préciser que le vote de ses 27 députés ne reflètent pas la position du Parti libéral. Il se réjouit que le vote n'avait pour but que d'envoyer le projet de loi en comité. «Si c'était un vote plus déterminant qui affecterait directement la population canadienne, on regarderait cela de plus près.»

La Bloc québécois a interrogé la ministre Josée Verner en Chambre des communes. «À la veille de la Journée internationale des femmes, c'est avec indignation que nous avons vu le projet de loi [...] être adopté», a lancé Nicole Demers. «Puisque la ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles a voté contre, entend-elle venir en comité défendre sa position et est-elle prête à tout faire pour convaincre ses collègues?» Mme Verner a seulement répondu qu'elle n'avait pas «de leçon à recevoir sur comment [elle] souhaite aborder cette question».
 
 
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  • Pierre-Luc Carmel Biron
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 01h50
    Ces activistes pro-vie me donnent la chair de poule
    Est-on en 2008 ? J'éprouve une sensation désagréable, celle d'avoir effectué un immense bond dans un passé oppressant. Une bible d'une tonne vient de s'abattre sur la modernité. Quelle horreur. Je les vois déambuler avec des torches et allumer des bûchers.

    Ce projet de loi marque la législation du sceau de croyances qui n'ont pas leur place au parlement.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 04h13
    À lire la chronique de Mme Payette
    Pour alimenter votre réflexion, lisez avec attention Mme Lise Payette.

    « Le féminisme comme garde-fou... et comme garde-folle »

    Aujourd'hui, dans Le Devoir.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 06h46
    Contradiction
    Comment une même personne peut-elle à la fois refuser de reconnaître un foetus comme être humain s'il n'est pas viable, et le reconnaître comme ête humain si la mère est victime d'un accident. Appelons les choses par leur nom. Un avortement provoqué est un meurtre légalisé.
    Paul Lafrance
    Québec

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 09h06
    Étrange parenté idéologique
    Alors qu'on pourrait s'attendre à ce que les pro-vie soient des leaders de groupements en faveur d'un soutien total à la maternité, même chez les femmes célibataires par obligation ou par choix, on les retrouve inmanquablement accoquinés avec les groupes d'extrême droit qui n'ont de respect que pour ceux qui se soumettent à leurs valeurs religieuses.
    Félicitations à Gravel, O'Conner, Verner, Cannon et Boucher ! C'est à se demander ce que ces quatre derniers font dans les rangs d'un parti conservateur.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 09h26
    Contradiction
    Peu importe le fait que ce projet de loi stipule clairement qu'il n'a pas pour but de recriminaliser l'avortement, les militants pro-choix ont pleinement raison de craindre son adoption. Dans cette éventualité, deux lois seraient ainsi en contradiction flagrante : d'un côté, il y aurait statut quo quant à la légalité de l'avortement, et de l'autre on accuserait de meurtre une personne ayant causé la mort d'un foetus, lui reconnaissant de fait le droit à la vie et par conséquent le considérant comme être vivant. Ceci dit, comment feront alors les tribunaux pour départager ce droit à la vie et le droit de la mère de disposer de son corps comme elle l'entend ?

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 09h28
    Quand une femme se fait avorter à 30 semaines
    C'est permis et payer par notre gouvernement, mais si un homme dans un geste de colère tue sa femme et le foetus en question a 15 semaines c'est un double meurtre...
    Voila encore du sexisme et de l'inégalité des sexes dans les lois. Il ne faut pas oublier que la majorité des universitaires sont maintenant des femmes ....et sont plus susceptible d'aller voter que les hommes qui sont de moins en moins instruit...

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 10h41
    Après la criminalisation de l'avortement...
    Après la criminalisation de l'avortement...

    La prochaine loi sera le rétablissement de la peine de mort.

    C'est ce que l'on appelle le respect de la vie.

    Après la criminalisation de l'avortement...

    On votera un budget militaire augmenté pour mieux tuer les agents du mal.

    C'est ce que l'on appelle le respect de la vie.


    Après la criminalisation de l'avortement...

    Peut-être aurons-nous la lapidation en public de tous ces avorteurs criminels ainsi que de ces mères indignes.

    C'est alors que le bien triomphera et que dieu sourira.

    Luttons pour faire triompher le bien.
    God! God! God!
    Allah! Allah! Allah!
    Yahvé! Yahvé! Yahvé!

  • Éveline Boudreau
    Inscrite
    vendredi 7 mars 2008 11h12
    Une autre preuve
    Projet de loi privé, oh, ne n'est là qu'un autre stratagème du parti conservateur. C'est bien là une autre preuve des valeurs qui animent Steven Harper et son parti. C'est très très inquiétant! Puisse les Canadiennes et Canadiens s'en souvenir lors du prochain scrutin. Et que l'on ait voté à 147 en faveur et 132 contre, ça aussi c'est inquiétant. Que les dieux nous protègent d'un gouvernement conservateur majoritaire!

    Je suis d'accord avec H. Buzzetti - le présent gouvernement conservateur a déjà grandement fait régresser la vie des femmes au Canada. Et que serait un gouvernement majoritaire conservateur en mesure de faire s'il était majoritaire? Cela dépasse nos immaginations...

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 11h28
    Avis aux députés du Bloc québécois
    Même s'ils ont tous (l'abbé Gravel était sans doute absent) voté, hier, contre le projet touchant les droits du foetus, les députés du Bloc devraient se souvenir que ce ne sont pas tous leurs partisans qui sont du même avis. Loin de là !

    En effet, beaucoup d'électeurs bloquistes - et ce ne sont pas des gens de la droite religieuse - ne sont pas nécessairement toujours en faveur de l'avortement, surtout compte tenu des problèmes de natalité que connaît actuellement le Québec !

  • Mathieu Beauvais St-Pierre
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 11h52
    Et puis quoi?
    On va obliger les foetus à rentrer à l'école à six mois? Les mères dérangées vont-elles pouvoir poursuivre en justice leur foetus parce que celui-ci lui frappe dans le ventre?

    En tant qu'organe symbiotique, la perte d'un foetus suite a un acte criminel devrait être prise au même compte que la perte d'un autre organe interne tel un rein. Affubler une partie de corps de droits spécifiques a un corps entier autonome c'est un malheureux et ridicule précédent qui dans ce cas sert évidemment à faire entrer par la bande un futur jugement pro-vie de la part de la cour suprême. Le gouvernement pourra alors en toute impunité ignorer le jugement de cette même cour qui autorisait l'avortement et introduire une loi contre l'avortement. Malheureusement pour eux, si cette loi est testé en cours suprême, elle sera probablement encore renversé puisque le jugement antérieur s'appuie non pas sur une loi mais sur la constitution et sur la chartre des droits et libertés.

  • camelot
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 12h51
    Abus
    On ne le répètera jamais assez, l'avortement n'est pas un moyen contraceptif. Seules celles dont la vie est menaçée, ou qui sont victimes d'actes criminels devraient y avoir recours. Lors de la "Grande Saignée" au XIXè siècle, un million de Québécois sont partis aux États-Unis. Depuis vingt ans, on avorte plus de 50 000 fois par an au Québec. Multiplié par 2o ans, cela dépasse un million de petits Québécois qui n'ont pas vu le jour. Terrifiant non ?

  • Dominique Cousineau
    Abonnée
    vendredi 7 mars 2008 15h06
    Que de démagogie...
    Pourrait-on cesser de comparer des pommes avec des oranges et d'embrouiller les cartes en mélangeant les débats? Que vient faire la dénatalité dans le débat sur le droit à l'avortement? Devrait-on obliger les femmes, peu importe leur situation, à porter des enfants qu'elles ne désirent pas parce que le petit couple moyen ne désire généralement pas faire plus de deux enfants (souvent moins). Les fera-t-on adopter aux États-Unis tant qu'à y être, comme c'était souvent le cas quand nos crèches débordaient?

    Si on souhaite réellement augmenter le taux de natalité au Québec, travaillons donc sur des mesures positives, soutien à la famille, congés parentaux innovateurs, un réseau CPE qui satisfasse vraiment à la demande et offre un éventail de choix (temps plein/partiel/halte/point de service éducatifs), logement social, programmes d'aide à l'accession à la propriété... Régime de Prêts et Bourses tenant compte de la situation familiale (voir si on fait cinq enfants quand le jeune couple peine à rembourser 50 000$ de dettes d'études - et comment dans ces conditions penser à s'endetter davantage en achetant un maison pour loger tout ce beau monde!).

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 15h47
    30 000 morts au combat chaque année!
    Cette victoire pour l'ordre moral naturel est cependant un peu courte. Cela ne nous redonnera jamais la population de la ville de Rimouski qui disparaît chaque année sur la carte de notre avenir démographique depuis que l'avortement constitue une sorte d'autogénocide légalisé!

  • Robert Côté
    Abonné
    vendredi 7 mars 2008 15h54
    Copier-coller
    Ce qui se passe au Sud se passe au Nord.Les républicains et les conservateurs sont de la même trempe (sauce catho-retro),avec eux nous retournons 50 ans en arrière.L'intégrisme n'est pas seulement de l'autre côté de l'ocean.

  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 16h53
    Le grand vide
    Dans leur jugement de 1988, les juges de la Cour Suprême avait dit qu'il revenait au Gouvernement de refaire ses devoirs pour "harmoniser" les droits des femmes enceintes et les droits des enfants à naître. Par crainte de "représailles" politiques, aucun Gouvernement n'a osé s'avancer sur cette question depuis lors. Suite donc au jugement, on s'est retrouvé dans une sorte de vide résultant de l'absurde définition de l'humain inscrite dans nos lois où on ne "devient" humain, donc sujet de droits, uniquement lorsqu'on est complètement sorti vivant de ventre de notre mère. Ce qui fait qu'un foetus peut recevoir le statut d'humain après 7 mois de gestation et un autre après 9 mois, et que, théoriquement et caricaturalement, il serait légal d'avorter un foetus une minute avant l'accouchement ou même après lui avoir vu le visage car il ne serait pas encore complètement sorti vivant du ventre de sa mère!!! Vous avez dit absurde?

    Maurice Gauvreau

  • margarita farias
    Inscrite
    vendredi 7 mars 2008 17h30
    C'est mieux de se doter des lois pour criminaliser l'avortement que de lutter contre la faim des enfants
    Je comprends, la problématique est très complexe, surtout après ce que nous avons visionné au programme «Enquêtes», hier soir. Mais nous, les femmes risquons bien de perdre des acquis de longue lutte. Surtout quand il s'agit de la mère porteuse qui porte toute la responsabilité. Ces mêmes messieurs qui ont approuvé le projet en première lecture, sont-ils si responsables comme pour assumer la charge de tous ces enfants à naître et, à ce sujet, j'accuse parce qu' il s'agit des grands fonctionnaires bien payés. Est-ce qu'ils ont proposé une alternative à offrir aux femmes en besoin d'avorter...?
    D'autre part ces mêmes messieurs si bien intentionnés ont-ils déjà débattu un jour en Chambre sur le besoin de nourrir adéquatement tous ces enfants qui crèvent dans des pays pauvres?. J'accuse nos dirigeants avec leurs revenus bien assurés à vie grâce à leurs merveilleux investissements, de ses gains faramineux aux bourses et aux compagnies minières aux dépens de ces mêmes enfants qu'ils ignorent,
    Démontrez-nous que le sort des enfants nés vous tiennent à coeur pour pouvoir vous approprier d'autres droits inaliénables aux femmes.

    Margarita Farias-Pitt
    .Hatley,Qc

  • Rémi Caron-Bellemare
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 18h17
    Les femmes ne sont pas des usines à bébés
    En cette veille de la journée internationale des femmes je trouve désolant de voir des gens qui tentent d'imposer aux femmes le rôle de ménagère et de mère. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, les femmes occupent des emplois plus précaires et moins rémunérés que les hommes. Ce n'est pas une question de choix individuel mais le rôle que la société tente de leur imposer.

    Les soi-disant problèmes démographiques du Québec ne doivent pas hypothéquer l'avenir de la moitié de la population. Les femmes doivent pouvoir choisir si elles veulent ou non avoir des enfants.

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 21h31
    Regardons cela d'un autre oeil
    Comparons la femme qui se dit libre d'avorter à une autre situation.

    Pourrait-on dire que Brandon Pardi avait bien le droit de se déplacer, quand il a défoncé une clôture, avec sa bagnole, pour tuer une enfant de 3 ans, à l'Île-Perrôt?

    Il dira qu'il ne l'a pas fait exprès, mais s'il avait pris les mesures pour qu'un tel événement ne se produise pas, et compte tenu qu'il avait seulement un permis d'apprenti-conducteur, il aurait laissé sa bagnole dans sa cour, pas vrai? Et comme il ne l'a pas fait, il devra répondre de ses actes, donc il devra subir un procès, et servir la peine - très probablement de prison - qu'il recevra. Cela affectera probablement son plan de vie, mais c'est le prix à payer pour ses gestes. Je crois que tout le monde est d'accord là-dessus.

    Ramenons la comparaison à la femme, maintenant.

    Pourrait-on dire que la femme a bien le droit de disposer de son corps, après avoir eu des relations sexuelles de plein gré, pour tuer un enfant à naître?

    Elle dira qu'elle ne l'a pas fait exprès, mais si elle avait pris les mesures pour qu'un tel événement ne se produise pas, et compte tenu de tous les moyens de contraception existants, elle ne serait pas tombée enceinte, pas vrai? Et comme elle est tombée enceinte quand même, elle devrait répondre de ses actes, à savoir mettre l'enfant au monde, et lui donner le meilleur d'elle-même afin qu'il puisse avoir le meilleur avenir possible. Cela défera probablement son plan de vie, mais c'est le prix à payer pour ses gestes.

    Pourquoi tout le monde n'est pas d'accord là-dessus? Le gars qui tue un enfant avec sa bagnole doit faire de la prison - et on parlera de sentence-bonbon s'il n'en fait pas, mais la femme qui tue un enfant à naître avec un médecin devrait s'en tirer sans problème, et en plus faire payer les frais de son acte par la population. Où est la justice? Pourquoi les femmes s'en tirent OK, mais pas les hommes? Et tout cela n'est pas sexiste?

    Réfléchissez là-dessus, juste pour voir...

    Maintenant, mon propre point de vue: Si la femme veut se faire avorter, libre à elle, c'est son corps, ça lui appartient, du moment qu'elle en acquitte les frais. Si c'est elle qui paie pour se faire avorter, c'est elle qui portera la responsabilité de son acte, et c'est sa conscience qui vivra avec les conséquences. Par contre, si c'est moi, et tout le monde, qui paie, la responsabilité est absorbée, et les conséquences sont malheureusement vite oubliées. Le fait que l'état paie les avortements dans des cas de grossesses non-désirées, mais faisant suite à des relations sexuelles désirées, revient au même que si Brandon Pardi était parti tout simplement chez lui, après l'accident, et que l'état avait tout pris en charge.

    Bref, si la femme accepte d'avoir des relations sexuelles, et se retrouve enceinte, ce n'est pas à l'état d'assumer son avortement.

    Je pose une question, juste comme ça. Si la femme qui accouche et qui laisse son enfant en adoption est reconnue comme une mère irresponsable, comment devrait-on reconnaître une femme qui tue son enfant avant qu'il soit à terme?

  • Claudette Deshaies
    Inscrite
    samedi 8 mars 2008 10h03
    "Respect de la vie?"
    L'hypocrisie humaine et celles de la droite religieuse et politique en particulier, sont de taille. Ce sont les républicains, les conservateurs qui poussent la guerre et donc les tueries d'êtres vivants. Il semble que pour eux la vie ne compte que dans le sein d'une femme. Après la naissance, leur culte de la vie diminue sensiblement. A quelle sorte de conscience aveugle ces gens obéissent-ils?

  • crompre
    Abonné
    dimanche 9 mars 2008 12h34
    Et au Québec
    Et vous avez vu que le Parti Libéral concocte un plan pour donner des allocations familiales aux foetus? Pourquoi est-ce qu'il ne les donne tout simplement pas aux femmes enceintes?

  • crompre
    Abonné
    dimanche 9 mars 2008 12h44
    Conséquence
    On peut aussi voir dans l'adoption de ce texte une conséquence d'avoir un parlement composé d'homme dans une majorité écrasante. À un parlement masculin des lois sexistes.

  • Martine Bussieres
    Inscrite
    jeudi 1 mai 2008 08h21
    les droits d'uns, et des autres...
    Quand je lis "le droit de la femme de disposer de son corps comme elle le veut" ca me dégoute. Et si on y repense une seconde? Mon enfant n'est pas le prolongement de moi, il est une personne a part entière et l'était depuis la seconde de sa conception. Donc, l'avortement n'est pas le choix de la femme de "disposer de son corps comme elle le veut" puisque qu'elle décide de la vie ou de la mort d'un être a part entière! Il n'est pas une part d'elle, il est une création, une production d'elle. Mais il n'est pas ELLE.

    Ce droit que la femme a, et ce n'est pas un droit, c'est meme un devoir, est celui de se protéger si elle ne veut pas d'enfant. Ces femmes laissent tomber leur conscience avec leurs sous-vêtements??

    Et pourquoi mêler politique et valeurs fondamentales? Je lis "gens de droite", "républicains", "en faveur de la guerre"... Le fait que je sois contre l'avortement n'a rien a voir avec tout ca. J'ai mes propres valeurs, et elles ne suivent pas nécessairement les lignes d'un parti politique quel qu'il soit. Vous mêlez les trucs là. Et, je suis contre la guerre aussi...

    À ceux qui sont pour l'avortement, je vous invite à vous promener sur internet, sur des sites videos bien connus. Faites vos propres recherches, et voyez. C'est à vous faire pleurer... Cherchez le terme aborto. Vous en serez malade. Ces petits êtres sont tout ce qu'il y a de plus humain et vivant!

    Et avouons le, avec la societé que nous avons, ils sont bien plus humains que bien des gens autour de nous...

  • Finton Wade
    Inscrit
    dimanche 31 octobre 2010 11h40
    Le droit de tuer et- il plus grand que le droit à la vie?
    Un peuple qui tue la vie au début et en fin de vie ne mérite pas un pays! L'avortement tue des millions de bébés qui auraient pu aller en adoption.Et on parle de tuer les personnes malades en phase terminale et cela ira plus loin, les handicapés, les sans-abris- les assistés- sociaux.L'avortement à 9 mois est possible au Canada! C'est alors que ces belles canadiennes doivent aller chercher des bébés en Chine ou en Inde à la place de perpétuer sa propre race! Comment le Québec veut -il devenir un pays souverain en se basant sur l'immigration! C'est une antithèse!Les immigrants vont vouloir parler la langue universelle; l'anglais! Au Texas un jeune homme a sauté sur le ventre de sa copine à sa demande. Le jeune homme en en prison à vie tandis que la jeune femme qui lui avait demandé de le faire donc la planificatrice du meurtre est libre! Quel mensonge qu'est l'avortement!

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