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Sus à la censure d'État...

Un projet de loi conservateur suscite un torrent de critiques dans les milieux de la télévision et du cinéma

Stéphane Baillargeon   29 février 2008  Canada
Est-ce le retour de la censure au pays? En tout cas, Ottawa mérite de très fortes et fermes dénonciations pour son projet de loi rendant possible le retrait de l'aide financière à des productions pour le cinéma ou la télévision jugées «contraires à l'ordre public». La punition par la bourse pourrait même s'appliquer à des créations ayant déjà reçu l'aval d'organismes indépendants comme Téléfilm Canada.

«Je tombe en bas de ma chaise quand j'entends ça, dit Jacquelin Bouchard, président du conseil et chef de la direction du Groupe Pixcom inc, qui alimente une dizaine de réseaux canadiens avec ses productions télévisuelles. On est dans l'antichambre de la censure. Tout ce qui est illégal est déjà prévu et balisé par la loi, la pornographie infantile par exemple. Là, on semble entraîné vers une dangereuse zone grise. C'est renversant!»

Le Globe and Mail a lâché la bombe hier, en une. La nouvelle a été dénichée dans deux courtes lignes d'un volumineux projet de loi (C-10) modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu, rendu en troisième lecture au Sénat, ultime étape avant la sanction vice-royale. Le texte dit simplement qu'il est entendu que «le fait d'accorder à la production un soutien financier de l'État ne [doit pas s'avérer] contraire à l'ordre public».

La mutation légale propose de permettre au ministère du Patrimoine canadien d'intervenir pour retirer le crédit d'impôt ou demander des remboursements. Une porte-parole du ministère cite trois cas précis: la violence excessive, la propagande haineuse et la pornographie infantile. La création fautive serait financièrement asphyxiée.

«Ce n'est pas de la censure, a répliqué Annette Gibbons, directrice générale adjointe aux industries culturelles de Patrimoine Canada, au cours d'une conférence de presse téléphonique organisée hier après-midi... «La censure, c'est quand on dit qu'une production ne peut pas être montrée au public. Ce n'est pas ce qu'on fait. On dit que l'on ne veut pas financer certaines choses qui pourront être réalisées [sans subventions]. Le rôle de l'État est de bien gérer les fonds publics.» En plus, pour elle, «ces normes ne s'appliqueront pas à un nombre important de productions».

Mme Gibbons a ajouté que la modification traîne dans les cartons depuis 2003, soit lorsque les libéraux étaient au pouvoir. Hier, les partis de l'opposition en Chambre n'ont pas réagi.

«Ce n'est pas une idée nouvelle, dit la directrice adjointe. [...] Les critères d'admissibilité des programmes de financement culturel ont toujours exclu certains types d'oeuvre. Au fil des ans, nous avons reçu des oeuvres qui nous ont amenés à nous questionner. Par conséquent, nous avons regardé nos méthodes d'évaluation et nous en sommes venus à modifier légèrement nos anciennes méthodes. [...] Nous avons la responsabilité de faire en sorte que les deniers publics ne servent pas à produire certains types d'oeuvre.»

Lesquels précisément? Il est impossible de savoir combien de productions ont été affectées par la mesure de remise des crédits par le producteur depuis une douzaine d'années. «Ces renseignements demeurent confidentiels», dit la directrice adjointe, qui refuse maintenant de fournir un exemple clair d'une oeuvre qui pourrait subir les foudres étatiques. La porte-parole a ajouté que le ministère du Patrimoine voulait du même coup définir des «normes transparentes» pour distinguer les créations, soit celles liées aux trois cas précis susmentionnés (pornographie infantile, violence, etc.).

Les programmes fiscaux du Québec ne comportent pas de dispositions précises semblables. Ottawa consacre des centaines de millions de dollars par année au soutien de la production de films et d'émissions, par diverses mesures, dont les crédits d'impôt, équivalant à près de la moitié des frais de main-d'oeuvre, soit environ 12 % du coût net de la production. Les plateaux de tournage étrangers, bien que soutenus fiscalement par l'État, ne seraient pas touchés par la nouvelle loi.

Le jeux et les journaux télévisés, la téléréalité ou les films pornographiques ne peuvent déjà pas bénéficier des crédits d'impôt. La mesure proposée scruterait les productions sous perfusion étatique à la recherche d'images ou de propos jugés dégradants pour un groupe. Le jugement serait laissé à la discrétion d'un fonctionnaire, selon les informations données hier par Mme Gibbons.

Les avis laissent croire que la nouvelle loi devrait vite passer l'épreuve constitutionnelle. L'avocat David Zitzerman de Toronto, cité dans le Globe and Mail, parle d'une apparence de «censure» et de la volonté de l'État de s'arroger un rôle de «police de la morale». Selon lui, la nouvelle disposition sera contestée rapidement par le premier producteur touché.

Jean-Pierre Lefebvre, président de l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), ajoute en entrevue au Devoir que les lois sur la censure sont de compétence provinciale et que par cette lorgnette aussi se pointe une belle bataille devant les juges et les Parlements. «Mais sur le fond, si cette histoire n'est pas une farce monumentale, elle s'avère absolument très inquiétante. On retourne à la loi sur l'index du Vatican!»

Il souligne que sa profession s'avère déjà largement balisée par des règles, des lois et même par les chartes des droits et libertés. «À l'association, nous avons songé nous doter d'un code d'éthique il y a deux ans et nous avons finalement renoncé en constatant ce qui existait déjà juridiquement. Il y a des lois contre la propagande haineuse ou l'appel à la violence au pays. Soyons sérieux. Je ne croyais pas possible de voir arriver une telle chose au XXIe siècle.»

Il prédit un «tollé général» si l'État adopte la loi en l'état. «Personne ne va accepter ces mesures aléatoires et discriminatoires. Je peux même vous prédire que la réaction va s'étendre jusqu'en Europe et ailleurs.»

Vincent Leduc, président du conseil d'administration de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec, demande d'attendre avant de juger. «C'est une affaire compliquée, dit le dirigeant du méga-producteur Zone3. Il faudra voir ce que le législateur entend quand il parle de l'intérêt public. Qu'est-ce que ça veut dire?»

Autrefois, les institutions appliquaient des interdits autrement plus fermement, comme le montre le documentaire Les Ennemis du cinéma, sur l'histoire de la censure au Québec, pendant une cinquantaine d'années, jusqu'en 1967. Le Cinéma du Parc projette le film jusqu'au 12 mars. «La censure est le résultat d'un contrôle, et le contrôle s'exerce par le pouvoir et l'abus de pouvoir», dit le réalisateur. Il cite Roland Barthes, pour qui la censure est aussi bien ce qu'on empêche que ce qu'on oblige à dire.

La censure ne meurt pas dans nos sociétés: elle se transforme. La liberté d'expression a été acquise après de longues et de chaudes luttes au cours des siècles, mais ce combat semble sans cesse recommencer.

De nos jours, les tentatives de contrôle visent souvent des groupes particuliers. Les campus universitaires américains s'avèrent particulièrement fertiles en tentatives de censure de la part d'instances minoritaires ou religieuses choquées par une production. Elles réclament justice, non pas au nom d'une morale commune, mais bien pour leur seul et unique point de vue «tribal».

L'imprimatur emprunte maintenant rarement le chemin classique d'une loi transcendante et d'une instance politique, comme se pourrait être le cas à Ottawa, selon certains. Au contraire, l'État des sociétés démocratiques a plutôt tendance à bien protéger la liberté d'expression.

Pourtant, les conservateurs et leurs ancêtres alliancistes annoncent le coup depuis longtemps. Pendant la campagne de 2000, le programme électoral de l'Alliance canadienne donnait comme exemple d'argent «jeté par les fenêtres» le financement de Bubbles Galore, décrit comme «un film pornographique payé par les contribuables». Après avoir mené une bataille au Parlement contre la production mettant en vedette une star de la porno, les alliancistes promettaient alors de ne plus accorder de fonds publics à ce genre de production.
 
 
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  • Steve Fortin - Abonné
    29 février 2008 05 h 39
    Quelqu'un est-il surpris dans la salle ?
    Honnêtement, avec les conservateurs, quelqu'un est-il surpris dans la salle ? Ce sont les tenants du vieux fond bleu qui seront contents et leur cousins alliancistes. J'aurais bien vouler qu'on demande à cette fonctionnaire si Falardeau aurait été censuré pour son excellent film sur les Patriotes...
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    29 février 2008 07 h 08
    L'Étât et la porno
    Je ne vois pas pourquoi l'Étât s'arrogerait le droit de financer des films avec notre argent alors que nous refuserions de le faire à titre individuel.
    Paul Lafrance
    Québec
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  • Yvon Montoya - Abonné
    29 février 2008 08 h 05
    "La censure ne meurt pas dans nos sociétés: elle se transforme."
    "La censure ne meurt pas dans nos sociétés: elle se transforme." C'est là-dessus qu'il faut réfléchir. C'est beaucoup plus subtil qu'on ne le pense. La censure n'est pas seulement étatique, je dirai même moins étatique qu'on ne le pense. Jadis, on choisissait quoi publier dans le courrier des lecteurs mais avec l'instantanéité de l'Internet, les règles sont différentes. Je ne parle pas des propos vulgaires ou agressifs de certains commentateurs, je veux parler de propos solides et argumentés. Par exemple, le journal Le Monde censure très facilement si vous n'êtes pas dans leur ligne. Là encore, je ne parle pas de propos révisionnistes à la Le Pen, de propos racistes, anti-islamistes et autres argumentaires douteux. Je parle de propos soit philosophiques ou politiques réfléchis. S'ils ont le malheur de n'être pas dans la ligne idéologique des sociétés de l'Empire capitaliste, c'est fini, on ne vous publie pas. Ce qu'on n'aime pas, c'est surtout la réflexion, l'annonce de certaines pistes nouvelles de réflexion. Il y a des interventions de personnes valables en France qui ne passeraient pas ici au Québec. Et vice-versa, d'ailleurs. La fréquence de publication remarquée dans Le devoir et argumentée par un commentateur ces derniers jours, signale une forme de censure. Elle est temporelle car on publie presque tous les commentateurs, (je dis presque parce que justement ce matin on vient de me signaler que certaines personnes n'ont pas vu leurs commentaires publiés) et cette temporalité empêche de recevoir un meilleur aperçu, grâce à un commentaire mieux outillé que celui du journaliste, pour comprendre l'aspect « culturel », « idéologique », « politique » du dit article.
    La censure ce n'est pas seulement empêcher une chose d'apparaître, c'est trop facile. La censure, c'est aussi le politiquement correct. Le rythme changé, voir bouleversé, de publication des commentaires, joue un rôle majeur dans mes propos. L'intérêt de lire Le Devoir, ce n'est pas seulement de lire les articles mais aussi de lire des commentateurs plus avisés. C'est une évidence « évidente ». Lorsqu'il y a des articles « chauds » comme les accommodements raisonnables par exemple, là c'est rapide. Ça correspond à la température ambiante. Lorsqu'il y a des articles plus pointus nécessitants des interventions plus serrées, le rythme est long, voire 24 heures de temps, avant que cela soit publié. Ça permet de laisser la poussière retomber et de parier sur l'oubli par le temps. Cette perte de dynamique dans Le Devoir est considérée comme une forme de censure pour certains et certaines. Donc, la censure est subtile, elle se transforme.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    29 février 2008 09 h 05
    Chantres du laisser-faire
    Darwinisme économique, oui, mais on vous emmerde avec sa morale de pacotille.

    Ces gens (les conservateurs) sont des fascistes en puissance. Ils ne peuvent comprendre que l'on veuille exercer son libre arbitre et juger soi-même ce l'on voit et entend.

    Qu'est-ce que la liberté chers obtus ?

    Un homme libre est un homme informé.
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  • andré michaud - Inscrit
    29 février 2008 09 h 14
    Le cinéma, une industrie décadente?
    Avant même de parler de censure, il faudrait parler de la pertinence de la participation de l'état dans l'industrie du cinéma.

    Au Canada c'est toujours les contribuables qui payent pour les films, les pseudo producteurs ne payant que pour la pub pour les films. Trop peu de contribuables le savent, je l'ai appris par les Francs Tireurs.

    Contrairement au domaine de la musique ou les musiciens travaillent pour de salaires modestes, voir par bénévolat, dans le milieu du cinéma on paye à taux syndicaux élevés et comme dans toute entreprise financée par l'état, chacun veut se remplir les poches au max.

    J,ai toujours trouvé totalent immoral de dépenser des millions uniquement pour un film de 1h30 alors qu'un concert qui dure 2 heures coûte infiniment moins et procure autant de plaisir. Le coût d'un film pourrait nourrir une ville du tiers monde!! C'est pour moi totalement exagéré , voir décadent, que les deniers publics servent à payer des films à coup de millions.

    Si l'état continue de financer l'industrie du cinéma, il devrait au moins demander l'avis des citoyens qui au fond financent ces films.Que veulent-ils pour leur argent? Ce sont ceux qui payent qui devraient décider, c'est logique non?

    Moi je fais la musique que je veux parce que je finance mes projets sans parasiter mes concitoyens, si ces derniers me financaient ils auraient droit de m'imposer leur exigences. Les élus nous représentent et ont donc droit d'avoir des exigences. C'est à nous tous de juger si les élus représentent la volonté populaire en rejetant tel ou tel film, et de le faire savoir.On aurait pu se passer de dizaines de films insignifiants ou prétentieux, et utiliser les millions à un meilleur usage...
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    29 février 2008 10 h 35
    10h30 vais-je être lu aujourd'hui ou oublié demain?
    10h30
    Je ne serai pas lu!
    Il n'y a pas de censure au Devoir,
    La règle est d'écrire tôt.

    La censure!
    La censure sévit partout où l'on craint une diversité d'idées, d'opinions.
    La censure court-circuite le débat et favorise la pensée unique, les valeurs uniques, la marche, sans déviation, vers l'endroit où les dirigeants veulent nous mener ou nous contrôler

    «Un projet de loi conservateur suscite un torrent de critiques dans les milieux de la télévision et du cinéma»
    Ce devrait être de toute la société que ce torrent de critiques devrait provenir.

    La censure, va-t-elle passer en douce et s'installer lentement?
    Si vous avez tendance au pessimisme, comme j'en suis parfois affecté, je crains bien que oui.
    Aujourd'hui, Le Devoir et les médias en général en font leur manchette, mais demain?
    Demain, ils auront une autre manchette qui nous fera rapidement oublier celle d'aujourd'hui, comme bien des grosses manchettes ont été oubliées.

    Les mensonges... oubliés.
    Les certificats de sécurité... oubliés.
    Les corruptions... oubliées.
    La torture... oubliée.
    Le pouvoir des SCRS... oublié.
    Et bien d'autres choses que j'ai oubliées...
    Et la censure... sera rapidement oubliée.

    On oublie trop rapidement. Les journalistes qui nous présentent l'information comme si hier n'avait jamais existé, participent à ces oublis.
    Heureusement, plusieurs commentateurs permettent parfois de réalimenter le souvenir et de voir l'actualité en la liant au passé, récent ou historique.
    Comment comprendre le présent sans se souvenir du passé?


    Je trouve déplorable qu'on ne me lira pas aujourd'hui.
    Quoique, ce n'est pas régulier. Parfois, les textes de 11h00 sont en ligne à 15h00. Mais, je me souviens, il y a quelques mois, c'était pratiquement d'heure en heure que les commentaires apparaissaient.
    Depuis que j'ai envoyé un commentaire sur ce sujet, les commentaires écrits passé 9h00 ne sont en ligne que le lendemain. Autrement dit, ils ne sont plus lus par la majorité.
    Rares sont ceux qui lisent le journal de la veille.


    Comme le débat est malheureusement toujours d'actualité et devient de plus en plus important, je reprends l'essence de mon commentaire du 22 février dans l'article de Lise Payette

    M. Montoya disait:
    «...un mécontentement ... dans sa nouvelle habitude à ne pas mettre les commentaires assez tôt. Je trouve cela pas très correct parce qu'on nous empêche à avoir accès à de l'information...»

    On pourrait résumer cette remarque à la valeur du débat démocratique.

    Si Le Devoir favorise la liberté d'expression et les valeurs démocratiques, on pourrait dire que c'est un Devoir de publier les commentaires pour qu'ils soient lus.

    Je suis un abonné et un lecteur assidu du Devoir. (Plusieurs ont dû s'en rendre compte!)
    Il y a quelques mois, il me semble que Le Devoir diffusait plus rapidement et de façon plus régulière les commentaires des lecteurs.
    Aujourd'hui, je constate, comme le souligne M. Montoya, que les réflexions ou les ajouts que l'on peut faire à une chronique, un éditorial ou un article "journalistique", sont diffusés avec moins de régularité et parfois mis en ligne tellement tard, qu'elles passent inaperçues.

    Ce que j'appréciais, dans la manière de fonctionner d'il y a quelques mois, c'était de pouvoir observer d'heure en heure l'évolution de la perception des opinions émises par ce journal.
    Les articles d'opinion devenaient alors dynamiques ce qui favorisait dans la population une saine remise en question d'une vision unique de la marche du monde et des sujets chauds de l'actualité.

    On dénonce souvent le manque de débat et les partis uniques de certains pays "dictatoriaux". Le manque de débat, les partis politiques uniques, sont des choses tellement décriées pour la bonne marche de la démocratie dans les parlements. On pourrait dire que "la pensée unique" est tout aussi condamnable au parlement que sur la place publique.

    Le Devoir est haut dans mon estime pour son ouverture concernant la publication d'opinions controversées. Multitude de renseignements d'appoint peuvent ainsi être apportés ce qui favorise une judicieuse réflexion.

    Bien entendu, cette tribune n'est pas un "blog" où le commentaire est en direct et où le chroniqueur reste stupidement à réagir aux réactions spontanées, mal construites, mal documentées et souvent à saveur "radiopoubelle ".

    Je crois bien que tous les lecteurs du Devoir sont bien conscients qu'il ne s'agit pas d'un blog. D'ailleurs, je ne crois pas que les lecteurs du Devoir soient intéressés à avoir un "blog" au Devoir. Les blogs ne servent généralement qu'à alimenter préjugés et commentaires de bas étage.

    Cependant, publier quelque chose à un moment où il ne sera plus lu, équivaut à une certaine censure. Bien entendu, vous pouvez dire qu'aucune censure n'est effectuée en démontrant que tous les commentaires sont publiés. Mais, force est de constater que rares sont les personnes qui lisent les nouvelles de la veille.

    J'espère donc que Le Devoir en revienne à son fonctionnement efficace d'il y a quelques mois et qui rendait ce journal si dynamique et intéressant.

    Si Le Devoir favorise la liberté d'expression et les valeurs démocratiques, on pourrait dire qu'il est de son Devoir de publier les commentaires pour qu'ils soient lus.


    Serge Charbonneau
    Québec


    P.S.: J'invite tous les lecteurs à écrire au Devoir s'ils considèrent cette demande intéressante.

    10h30 vais-je être lu aujourd'hui ou oublié demain?
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    29 février 2008 10 h 45
    Censure
    Ce n'est pas de la censue pour un gouvernement de refuser de subventionner une activité dite 'artistique'.La censure serait qu'elle refuse qu'une activité dite 'artistique' soit diffusée.
    Paul Lafrance
    Québec
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  • Rironie - Inscrit
    29 février 2008 11 h 07
    Exemple d'un document censuré
    La censure existe partout, même dans Le Devoir. Pour faire contre-poids à la sauce judéo-chrétienne qu'on nous sert par le biais des devoirs de philo, j'ai proposé au Devoir un texte qui a, évidemment, prit le bord de la poubelle, plutôt que d'être publié dans la section IDÉES, tel que je l'ai demandé. Voici une copie de ce texte:

    Si l'essence divine n'était que des relents de vapeur remontant du subconscient.

    À la suite du dernier devoir de philo parue dans Le Devoir du 12 janvier dernier (L'existence de Dieu, une question philosophique oubliée? Jean Grondin), je tiens à répondre à l'appel de M. Grondin et apporter ma contribution, si modeste soit-elle, pour tenter de ramener dans le champ de la réflexion la question de l'existence de Dieu. Car tel est le sens de sa préoccupation, si j'ai bien saisi le message, lorsqu'il affirme : « La philosophie ne peut guère se justifier qu'en étant elle-même, donc en demeurant fidèle à ses interrogations fondamentales. »

    Loin de moi l'idée de nier que la fidélité puisse être une grande vertu, mais en philosophie, pour qu'elle le soit, cette fidélité doit d'abord s'exercer envers la réalité, plutôt qu'envers une quelconque tradition ou idéologie, si romantique et séduisante soit-elle. Parce qu'en philosophie, tout comme dans les sciences en générale, la connaissance a plutôt tendance à avancer qu'à reculer, comme l'a si bien constaté Hegel (résumé de sa pensée au http://www.cvm.qc.ca/ccollin/portraits/hegel.htm ), un processus qui n'a pas cessé de faire son chemin depuis cette constatation fort lucide. Dans cette optique, il peut être intéressant de lire Platon, ne serait-ce que pour constater le chemin parcouru depuis, mais de là à vouloir raviver les fantasmes d'une époque où on croyait qu'une éclipse de soleil était une manifestation des démons??? Si Hegel avait raison sur l'avancement des idées, je crois que l'homme d'aujourd'hui a intérêt à accorder plus de crédit aux connaissances développées lors du dernier siècle, qu'à celles concoctées 25 siècles plus tôt, qui, de toutes façon, sont en partie intégrées aux connaissances d'aujourd'hui, s'il en reste pour avoir résister au processus de sélection des idées hégélien.

    Après avoir attribué au nominalisme la perte d'importance de l'essence divine dans le domaine philosophique, M Grondin espère faire réfléchir les maîtres penseurs avec l'affirmation suivante :
    « Sa puissante survivance [de l'essence divine] dans nos sociétés contemporaines (81 % des Canadiens et des Québécois se disent croyants), si désarçonnante pour les philosophes, a le bonheur de nous rappeler que la conception nominaliste de l'être n'est peut-être pas la seule. » Voilà une affirmation qui mérite une bonne réflexion et dont un philosophe doit aborder avec les toutes dernières lumières disponibles. Extrayons-en la question de fond, tout en formulant celle-ci d'une manière que personne ne soit tenté de l'interpréter comme un simple accident de parcours : Comment se fait-il qu'en tous temps et chez tous les peuples de notre planète, une majorité d'individus a toujours été incliné à croire qu'il doit exister un grand maître de l'univers (dénommé Dieu, Allah, Yahvé, Zeus, etc., en ces derniers millénaires)? Il y a bel et bien là une expression humaine universelle, et dont la cause, sans l'ombre d'un doute, doit être tout aussi universelle.

    Qu'est-ce qui peut bien faire que ce pressentiment bien humain soit si persistant, alors que personne n'a jamais eu l'occasion de regarder Dieu dans les yeux? À quel moment ce pressentiment serait-il venu s'installer en nous? Certains se contentent d'expliquer le phénomène par la transmission d'un dogme de génération en génération, mais bien que l'endoctrinement soit un instrument puissant, il ne saurait expliquer à lui seul la persistance du phénomène à travers les siècles. La nécessité de lapider les déficients mentaux et l'esclavage des noirs sont aussi des idées qui ont été bien ancrées dans l'esprit des gens, mais qui n'ont pas résistées à l'épreuve du temps. Cependant, qu'une majorité d'individus ait toujours cru en un maître suprême, ne peut être un argument en faveur (ni contre) de l'existence d'un ou des dieux. On sait aujourd'hui que pendant les millénaires où tout le monde croyait que le soleil tournait autour de la terre, notre système solaire ne s'est aucunement soumit à une telle démocratie populaire.

    Il n'y a pas lieu de douter de la sincérité des croyants lorsqu'ils disent croire en Dieu pour la simple raison qu'ils le sentent. Mais il y a lieu de s'interroger à quoi peut bien correspondre cette sensation, ce pressentiment. Je crois parce que je sais que Dieu existe, dit le croyant, même si ça peut paraître d'une explication un peu circulaire. Mais que faire d'autre si le croyant n'a pour preuve de l'existence de Dieu, qu'il le sent, qu'il sait qu'il existe?

    La question que l'individu sensé doit se poser pour élucider ce phénomène, est d'où vient cette conviction qui ne s'appuie sur aucune preuve tangible, si commune chez les mortels que nous sommes. La plupart des croyants ne peuvent relier cette croyance à un évènement spécifique qui en aurait été le déclencheur, comme si ce pressentiment avait toujours existé en eux, et ceux qui sont devenu croyant tardivement, plus souvent qu'autrement, expliqueraient leur conversion par des circonstances qui les auraient fait frôler la mort, sinon tremper dans une misère horrifiante. C'est comme si ces derniers avaient été éveillés ou sensibilisés à quelque chose qui était déjà en eux, cette chose que les premiers seraient capables de sentir sans l'aide d'un élément déclencheur. Puisqu'il faut bien admettre que frôler la mort, ne saurait en aucune façon expliquer le lien de cause à effet entre un tel incident, aussi éprouvant soit-il, et l'existence de Dieu. Il faut donc déduire que la croyance en Dieu relève plutôt de l'irrationnel, et que la (les) véritable(s) raison(s) pour y croire sont plutôt d'ordre inconscient que conscient.

    Freud nous a apprit que quelque chose est bel et bien à l'oeuvre dans le psychisme humain, indépendamment de la conscience ou de la volonté. Dans notre inconscient il fourmillerait donc des pensées, des désirs, des fantasmes et des émotions qui auraient comme origine la mémoire des stimuli et expériences antérieures. Bien qu'en psychanalyse on ait tendance à considérer les stimuli générateurs de cette "soupe" inconsciente, qu'à partir de la naissance, la réflexion nous autorise à penser que rien n'empêche ce mécanisme d'opérer avant (et pendant) la naissance, puisque le cerveau du foetus se montre actif bien avant que celui-ci ne voit la lumière du jour (à preuve, c'est bien le cerveau du foetus qui commande à ses membres de bouger). Il n'est pas déraisonnable de considérer cette activité cérébrale prénatale, d'autant plus qu'on sait maintenant que la plasticité du cerveau est en relation inverse avec son âge. C'est, par exemple, cette plasticité supérieure qui permettrait aux enfants d'apprendre leur première langue en une période plus courte qu'il en faut à un adulte pour apprendre une langue (complètement) étrangère. Il en va de même pour tous les stimuli et sensations reçus de son milieu : plus la plasticité du cerveau est élevée (et donc jeune), plus les signaux provenant de l'environnement s'enregistrent avec une meilleure efficacité.

    Mais qu'en est-il de cette empreinte inconsciente de l'expérience natale et prénatale ? Évidemment, personne ne s'en souvient. Parce que l'inconscient est justement cette mémoire qu'on ne peut raviver consciemment. Par contre nous savons que notre inconscient détermine tout autant (sinon plus) que notre conscient nos agissements et nos croyances. Aussi, nous savons que le cerveau humain es fonctionnel bien avant la naissance de l'enfant, comme en fait foi le mouvement des membres du foetus (commandés par son cerveau). Il n'est donc pas déraisonnable de penser que les empreintes inconscientes puissent s'enregistrer dans le cerveau de l'enfant, bien avant sa naissance, comme le suggère Henri Laborit : « [...] le nouveau-né humain préfère la voix de sa mère à celle de toute autre femme ; même si la période post-natale joue un rôle dans cet apprentissage précoce, il est probable que l'expérience auditive est intervenue dès la vie intra-utérine» (La légende des comportements, p. 173). Il n'est non plus déraisonnable d'admettre que concrètement, nous sommes matière, et qu'abstraitement, nous sommes tout ce qui s'est inscrit en notre matière. Ce qui est en notre matière, doit obligatoirement avoir été mit là lors de notre vécu, considérant ce vécu depuis notre conception, et non uniquement depuis notre naissance.

    Faute de pouvoir interviewer un nouveau-né sur son expérience des quelques jours ou semaines précédents, essayons de la figurer en imaginant ce qu'en dirait un adulte qui arriverait à se rappeler de cette période, comme si elle était survenue hier, tout en ayant à l'esprit la marque que peut avoir laissé un tel évènement dans son jeune cerveau. Imaginons-le raconter son expérience comme s'il était en train de la revivre.

    Je me sens bien. J'ai mon univers à moi. C'est tout ce que je sais. Je ne sais pas ce que c'est qu'un animal, une plante, un homme; je ne m'imagine même pas que mon destin est d'en devenir un. Je fais corps avec mon univers obscur, liquide, chaud, au milieu duquel je suis en même temps suspendu et en sécurité. Le temps me semble fixe parce qu'il n'y a ni levé ni couché de soleil, et l'obscurité me donne une sensation d'infini, tout comme on peut l'expérimenter dans l'univers terrestre, en se fermant les yeux ou en se plongeant dans l'obscurité total. Le contact intime avec mon univers me procure non seulement sécurité, mais aussi plaisirs sensuels que je ressens dans tout mon corps, mais surtout, cet univers est pour moi accompagnement et Amour, car d'amour il ne peut pas y en avoir de plus grand. Je m'abandonne volontiers à cet Amour qui m'enveloppe et que je sais suprême, parce que je sais que c'est lui qui est à la fois mon Maître et mon univers. Mon univers me parle, me console et me caresse du fond de sa voûte qui, malgré son apparence d'infini, m'apparaît pourtant si près. Je sais que je suis complètement à sa merci, que ma volonté n'est rien à côté de celle de cet univers qui me transporte et qui contrôle tout. Ce Géant, ce Maître Suprême est sans l'ombre d'un doute le roi de l'univers, de mon univers.

    Soudain je me sens comme poussé dans un coin. Je suis épris d'une vive angoisse, parce que c'est la première fois que j'expérimente ce que je sais maintenant être un malaise. La poussée s'accentue et j'ai la tête comme coincée dans le fond d'un entonnoir. Les poussées viennent par rafales et ma tête me fait de plus en plus mal. Je n'ai aucune idée de ce qui m'arrive et je panique. J'ai maintenant toute la figure comprimée, comme si un boa constricteur était en train de m'avaler la tête. Je ne sais pas comment faire pour demander à mon univers de m'aider. Mon Maître, Mon Amour, pourquoi m'abandonnes-tu ? Je ne m'explique pas cet abandon de la part de mon Maître qui, pourtant il y a si peu, me gavait de son amour infini. C'est maintenant tout mon corps qui est englouti dans ce tube qui me comprime et qui va sans doute me faire imploser. Le désespoir ne pourrait être plus total.

    D'un seul coup, je suis éjecté de mon univers, et comble du malheur, je suis projeté dans un environnement hostile. La lumière est vive, mon corps mouillé se glace à l'air froid, les bruits son secs et stridents, les objets ont perdu leur spongieuse flexibilité, ils sont maintenant durs et froids, mais surtout, j'ai besoin d'air et je n'arrive pas à respirer. Tout va de mal en pis. Je n'ai aucune idée de ce qu'est la mort, mais non plus comment continuer à vivre ainsi. Un objet entre brutalement dans ma bouche pour aussitôt en ressortir. Je me sens soudainement soulevé par les jambes, tête en bas. Mes jambes veulent s'arracher de mon corps. Je reçois un coup dans le dos, par contre je réussis enfin à arracher ma première bouffée d'air qui me brûle les poumons.

    Voilà un aperçu bien approximatif de ce à quoi pourrait ressembler l'expérience intra-utérine, ainsi que celle d'en sortir, traduit en langage d'adulte, et de ce qui pourrait rester gravé dans notre inconscient. Pour bien comprendre la nature de ce traumatisme, il faut considérer qu'il survient au moment le plus fragile de notre vie, lorsque nous sommes le plus dépendant des autres pour notre survie, et le plus innocent aussi, car nous ne savons encore à peu près rien de la vie et de ce qui nous attend dans cet au-delà dans lequel nous sommes projeté d'une façon aussi inattendue qu'incontournable. Et la plus grande partie de notre traumatisme tient sans doute au fait que nous avons été expulsé de notre petit paradis, et par le fait même, perdu ce contact intime avec l'Amour Suprême. La naissance, c'est la fin d'une vie : celle intra-utérine.

    Voyons maintenant quel est le noyau commun des croyances de toutes les religions théistes confondues, pour voir s'il n'y aurait pas une possible parenté avec les enregistrements inconscients survenus dans les derniers moments de notre vie prénatale.

    Tous disent que leur grand maître serait occulte, tout puissant, situé à quelque part dans le cosmos, capable d'un amour sans pareil, tout comme d'une colère destructrice, en passant par une gamme d'émotions toutes aussi humaines les unes que les autres, et bien que régnant comme le maître suprême de l'univers, il est entouré de personnages secondaires, tous aussi occultes mais pas aussi puissants (les anges et les saints dans le christianisme, les dieux de sous rang dans la Grèce antique, etc.).

    Un tel tronc commun de croyances entre les différentes religions, ne peut être le fruit du hasard, d'autant plus que ce phénomène persiste dans le temps et dans l'espace, épousant même en grande partie les mythologies anciennes. Mais quel curieux hasard que toutes ces croyances soient à peu près une réplique parfaite de ce que nous pouvons imaginer être gravé dans l'inconscient d'un foetus, avant et pendant la naissance ! Les anges et les saints n'ont pas autant de pouvoir que Dieu le grand maître, mais mon père et mon frère aîné, n'ont pas non plus le pouvoir de mon Maître (ma mère), vu depuis mon petit paradis prénatal. Et les sautes d'humeur de ce grand maître dont parlent les religions, n'ont rien à envier à celles de ma mère, telles que perçues depuis l'intérieur ! Tous genres d'information accessibles à l'inconscient de l'enfant, semblent se refléter assez fidèlement dans les croyances religieuses. Quant aux informations inaccessibles au foetus, tel que le sexe ou la naissance du Maître, elles ont plutôt tendances à diverger d'une religion à l'autre, ou encore par rapport à la réalité de la mère qui porte l'enfant. Faut-il voir là un pur hasard ? Se peut-il que ces coïncidences, aussi multiples que simultanés, puissent être le fruit que d'un pur hasard ? Il n'est pas interdit de croire au hasard, mais il ne faut pas exiger du hasard qu'il soit capable d'autant de mimétisme...

    Il n'est pas déraisonnable de penser que les plus sentimentaux d'entre nous puissent effleurer vaguement le contenu de leur subconscient, ce siège de nos émotions, même en état d'éveil. Ce faisant, ils raviveraient ces souvenirs enregistrés depuis leur vie intra-utérine, leur procurant une sensation de flottement dans le cosmos, tout en donnant une impression de faire unité avec l'univers. On dit d'eux qu'ils sont spirituels. Mais je crois qu'il y a lieu de se demander si ces gens ne confondraient pas la réalité onirique avec la réalité terrestre. La réalité onirique est belle et bien présente, mais il faut la prendre pour ce qu'elle est, et rien d'autre. Ça ne sert à rien de vouloir retourner à cet univers perdu, car l'expulsion du paradis est bel et bien définitif et irréversible. Soyons plutôt fasciné par ce truc dont la nature s'est prévalue pour assurer la reproduction de l'espèce. Car c'est bien par la fusion sexuelle que l'homme arrive le mieux à se rapprocher de ce paradis perdu.
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  • Christian Bédard - Inscrit
    29 février 2008 11 h 17
    "Cachez ce sein que je ne saurais voir...
    Cette façon de procéder est tout à fait conforme à la pratique néoconservatrice. Par des mesures indirectes, des moyens détournés, ces gouvernements, tel l'actuel "nouveau gouvernement du Canada" sont menés par leur idéologie traditionaliste et rétrograde. Lentement mais sûrement, ils modifient notre société et sans une vigilance de tous les instants et une réaction citoyenne forte, les droits et libertés seront progressivement restreints, soi disant pour préserver l'ordre public.

    Ce très bon (et très inquiétant) article de M. Baillargeon me fait craindre le pire pour un autre secteur artistique qui utilise l'image: le domaine des arts visuels. Doit-on s'attendre à ce qu'un musée ou un entre d'artistes qui expose des oeuvres jugées "pornographiques" par quelque Tartuffe gouvernemental, ou encore"trop violent" ou "contraire à l'ordre public" par quelque politicien d'arrière-ban soit privé d'une partie sinon de tout son budget de fonctionnement ? Il y a péril en la demeure !

    Christian Bédard
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    29 février 2008 11 h 40
    La censure... est-ce si dangereux?
    La censure, un grand danger que l'on croit anodin.

    L'argument économique de M. Michaud est bien simpliste.
    Avec l'économie, on peut justifier bien des choses "immorales".

    La moralité de l'économie est une immoralité en soi.

    Totalement aveuglé par les dollars en cause, M. Michaud ne voit absolument pas ce que représente un censeur qui décide pour lui de ce qui est bon ou mauvais pour maintenir l'ordre public.

    Il dit: "Les élus nous représentent et ont donc droit d'avoir des exigences. C'est à nous tous de juger si les élus représentent la volonté populaire en rejetant tel ou tel film, et de le faire savoir."
    Mais le problème c'est qu'il ne saura jamais ce que le gouvernement jugera comme étant «des films insignifiants ou prétentieux», le seront pour lui, car «Ces renseignements demeureront confidentiels».
    M. Michaud, on va vous arranger la morale et vous serez bon et vous irez au ciel grâce à votre bienveillant gouvernement qui sait ce qui est bon pour vous et pour l'ordre public.

    La transformée Alliance canadienne avait la qualité d'être moins hypocrite et de mettre au grand jour ses objectifs de pureté. En se transformant et en transformant les conservateurs, ils ont acquis ce degré d'hypocrisie qui est bien utile pour acquérir le pouvoir de contrôler les moutons pour leur bien.
    Nous sommes à la merci des bergers. Pour notre bien, pour éviter que l'on se blesse, ils savent nous dresser l'enclos où nous serons protégés. Les pâturages sans clôtures représentent d'énormes dangers et pour notre bien on évitera de nous faire bouffer de la mauvaise herbe, de la mauvaise pensée, des mauvaises choses qui peuvent perturber notre esprit et qui pourraient mettre en péril l'ordre public.

    L'État a la nette volonté de s'arroger un rôle de «police de la morale»
    On glisse vers des lois ressemblant à la loi sur l'index du Vatican!

    Votre intérêt en tant qu'individu correspond-il à l'intérêt public.
    Qu'est-ce que ça veut dire: «l'intérêt public»?

    Roland Barthes dit que la censure est aussi bien ce qu'on empêche que ce qu'on oblige à dire. On peut dire que la censure est ce qu'on nous empêche de penser et qu'on nous oblige à conclure.
    On dit:
    « La censure ne meurt pas dans nos sociétés: elle se transforme. La liberté d'expression a été acquise après de longues et de chaudes luttes au cours des siècles, mais ce combat semble sans cesse recommencer. »

    Oui, et il faut nous battre.
    Il faut prendre la parole dans les médias (comme Le Devoir) pour pousser la réflexion et faire reculer la censure et la pensée clôturée.
    La censure empêche le débat et nous mène vers le contrôle.
    On vous contrôle à la banque, on vous contrôle aux frontières, on veut maintenant contrôler vos pensées, votre morale.
    C'est le retour des soutanes, ce grand vêtement qui masque les désirs et les passions et qui vous guide vers les cieux du bon dieu (sic).


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Tiens, 11h30, mon premier commentaire est en ligne.
    C'est bien. Est-ce dû à mon titre? Il était bon mon titre!
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  • LeRévoltéTranquille - Abonné
    29 février 2008 12 h 20
    Citoyen Montoya, phare éblouissant dans la clarté...
    Vous êtes TRÈS éclairant, comme souvent et par ailleurs, mon cher Montoya, et voici que je vous retrouve en train de faire un procès d'intention à la rédac'-chef du Devoir, en prétendant un peu pompeusement que le délai de traitement de l'information au Devoir est une forme sophistiquée de censure.

    De la à y ajouter "de gauche sociale parvenue nationaliste" prêterait une intention malveillante de vouloir présumer de votre inclinaison idéologique, surtout quand on ne vous a jamais lu (ce qui n'est pas mon cas).

    Pour ce qui est de la censure de l'expression par les arts, notamment, ce qui semble inquiéter pas mal de monde (subventionné) par ici, si ça peut NOUS épargner la robe de viande ou encore trois coups de rouleaux de peinture au latex sur un canevas de 15 pieds de haut à 1,5 million de $ de Monopoly et qui sont tous deux accompagnés d'un spin-off médiatique de mouth service pour expliquer à la plèbe ce qu'a voulu dire l'artiste, plutôt que de laisser le (très rare) badaud s'en faire une tête sur le sens à donner à ce non-oeuvre.

    Toujours est-il que l'atomisation des expressions instrumentée par la subvention étatique vaporise, pulvérise, dis-je, l'expression collective d'une psyché, d'un discours, d'une conception du monde commune sous couvert du fouet des conventions figées des élites dirigeantes qui contaminent de leurs valeurs la plèbe qui devrait à la place se tourner vers des valeurs individuelles émencipatrices et libératrices véhiculées par des individus se situant à l'extrême bordure de la marge.

    L'atomisation des opinions et des valeurs sont le ferment de la détérioration, voire de la destruction de la notion d'humanité chez l'homo sapiens, cette petite bête qui s'empresse d'oublier tout ce qu'elle apprend en matière de solidarité de l'espèce.

    En ce qui a trait à votre toutefois éclairante démonstration, qund on réfléchit toujours plus haut et en avant de tout le monde, si on demeure dans la pièce, on plafonne bien assez vite...

    Siropd'érablement vôtre et bon 29 février !

    F CARON B.Sc.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    29 février 2008 12 h 33
    Les subventions ne sont pas un droit
    Que le gouvernement établisse des norme et condition aux argent qu'il distribue, est un exemple de bonne administration.
    Les subventions ne sont pas un droit mais un outil mis à la disposition des producteurs. Comme tout outil il y a des limitation à son usage.
    Aussi pourquoi les film comme BON COP BAD COP qui ont fait des millions ne remboursent t il pas les subventions? Cela ferait plus d'argent pour investir dans la production. Et ceux qui après 3 navet subventionné devrait être exclut du processus pour une période de 10 ans au moins.
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  • Denis Couillard - Abonné
    29 février 2008 13 h 05
    Incohérence de la part de Patrimoine canadien
    Les propos de Mme Annette Gibbons me laissent perplexe. L'un des programme administrés par l'unité qu'elle gère n'accorde-t-il pas une généreuse subvention à une publication, Catholic Insight en l'occurrence, qui utilise régulièrement des propos haineux envers les gais et lesbiennes. Ce magazine reçoit toujours de généreuses subventions de Patrimoine canadien et se targue d'avoir reçu l'assurance de pouvoir maintenir ses propos haineux et de continuer de recevoir lesdites subventions.

    N'est-il pas alors ironique ou inquiétant de constater que la droite religieuse ait suffisamment d'impact pour exiger que Patrimoine canadien n'impose la censure (n'en déplaise à Mme Gibbons qui aurait tut avantage à consulter la définition de l'UNO relativement à la censure). Jusqu'où iront-ils?
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  • Maurice Gauvreau - Inscrit
    29 février 2008 13 h 33
    Mythe à déboulonner
    La liberté est un autre mythe qu'il serait temps de déboulonner. C'est devenu n'importe quoi. Et certains voudraient que l'Etat subventionne n'importe quoi sous prétexte de ladite liberté d'expression. Personnekllement je ne tiens pas à ce que mon argent profite à n'importe qui pour n'importe quoi. Je sais bien que ça se fait déjà et beaucoup mais ce n'est pas une raison pour continuer.

    Maurice Gauvreau
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  • Yvon Montoya - Abonné
    29 février 2008 16 h 14
    @L'Ami Caron le François...
    Je vous salue bien bas l'ami et très heureux de votre retour parmi nous pour des chicanes à n'en plus finir. Mes salutations à n'en plus finir. Ah les Québécois, si un jour il n'y en a plus, on en fera des clones c'est sur...Une terre sans québécois, c'est plate. Et si par bonheur les français vous connaissaient un peu mieux et plusse, c'est sur, le Québec serait un département français.
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