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Dion s'attire les moqueries

28 février 2008  Canada
Stéphane Dion
Photo : Agence Reuters
Stéphane Dion
Ottawa — Le chef libéral Stéphane Dion s'est attiré les moqueries des autres chefs de parti fédéraux hier en critiquant en termes très forts le budget conservateur qu'il a décidé de laisser quand même passer. Tous lui reprochent un manque de crédibilité.

Au lendemain du dépôt du budget conservateur, Stéphane Dion a tenté de jouer son rôle de leader de l'opposition officielle à la Chambre des communes, par tradition opposé aux énoncés budgétaires du gouvernement, en s'en prenant avec virulence au bébé du ministre des Finances, Jim Flaherty. Ses attaques lui ont explosé au visage. «Après une décennie de dur labeur des Canadiens et de saine gestion libérale, ce gouvernement conservateur avait hérité d'une situation financière solide qu'il a dilapidée en deux ans», a lancé M. Dion à la Chambre des communes. «Le premier ministre réalise-t-il que son budget d'hier n'aurait pas été aussi modeste s'il avait fait preuve de leadership, de vision et de prudence dans la gestion des finances publiques?»

La réponse du premier ministre est arrivée, cinglante. «J'aimerais parler de leadership, de vision et de crédibilité. J'aimerais dire au leader de l'opposition officielle que, lorsqu'il fait ses attaques féroces contre un budget qu'il a l'intention de laisser passer, il n'est tout simplement pas crédible.»

Le constat de Stephen Harper était partagé par ses homologues bloquiste et néo-démocrate, qui ne se sont pas fait prier pour se payer la tête de Stéphane Dion.

Gilles Duceppe s'est dit «un peu surpris par le ton plutôt agressif, les dénonciations du budget. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a une incohérence entre le discours et le geste posé. Les Anglais disent: "He doesn't walk the talk."»

De son côté, Jack Layton estime que les libéraux ont eu peur de la défaite électorale. «C'est évident que les libéraux et M. Dion mettent en avant leurs propres emplois [de députés] au lieu, par exemple, des emplois des travailleurs, qui sont en train de perdre le leur.» M. Layton croit que les électeurs se rebelleront contre un parti qui permet à Stephen Harper de procéder avec son ordre du jour conservateur.

Son lieutenant politique au Québec, Thomas Mulcair, en a rajouté. «Il y a des gens qui ont jadis voté pour le Parti libéral du Canada qui commencent à être terriblement gênés et ils vont donner leur appui au NPD parce que nous, au moins, on a des positions claires sur un ensemble de dossiers qui affectent les familles dans leur vie de tous les jours.»

Un vote assuré

Le premier vote sur le budget aura lieu ce soir. Il portera, comme la procédure parlementaire le veut, sur un sous-amendement présenté par le Bloc québécois stipulant que les surplus budgétaires auraient dû être utilisés pour aider les travailleurs, les personnes âgées ou encore pour financer l'éducation postsecondaire.

La Chambre devra ensuite se prononcer sur l'amendement libéral, qui a la même valeur qu'un vote de confiance. Son libellé, selon lequel le budget contient «quelques initiatives qui tentent d'imiter la politique sensée et intelligente du Parti libéral» mais «démontre, comme le NPD, une absence de prudence fiscale», fait sourire par son ingénuité. Cet amendement devra être défait par la Chambre des communes pour que le gouvernement puisse rester en poste.

On ignore encore si les libéraux resteront une fois de plus assis sur leur siège parlementaire au moment du vote final sur le budget lui-même ou s'ils voteront contre tout en s'assurant d'être en nombre insuffisant pour renverser le gouvernement de Stephen Harper. «Nous trouverons une façon de ne pas renverser ce gouvernement tout en exprimant notre mécontentement», s'est borné à dire M. Dion. Les libéraux occupent à l'heure actuelle 93 sièges à la Chambre des communes, contre 126 pour les conservateurs, 49 pour le Bloc et 30 pour le NPD.

La plupart des libéraux ont salué la décision de leur chef de ne pas provoquer une bataille électorale dans cette situation. Le sénateur David Smith, par exemple, grand et influent argentier du Parti libéral, se réjouissait. «Il la provoquera lorsqu'il pensera que nous sommes en mesure de gagner. C'est une décision stratégique. Nous ne leur [les conservateurs] offrirons pas les élections qu'ils désirent sur un plateau d'argent. Je crois qu'il a pris la bonne décision. Nous sommes prêts. Serons-nous encore plus prêts dans quelques semaines? Oui. Mais nous sommes prêts.»

M. Smith s'était fait remarquer en déclarant publiquement le week-end dernier que le PLC n'était pas prêt à aller en campagne électorale, un aveu candide que certains avaient trouvé démoralisant pour les militants. «Nous avons fait beaucoup de progrès en deux semaines», a dit M. Smith hier pour expliquer cette apparente contradiction.

Stéphane Dion a joué aussi la carte de la stratégie. «Nous choisirons notre moment et ce pourrait être n'importe quand», a-t-il dit à la sortie de la réunion de son caucus. «Ce gouvernement ne mérite pas la confiance des Canadiens. Il faut le remplacer et nous choisirons notre moment. J'ai dit cela en décembre et je le répète aujourd'hui.»

Le Bloc a sauvé ses sous

Les élections évitées, les partis politiques ont donc remisé, pour l'instant du moins, leurs préparatifs électoraux. Au Bloc québécois, par exemple, les photos officielles du chef avaient été prises. Mais M. Duceppe s'est félicité que les derniers préparatifs coûteux, comme l'impression des affiches et la transformation des autobus de campagne, n'avaient pas été mis en branle. «On n'a pas actionné le bouton», a-t-il dit. La dernière fausse alerte électorale de mai 2005 avait coûté près de 600 000 $ au Bloc québécois. «On ne l'a pas fait. Ça n'a rien coûté cette fois.»






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 05h07
    Une question de leadership
    « Le Parti libéral nage dans les contradictions et les divisions. Il a atteint le point limite. Qui en est responsable? Dans tout parti politique, le regard doit se diriger vers le chef. L'ultime resposable, c'est lui. Indépendamment de ses indéniables qualités personnelles, Stéphane Dion n'a pas été toutefois capable de générer le leadership requis. À cet égard, les faits parlent d'eux-mêmes(res ipse loquitur), comme disent les juristes... »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 05h55
    Politique politicienne
    « Qui voudrait savoir ce qu'est la politique politicienne grandeur nature n'a qu'à se tourner en ce moment vers la Chambre des communes et écouter ce qui s'y dit. De quoi parle-t-on? De l'intérêt de la population canadienne et du Canada? Que nenni. On ne parle que de crédibilité, parce que le chef de l'opposition libérale refuse de défaire le gouvernement sur la question du budget, même si celui-ci ne le satisfait pas.

    Mais, l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens est-il d'avoir actuellement des élections? Dans quel but et pourquoi? C'est la vraie question qu'il faut se poser et que personne ne pose.

    Pourtant, comme je le disais hier, en citant notamment une phrase pertinente des «Réflexions sur le rôle de la politique» d'Irma Ly Tang : «Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité... » Hélas, les joutes auxquelles on assiste à Ottawa n'ont rien à voir avec la politique au sens noble du terme, c'est-à-dire, pour reprendre encore une expression de Platon dans «Pouvoir et Justice (République, Livre I): le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt mais selon la justice », que « l'art politique est par essence service pour les gouvernés ».

    On en est bien loin actuellement à Ottawa. Les citoyens que nous sommes sont bien loin des débats qui relèvent, faut-il le répéter, d'une arrogante politique politicienne. Quand la gent politique changera-t-elle? Faudrait-il lui donner des cours sur l'art de la politique? »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 06h43
    Simulacre d'opposition
    « Le triste sire Stéphane Dion envoie aux Canadiens un message douteux, invraisemblable, confus et tout plein de contradictions. Pense-t-il sérieusement que les électeurs vont gober ses désolantes pirouettes? Il y a peu d'exemples dans l'histoire parlementaire récente d'un tel niveau de duperies et de fausse vérité. »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 08h29
    Un peu de cohérence s'il vous plaît!
    « À lire tout ce qui se publie depuis quelques semaines dans les journaux de toutes tendances, on pourrait croire que le gouvernement fédéral est illégitime, qu'il représente une forme de dictature, que le pays est en danger et qu'il importe de le renverser à tout prix.
    Or il faut quand même admettre que ce gouvernement minoritaire est un gouvernement dûment élu et de la façon la plus démocratique qui soit. Autrement dit le pouvoir n'a pas été usurpé, il ne fait que refléter le vote des citoyens qui l'ont choisi.
    Dans ces circonstances, si on admet que rien n'a été outrageusement bafoué et que nos droits ne sont pas en péril, à quoi bon prétendre que des formations politiques détiennent la vraie et l'unique vérité?
    Même si l'on croit généralement que gouverner c'est prévoir, et que tous les partis d'opposition se targuent d'avoir eux, prévu la crise forestière et manufacturière, il n'y en a pas la moindre trace dans leurs programmes respectifs qui ont mené à l'actuel gouvernement.
    Par conséquent, avant de jouer aux gérants d'estrade, peut-être que les journalistes si frustrés soient-ils de voir que les prédictions d'élection dont ils nous rabattent les oreilles relèvent de leur imagination, les journalistes-prophètes donc devraient modérer leur pensée magique. Ils devraient peut-être aussi convenir du bien-fondé d'une élection à date fixe, et se souvenir qu'humilité n'est pas synonyme d'humiliation quand ils décrivent les gestes posés par ceux que nous avons élus. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 08h29
    Le déclin de la politique
    « À GABRIEL RACLE, je repondrais que si on se fiait à l'humeur de l'électorat, il n'y aurait à peu près jamais d'élections dans la plupart des démocraties occidentales. Car beaucoup de citoyens sont devenus cyniques, désabusés, devant la politique. Ils n'y croient tout simplement plus, voyant les politiciens comme de simples gestionnaires, plus ou moins compétents ou corrompus. Telle est très la triste réalité, avec ses multiples causes. On et bien loin de la République de Platon ou du despote éclairé... »

  • Bruno Roy
    Abonné
    jeudi 28 février 2008 08h42
    Tel est pris, qui croyait prendre.
    « Voici que notre champion de la "clarté référendaire" est devenu le roi de l'entourloupette, dans le seul but de conserver son poste de chef. Ceux qui l'avaient élu pour mettre les Québécois à la raison auraient dû y penser à deux fois. Mais au fond, pourquoi les Libéraux ne se replient-ils pas sur le Canada anglais uniquement? Ils obtiendraient un beau 100% contre la séparation du Québec et auraient l'âme en paix, ainsi que M. Dion.
    Bruno Roy, La Patrie, Québec »

  • ghislaine fortin
    Inscrite
    jeudi 28 février 2008 09h02
    Clarté référendaire quand tu nous tiens.....
    « Je n'ai pas compris la volonté de Stéphane Dion de vouloir devenir chef du parti libéral. Le Québec a encore un gros poid pour qui veut gouverner et la devise québécoise est: Je me souviens......
    Beaucoup de souviennent de la fameuse clarté référendaire et ne pardonnent pas à Stéphane Dion et finalement les commandites, c'est trop pour un seul homme. M. Dion était peut-être convaincu du dicton: la mémoire politique du peuple n'est que de trois mois.
    C'est vraiment triste de voir M. Dion dans sa lente valse hésitation...oui....non.....budget....oui...non. Sa crédibilité fait désormais partie de la vaste cohorte des fantômes et on ne revient jamais des limbes.
    Pathétique! »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 09h39
    Un chef sans troupes
    « La fierté du rôle de Chef de l`opposition officielle s`exerce par défaut par le Bloc québécois et le NPD. Dion se marginalise de façon irrévocable. La perte de crédibilité qui entache Dion et ses Libéraux fut orchestré par un ministre des finances qui n`avait rien de substantiel à offrir lors du dépôt de son budget. Pris au piège Dion a démontré la perfidie de ses arguments. Dion méprise le peuple et celui-ci s`en souviendra le temps des élections venu. Bon débarras pour ce lit de vipères! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 28 février 2008 10h36
    M. Harper, attention à M. Dion !
    « Faut que M. Harper arrête de se moquer de M. Dion qui peut se fâcher et virer séparatiste d'un coup sec et entrer membre du PQ ce qui mettrait du tigre dans leur réservoir. Grrrr les méchants fédéralistes, on va vous passer une loi pour défendre la centralisation sans consultation claire. »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    jeudi 28 février 2008 11h12
    Merci M. Dion
    « ...de nous avoir sauvé d'une stupide élection dont 75% des citoyens ne veulent pas, élection qui nous aurait donné encore un gouvernement minoritaire, en nous coûtant au moins 350 millions, pour revenir à la case départ.

    "Bien faire et laisser braire", laissez cette meute enragée de s'être fait enlever son os vous cracher dessus en vous traitant de pleutre, je crois moi que votre décision exigeait du courage politique et que dans les circonstances actuelles c'était la bonne décision, pour votre parti mais surtout pour le peuple.

    Laissez braire Gilles Duceppe qui n'aura jamais le poids de la gouvernance, bourré de fric et n'ayant que le Québec à parcourir, dont les affiches étaient déjà prêtes, la publicité déjà dans les journaux et le chauffeur déjà dans l'autobus; laissez braire les Layton et les Mulcair qui n'ont d'autre intérêt dans le déclenchement de ces élections que celui d'augmenter leurs sièges, tout comme Duceppe, car tous se fichent éperduement de la volonté citoyenne.

    Laissez braire aussi les journalistes de la presse écrite et de l'information continue, la plupart devenus des "journaleux" assoiffés de sang politique pour peinturer leurs nouvelles, ces "journalistes-prophètes" comme le dit si bien monsieur Lengellé, qui savent tout et qui gèrent tout et dont plusieurs se prennent presque pour des élus dans leurs "savantes" analyses et leurs sondages perpétuels.

    Merci monsieur Dion de nous avoir évité le cirque de ces élections... au moins pour un an espérons-le, nous devrons hélas! vivre avec le cirque que les députés et ministres alimentent par leurs cris et leurs injures au Parlement qui est devenu une foire d'empoigne d'une sottise affligeante. Ah! s'ils pouvaient tous se taire, peut-être qu'on pourrait parler des vrais problèmes et que la démocratie s'en porterait mieux! »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 12h03
    Le budget
    « Un bon tour àjouer au Blocserait que le PLC dise jusqu'à la dernière minute qu'ils voteront en faveur du budget mais qu'il change d'idée au dernier moment. Le Bloc aura l'odieux d'accepter le budget ou de défaire le gouvernement.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • denis legault
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 15h17
    C'est malheureux pour M. Dion
    « Je trouve malheureux qu'on s'en prenne ainsi à Monsieur Dion. Qu'a-t'il fait de mal ? Il regarde les sondages et s'aperçoit qu'un gouvernement minoritaire serait reformé. Souvenons-nous qu'aux dernières élections le vote libéral a été gonflé parce que le parti conservateur faisait peur. Si ce parti avait été un parti plus de centre la grogne qui faisait suite aux commandites aurait coûté beaucoup plus de comtés aux libéraux.Je trouve que le parti a fait une excellente job en réussissant à empêcher les conservateurs de s'envoler dans les sondages. Comme les conservateurs ne réussissent pas à s'envoler, il est logique de croire qu'ils vont tomber pourquoi, ne pas attendre ? »

  • Michel Lauzon
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 22h17
    Dion fait semblant d'être con pour aider la guerre et tuer Kyoto.
    « Quel show !

    Ça prends des bons acteurs pour être chef de parti. On a exactement le même pattern au provincial.

    C'est pas un adon mais une façon de fourrer le public. Les partis font semblant de s'opposer mais dans les faits sont sur le statut quo défini ensemble.

    Comment expliquer que la guerre a été déclarée en 4 jours seulement, après les faux attentats terrorristes du 11 Sept. 2001, mais qu'ils disutent durant 2-3 ans de l'éventuelle date de retrait ?

    Comment expliquer que dans les faits ce Bloc qui appuie la guerre ?

    Nous sommes un pays de naïfs un peu imbéciles... Un peu ? »

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