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Un pari risqué

Jean-Robert Sansfaçon   27 février 2008  Canada
Si le troisième budget du ministre Jim Flaherty a pu suffire à convaincre Stéphane Dion de ne pas renverser le gouvernement, ce n'est certainement pas à cause de son audace. Alors que le Canada s'apprête à suivre les États-Unis sur la pente du ralentissement économique, Ottawa consacre 10 milliards au remboursement de la dette et s'en remet entièrement aux baisses d'impôt annoncées depuis deux ans pour stimuler l'économie.

Si l'on exclut l'idée originale du Compte d'épargne libre d'impôt (CELI) dans lequel les particuliers pourront placer 5000 $ par année sans devoir payer d'impôt sur le rendement, le budget conservateur 2008 ne passera pas à l'histoire.

Il y a peu de choses dans ce budget compte tenu de la conjoncture. Alors qu'on s'attendait à ce qu'une partie au moins des 10 milliards d'excédents budgétaires de l'année en cours soit placée en réserve dans des fiducies destinées aux infrastructures, Ottawa se satisfait de rendre permanent le transfert d'une partie de la taxe sur l'essence aux municipalités. À deux milliards par année, le montant peut paraître important, mais compte tenu de l'ampleur des travaux à entreprendre d'un bout à l'autre du pays, il aurait été intelligent de profiter des surplus pour accélérer le chantier.

Comme l'ont répété tous les partis d'opposition, le budget Flaherty fait aussi très peu pour l'industrie manufacturière. On prolonge d'un an le programme d'accélération des amortissements, mais comme seules les entreprises qui font des profits peuvent en bénéficier, la mesure ne sera d'aucune aide pour celles qui sont en difficulté. Seule l'industrie de l'auto ontarienne aura droit à une aide spécifique de 250 millions, une décision électoraliste qui sera, de toute façon, jugée ridicule par cette industrie très friande de fonds publics.

Ironiquement, la mesure qui plaira le plus à l'industrie de l'auto est la mort du programme d'incitation à l'achat de voitures peu énergivores puisque les trois constructeurs nord-américains ne parvenaient pas à faire classer leurs produits dans cette catégorie...

N'aurait-on pas pu s'inspirer du gouvernement Charest qui a autorisé les entreprises à retarder la date de versement de leurs prélèvements gouvernementaux? Une mesure peu coûteuse qui laisse plus de liquidités dans les coffres pour payer les fournisseurs et ainsi traverser la tempête.

Pour ce qui est des provinces, l'une des rares mesures susceptibles de leur plaire, elles qui ont jeté l'éponge au chapitre du déséquilibre fiscal trop identifié aux souverainistes, c'est le remplacement du programme des bourses du millénaire par un nouveau programme annuel de bourses étudiantes de 350 millions, duquel elles pourront se retirer avec pleine compensation.

Il faut dire qu'ayant refusé de récupérer la baisse de la TPS, les provinces sont aujourd'hui mal placées pour crier leur désarroi. Pourtant, si Ottawa traîne de la patte à cause du ralentissement en 2008-09, on peut s'attendre à ce que les provinces en arrachent encore plus que lui!

Parce que le gouvernement conservateur a réduit la dette très rapidement d'un côté, et le fardeau fiscal des entreprises et des particuliers de l'autre, il se retrouve aujourd'hui devant la situation paradoxale où il n'a plus de marge de manoeuvre. Il a fait le pari qu'avec plus d'argent en poche, les consommateurs et les entreprises se chargeront de relancer eux-mêmes l'économie le jour où la panne surviendra. Il est encore trop tôt pour juger de l'efficacité de cette approche conservatrice dans la nouvelle conjoncture mondiale. Mais ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'elle fonctionne!

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 08h54
    Combien Ottawa nous vole-t-il?
    « On nous volait 2,5 milliards de trop en TPS. On nous l'a remis.

    Les surplus est de 13,2 milliards. Si on suppose que 20% vient des Québécois, c'est 2,6 milliards

    On dépense 31,2 milliards pour le paiement de la dette. Si on suppose que 20% vient du Québec, c'est 6,24 milliards qu'on prend dans nos poches sans rien nous redonner.

    On va dépenser presque 5 milliards en aide internationale. A 20% encore, c'est presqu'un milliard de nos taxes et impots pour lesquels on n'a rien en retour

    On va dépenser 19 milliards pour la Défense, donc 3,8 milliards de nos poches. Un Québec indépendant, avec une petite armée de 15k hommes, en dépenserait la moitié.

    Bref, un Québec indépendant, en rappatriant tout le fric qu'on nous vole, pourrait investir en Santé et en Éducation et finir l'année avec des surplus les yeux fermés.

    Hélas la chaise est vide. Il n'y a plus personne pour transporter le ballon. »

  • May West
    Abonnée
    mercredi 27 février 2008 11h44
    Mais pourquoi
    « Avec tous vos chiffres, mais pourquoi, monsieur Noël, ne faites-vous pas partie des conseillers économiques de madame Marois? Des fois, on se prend à souhaiter le retour de Monsieur Parizeau.

    MW »

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    mercredi 27 février 2008 12h56
    les aînés et les pauvres...
    « M. Harper ne s'est pas forcé pour améliorer le sort des aînés et des pauvres.
    Quand augmentera-t-il les pensions des aînés non pas de 3$mois/3mois, mais
    bien d'un montant suffisant pour leur permettre une vie décente. Un pain me
    coûte 3,30$..!! En vérifiant mes relevés de banque de décembre 07 et janvier 08,
    je constate que cette année, on a oublié de nous augmenter. Que devrons-nous
    faire pour qu'à Ottawa, le Premier Ministre entende la voix des plus faibles ?

    Les aînés qui ont droit au supplément de revenu garanti mais ne l'ont pas demandé, soit
    parce qu'elles ignorent que cela existe, soit parce qu'elles ne savent comment faire, et
    pour certaines, elles ont peur de perdre leur pension. Ce serait si facile de leur donner
    ce supplément suite à la vérification de leur déclaration d'impôt sans qu'elles aient à
    en faire la demande.
    Entre 60 et 65 ans, une veuve à faible revenu, a droit à une pension du gouvernement fédéral.
    Mais une célibataire du même âge, faible revenu, n'a pas droit à cette aide ? Pourquoi 2 poids, 2 mesures..
    La veuve et la célibataire ont toutes deux à payer les mêmes frais pour un appartement, hydro,
    câble, téléphone, assurances, médicaments, etc.. l'une est privilégiées par rapport à l'autre.
    Quant aux personnes seules, les plus comme les moins fortunées, ne sont pas concernées;les couples peuvent partager en deux leur revenu, de façon à payer moins ou pas d'impôt.. donc pas de cadeau pour elles de la part de M. Harper. D'ailleurs, elles sont toujours les grandes oubliées du système.
    Pas d'économie d'impôt annuelle pour elles. Nous avons l'impression de ne pas exister, sauf lorsque l'on fait un chèque pour acquitter nos impôts.
    Plus on a d'argent, plus on est protégé et plus on peut faire des économies; si l'on est sénateur ou un ex-député, on peut s'attendre à une rente de retraite très élevée pour la plupart. Quant à son départ un ex-
    député reçoit une rente de 135 906$/année, que cela équivaut à 22.6 années de pension d'un aîné, je n'ai pas trouvé de mot pour qualifier un tel écart entre l'un et l'autre.. Ce n'est certes pas ce que l'on appelle
    "le partage de la richesse".. c'est une triste réalité pour les aînés ! »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 15h23
    @Denyse Richard
    « Vs avez remarqué que TOUTES les analyses depuis hier se font sur des détails: le paiement de la dette, le nouveau compte de banque, les dépenses à la défense, etc... Mais rien sur l'essentiel d'un point de vue québécois à savoir:
    1) Combien on envoie à Ottawa?
    2) Combien on reçoit d'Ottawa?

    Cette question devrait être au coeur des discussions des 50 bloquistes qu'on envoie à Ottawa et de la trentaine de péquistes qu'on envoie à Ottawa. Faites le tour de leurs déclarations: RIEN. R-I-E-N

    Pauline Marois a enterré le référendum en disant qu'on allait enfin parler de l'essentiel: la souveraineté. On attend encore son premier discours

    Ca fait depuis 1995, depuis 13 qu'on a enterré la souveraineté. Les Québécois de moins de 30 ans n'ont jamais entendu parler du pourquoi de la souveraineté. On les a écoeuré avec le référendum, mais sur le fond de l'histoire: RIEN

    On a beau élire 50 députés bloquistes à Ottawa on n'est pas capable d'en trouver un seul capable de parler de la vraie chose: LA SOUVERAINETÉ! Y parlent de tout, sauf de ça.

    A l'époque du Budget Legault (un must que tous les Québécois doivent lire une fois dans leur vie), le budget était de 185 milliards. On est rendu à 244! Une augmentation de 31,8% en 4 ans! Rouge ou Bleu, c'est le gros party à Tawa.

    Dans le Rapport Legault on envoyait 41,2 milliards à Ottawa, soit 22,2% des revenus et on recevait 34,6 milliards soit 18,7% du budget. En appliquant les mêmes %, on enverrait donc maintenant 53,7 milliards et on recevrait 45,6 milliards, pour un vol de 8,1 milliards. Mais qui parle de ça? Qui parle des vrais choses? »

  • Julian Reid
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 17h06
    Vraiment, M. Noel!
    « Jacques Noel semble déçu qu'un milliard de dollars (des québécois) seront verser dans l'aide internationale. Je ne le comprend pas. Un Québéc indépendent serait-t-il un pays riche qui n'aider pas les pauvres du monde?

    Il est également déçu que l'argent du Québéc va aider a payer la dette canadienne, qui appartient a TOUTES les provinces canadiennes. Cette responsabilité restera même pour un Québec indépendent. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 18h04
    Les conservateurs sont racoleurs.
    « Ce qui m'apparaît une grande force, dans ce budget, même s'il n'y avait pas nécessairement urgence à ce faire, c'est la réduction majeure de la dette et, ce faisant, la réduction des champs propices à l'interventionnisme. Dans un contexte d'incertitude relié aux sables mouvants d'une économie continentale qui s'érode sous les acides de la mondialisation, les «coussins protecteurs», au cas où, sont dégonflés. D'autre part, c'est peut-être de cette façon et par une vision d'impact, justement, que les conservateurs de Stephen Harper, font la démonstration de leur compréhension lucide de l'imputabilité que les libéraux fédéraux ont jeté aux orties, comme les camisoles de leurs transpirations, en faisant comme le fait si impunément Jean Charest, au Québec, c'est à dire en surchargeant les épaules des citoyens avec le cumul des poids lourds d'un endettement irresponsable et immoral, via les dépenses orgiaques, via les impairs coûteux imputables à l'incurie des incompétents qui jouissent de l'immunité et de l'impunité, via le laxisme pervers et l'angélisme crasse qui accompagnent les saupoudrages de milliards qui encombrent une «carte de crédit» qui étouffe et étouffera des générations par dizaines. Au seul chapitre de la dette, le Canada n'est-il pas passé du 8ième au 1er rang?

    Par contre et j'abonde dans le sens du brillant critique Thomas Mulcair, le gouvernement de Stephen Harper, connaissant toutes les velléités de ses commanditaires ainsi que les fragilités de son statut minoritaire et connaissant encore mieux le catimini confidentiellement privé de ses promesses secrètes et de ses engagements blindés, n'a pas eu le courage politique, ni le courage de quelque autre nature, de passer au peigne fin de la justice distributive et de l'équité, à celui de la transparence et de la clarté que suggère la droiture, les acquis pouilleux des richissimes canadiens dont le nombre croît à grande vitesse, et de mettre en examen l'échangisme vicieux de considérations pécuniaires et de transports hautement protégés de liquidités de tous ordres, les exemptions d'impôts, les abris fiscaux et leurs accès commandités aux paradis fiscaux où se prélassent tous les dignitaires de la maffia universelle des pouvoirs économiques accolés aux pouvoirs politiques, côtoyant les honorissimes de la «causa nostra», ces Templiers et Lords pompeusement lardés et décorés, honorés et médaillés de tous «Ordres».

    Du côté de ce versant caché du double visage de la réalité canadienne, comme de celle du Québec péquiste ou libéral, il y a des $ milliards $ à récupérer, sans que ça ne change d'un iota le cours de la vie des richissimes millionnaires et milliardaires, ces magnats et pachas, ces poussas et goujats profiteurs tous azimuts des collusions dont profitent également les pistonnés-politiques, leurs «tizamis» ménestrels libéraux, souverains séparatistes et châtelaine péquiste, qu'ils soient bonimenteurs de commandites scandaleuses ou collectionneurs «d'enveloppes brunes» ou épris de quelque autre fascination qu'exercent les capiteuses $$$ capitalistes.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

    P.S. En regard du «vole» dont Monsieur Jacques Noël accuse les fédéraux, il serait important qu'il sache que, si vol il y a eu, il devrait au moins avoir la décence d'admettre que les apparences de voles et de fraudes des dernières décennies qui ont entaché le Gouvernement fédéral, sont aux comptes de fédéraux libéraux et conservateurs, tous issus du Québec, dans la suite d'amalgames politiques provinciaux, donc très québécois, qui se sont appelés Gaspésia, Métro de Laval etc., etc., etc.. »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    jeudi 28 février 2008 06h28
    La causa nostra? Monsieur Pagé...
    « Ne devrait-on pas plutôt dire la Cosa Nostra (ce qui est a nous), le nom de l'organisation mafieuse sicilienne, quand on parle de mafia, et non pas "causa nostra", qui n'est pas tout à fait la même chose?

    Par ailleurs, je suis bien d'accord avec vous quand vous remettez les pendules à l'heure et que vous faites coiffer à des Québécois le chapeau des voleurs de tout acabit qui ont enlaidi la chose politique fédérale depuis de nombreuses années! À commencer par Jean Chrétien, qui a toujours eu l'incroyable habileté de ne pas avoir à payer les conséquences des nombreux gestes répréhensibles qu'il a commis pendant sa longue prestation de premier ministre, prestation qui mettra du temps à s'estomper, car elle restera quand même fort longtemps dans le souvenir collectif.

    Claude Tremblay
    Hawkesbury, ON »

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