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Des prêts aux étudiants remplaceront les bourses du millénaire

Clairandrée Cauchy   27 février 2008  Canada
La Fondation des bourses du millénaire (FBM), legs du gouvernement libéral de Jean Chrétien, sera abolie en 2009 pour être remplacée par un programme de prêts étudiants, dont le Québec pourra se retirer avec pleine compensation financière.

C'est 350 millions qui seront consacrés dans l'ensemble du Canada en 2009 pour ce nouveau programme de prêts, somme qui sera graduellement augmentée pour atteindre 430 millions en 2012-13. On estime que le Québec pourrait compter sur environ 84 millions de ce montant en 2009.

Les bourses du millénaires, initialement décriées comme une intrusion dans le champ de compétence du Québec lors de leur création en 1998, avaient fait l'objet d'une entente par la suite en vertu de laquelle le gouvernement du Québec s'engageait à utiliser ces sommes pour financer des mesures favorisant la réussite dans les cégeps et les universités (35 millions) et pour limiter l'endettement étudiant en abaissant le plafonds des prêts. Au total, c'est près de 85 millions qui étaient ainsi versés annuellement au Québec.

C'est un montant similaire qui sera affecté en 2009 pour l'aide financière. Il reste maintenant à savoir si le gouvernement québécois utilisera encore cette somme pour les mêmes fins, alors qu'il ne sera plus tenu de le faire par une entente.

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ), qui avait participé aux négociations avec la FBM, s'est montrée inquiète hier quant à l'utilisation que le gouvernement québécois ferait de ce montant. «Si le Québec remet ce montant dans l'aide financière aux études, ce serait une bonne nouvelle. Si on s'en sert pour des baisses d'impôts ou pour des routes, ce serait une très mauvaise nouvelle», a fait valoir le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady.

La Fédération des cégeps a elle aussi indiqué hier qu'elle souhaitait voir les sommes affectées de façon similaire. «Si l'argent va ailleurs, cela va équivaloir à des compressions, soit dans l'aide financière, soit dans les collèges ou les universités. Si on a fait le choix, il y a 10 ans, d'allouer ces sommes au régime d'aide financière ainsi qu'aux collèges et aux universités, il faut maintenir ces acquis», a plaidé le président de l'organisme, Gaétan Boucher.

Du côté de Québec, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier s'est réjouit du mécanisme «d'opting out». «Je suis content, cela augure bien, c'est la formule qu'on préconise», a-t-il affirmé.

Le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, a lui aussi salué la fin des bourses du millénaires, ce qui ramène les budgets «sous la coupole de Québec».

Cela dit, le chef syndical s'est dit dans l'ensemble déçu du budget, qui ne prévoit pas d'augmentation des paiements de transfert pour l'éducation. «Il y a encore un fossé qui nous éloigne du niveau des transferts de 1994. C'est encore une occasion ratée», a déploré M. Parent. Son propos trouve écho dans le discours de la Fédération des cégeps, qui souligne qu'un manque à gagner d'environ 4 milliards en dollars courants subsiste entre les transferts actuels et ceux de 1993-94.

C'est avec philosophie que la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a commenté l'absence d'argent neuf dans les transferts pour l'éducation, déclarant que «le fédéralisme est une discussion continue».

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Le budget Flaherty prévoit par ailleurs une bonification du Régime enregistré d'épargne-études, en allongeant la durée de vie du régime de 25 à 30 ans et en permettant de cotiser pendant 10 années supplémentaires.

Ottawa consent par ailleurs 80 millions supplémentaires aux Conseils subventionnaires qui financent la recherche universitaire. Les projets admissibles devront toutefois viser des secteurs précis, tels l'automobile, la foresterie, la pêche, l'environnement, la salubrité des médicaments, les besoins de développement socio-économiques des collectivité du Nord, etc. On créera également 20 nouvelles chaires de recherche, pour un montant de 21 millions sur deux ans.

Un nouveau programme de bourses d'études doctorales est également instauré pour encourager les meilleurs étudiants au doctorat qui poursuivent des études au Canada. Le gouvernement fédéral y consentira 100 millions sur cinq ans.

***

Avec la collaboration de Robert Dutrisac






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  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 08h32
    Pour les prêts et bourses
    « Le programme des Bourses du Millénaire a permis à un ami de retourner aux études à 50 ans et changer sa vie. Espérons que l'argent qui était dans ce programme soit utilisé par les provinces pour les prêts et bourses et non détourné vers autre chose... »

  • Raymond Day
    Abonné
    mercredi 27 février 2008 13h36
    Les bourses du Millénaire
    « En somme une bonne nouvelle. Pour ceux et celles qui se demandent si les nouveaux fonds seront dirigés en éducation, il faut dire que la Fondation était peu outillé pour exercer ce genre de contrôle. Le Gouvernement devrait serieusement rouvrir la loi qui créa la Fondation pour y ajouter une prescription sur l'utilisation des fonds restants. Il faut se rappeler qu'une excellente gestion par l'administration actuelle de la Fondation pourrait avoir permis des économies importantes qu'il serait bon de voir réinvestir dans l'éducation. La création de la Fondation en toute vitesse par l'administration de Chrétien n'a pas prévu une récupération de ces dits fonds. Pour être consistant avec son souci de bonne gestions, le Gv Harper devrait donc très rapidement revoir la loi qui a fondé le Millenium. »

  • Marie-Ève Lépine
    Abonné
    mercredi 27 février 2008 16h23
    Les prêts du millénaire?
    « Ancienne étudiante, j'ai reçu il y a trois ans une lettre de la fondation des bourses du millénaire, me féliciant pour mes excellents résultats scolaires. J'étais automatiquement éligible au programme des bourses du millénaire. J'en fut très heureuse puisqu'on m'offrait pour mon assiduité scolaire presuqe 3000$. J'y ai vu la possibilité de souffler un peu, entre l'école àtemps plein et un emploi àtemps partiel (presque temps plein vu les exigences économiques de notre société) Et bien, la réalité fut plutôt désagréable. Québec a considéré ce montant comme un revenu, j'ai donc été coupé de mes bourses au provincial. Et les bourses du millénaire sont en réalité un transfert de charge des prêt normalement attribué du fédéral au provincial. Je me suis retrouvé non pas avec 3000$ de bourse mais 6000$ de prêt. Le pire,c'estqu' il est impossible de les refuser ces bouses! Non seulement le fédéral fait il une ingérence dans un domaine provincial, mais il le fait d'une façon spectaculairement malhonnête et malheureusement très peu dénoncée. »

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