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Les élections sont écartées

27 février 2008  Canada
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, est applaudi à la Chambre des communes à l’occasion de la présentation de son budget hier.
Photo : Agence Reuters
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, est applaudi à la Chambre des communes à l’occasion de la présentation de son budget hier.
Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a déposé hier un budget signature affirmant la vision conservatrice de l'État: le surplus dégagé cette année est consacré au remboursement de la dette plutôt qu'aux grandes initiatives interventionnistes, absentes du budget. Le gouvernement confirme surtout que les allégements fiscaux déjà consentis, combinés au ralentissement économique plus important que prévu, ont englouti sa marge de manoeuvre. Tout parti politique promettant aux électeurs de grands investissements sera condamné à promettre aussi une hausse des impôts. Une pilule empoisonnée que le chef libéral, Stéphane Dion, a choisi d'avaler hier, apaisant du coup la fièvre électorale fédérale.

M. Dion a qualifié de «modeste» et de «touche-à-tout», ce budget. «Mais dans ce qu'il accomplit, le gouvernement va-t-il dans la direction que nous recommandions? Dans l'ensemble, oui», a-t-il déclaré en citant les investissements dans les transports en commun et les corps policiers. «Aussi, dans les circonstances, je ne vois pas assez dans ce budget qui justifierait que nous précipitions les Canadiens dans une élection qu'ils ne souhaitent pas pour le moment», a ajouté celui vers qui tous les regards étaient tournés. M. Dion n'a répondu à aucune question avant de laisser le micro.

On ignore encore si ses troupes voteront pour le budget ou s'ils s'en abstiendront, comme les fois précédentes, mais leur appui garantit la survie du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Comme prévu, les chefs du NPD et du Bloc québécois ont annoncé qu'ils s'opposeraient au budget.

Les conservateurs avaient lancé une campagne publicitaire au début du mois dépeignant le chef libéral comme un futur grand dépensier. Avec le budget d'hier, ils ont maintenant beau jeu de démontrer, chiffres à l'appui, que les dépenses promises plongeraient le pays en déficit... à moins d'augmenter les revenus de l'État.

C'est que la marge de manoeuvre financière d'Ottawa, confirme ce troisième budget conservateur, a complètement fondu sous le coup des réductions d'impôt et des baisses successives de la TPS. Si, pour l'année financière se terminant le 31 mars prochain, Ottawa dégage un surplus anticipé de 12,9 milliards, il ne sera plus que de 2,3 milliards en 2008-09 et de 1,3 milliard l'année suivante. Disparu, donc, le légendaire coussin de sécurité de trois milliards de dollars. Certains économistes croient même que le Canada s'expose à un risque réel de renouer avec les déficits.

10 milliards à la dette

Le surplus de cette année sera presque entièrement (10,2 milliards) affecté au remboursement de la dette, qui passera du coup à 457,1 milliards, soit 29,9 % du PIB canadien. La balance de 2,7 milliards est consacrée à des mesures de dernière minute qui répondent aux impératifs électoraux des conservateurs.

Ainsi, outre le milliard déjà annoncé en janvier pour venir en aide aux industries forestière et manufacturière — somme qui n'est d'ailleurs pas bonifiée —, Ottawa injecte immédiatement dans une fiducie 400 millions pour embaucher 2500 nouveaux policiers. Il verse aussi 250 millions pour étudier les projets de stockage du carbone (un gaz à effet de serre), dont 240 millions à la Saskatchewan uniquement. Une autre somme imprévue de 259 millions est versée dès maintenant pour le maintien à domicile des vétérans. Enfin, une fiducie de 500 millions est créée tout de suite pour financer les projets provinciaux, déjà sur la planche à dessin, de mise à niveau des transports en commun.

Notons que le cynisme électoral est poussé à son paroxysme. Dans son budget précédent, alors que les conservateurs étaient attaqués de toutes parts pour leur tiédeur à lutter contre les changements climatiques, le ministre Flaherty instaurait une remise financière récompensant les acheteurs de véhicules moins polluants. Faut-il voir un lien avec le fait que ce sujet n'est plus au coeur de l'actualité? Ce programme, d'à peine deux ans, sera aboli avec les modèles 2008, une économie de 160 millions.

Assurance-emploi et compte épargne

Les deux pièces maîtresses de ce budget consistent certainement dans la création d'un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) et la mise sur pied d'une caisse indépendante pour gérer les cotisations au programme d'assurance-emploi. Dans ce dernier cas, il s'agit d'une demande longtemps formulée par les chômeurs et les partis d'opposition.

Le CELI (voir autre texte en page A 3) permettra aux contribuables de placer jusqu'à 5000 $ par année et d'accumuler des intérêts à l'abri du fisc, qu'ils pourront ensuite retirer à leur guise sans être imposés. Cette mesure privera Ottawa de revenus évalués à trois milliards par année lorsque le programme aura atteint son plein potentiel, dans 20 ans.

Quant à l'Office de financement de l'assurance-emploi du Canada annoncé, il aura pour mandat d'assurer que les cotisations versées ne servent qu'à financer le programme d'aide aux chômeurs et rien d'autre. Il fixera à cet égard les taux d'imposition nécessaires pour assurer la pérennité du programme. Finie, donc, l'époque où les surplus actuariels de cette caisse virtuelle étaient intégrés aux revenus généraux d'Ottawa... et dépensés à d'autres fins. «Grâce à cette réforme, s'est vanté le ministre Flaherty dans son discours à la Chambre des communes, les travailleurs et les collectivités du Canada auront la certitude que le compte d'assurance-emploi est géré de telle manière que les revenus correspondent aux dépenses.»

Des mesures ici et là

Outre ces deux annonces, le reste du budget constitue davantage un saupoudrage de mesures minimalistes ou ponctuelles. Les plus gros morceaux en sont les 100 millions de plus destinés à la reconstruction en Afghanistan (pour un total de 280 millions cette année ou 1,3 milliard en 10 ans), les 122 millions pour les prisons et les 300 millions accordés à la société d'État Énergie atomique du Canada ltée (EACL), lourdement malmenée avant Noël pendant la pénurie d'isotopes médicaux, afin qu'elle accouche de sa nouvelle génération de réacteurs nucléaires. L'industrie automobile ontarienne bénéficiera aussi d'un investissement de 250 millions de dollars sur cinq ans pour effectuer de la recherche et du développement.

En matière d'éducation, le gouvernement confirme la fin des bourses d'étude du millénaire, dont la création avait outré le Québec, jaloux de ses compétences. Elles seront remplacées en 2009-10 par des subventions aux étudiants d'une valeur équivalente (350 millions par année) dont les modalités seront négociées avec les provinces. La différence réside dans leur mode de versement: alors que les bourses étaient remises à la fin d'une année universitaire, les «subventions» conservatrices seront versées chaque mois. Elles seront bonifiées de 50 millions de dollars l'année prochaine.

Il n'y a aucun autre réinvestissement en éducation, mais Ottawa versera 69 millions sur deux ans (la majorité l'année prochaine) pour créer des bourses d'excellence, dont 500 à 50 000 $ chacune, disponibles pour les meilleurs doctorants canadiens ou étrangers.

Le gouvernement n'annonce aucune réduction supplémentaire de l'impôt des particuliers, toutes ayant été annoncées dans l'énoncé économique cet automne.

Des dépenses élevées

Le niveau de dépenses de programmes des conservateurs reste cependant élevé. Elles atteindront 208,1 milliards cette année (2008-09), soit 13,1 % du PIB. Depuis que les conservateurs sont arrivés au pouvoir, ce pourcentage n'a jamais passé sous la barre des 13 %. Dans le document du budget, le gouvernement se vante qu'Ottawa «a maintenu les dépenses bien en deçà du niveau de 2004-05», c'est-à-dire à l'époque libérale. Les conservateurs oublient de préciser le caractère exceptionnel de cette année-là, les libéraux ayant lancé un plan de réinvestissement en santé et devancé des versements de péréquation aux provinces de plusieurs milliards de dollars. Les libéraux se sont presque toujours tenus sous la barre des 13 %.

Quoi qu'il arrive, le gouvernement de Stephen Harper aura laissé sa marque sur les finances publiques canadiennes. En combinant les trois budgets conservateurs et les deux mises à jour économiques, Ottawa se prive de 28,4 milliards en revenus pour 2008-09 et de 30,9 milliards l'année prochaine. La croissance économique prévue est ramenée à 1,7 % pour 2008. Il s'agit d'une révision très inférieure à celle de 2,9 % prévue il y a à peine un an, dans le précédent budget.






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 06h26
    Aux "vraies" affaires!
    « Enfin on pourra se concentrer sur les "vraies" affaires: le hockey et la quête de l'inaccessible coupe,la fin de l'interminable hiver et le bien vilain bilinguisme. Tout cela est certes bien mieux et plus vivant qu'un débat électoral télévisé Harper-Dion. Quant au budget, il sera vite oublié. Enfin on peut se consoler, en suivant le feuilleton VLB ou mieux, en lisant quelques-uns de ses bons livres, avant qu'il ne les enfourne dans son poêle à bois de Trois-Pistoles... »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 27 février 2008 06h37
    Une économie de 350 millions!
    « Coût des élections:
    On dit 350 millions.

    M. Harper avec l'aide de son ami Stéphane, vient d'économiser 350 millions.

    Cet argent pourra servir à améliorer la guerre en Afghanistan.
    Les prochains morts s'en réjouissent déjà!


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 06h45
    Problèmes d'analyse et de critique
    « En dehors des questions purement économiques que soulèvent le budget présenté par le gouvernement de Stephen Harper, il est intéressant de s'intéresser à la fièvre électorale médiatique qui depuis trois ou quatre semaine se manifestait tant dans la presse audiovisuelle que dans la presse écrite. On a pu voir ou lire des affirmations péremptoires, nous garantissant qu'il y aurait des élections dans les semaines à venir. Pour ma part, j'ai toujours prétendu le contraire et je l'ai exprimé dans la presse écrite, tant dans ce journal que dans un autre.

    Pourquoi cette perspective différente? Parce que les outils d'analyse ne sont pas les mêmes. Les journalistes utilisent les instruments habituels de la politique classique et en arrivent à des déductions logiques : vu les prémisses considérées, il devrait y avoir des élections.

    L'autre modèle d'analyse est celui de la psychopolitique, moins connue peut-être, mais très efficace. Rappelons que la psychopolitique dérive de la psychohistoire dont Rudolph Binion, professeur d'histoire à la Brandeis University, Waltham, Massachusetts, É.-U., donne la définition suivante : «La psychohistoire explore, selon sa propre méthode appliquée à des situations historiques, les processus humains, tant collectifs qu'individuels.» La psychopolitique est alors la psychohistoire en direct, c'est-à-dire l'application de la méthode de la psychohistoire à l'histoire présente, qui se déroule sous nos yeux. Par exemple, le comportement psychologique d'un dirigeant peut expliquer ses actions et réactions. Et avec les dirigeants actuels et la situation minoritaire du gouvernement, cette discipline prend toute son actualité.

    Ceci dit, on ne va pas manquer de critiquer Stéphane Dion pour son refus de défaire le gouvernement. Mais au-delà des réactions épidermiques, il faudrait se poser des questions de fond. Pourquoi déclencher des élections qui donneront les mêmes résultats? Ne pas le faire, c'est non seulement faire des économies, c'est aussi faire preuve de retenue et non de politique politicienne. Il faut du courage pour tenir cette position, contrairement à ce que l'on pense. Il serait bon de se souvenir de ce que la politique est ou doit être, pour porter une jugement objectif et non partisan, que l'on soit libéral, conservateur, bloquiste ou néo-démocrate.

    On trouve justement chez Platon quelques éléments intéressants et toujours d'actualité. Dans «Pouvoir et Justice (République, Livre I): le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt mais selon la justice», on peut lire cette réponse de Socrate à une question d'un certain Thrasymaque, qui pense que l'on commande toujours à son profit: ««L'art du berger a pour essence le bien des moutons; c'est par accident que s'y ajoute l'art d'en tirer profit; l'art du berger n'est pas transformé par le fait qu'il en tire profit ou pas. De même, l'art politique est par essence service pour les gouvernés, et par accident profit pour les gouvernants.» Et Platon de montrer que l'on a toujours intérêt à la justice et que le pouvoir ne peut s'exercer sans justice. Celui qui exerce le pouvoir ne le fait pas en vue de son intérêt, car il ne peut l'exercer de façon stable que s'il respecte la justice, et même s'il l'instaure.

    Il s'agit certes d'un idéal. Mais, «Faire de la politique, c'est justement défendre un idéal en l'adaptant à la réalité du monde.... L'idéal doit évidemment être actualisé, adapté aux réalités du temps mais il n'en reste pas moins essentiel et premier dans la détermination de la politique. » (Raphaël Dargent, «La politique, un réalisme de l'imaginaire», Les Cahiers, no 14) «La politique, disait Charles de Gaulle, un véritable homme d'État, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités.» (Conférence de presse, 30 juin 1955).

    «Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité... », indique Irma Ly Tang dans ses «Réflexions sur le rôle de la politique». Dans les circonstances présentes, quelle était donc la meilleure décision que Stéphane Dion pouvait prendre, non dans son intérêt, mais dans l'intérêt de la population canadienne? Il ne faudrait pas oublier cette perspective et les responsabilités qu'elle entraîne. Il est facile de s'improviser critique lorsque l'on n'est pas dans le poste de celui que l'on critique. Mais, comme le dit l'adage: «La critique est facile, mais l'art - de la politique - est difficile. » »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 07h22
    A quoi sert Ottawa?
    « Ottawa va collecter 242 milliards. Qu'est-ce qu'il va en faire?

    33,3G iront aux vieux. Des chèques, des chèques, des chèques. Un ordi peut faire ça
    15,5G aux chômeurs. Des chèques, des chèques, des chèques
    10,9G pour les enfants. Des chèques, des chèques, des chèques
    31,5G pour la dette. Des chèques encore
    46,1G va aux provinces et territoires qui l'administre

    Bref, Ottawa n'administre que 101,5G. En gros l'armée, les Indiens, l'aide internationale, ses fonfons

    Tout ce qu'un Québec indépendant aurait à faire c'est se faire une armée, établir des frontières et s'occuper des Indiens. On peut faire ca en une fin de semaine. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 08h19
    La dure réalité!
    « Je veux bien que la politique soit un art, un service public qui vise principlement le bien de la nation, comme l'affirme GABRIEL RACLE. C'est vrai, mais c'est aussi action pour la prise et la conservation du pouvoir. Stéphane Dion nous préparait depuis des semaines à une élection et puis voici qu'il dit non aux urnes. Au nom d'un noble idéal? Je ne le pense pas, mais parce que les troupes libérales ne le suivaient pas sur ce chemin. M.Dion voulait en découdre rapidement avec Stephen Harper et je crois toujours qu'il avait raison. Mais il est bien difficile d'avoir raison tout seul... La politique, un idéal qui doit passer dans le tordeur de la réalité. Même De Gaulle s'est incliné devant cette dernière en 1969. »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 27 février 2008 08h26
    Sagesse de M.Dion
    « Je ne comprends pas les média qui voudraient absolument que M.Dion déclanche une élection couteuse qui aboutirait à un gouvernement conservateur!!! Y'a pourtant bien mieux à faire avec des centaines de millions...qu'une élection INUTILE! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 27 février 2008 08h48
    Oui, M. Charbonneau pour l'argent en Afghanistan
    « M. Serge Charbonneau a raison d'écrire : «Cet argent pourra servir à améliorer la guerre en Afghanistan. Les prochains morts s'en réjouissent déjà!»

    Nos militaires pourraient utiliser ce 350 millions de beaux dollars canadiens que viennent de nous économiser conjointement Messieurs Dion et Harper, nos "va-t-en-guerre" jusqu'en 2011, pour se procurer des mitraillettes à deux canons afin de tuer deux fois plus de Talibans pour que deux fois plus de mamans, de soeurs et de filles de ces méchants là, puissent les pleurer plus rapidement vu que l'ils tentent d'aider ces femmes là, absolument.

    Nos militaires "bilingues" qui pratiquent les missions en Afghanistan de "search and destroy" pourraient changer ça, avec un meilleur équipement, par "search less and destroy more". »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 27 février 2008 09h28
    Pourquoi déclencher des élections? Psychopolitique 101
    « Certains disent:
    Pourquoi déclencher des élections qui donneront les mêmes résultats?
    M. Racle dit: "Il faut du courage pour tenir cette position"

    Étrange, moi, le courage je le voyais plutôt endosser par celui qui, malgré qu'il soit assuré d'une défaite, renverserait le gouvernement.
    Le courage, je le vois dans le débat, dans l'utilisation que nous offre notre "démocratie".
    La démocratie c'est le débat et le débat ne «peut» s'effectuer qu'en campagne électorale. Hors échéance électorale, le débat n'est que patinage qui ne change absolument rien.

    Le problème actuel, n'est pas que les conservateurs soient réélus, mais plutôt que les électeurs restent endormis.
    Et quelle période favorise le mieux le sommeil et le détachement de ses "obligations" démocratiques? Ce sont les longues périodes sans campagne électorale.

    Les sujets polémiques et les grands enjeux disparaissent comme par magie lorsque les campagnes électorales approchent. L'avantage d'avoir un gouvernement minoritaire, c'est que si l'opposition est respectable, elle peut sauter sur un sujet représentant un enjeu important et en faire son cheval de bataille. La campagne électorale s'en trouve alors intéressante et l'enjeu de voter rouge ou voter bleu peut devenir secondaire par rapport à l'enjeu d'aller tuer ou de soigner ou l'enjeu de favoriser les nantis ou répondre aux besoins des démunis. Des enjeux bien supérieurs que la question des couleurs.

    M. Racle dit: "la politique est ou doit être, pour porter une jugement objectif et non partisan, que l'on soit libéral, conservateur, bloquiste ou néo-démocrate"

    Effectivement, mais, quel genre de campagne électorale avons-nous habituellement?
    Les idées disparaissent, on "juge" la performance des mots, on oublie rapidement les politiques, les gestes, on adore le patinage artistique et les médias nous en beurre épais!

    Le jugement objectif!
    Le but des campagnes semble d'enlever toute possibilité de jugement. Les sondages mènent le bal et les "analystes" analysent les sondages-qui-leur-révèlent!

    Un sondage nous révèle que xx% des Canadiens ne veulent pas d'élections. Voilà le jugement "objectif", voilà l'enjeu, c'est notre démocratie. On nous dit que nous ne voulons pas de débat et que notre bon gouvernement démocratiquement élu fasse à sa tête.

    Sommes-nous victimes de propagande constante et de manipulation subtile de notre opinion.
    Combien de fois avez-vous entendu que des élections ne donneraient rien et que c'était une perte d'argent?

    Et, combien de fois avez-vous entendu dire que l'occupation de l'Afghanistan était une perte d'argent et de vies humaines?

    Les élections coûtent trop cher pour favoriser le débat et qui sait, peut-être qu'avec des débats de fond musclés, la population se réveillerait et voterait massivement pour (par exemple) le NPD?
    Un rêve en couleur, la peur du changement est trop forte.
    La peur, sous toutes ses formes, quel élément phénoménal de contrôle de l'opinion.

    Il est grand temps de cesser d'avoir peur.
    Mais ce n'est pas avec des Dion que l'on cessera.

    Il est temps que, non seulement Dion cesse d'avoir peur, mais que chacun de nous cesse d'avoir peur. Il faut s'ouvrir les yeux, réévaluer nos valeurs fondamentales, réanalyser soi-même la réalité, cesser de prendre pour du "cash" ce que les brillants chroniqueurs et "analystes" (sic), "spécialistes" (sic) nous disent comme s'ils possédaient "LA" vérité.
    Ces spécialistes ont, pour la plupart, l'objectif de favoriser la pensée unique.
    Tous décrivent la même chose de la même façon. Il n'y a plus de diversité d'opinion, on nous modèle à la pensée unique.

    Il faut s'efforcer, quotidiennement, de voir la réalité par nos propres yeux. Il faut cesser de faire confiance à ceux qui nous apportent la "réalité" (sic) sur un plateau facile à consommer. Ce sont des spécialistes de la propagande, soit qu'ils sont manipulés, corrompus ou faibles d'esprit.
    Il faut toujours se demander après la lecture d'une chronique, ce que vous avez appris et ce que vous avez «ressenti»?
    On nous fait ressentir beaucoup plus que l'on nous en apprend.

    M. Racle parle de jugement objectif. Pour un jugement objectif, il nous faut de l'information objective, neutre. En avons-nous?
    Après avoir lu une nouvelle, on peut sans hésitation condamner. Le jugement est inclus dans les nouvelles, dans les chroniques. Nous avons rarement la "chance" de lire des faits et de tirer nous-mêmes nos conclusions. On nous a fait perdre nos capacités de jugements. On nous les a fait perdre en nous enlevant les paramètres qui permettent le jugement, c'est-à-dire, les faits, les données, les actions, toutes ces choses "neutres" qui sont la réalité.

    La démocratie, c'est le débat pour mieux juger.
    La démocratie, c'est de garder un contrôle sur ses dirigeants.
    Notre responsabilité démocratique, c'est de pouvoir voter avec un jugement valable sur des enjeux importants.
    Refuser des élections, c'est refuser le débat, c'est laisser aller nos dirigeants comme ils l'entendent.
    Refuser des élections, c'est renoncer à notre responsabilité démocratique.

    Platon dit: "le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt, mais selon la justice"
    Dion, s'il a des convictions, aurait dû pousser le débat et bousculer la population même si c'était contre ses intérêts.
    Le coût des élections est ridicule en regard du coût d'une seule semaine à Kandahar.
    Les élections ne coûtent rien en vies humaines.

    Selon ces considérations, quelle était donc la meilleure décision que Stéphane Dion pouvait prendre, non dans son intérêt, mais dans l'intérêt de la population canadienne?

    Stéphane Dion a-t-il vraiment pris une décision dans l'intérêt de la population canadienne?
    Ou, a-t-il pris une décision dans son intérêt?
    C'est-à-dire, de rester en poste jusqu'au jour où il aura agrandi son cercle d'amis (ce qui me paraît utopique!)

    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 27 février 2008 09h44
    Pauvres Harper et Dion !
    « Harper et Dion aimeraient bien chacun se faire élire avec une majorité de députés au Parlement. Cependant, la population qui se méfie de plus en plus des politiciens (aucun parti ne domine vraiment dans les sondages), aime bien les gouvernements minoritaires (ça rend les dirigeants moins arrogants) et ne veut rien savoir de nouvelles élections (seulement 25 % des citoyens veulent retourner aux urnes) en a décidé autrement ! »

  • Marie Charron
    Inscrite
    mercredi 27 février 2008 23h06
    Cher Monsieur Noël...
    « Cher Monsieur Noël,

    Ha ha ha, hi hi hi, ha ha ha ha ha!
    Ha ha ha ha ha ha ha!
    Ho oh ho!
    (Que cela fait du bien rire!)

    Mais c'est que vous êtes un sacré farceur!

    Et à part ça, vous croyez toujours au père Noël! »

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