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Dion fait baisser la tension électorale

Les libéraux appuieraient un budget «pas trop nocif» pour l'économie

Antoine Robitaille   19 février 2008  Canada
Québec — Un budget conservateur «pas trop nocif pour l'économie canadienne» pourrait recueillir l'appui des troupes libérales fédérales, a déclaré le chef Stéphane Dion, hier à l'Université Laval, ce qui aurait pour effet de maintenir en vie le gouvernement Harper minoritaire.

«On pourrait le laisser passer et éviter 350 millions de dépenses pour des élections. Donc on va évaluer le budget», a déclaré M. Dion semblant soudainement peu empressé d'envoyer les Canadiens aux urnes. Certes, il s'est dit conscient que le budget, qui sera déposé le 26 février, ne sera pas «libéral», mais il faut «respecter aussi la décision des électeurs en 2006», a-t-il noté.

À la question «êtes-vous sur la même longueur d'ondes» que Bob Rae (porte-parole en matière d'Affaires étrangères) et David Smith (sénateur et coprésidents de la prochaine campagne libérale), deux personnages peu enclins à plonger dans une joute électorale, M. Dion a répondu «c'est exact». «Je n'ai pas dit que je voulais aller en élection. Et ils [MM. Rae et Smith] n'ont pas dit qu'ils ne voulaient pas aller en élection. Nous avons dit qu'il fallait être prêt à tout moment. Et choisir notre moment», a précisé le chef libéral.

On sait que M. Dion craint pour l'image de son parti s'il venait encore une fois à sauver le gouvernement Harper. Mais mercredi dernier, comme le racontait Le Devoir en fin de semaine, une majorité des 60 influents députés de l'Ontario, Bob Rae en tête, ont fait valoir à leur chef qu'il valait mieux retarder la chute du gouvernement conservateur.

Kosovo

Par ailleurs, au dire du chef libéral, le Canada devrait imiter «la plupart de ses principaux alliés» européens (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) et reconnaître la république du Kosovo, qui a déclaré son indépendance dimanche. «Je ne dis pas que le Canada devrait être le premier à se précipiter, mais je pense qu'il devrait envoyer ce message dès aujourd'hui à nos alliés européens», a-t-il dit, s'étonnant au passage du silence d'Ottawa sur la question. D'ailleurs, hier après-midi, le gouvernement canadien a fait savoir qu'il en était encore à «évaluer la situation». Dans un court message, le ministère des Affaires étrangères a exhorté les parties à rester calmes et il a rappelé que le Canada a «toujours appuyé les efforts déployés par les Nations unies afin de trouver une solution pacifique à cet enjeu».

Du reste, à ceux qui, comme le député péquiste de Mercier Daniel Turp, croient que l'on peut dresser des parallèles entre le cas de la république des Balkans et un Québec où le oui l'aurait emporté, M. Dion, père de la Loi sur la clarté référendaire, avait une réponse. Selon lui, un seul enseignement peut être tiré de ce qui se produit au Kosovo: «la reconnaissance internationale est très difficile à obtenir sur la base d'une sécession unilatérale». Et ce, même pour une république où il y a quasi-unanimité en faveur de l'indépendance, où il y a eu des «exactions graves» qui confinent à «des crimes de guerre» et qui réclame depuis 10 ans son indépendance. Par conséquent, le chef libéral estime «complètement irréaliste» de penser qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance d'une «province canadienne», les pays de la communauté internationale tenteraient de «passer par-dessus la tête du gouvernement canadien». «Le reste du monde dirait "c'est une province canadienne; le Canada est une démocratie bien établie et ils vont gérer ça entre eux".»

Réponse aux conservateurs

Le chef libéral a profité de l'allocution qu'il avait été invité à prononcer par un groupe de recherche en environnement de l'université pour répliquer aux dernières accusations des conservateurs. Selon ceux-ci, l'environnementalisme d'un Dion premier ministre risquerait de «ruiner l'économie» de la fédération. La dette augmenterait «de 62,5 milliards de dollars» sur quatre ans, a par exemple soutenu, dimanche, le ministre de l'Industrie Jim Prentice. M. Dion a qualifié de «mensonges» et de «propagandes» ces allégations et a soutenu que le virage environnemental qu'il veut faire prendre au Canada produira au contraire, à terme, des «surplus inattendus».

Il a rappelé l'époque de son arrivée au gouvernement, en 1993, où le gouvernement Mulroney avait laissé un déficit de 42 milliards: «J'ai été à la table du cabinet, j'ai vu les décisions difficiles qu'on a dû prendre pour remettre les finances publiques en état. Je ne veux pas revivre ça. On va être extrêmement prudents, et c'est cette prudence qui pourrait d'ailleurs amener des surplus inattendus», a-t-il soutenu.

À ses yeux, il faut faire mentir ceux qui croient impossible de concilier «l'humanité et la planète». Les conservateurs raisonnent à ses yeux comme ceux qui, au XXe siècle, estimaient utopique d'améliorer les conditions sociales des êtres humains sans mettre l'économie en faillite. M. Dion a précisé une des «mesures concrètes» que son gouvernement prendrait pour l'environnement: tout surplus de plus de trois milliards de dollars serait «réinvesti dans les infrastructures durables».

Le chef libéral avait rencontré plus tôt en matinée le maire de Québec Régis Labeaume avec qui il a discuté du projet de train à grande vitesse qui relierait la capitale québécoise à Windsor, un projet qu'il estime «vert» et qu'il faut examiner sérieusement, a-t-il noté. Le chef libéral a dit croire à un succès électoral surprise pour sa formation dans la région de Québec lors des prochaines élections.
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 19 février 2008 07h13
    Exactions pour l'indépendance, M. Dion
    M. Stéphane Dion vient de déclarer : «Et ce, même pour une république, le Kosovo, où il y a quasi-unanimité en faveur de l'indépendance, où il y a eu des «exactions graves» qui confinent à «des crimes de guerre» et qui réclame depuis 10 ans son indépendance.»

    Fait que, M. Dion "statue" que des "exactions graves" donnent le droit à l'indépendance d'une province. Ça donnerait bien la droit au Darfour d'être indépendant mais pas au Québec à moins que le ROC commence à nous martyriser "nous faire subir des exactions itou" mais ça ne nous tente pas vraiment d'en subir, pour l'instant.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 19 février 2008 09h19
    Le couple Dion-Harper
    Un petit cha-cha-cha des deux chefs de partis qui se termine en statu quo politique démontre que les deux vieux partis du Canada sont complices pour se partager à tour de rôle l'assiette au beurre.
    Petite politique d'hommes minables !

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mardi 19 février 2008 10h32
    Le "reste du monde" et nous
    Qu'importe l'honneur, l'image et la colonne vertébrale, tant et aussi longtemps que les sondages lui tiendront lieu de thermomètre, Dion ne déclenchera pas d'élections... les poires que nous sommes, ne sont pas encore tout-a-fait cuites.

    D'autre part, lorsque Stéphane Dion affirme que «le reste du monde» [sic!] prendrait en considération que le Canada est une démocratie bien établie, laissez-moi rire... Nous sommes du point de vue international en chute libre depuis le passage des libéraux à Ottawa, passant du 5ième au 14ième rang des pays les moins corrompus en 2005. Et nous sommes en 2008, et les scandales continuent de s'accumuler. On repassera pour l'intégrité...

    Et lorsqu'il ajoute du même souffle que ce même «reste du monde» [resic!] va se dire «qu'ils vont gérer ça entre eux» et si par «gérer ca entre eux» veut dire l'envoie de l'armée canadienne comme en 1970, Stéphane Dion se goure royalement. Cette invasion du territoire québécois serait bien mal tolérée aujourd'hui par ce même «reste du monde» y compris par la communauté internationale.

    Il est plus que temps de monter un dossier bien étoffé sur les injustices et les exactions commises depuis1759 envers notre nation.

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mardi 19 février 2008 13h09
    NOID!
    Eureka Mr. Talbot
    Vous trouverez sur ce site le vrai visage de celui que vous décrivez. Un «noid» (lire de droite à gauche) voilà ce qu'il est, un «crusher» du Québec. ivan jobin
    http://www.youtube.com/watch?v=qJ7RnXakSXU

  • Richard DÉCARIE
    Inscrit
    mardi 19 février 2008 13h22
    Dion "peinturé dans le coin" !
    Stéphane DION n'aurait probablement jamais été en politique n'eut été de l'influence de son père... qui comprenait mieux les Québécois.

    M. DION (fils) n'a été élu chef du PLC qu'en raison des plaies ouvertes au sein de ce parti - scandale des commandites, antagonisme Chrétien-Martin, division ontarienne entre Bob RAY et Michael IGNATIEFF - plutôt qu'en raison d'un potentiel leadership rassembleur. De la "chair à cannon" diront plusieurs.

    Le problème des libéraux fédéraux se nomme Stephen HARPER. Ce dernier est le plus grand stratégiste politique que le Canada ait connu depuis TRUDEAU - père, bien sûr, il n'y en a pas d'autre qui soit significatif ! Et le seul éventuel chef du PLC capable de lui tenir tête est Michael IGNATIEFF.

    Si les guerres intestines cessent au sein du PLC et que tous se rangent derrière IGNATIEFF - ce qui se produit actuellement - et que ceux-ci reconduisent le gouvernement minoritaire actuel jusqu'en 2009, le PLC pourra ainsi bénéficier :
    1. Du départ forcé de DION au printemps 2009 ;
    2. D'une course au leadership hypermédiatisée en mai-juin 2009 ;
    3. De la continuité d'une campagne électorale - à date fixe - pour octobre 2009.

    M. DION va donc être forcé par "son" parti à ne pas défaire le gouvernement ni au Sénat, ni sur l'Afghanistan et ni... sur le budget 2008 !

    Richard DÉCARIE
    Montréal

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 19 février 2008 15h17
    Qui veut des élections?
    Il est très clair que présentement la majorité des canadiens ne veulent pas d'une élection qui ferait dépenser inutilement 350 millions, puisque les conservateurs seraient réélus...Ces 350 millions peuvent mieux servir, que ce soit pour payer la dette, supporter la santé et l'éducation, mieux équiper nos militaires etc...

  • denis legault
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 15h41
    laisser au temps le temps de faire son oeuvre
    Pourquoi M. Dion et les libéraux ne pourraient-ils pas se lancer en campagne électorale au moment qui leur convient ? S'ils s'aperçoivent qu'une élection reconduirait un gouvernement conservateur minoritaire, pourquoi donner cet aura de respectabilité à leur adversaire ?

    Les conséquences de l'élection des conservateurs ne se sont pas toutes concrétisées. Les problèmes économiques qui pointent à l'horizon permettront peut-être à la classe moyenne de voir que leurs solutions sont inadéquates, les gens chercheront alors une alternative.

    Ne serait-il pas fair play de laisser aux conservateurs l'occasion de se démerder avec les problèmes qu'ils ont créé avec leurs politiques

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