Dion fait baisser la tension électorale
Québec — Un budget conservateur «pas trop nocif pour l'économie canadienne» pourrait recueillir l'appui des troupes libérales fédérales, a déclaré le chef Stéphane Dion, hier à l'Université Laval, ce qui aurait pour effet de maintenir en vie le gouvernement Harper minoritaire.
«On pourrait le laisser passer et éviter 350 millions de dépenses pour des élections. Donc on va évaluer le budget», a déclaré M. Dion semblant soudainement peu empressé d'envoyer les Canadiens aux urnes. Certes, il s'est dit conscient que le budget, qui sera déposé le 26 février, ne sera pas «libéral», mais il faut «respecter aussi la décision des électeurs en 2006», a-t-il noté.
À la question «êtes-vous sur la même longueur d'ondes» que Bob Rae (porte-parole en matière d'Affaires étrangères) et David Smith (sénateur et coprésidents de la prochaine campagne libérale), deux personnages peu enclins à plonger dans une joute électorale, M. Dion a répondu «c'est exact». «Je n'ai pas dit que je voulais aller en élection. Et ils [MM. Rae et Smith] n'ont pas dit qu'ils ne voulaient pas aller en élection. Nous avons dit qu'il fallait être prêt à tout moment. Et choisir notre moment», a précisé le chef libéral.
On sait que M. Dion craint pour l'image de son parti s'il venait encore une fois à sauver le gouvernement Harper. Mais mercredi dernier, comme le racontait Le Devoir en fin de semaine, une majorité des 60 influents députés de l'Ontario, Bob Rae en tête, ont fait valoir à leur chef qu'il valait mieux retarder la chute du gouvernement conservateur.
Kosovo
Par ailleurs, au dire du chef libéral, le Canada devrait imiter «la plupart de ses principaux alliés» européens (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) et reconnaître la république du Kosovo, qui a déclaré son indépendance dimanche. «Je ne dis pas que le Canada devrait être le premier à se précipiter, mais je pense qu'il devrait envoyer ce message dès aujourd'hui à nos alliés européens», a-t-il dit, s'étonnant au passage du silence d'Ottawa sur la question. D'ailleurs, hier après-midi, le gouvernement canadien a fait savoir qu'il en était encore à «évaluer la situation». Dans un court message, le ministère des Affaires étrangères a exhorté les parties à rester calmes et il a rappelé que le Canada a «toujours appuyé les efforts déployés par les Nations unies afin de trouver une solution pacifique à cet enjeu».
Du reste, à ceux qui, comme le député péquiste de Mercier Daniel Turp, croient que l'on peut dresser des parallèles entre le cas de la république des Balkans et un Québec où le oui l'aurait emporté, M. Dion, père de la Loi sur la clarté référendaire, avait une réponse. Selon lui, un seul enseignement peut être tiré de ce qui se produit au Kosovo: «la reconnaissance internationale est très difficile à obtenir sur la base d'une sécession unilatérale». Et ce, même pour une république où il y a quasi-unanimité en faveur de l'indépendance, où il y a eu des «exactions graves» qui confinent à «des crimes de guerre» et qui réclame depuis 10 ans son indépendance. Par conséquent, le chef libéral estime «complètement irréaliste» de penser qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance d'une «province canadienne», les pays de la communauté internationale tenteraient de «passer par-dessus la tête du gouvernement canadien». «Le reste du monde dirait "c'est une province canadienne; le Canada est une démocratie bien établie et ils vont gérer ça entre eux".»
Réponse aux conservateurs
Le chef libéral a profité de l'allocution qu'il avait été invité à prononcer par un groupe de recherche en environnement de l'université pour répliquer aux dernières accusations des conservateurs. Selon ceux-ci, l'environnementalisme d'un Dion premier ministre risquerait de «ruiner l'économie» de la fédération. La dette augmenterait «de 62,5 milliards de dollars» sur quatre ans, a par exemple soutenu, dimanche, le ministre de l'Industrie Jim Prentice. M. Dion a qualifié de «mensonges» et de «propagandes» ces allégations et a soutenu que le virage environnemental qu'il veut faire prendre au Canada produira au contraire, à terme, des «surplus inattendus».
Il a rappelé l'époque de son arrivée au gouvernement, en 1993, où le gouvernement Mulroney avait laissé un déficit de 42 milliards: «J'ai été à la table du cabinet, j'ai vu les décisions difficiles qu'on a dû prendre pour remettre les finances publiques en état. Je ne veux pas revivre ça. On va être extrêmement prudents, et c'est cette prudence qui pourrait d'ailleurs amener des surplus inattendus», a-t-il soutenu.
À ses yeux, il faut faire mentir ceux qui croient impossible de concilier «l'humanité et la planète». Les conservateurs raisonnent à ses yeux comme ceux qui, au XXe siècle, estimaient utopique d'améliorer les conditions sociales des êtres humains sans mettre l'économie en faillite. M. Dion a précisé une des «mesures concrètes» que son gouvernement prendrait pour l'environnement: tout surplus de plus de trois milliards de dollars serait «réinvesti dans les infrastructures durables».
Le chef libéral avait rencontré plus tôt en matinée le maire de Québec Régis Labeaume avec qui il a discuté du projet de train à grande vitesse qui relierait la capitale québécoise à Windsor, un projet qu'il estime «vert» et qu'il faut examiner sérieusement, a-t-il noté. Le chef libéral a dit croire à un succès électoral surprise pour sa formation dans la région de Québec lors des prochaines élections.
«On pourrait le laisser passer et éviter 350 millions de dépenses pour des élections. Donc on va évaluer le budget», a déclaré M. Dion semblant soudainement peu empressé d'envoyer les Canadiens aux urnes. Certes, il s'est dit conscient que le budget, qui sera déposé le 26 février, ne sera pas «libéral», mais il faut «respecter aussi la décision des électeurs en 2006», a-t-il noté.
À la question «êtes-vous sur la même longueur d'ondes» que Bob Rae (porte-parole en matière d'Affaires étrangères) et David Smith (sénateur et coprésidents de la prochaine campagne libérale), deux personnages peu enclins à plonger dans une joute électorale, M. Dion a répondu «c'est exact». «Je n'ai pas dit que je voulais aller en élection. Et ils [MM. Rae et Smith] n'ont pas dit qu'ils ne voulaient pas aller en élection. Nous avons dit qu'il fallait être prêt à tout moment. Et choisir notre moment», a précisé le chef libéral.
On sait que M. Dion craint pour l'image de son parti s'il venait encore une fois à sauver le gouvernement Harper. Mais mercredi dernier, comme le racontait Le Devoir en fin de semaine, une majorité des 60 influents députés de l'Ontario, Bob Rae en tête, ont fait valoir à leur chef qu'il valait mieux retarder la chute du gouvernement conservateur.
Kosovo
Par ailleurs, au dire du chef libéral, le Canada devrait imiter «la plupart de ses principaux alliés» européens (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) et reconnaître la république du Kosovo, qui a déclaré son indépendance dimanche. «Je ne dis pas que le Canada devrait être le premier à se précipiter, mais je pense qu'il devrait envoyer ce message dès aujourd'hui à nos alliés européens», a-t-il dit, s'étonnant au passage du silence d'Ottawa sur la question. D'ailleurs, hier après-midi, le gouvernement canadien a fait savoir qu'il en était encore à «évaluer la situation». Dans un court message, le ministère des Affaires étrangères a exhorté les parties à rester calmes et il a rappelé que le Canada a «toujours appuyé les efforts déployés par les Nations unies afin de trouver une solution pacifique à cet enjeu».
Du reste, à ceux qui, comme le député péquiste de Mercier Daniel Turp, croient que l'on peut dresser des parallèles entre le cas de la république des Balkans et un Québec où le oui l'aurait emporté, M. Dion, père de la Loi sur la clarté référendaire, avait une réponse. Selon lui, un seul enseignement peut être tiré de ce qui se produit au Kosovo: «la reconnaissance internationale est très difficile à obtenir sur la base d'une sécession unilatérale». Et ce, même pour une république où il y a quasi-unanimité en faveur de l'indépendance, où il y a eu des «exactions graves» qui confinent à «des crimes de guerre» et qui réclame depuis 10 ans son indépendance. Par conséquent, le chef libéral estime «complètement irréaliste» de penser qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance d'une «province canadienne», les pays de la communauté internationale tenteraient de «passer par-dessus la tête du gouvernement canadien». «Le reste du monde dirait "c'est une province canadienne; le Canada est une démocratie bien établie et ils vont gérer ça entre eux".»
Réponse aux conservateurs
Le chef libéral a profité de l'allocution qu'il avait été invité à prononcer par un groupe de recherche en environnement de l'université pour répliquer aux dernières accusations des conservateurs. Selon ceux-ci, l'environnementalisme d'un Dion premier ministre risquerait de «ruiner l'économie» de la fédération. La dette augmenterait «de 62,5 milliards de dollars» sur quatre ans, a par exemple soutenu, dimanche, le ministre de l'Industrie Jim Prentice. M. Dion a qualifié de «mensonges» et de «propagandes» ces allégations et a soutenu que le virage environnemental qu'il veut faire prendre au Canada produira au contraire, à terme, des «surplus inattendus».
Il a rappelé l'époque de son arrivée au gouvernement, en 1993, où le gouvernement Mulroney avait laissé un déficit de 42 milliards: «J'ai été à la table du cabinet, j'ai vu les décisions difficiles qu'on a dû prendre pour remettre les finances publiques en état. Je ne veux pas revivre ça. On va être extrêmement prudents, et c'est cette prudence qui pourrait d'ailleurs amener des surplus inattendus», a-t-il soutenu.
À ses yeux, il faut faire mentir ceux qui croient impossible de concilier «l'humanité et la planète». Les conservateurs raisonnent à ses yeux comme ceux qui, au XXe siècle, estimaient utopique d'améliorer les conditions sociales des êtres humains sans mettre l'économie en faillite. M. Dion a précisé une des «mesures concrètes» que son gouvernement prendrait pour l'environnement: tout surplus de plus de trois milliards de dollars serait «réinvesti dans les infrastructures durables».
Le chef libéral avait rencontré plus tôt en matinée le maire de Québec Régis Labeaume avec qui il a discuté du projet de train à grande vitesse qui relierait la capitale québécoise à Windsor, un projet qu'il estime «vert» et qu'il faut examiner sérieusement, a-t-il noté. Le chef libéral a dit croire à un succès électoral surprise pour sa formation dans la région de Québec lors des prochaines élections.
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