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Ingérence politique - Rosdev: Marcel Tremblay se défend d'avoir intercédé auprès de Soudas

La Presse canadienne   1 février 2008  Canada
Ottawa — Le conseiller municipal au nom de qui Dimitri Soudas disait agir lorsqu'il a convoqué l'entourage du ministre des Travaux publics au bureau du premier ministre du Canada nie avoir demandé qu'on intercède en son nom. Le conseiller est nul autre que le frère du maire de Montréal, Marcel Tremblay, et il n'apprécie pas qu'on tente de lui faire porter le chapeau de l'ingérence politique.

«J'ai été surpris de voir dans les journaux que c'était un conseiller municipal qui était impliqué là-dedans. C'est impensable!», a lancé au Devoir M. Tremblay, membre du comité exécutif à Montréal et qui représente le district Notre-Dame-de-Grâce.

Dimitri Soudas, qui travaille auprès du premier ministre Stephen Harper à titre d'attaché de presse et de conseiller pour le Québec, est critiqué de toute part pour avoir tenté d'influencer le ministère des Travaux publics en faveur d'un important partisan du Parti conservateur, Michael Rosenberg. M. Soudas a convoqué le personnel politique du ministre des Travaux publics afin de savoir s'il était possible de retarder les procédures judiciaires contre le Groupe Rosdev de M. Rosenberg. Il aurait alors fait valoir que M. Rosenberg était un allié utile dans Outremont.

M. Soudas, qui n'a pas nié l'existence de cette rencontre, a expliqué qu'il avait seulement demandé plus d'information parce qu'un conseiller municipal lui en avait fait la demande. Le Devoir a joint plusieurs conseillers de Montréal et a pu identifier Marcel Tremblay. Son nom circulait d'ailleurs à Ottawa.

Au printemps 2007, M. Tremblay avait flirté avec l'idée de se présenter pour le Parti conservateur à l'élection partielle dans Outremont. Dans cette optique, il avait sillonné le territoire pour connaître les enjeux et savoir ce que le parti pouvait faire pour marquer des points.

«J'ai eu vent des difficultés avec le fédéral qu'éprouvait le Groupe Rosdev, a raconté M. Tremblay. Mais je ne l'ai pas appris par M. Rosenberg, que j'ai croisé seulement une fois dans ma vie. Quand je suis revenu à Ottawa, j'ai simplement dit: "Voilà la situation, on m'a parlé de cela." C'est tout! Je n'ai jamais passé de commande, je n'ai pas rencontré d'intervenants politiques ou administratifs avec des demandes par rapport à cela. Impossible.»

En outre, les dates ne concordent pas. M. Tremblay a parlé du dossier Rosdev à Dimitri Soudas au printemps 2007. La rencontre organisée par M. Soudas à l'édifice Langevin a eu lieu le 2 août 2006, selon les sources de Radio-Canada et du Globe and Mail.

Selon ces deux médias, M. Soudas a aussi été en contact avec des représentants de l'industrie militaire. À la Chambre des communes hier, le gouvernement a démenti cette information. Appelé à dire quelles sociétés d'armement militaire M. Soudas avait «formellement rencontrées» avec Leo Housakos, un bailleur de fonds conservateur, le leader du gouvernement à la Chambre, Peter Van Loan, a répondu: «Aucune.» M. Van Loan n'a toutefois pas écarté la possibilité que M. Soudas ait été sollicité. «La réponse que donne M. Soudas est toujours la même, à savoir que puisqu'il n'est pas responsable des contrats d'approvisionnement du gouvernement, il est inutile de lui parler. [...] Ce fut sa réponse dans le cas qui nous occupe.»

Le Bloc québécois demandera d'étudier l'affaire en comité parlementaire et d'inviter M. Soudas à témoigner.

Par ailleurs, Dimitri Soudas a fait parvenir hier une lettre d'avocat à Stéphane Dion dans laquelle il exige des excuses du chef libéral.

L'avocat de Dimitri Soudas affirme que ce dernier a été victime de diffamation de la part de M. Dion et qu'il réclame que des excuses publiques lui soient adressées au plus tard mercredi prochain.

Le chef libéral a laissé entendre que le porte-parole du premier ministre avait pris part à une affaire d'extorsion, en août 2006.

***

Avec la collaboration de Kathleen Lévesque






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Vos réactions

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  • william morris
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 08h46
    Plus ça change, plus c'est pareil !
    « Bonjour,

    Le cher M. Marcel Tremblay, qu'allait-il faire dans cette galère, celle du Parti conservateur ?
    S'il s'occupait mieux de ses reponsabilités, qui concernent les services aux citoyennes et citoyens de Montréal, les choses iraient peut-être d'une façon plus efficace.

    Il n'a pas été élu conseiller de Ville et nommé par son frère au comité exécutif de Montréal
    pour aller faire de gentilles pirouettes à Ottawa.

    La soif du pouvoir est une maladie qui court, court, court...

    Qu'en pensez-vous ?
    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

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