Un premier allié répond au rapport Manley - Les Américains n'iront pas aider les Canadiens à Kandahar
Les soldats canadiens auraient ordre de faire moins de prisonniers
Photo : Agence Reuters
Le rapport Manley suggérait que 1000 soldats supplémentaires des troupes de l’OTAN devraient s’engager à Kandahar pour permettre au Canada d’y poursuivre sa mission. Ces troupes supplémentaires, si elles viennent un jour, ne seront pas formées
Ottawa — Pendant que les partis politiques à Ottawa s'escrimaient sur le sort des détenus afghans, un premier pays a répondu hier au rapport Manley. Et pas le moindre. Washington n'a pas l'intention d'ajouter des troupes dans le sud de l'Afghanistan pour aider le Canada à poursuivre sa mission à Kandahar. Le Pentagone estime que les 1000 soldats supplémentaires devraient venir d'un pays européen.
«Il y a plusieurs alliés avec nous là-bas [en Afghanistan] et plusieurs peuvent augmenter leur contribution militaire, a soutenu hier un porte-parole du Pentagone, Goeff Morrell. Nous espérons qu'ils pourront donner un coup de main.» Est-ce que Washington considère la possibilité d'augmenter son contingent pour soutenir le Canada? «Non», a-t-il tranché lors d'un point de presse.
Plus tôt ce mois-ci, l'armée américaine a annoncé le déploiement de 3200 marines dans le Sud afghan pour aider les Britanniques et les Canadiens jusqu'à l'automne. De ce nombre, 2200 arriveront en mars. Mais cette force n'est pas permanente et le Pentagone soutient ne pas avoir de plan pour laisser ces soldats sur place. «Nous n'en ferons pas plus pour l'instant», a dit Goeff Morrell.
Le premier ministre Stephen Harper s'est donné jusqu'au sommet de l'OTAN, en avril, pour dénicher un partenaire prêt à venir aider le Canada à Kandahar. Les États-Unis sont considérés par la plupart des spécialistes, y compris les auteurs du rapport Manley, comme l'allié tout désigné. Le premier ministre devra donc redoubler d'ardeur pour convaincre Washington.
Des détenus relâchés plus vite?
À la Chambre des communes, c'est toutefois la question du transfert des détenus aux autorités afghanes qui a retenu l'attention hier. Le gouvernement Harper a une fois de plus refusé d'éclaircir le flou qui s'installe, mais l'opposition a continué de talonner les conservateurs grâce à de nouvelles informations.
Lorsqu'une allégation très sérieuse de torture dans une prison afghane a fait surface le 5 novembre dernier, l'armée a cessé de transférer aux autorités locales les talibans qu'elle capture sur le champ de bataille. Que fait-elle avec les prisonniers depuis trois mois? Le gouvernement refuse d'en discuter, citant des raisons de sécurité opérationnelle en Afghanistan.
Mais hier, le Globe and Mail affirmait, sources à l'appui, que les Forces canadiennes détiennent les prisonniers sur la base militaire principale de Kandahar, dans une petite prison qui existe déjà. Les cellules de cet endroit sont toutefois conçues pour une détention à court terme, ce qui forcerait l'armée à relâcher plus vite que prévu certains prisonniers. Les soldats canadiens auraient aussi reçu le mot d'ordre de faire moins de prisonniers, faute d'espace suffisant pour les garder.
Le premier ministre Harper a soutenu lundi que l'armée pouvait reprendre le transfert des détenus aux autorités locales à tout moment si elle juge que les prisonniers ne risquent pas d'être torturés. Une porte-parole de l'armée, Isabelle Riché, abondait en ce sens hier. «Les Forces canadiennes décident de transférer les détenus au cas par cas», a-t-elle dit, refusant toutefois de commenter directement les révélations du journal torontois.
Le Globe and Mail soutient aussi que les Forces canadiennes laissent l'Armée nationale afghane (ANA) prendre le contrôle de certaines opérations de combat, ce qui permettrait au Canada de ne pas faire de prisonniers. L'armée afghane peut alors faire ce que bon lui semble des détenus.
Or laisser l'ANA capturer les talibans à la place du Canada revient à faire l'autruche, soutient le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Le stratagème qu'il [le gouvernement Harper] a trouvé, c'est de laisser faire le travail par les autres. On ne regarde pas, on n'entend pas et on ne voit pas, alors on n'est pas responsable. Ça n'a pas de sens», dit-il.
Toutefois, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a démenti cette information hier. Les Forces canadiennes ne donnent pas la capture des talibans en sous-traitance à l'armée afghane, a-t-il dit. «Ce n'est pas notre pratique.»
L'opposition doute de la parole du ministre. «Il faut vraiment les pousser dans leurs derniers retranchements pour savoir ce qu'ils veulent dire parce qu'ils veulent tromper la population canadienne. Ils l'ont fait à plusieurs reprises», a dit le chef libéral, Stéphane Dion.
De plus, l'armée et le premier ministre ont nié un passage du texte du Globe and Mail, soutenant qu'il n'y avait jamais eu de conversation houleuse concernant les détenus entre Stephen Harper et Rick Hillier, le chef d'état-major des Forces canadiennes. «Cette discussion n'a simplement jamais eu lieu. Le premier ministre et Rick Hillier ont parlé du rapport Manley, pas des détenus», a soutenu au Devoir Holly Apostoliuk, porte-parole de M. Hillier.
«Il y a plusieurs alliés avec nous là-bas [en Afghanistan] et plusieurs peuvent augmenter leur contribution militaire, a soutenu hier un porte-parole du Pentagone, Goeff Morrell. Nous espérons qu'ils pourront donner un coup de main.» Est-ce que Washington considère la possibilité d'augmenter son contingent pour soutenir le Canada? «Non», a-t-il tranché lors d'un point de presse.
Plus tôt ce mois-ci, l'armée américaine a annoncé le déploiement de 3200 marines dans le Sud afghan pour aider les Britanniques et les Canadiens jusqu'à l'automne. De ce nombre, 2200 arriveront en mars. Mais cette force n'est pas permanente et le Pentagone soutient ne pas avoir de plan pour laisser ces soldats sur place. «Nous n'en ferons pas plus pour l'instant», a dit Goeff Morrell.
Le premier ministre Stephen Harper s'est donné jusqu'au sommet de l'OTAN, en avril, pour dénicher un partenaire prêt à venir aider le Canada à Kandahar. Les États-Unis sont considérés par la plupart des spécialistes, y compris les auteurs du rapport Manley, comme l'allié tout désigné. Le premier ministre devra donc redoubler d'ardeur pour convaincre Washington.
Des détenus relâchés plus vite?
À la Chambre des communes, c'est toutefois la question du transfert des détenus aux autorités afghanes qui a retenu l'attention hier. Le gouvernement Harper a une fois de plus refusé d'éclaircir le flou qui s'installe, mais l'opposition a continué de talonner les conservateurs grâce à de nouvelles informations.
Lorsqu'une allégation très sérieuse de torture dans une prison afghane a fait surface le 5 novembre dernier, l'armée a cessé de transférer aux autorités locales les talibans qu'elle capture sur le champ de bataille. Que fait-elle avec les prisonniers depuis trois mois? Le gouvernement refuse d'en discuter, citant des raisons de sécurité opérationnelle en Afghanistan.
Mais hier, le Globe and Mail affirmait, sources à l'appui, que les Forces canadiennes détiennent les prisonniers sur la base militaire principale de Kandahar, dans une petite prison qui existe déjà. Les cellules de cet endroit sont toutefois conçues pour une détention à court terme, ce qui forcerait l'armée à relâcher plus vite que prévu certains prisonniers. Les soldats canadiens auraient aussi reçu le mot d'ordre de faire moins de prisonniers, faute d'espace suffisant pour les garder.
Le premier ministre Harper a soutenu lundi que l'armée pouvait reprendre le transfert des détenus aux autorités locales à tout moment si elle juge que les prisonniers ne risquent pas d'être torturés. Une porte-parole de l'armée, Isabelle Riché, abondait en ce sens hier. «Les Forces canadiennes décident de transférer les détenus au cas par cas», a-t-elle dit, refusant toutefois de commenter directement les révélations du journal torontois.
Le Globe and Mail soutient aussi que les Forces canadiennes laissent l'Armée nationale afghane (ANA) prendre le contrôle de certaines opérations de combat, ce qui permettrait au Canada de ne pas faire de prisonniers. L'armée afghane peut alors faire ce que bon lui semble des détenus.
Or laisser l'ANA capturer les talibans à la place du Canada revient à faire l'autruche, soutient le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Le stratagème qu'il [le gouvernement Harper] a trouvé, c'est de laisser faire le travail par les autres. On ne regarde pas, on n'entend pas et on ne voit pas, alors on n'est pas responsable. Ça n'a pas de sens», dit-il.
Toutefois, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a démenti cette information hier. Les Forces canadiennes ne donnent pas la capture des talibans en sous-traitance à l'armée afghane, a-t-il dit. «Ce n'est pas notre pratique.»
L'opposition doute de la parole du ministre. «Il faut vraiment les pousser dans leurs derniers retranchements pour savoir ce qu'ils veulent dire parce qu'ils veulent tromper la population canadienne. Ils l'ont fait à plusieurs reprises», a dit le chef libéral, Stéphane Dion.
De plus, l'armée et le premier ministre ont nié un passage du texte du Globe and Mail, soutenant qu'il n'y avait jamais eu de conversation houleuse concernant les détenus entre Stephen Harper et Rick Hillier, le chef d'état-major des Forces canadiennes. «Cette discussion n'a simplement jamais eu lieu. Le premier ministre et Rick Hillier ont parlé du rapport Manley, pas des détenus», a soutenu au Devoir Holly Apostoliuk, porte-parole de M. Hillier.
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