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Astuces conservatrices

Bernard Descôteaux   26 janvier 2008  Canada
Il y a maintenant deux ans que le Canada est dirigé par un gouvernement conservateur. Minoritaire, il a su contre vents et marées mettre en oeuvre bon nombre de ses engagements électoraux. Malgré un bilan apparemment positif, les électeurs demeurent toutefois sur leur quant-à-soi. Après 24 mois, ils ne sont toujours pas convaincus qu'il faille donner au Parti conservateur la majorité qu'il espère.
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  • Eric Allard - Abonné
    25 janvier 2008 23 h 10
    Bilan positif?
    Comment un analyste peut-il qualifier le bilan conservateur de "positif" sans pouffer de rire devant son écran?Commençons donc un "autre" bilan.

    Tout d'abord, le musellement de ses députés, et ensuite de la fonction publique, créant ainsi un dangereux précédent de contrôle de l'information par l'état.

    Continuons avec le retrait du traité de Kyoto, "contre vents et marées", mais surtout contre l'électorat mais au profit d'une industrie et d'une région canadienne auxquels le parti conservateur est intimement lié.

    Vient ensuite la volonté (non partagée) de continuer la mission de guerre en Afghanistan (même le rapport Manley souligne le fait que la mission canadienne devrait se concentrer davantage sur la reconstruction que sur les missions de combat, ayant fait largement notre part dans cette voie).

    Ajoutons à ce bilan le mensonge par omission sur les prisonniers de guerre afghans, les attaques paranoiaques contre toute opposition (la traitant systématiquement de partisane), la désastreuse gestion du dossier nucléaire (et le renvoi illégale de la présidente du Comité Nucléaire pour se couvrir les fesses, qui va encore coûter aux contribuables des millions en poursuite), et même la volonté de gérer la prochaine campagne électorale au Québec à partir du bureau d'Ottawa (une mauvaise nouvelle pour les députés conservateurs du Québec)...

    Le gouvernement conservateur est présentement isolé, et son chef est le seul à pouvoir être blâmé pour cet état de fait.

    Qu'y a-t'il de positif dans ce bilan? Rien, sinon qu'on puisse prédire un désastre de leur part aux prochaines élections.
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  • Georges Paquet - Abonné
    26 janvier 2008 10 h 21
    Le Québec comme nation ?
    Il me semblait qu'un consensus ferme s'était formé sur le fait que l'on peut pas soutenir que la Chambre des communes ait reconnu le Québec comme nation. Les déclarations en Chambre du premier ministre, de ses ministres, et du chef de l'Opposition ne laissent aucun doute sur l'intention de la Chambre de reconnaître comme nation les "Canadiens", appelés plus tard les Canadiens-français et récemment les Québécois.

    En effet, à la fin 2006, lors de la présentation de la résolution par le Gouvernement fédéral, les principaux adjoints du Premier ministre ont multiplié les explication nécessaires à la compréhension du texte et de sa portée. M. Harper, en chambre, a pris la précaution de préciser que ce texte était essentiellement un geste symbolique., de reconnaissance et de réconciliation. MM. Lawrence Cannon et Maxime Bernier ont souligné en privé et en public, devant la presse et devant les cameras, que l'expression "les Québécois" utilisées de la même façon dans les textes français et anglais, avait la même signification que "canadiens-français" qui historiquement a de son côté remplacé "canadiens" que nos ancêtres opposait aux "anglais".


    Lysiane Gagnon, dans La Presse du 25 novembre a voulu dire clairement ce que ce texte signifiait. Elle écrit: "Habile, Stephen Harper ? Encore plus qu'on ne le croit ! Lisez bien le texte (en particulier le texte anglais) de sa fameuse résolution-surprise sur la "nation" et vous verrez que loin de reconnaître le territoire politique du Québec comme nation, ce que reconnaît cette résolution, c'est la nation canadienne-française."

    Il est en plus totalement acquis que cette reconnaissance n'aurait aucun caractère juridique. Même avec la plus grande largeur de vue, la Cour ne pourraît pas ignorer l'intention du législateur dans l'interprétation de cette motion.

    Si on désire en avoir la certitude, il suffit de consulter le Hansard du 23 au 27 novembre 2006 pour en être convaincu.

    Enfin, la motion en langue anglaise n'utiliserait pas le terme "Québécois" si l'intention avait été de reconnaître le Québec comme nation.

    Georges Paquet
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