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Transferts de prisonniers afghans - Le gouvernement Harper est accusé d'avoir menti

«C'est de la désinformation, c'est de la manipulation, c'est du secret comme on

La Presse canadienne   25 janvier 2008  Canada
Les Afghans faits prisonniers par les soldats canadiens ne sont plus transférés aux autorités locales depuis le 5 novembre.
Photo : Agence France-Presse
Les Afghans faits prisonniers par les soldats canadiens ne sont plus transférés aux autorités locales depuis le 5 novembre.
Ottawa — Le gouvernement conservateur refuse d'expliquer pourquoi il n'a jamais informé le Parlement et la population que les Afghans faits prisonniers par les soldats canadiens n'étaient plus transférés aux autorités locales. Ce silence de deux mois et demi a suscité la consternation des partis d'opposition, qui disent ne plus faire confiance à l'équipe de Stephen Harper pour leur dire la vérité à propos de la mission militaire.

La question était sur les lèvres des chefs des trois partis d'opposition à Ottawa hier: les conservateurs ont-ils menti de la sorte à d'autres sujets? Depuis plus d'un an maintenant, l'opposition talonne le gouvernement de Stephen Harper à propos des prisonniers qui affirment être soumis à la torture une fois remis aux autorités afghanes par les soldats canadiens. Ces allégations, confirmées par le président Hamid Karzaï lui-même, sont à ce point persistantes que l'opposition réclame l'arrêt des transferts. L'automne dernier, le gouvernement avait tenté d'apaiser les craintes de tout un chacun.

Or on a appris cette semaine que ces transferts ont cessé le 5 novembre dernier, justement à la suite de sérieuses allégations de torture. Ottawa n'en avait jamais dit un seul mot. Deux séances d'information à propos de la mission en Afghanistan ont même eu lieu en décembre et en janvier. Les journalistes ont demandé une mise à jour au sujet des inspections des prisons afghanes, mais personne n'a cru bon de révéler l'arrêt des transferts.

Encore aujourd'hui, Ottawa refuse de dire si, depuis le 5 novembre, les soldats canadiens ont capturé d'autres prisonniers et, si oui, où ceux-ci sont enfermés et à qui ils sont remis. C'est le noir le plus total.

«C'est de la désinformation, c'est de la manipulation, c'est du secret comme on n'en a jamais vu au Canada», s'est insurgé le chef libéral Stéphane Dion en entrevue avec Le Devoir. «Un gouvernement qui peut manipuler l'information à ce point, qui peut cacher la vérité sur un enjeu aussi grave que la torture, comment peut-on le croire sur quelque enjeu que ce soit?» Pour M. Dion, ce ne sont pas seulement les partis d'opposition qui ont été bernés. «C'est la démocratie canadienne qui est balafrée par ce gouvernement qui ne satisfait pas aux critères minimaux de transparence et de responsabilité. [...] Ils sont devenus paranoïaques dans leur partisanerie!»

Les commentaires étaient tout aussi acerbes du côté bloquiste. «C'est un gouvernement qui a menti à la population, qui a manipulé l'opinion publique, qui a manipulé la Chambre des communes», a lancé le chef Gilles Duceppe.

Selon le leader du NPD, Jack Layton, «c'est une tromperie. Quand un gouvernement commence à tromper le public et les membres du Parlement à propos d'une guerre, c'est très dangereux». M. Layton réclame la démission du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, qui n'a pas informé le Parlement de ce changement de politique au retour de la Chambre des communes, le 13 novembre, bien qu'il ait été questionné à de multiples reprises à propos des prisonniers.

Au bureau du premier ministre, on présente les déclarations de M. Bernier sous un jour positif. Le 14 novembre, M. Bernier avait annoncé de son propre chef qu'une allégation sérieuse de torture avait été formulée par un prisonnier afghan aux inspecteurs canadiens. «Le ministre Bernier a agi de manière appropriée», a commenté par courriel la directrice des communication du premier ministre, Sandra Buckler. «J'espère que cela laissera une impression positive auprès des Canadiens.»

Une toute petite lettre

C'est au moyen d'une courte lettre envoyée par l'avocat du gouvernement fédéral à Amnesty International et à la B.C. Civil Liberties Association qu'on a appris cette semaine l'arrêt des transferts. Ces deux organismes demandent une injonction à la Cour fédérale pour faire cesser immédiatement les transferts de prisonniers.

En cour hier, l'avocat du gouvernement fédéral a tenté de convaincre la juge Anne Mactavish que la demande était désormais irrecevable puisque les transferts avaient déjà cessé. La cause, selon lui, est devenue «hypothétique et abstraite». «Si les transferts reprennent, ce sera sur une base entièrement différente. [...] Ce tribunal doit décider à la lumière des faits qui lui sont présentés et non pas dans l'éventualité où les circonstances changeraient à l'avenir», a plaidé l'avocat Sanderson Graham.

L'avocat d'Amnesty International, Paul Champ, ne veut pas qu'on accorde ainsi un chèque en blanc aux généraux de l'armée canadienne. Il a rappelé qu'en mai dernier, le Canada a signé une nouvelle entente censée assurer le bon traitement des prisonniers remis aux Afghans. Des cas de torture se sont quand même produits. En outre, les généraux ont mis deux mois et demi avant d'annoncer la fin des transferts. Combien cela leur en prendra-t-il pour dire qu'ils ont recommencé?, s'est demandé l'avocat. «Nous avons de sérieux doutes à propos des capacités des généraux, qui ont été totalement incapables de prendre des décisions éclairées.»

Hier, la Cour fédérale a aussi entendu un témoin, le brigadier-général André Deschamps, responsable des missions militaires canadiennes à l'étranger. Le 14 décembre, dans le cadre de ce procès, M. Deschamps a signé une déclaration sous serment dans laquelle il affirme que le Canada ne pourrait pas interrompre ses transferts de prisonniers sans compromettre les opérations militaires. M. Deschamps savait pourtant que les transferts avaient cessé...

M. Deschamps a été obligé de reconnaître en cour hier que les opérations n'avaient pas cessé depuis le 5 novembre. A-t-on fait d'autres prisonniers? «Objection», a lancé l'avocat du gouvernement: question de «sécurité nationale». M. Deschamps a indiqué que l'arrêt des transferts de prisonniers était «temporaire». Ils pourraient reprendre n'importe quand, lorsque les soldats seront convaincus qu'il n'y a pas de risque.

John Manley était-il au courant?

Ironie du sort, dans son rapport rendu public mardi, le groupe d'experts dirigé par l'ex-ministre libéral John Manley invitait le gouvernement à faire preuve de plus de transparence dans ses communications à propos de l'intervention militaire en Afghanistan.

«Disons-le sans ambages, depuis le début de la présence canadienne en Afghanistan, les gouvernements n'ont pas su entretenir des communications équilibrées et franches avec la population pour exposer les raisons de la participation du Canada et les risques, les difficultés et les résultats attendus», est-il écrit dans ce rapport.

La question qui se pose, c'est de savoir si les membres du groupe Manley savaient que les transferts de prisonniers avaient cessé. Le groupe a en effet reçu ses informations du gouvernement pour rédiger son rapport. «L'ont-ils dit au groupe Manley? Et, si non, quelles autres informations ne leur a-t-on pas fournies?», se demande le chef libéral Stéphane Dion. Son homologue bloquiste partage ses interrogations.

***

Avec la collaboration d'Alec Castonguay
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 25 janvier 2008 02h26
    Le mensonge ce n'est pas du passé, c'est du présent.
    Le mensonge ce n'est pas du passé, c'est du présent.

    À lire mon commentaire sur "935 fois" de Serge Truffaut
    ( http://www.ledevoir.com/2008/01/25/173203.html )
    " Le mensonge et les poissons..."

    J'ai oublié Harper! Mais où avais-je la tête?


    Serge Charbonneau
    Québec

  • McComber Éric
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 06h17
    Paix
    Retirons nos troupes immédiatement.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 07h14
    Pas de quoi s'étonner!
    Faut-il s'étonner des tromperies et des mensonges du gouvernement Harper? Quelques-uns étaient pourtant de taille, comme lorsqu'à la suite des allégations de torture des prisonniers afghans faites par l'Opposition, S. Harper osait prétendre que celle-ci prenait le parti des talibans.
    Mais il n'y a pas lieu de s'étonner, puisque l'on sait que M.Harper décalque la politique et les manières de faire de son voisin du Sud, le peu glorieux G.W. Bush. Or, une étude publiée mercredi par le Center for Public Integrity et le Fund for Independence in Journalism révèle ceci : «Le président Bush et sept hauts responsables de l'administration, dont le vice-président Dick Cheney, la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice, et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ont fait au moins 935 fausses déclarations dans les deux années après le 11 septembre 2001 sur la menace que présentait l'Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale.»
    En suivant un tel maître à penser, on obtient les résultats que l'on commence à découvrir aujourd'hui. Le chef du NPD, Jack Layton, a raison : « C'est une tromperie. Quand un gouvernement commence à tromper le public et les membres du Parlement à propos d'une guerre, c'est très dangereux ». Et qui nous dit que ce n'est pas la pointe d'un iceberg? Une fois la confiance perdue, et elle a lieu de l'être, tout devient suspect.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 08h07
    Mentir, l'arme ultime des politiciens pour con-vaincre leurs cons-citoyens
    Si M. Bush peut mentir 935 fois pour attaquer l'Irak, M. Harper peut bien mentir quelques fois pour livrer des prisonniers à la torture "light" qui ne fait presque pas mal selon les autorités afghanes.

  • Gilles Hudicourt
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 09h35
    Et les prisoniers Talibans remis aux Américains dans le passé?
    Nous ne devons pas oublier les prisonniers capturés dès février 2002 par le JTF-2 du Canada et remis aux Américains et dont on a aucune nouvelles depuis, ceux-là même qui figurent dans cette photo prise au moment de leur capture :
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/ressources/
    images/2006/normales/c/ca/PC_061010canada-taliban-prisonniers_n.jpg

    Que sont-ils devenus? Ont-il été traités selon la convention de Genève? Ont-ils été torturés? Sont-ils en vie? Il semble que le Canada ne le sait pas.......

  • Yvon Moreault
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 09h43
    «Qui ment, mentira.»
    Quand les politiciens mentent, pas de surprise,c'est «normal».
    De toute façon, leur crédibilité vaut ce quelle vaut.
    Mais quand nos responsables militaires mentent sous serment...où va notre démocracie?
    Dans le fond, on ressemble pas mal à voisin du sud.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    vendredi 25 janvier 2008 09h50
    Quand on sait louvoyer
    Dès le départ, la bannière sous laquelle est présente l'armée canadienne en sol Afghans est discutable. Alors comment voulez-vous que tout le reste se fasse avec transparence sous la gouverne des Conservateurs de M. Harper devant les partis d'opposition et la population, d'autant plus s'ils ne sont pas d'accord.

    M. Harper est un politicien de terrain. Dans le sens où quand il se sert d'une certaine éthique, c'est uniquement pour gagner des points politiques. On a beau parler de démocratie, il n'en reste pas moins que, dans une certaine mesure, le parti au pouvoir est à la fois juge et parti de l'arène politique.

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 10h17
    Avant que ne sonne le glas de l'agonie 2009!
    «2001». Compte tenu du nombre de soldats déchiquetés par les sauvages broussards talibans, par les artificiers guérilleros d'Al Qaida ou par les artificieux tirs-amis états-uniens, alors que, théoriquement, ils se sont consacrés noblement à une cause humanitaire, qu'ils se sont engagés courageusement à mener une fallacieuse mission de paix des mieux fourrée et qu'ils se vouent bravement aux tâches de la reconstruction d'un pays qui se détruit à mesure et dont toutes les frontières sont des corridors d'accès au terrorisme et aux activités criminelles sous toutes les formes;

    «2002». au regard des ratées politiques qui se multiplient dans l'engagement canadien et sympathico-états-uniens en Afghanistan;

    «2003». en considération des MILLIARDS de nos piastres issues de nos taxes qui y sont aveuglément et stupidement engouffrées sans la moindre garantie et dont sont privés les canadiens, plus particulièrement les démunis et les plus vulnérables qui se comptent par millions;

    «2004». au constat des tortures que subissent les prisonniers transférés aux marionnettes tribales, abusivement et dérisoirement étiquetées «autorités afghanes»;

    «2005». en marge des crimes de guerre qu'on a le culot de porter au compte des transferts de prisonniers ou d'appeler autrement et dont les autorités militaires canadiennes, sur place et dans les QG canadiens, se rendent secrètement et/ou silencieusement et/ou vicieusement et/ou criminellement complices;

    «2006». au constat du désengagement de l'OTAN et de l'ONU ainsi que du non-alignement d'autres acteurs suprêmes et pions technocrates des errances humaines planétaires du 3ième millénaire, qui suivent, aux talons, les mouvances terrorisantes d'une mondialisation extrême des plus débilitante;

    «2007». tenant compte des secrets et mensonges qui déshonorent l'actuel gouvernement canadien qui semble trôner sur la pointe d'un iceberg qui se détache quotidiennement des côtes de la crédibilité, de l'intégrité, de la légitimité ainsi que de celles de la confiance de la population canadienne;

    «2008». placés, comme nous le sommes, devant le fait accompli que les soldats canadiens, otages de la brousse moyen-orientale profonde, sont devenus de la chair à canon que se tapent et bouffent les pires malfrats et primates de l'AXE DU MAL dont G. W. Bush nourrit son errance et dont Amid Karzaï fourbit sa jactance;

    «2009». Avant que le CANADA/AFGHANISTAN ne devienne un ÉTATS-UNIS/IRAK, une prolongation du «package deal» ÉTATS-UNIS/ISRAËL/PALESTINE/LIBAN ou un autre ETATS-UNIS/VIETNAM;

    AVANT QUE NE SONNE LE GLAS DE L'AGONIE 2009 :

    LE TEMPS SEMBLE VENU DE SOUMETTRE À UN RÉFÉRENDUM PAN-CANADIEN, «L'ENGAGEMENT POLITIQUE» CANADIEN DEVENU PRO-ÉTATS-UNIENS, EN AFGHANISTAN ET «LA TUERIE DES SOLDATS CANADIENS» QUI Y SONT LARGUÉS.

    En considération obligée de ses droits fondamentaux, l'électorat canadien doit s'exprimer pour un retrait définitif des forces armées canadiennes de l'Afghanistan, dès 2009 ou pour un retrait net-fret-sec des forces armées canadiennes des zones de guérillas barbares, en quelque endroit où elles se complotent et fricotent par les «FFF», les FOUS FURIEUX FÜHRERS qui carburent aux capitaux anticipés d'une mondialisation des pouvoirs absolus et extrêmes qui font saliver les contreparties maffieuses et terroristes du banditisme bicéphale opportuniste, à la fois sectaire civil et religionnaire armé.

    SINON, renversement du gouvernement Harper, dès le prochain budget 2008 et élection d'un parti ou d'une coalition qui s'engage à respecter intégralement les desiderata et diktats de l'électorat. Aux urnes citoyens!

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

  • Robert Côté
    Abonné
    vendredi 25 janvier 2008 11h13
    L'indignation n'y changera rien
    Devant les actions répétées du gouvernement Harper pour dissocier et accroître le pouvoir de l'exécutif sur le législatif, l'indignation n'y changera rien.Il faut que l'opposition défasse le gouvernement en promettant aux canadien une réelle transparence,un respect des institutions...mais,est-ce possible ?

  • jean-charles robert
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 11h35
    les mensonses c est pas fini
    moi jean-charles ,je sais comment le gourvernement fait depuis plusieurs années,pensée contraire du logique au juste,dieu est fort mais le gourvernement essais etre mieux que lui . ou s est ecrit le cour a l ecole de mentir . les faits un fou dans la bible dit la vérité .l homme et la femme enseignent se que l ont voit partout ex la télé,publisité,le truc de faire des crimes,l aldultere, entre nous le sexe ,la vie d aujourd hui, et sa continue pour prouvé quoi mal enseigné a nos enfants ,et le gourvernement veut allez encore plus loin d aller dans les planetes quond ne connait pas ,au lieu de regardé de se qu il y a sur terre la vie ,la famille,l amour propre de nous memes.ont est seulement qu un seul numero sur terre. le gourvernement nous ment pour se faire elire pour faire le gros Numéro et qui va dire la meilleur. merci d avoir lue cette lettre qui nous concernent tous . bien a vous jean-charles

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