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Le prix à payer

Bernard Descôteaux   23 janvier 2008  Canada
Très attendu, le rapport du comité d'experts sur l'Afghanistan présidé par John Manley a été rendu public hier. Il ouvre la voie à une prolongation, sans limite de temps, de la mission militaire canadienne dans ce pays, pour peu que la Chambre des communes donne son aval. D'emblée, cette proposition suscite des réserves.

Le rapport Manley vaut la peine d'être lu. On y propose une politique qui, à défaut de faire l'unanimité, a le mérite d'exposer avec franchise la démarche à suivre. Une franchise qu'on retrouve d'ailleurs tout au long de ce rapport qui adresse de nombreuses critiques au gouvernement conservateur: absence de communications franches avec les Canadiens; sous-évaluation des enjeux militaires et de la force de l'insurrection talibane; résultats mitigés sur le terrain, aussi bien sur le plan militaire que dans le domaine de l'aide au développement. Le comité relève aussi la faiblesse lamentable de la direction politique des opérations confiée à deux ministres inexpérimentés, Peter Mackay et Maxime Bernier, à la Défense et aux Affaires extérieures.

L'exposé de la situation fait par le comité peut être qualifié de lucide. «L'issue [de la guerre en Afghanistan] est incertaine», écrit-on en soulignant que les plans les mieux élaborés et les prévisions les plus sûres pourraient ne pas tenir. C'est là une chose que tous les observateurs ont déjà pu constater et que dans un contexte similaire les Russes ont appris au prix d'une défaite humiliante il y a 20 ans dans ce même pays.

Le Canada se doit, insiste néanmoins le comité, d'être en Afghanistan pour sa sécurité et celle du reste du monde, pour sa réputation sur la scène internationale et par solidarité avec les Afghans. Cela justifie à ses yeux de maintenir l'actuel contingent de 2 500 soldats tant que l'armée afghane ne pourra prendre la relève. Cela veut dire que le Canada pourrait être en Afghanistan bien plus longtemps que quiconque peut aujourd'hui l'imaginer.

Les Canadiens ne sont pas des poltrons. Ils ne se sauveront pas parce que c'est difficile! fait valoir John Manley, qui n'aborde toutefois pas la question de fond que représente le coût de cette guerre pour le Canada: plus de six milliards de dollars et 78 morts. Toutes proportions gardées quant au nombre de militaires déployés, le Canada a perdu deux fois plus de soldats que les États-Unis et trois fois plus que la Grande-Bretagne jusqu'ici. John Manley convient que ce prix est très élevé. Mais nulle part dans son rapport il ne pose la question qui est au coeur de la réflexion des Canadiens: Ce prix est-il trop élevé?

Il est évidemment impossible d'apporter une réponse à cette question en fixant un nombre de victimes. Il n'y a en ce domaine ni seuil ni quotas, si ce n'est le niveau de danger auquel nos troupes sont exposées. Actuellement, il est trop élevé, au point que le comité croit que le Canada doit exiger de l'OTAN des renforts. S'ils ne venaient pas, le Canada serait justifié de se retirer tel que prévu en février 2009.

Cette observation est inquiétante. Ce que le comité nous dit sans l'écrire en toutes lettres est que oui le Canada paie actuellement un tribut trop élevé dans les conditions actuelles de sa présence en Afghanistan. Un tribut qui forcément augmentera ces prochains mois, car les renforts évoqués, si jamais ils se concrétisent, ce dont on peut douter, ne viendront pas avant longtemps.

La majorité des Canadiens estiment le prix à payer trop élevé. De sondage en sondage, ils demandent au gouvernement de mettre fin à la mission militaire. Des arguments qu'on leur propose, ils acceptent volontiers la solidarité avec un peuple démuni, mais guère ceux qui ont trait à la sécurité et à la réputation du Canada. Quand ils se comparent aux citoyens d'autres pays, ils ont le sentiment d'avoir fait leur part et d'avoir joué franc jeu avec les alliés quant à la durée de leur engagement. Ils ne croient pas que la réputation du Canada en souffrira, au contraire.

Le rapport Manley, s'il comporte de nombreuses propositions qui aideront le gouvernement à bien gérer cette guerre, n'apporte aucun argument pouvant par contre la justifier. Il appartiendra maintenant au gouvernement Harper de le faire.
 
 
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  • Yv Bonnier Viger
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 03h18
    Le courage de se retirer
    Si, comme le prétend John Manley, les canadiens ne sont pas des poltrons, ils auront le courage de reconnaître que cet engagement était une erreur et se retireront sans autre conditions.

    Yv

  • Alain Rioux
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 04h46
    Retrait d'Afghanistan, ça presse!‏
    L'engagement canadien dans cette guerre est une aberration. Au nom de qui? D'un pays qui navigue sur la constitution anti-démocratique de 1982, car non votée. Et nos bons canadiens( les seuls québécois) vont se faire charcuter au front, pour plaire à l'internationale capitaliste américaine...


    En conséquence, les québécois, tant qu'ils seront au sein du Canada des rednecks, des rosbifs, de Westmount et du west island, ne seront que de la chair à canon, comme à Dieppe en '42



    Sinon, qu'on fasse aussi la guerre au Pakistan, afin d'atteindre les zones tribales frontalières, viviers de terroristes fanatiques, puisqu'il nous en interdit l'accès. Or, cette zone est la cause des morts canadiennes inutiles, en tant que foyer d'infection talibane qui cancérise l'Afghanistan!



    Alain Rioux



    345 Armand, Laval

    45.06.65.39.86.



    athanasepetiot@hotmail.com





    http://chretien-confessant.xoo.it/t504-Soldat-cana

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 07h46
    Que M. John Manley montre l'exemple !
    John Manley écrit : «Les Canadiens ne sont pas des poltrons. Ils ne se sauveront pas parce que c'est difficile!».

    M. Harper, sachant que M. Manley est canadien "donc, non poltron" devrait en profiter pour l'envoyer en mission pour patrouiller la campagne de Kandahar et à procéder à quelques déminages. Autrement, c'est un peut trop facile d'être brave pour les autres sans risquer sa propre vie.

  • Alain Lachance
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 08h39
    M. Descôteaux, réveillez-vous
    71% des Québécois s'opposent à cette guerre. Cela devrait se traduire par la mention d'au moins un ou deux arguments (qui sont nombreux) contre cette boucherie. Vous vous contentez d'un faible "ils ont le sentiment d'avoir fait leur part" pour justifier l'opposition de la population. Il faut plutôt regarder du côté des raisons réelles qui justifient cette guerre. Pour les femmes en afghanistan ? Ces arguments ont déjà été balayés. Pour aider les pauvres Afghans ? Ce n'est pas en remettant le pouvoir à des seigneurs de guerre mysogines et corrompus que l'on va aider le peuple afghan. M. Descôteaux, vous jouez le jeu du débat stérile de l'armée. La gestion de la guerre plutôt que la justification. La gestion du risque pour nos troupes plutôt que les risques de perte de vies humaines. Que dire de la réputation du Canada à l'international ? Nous savons que l'histoire condamnera cette guerre et tous ceux ont accepter de l'appuyer. La réputation du Canada sera alors d'un pays meurtrier qui se soumet aux impératifs américains d'une guerre illégales et malsaine où les arguments faussés relevent simplement d'une propagande militariste reprises par des éditorialistes comme vous.

    M. Descôteaux, vous devriez avoir honte.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 08h49
    Pendant combien de temps?
    En conclusion, si le sujet n'était aussi grave, on pourrait reprendre, en les adaptant quelque peu, les premières paroles de la vieille chanson « Malbrough s'en va-t-en guerre... »
    « Le Canada s'en va-t-en guerre, ne sais qu'en reviendra,
    Il reviendra... » dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans, dans 50 ans? Au train où vont les choses, on peut se poser la question et le rapport Manley n'apporte pas la moindre réponse à cette question, la seule qui nous importe. Et il ne semble pas y avoir dans ledit rapport des raisons convaincantes pour le maintien de nos troupes en Afghanistan, si ce n'est l'image que nous donnerions en nous retirant.

    Un argument bien faible. Combien de pays se sont retirés d'Irak, sans que leur image en souffre. Et la nôtre n'était pas celle d'un pays en guerre. Que penser de l'image des pays de l'OTAN qui ne veulent pas s'engager davantage dans en Afghanistan ou ne veulent pas y mettre les pieds? Cette question ne semble pas les préoccuper. Ils pensent davantage à ne pas mettre davantage en danger leur personnel et à ne pas engloutir des milliards de dollars dans une cause perdue.
    Un gouvernement fantoche, la corruption organisée, des champs de pavots à vous couper le souffle, un regain d'insécurité, joli tableau et en regard, nos morts et nos blessés et nos milliards dépensés en pure perte.

    Il y aurait pourtant des milliards de dollars à consacrer au mieux-être de la population canadienne, à la lutte contre la pauvreté, à la protection de l'environnement, à l'emploi, etc. La liste serait longue de ce qui peut se faire chez nous. Et un vieux proverbe est toujours d'actualité : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». M. Harper pourrait le méditer.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 08h49
    Les Russes une défaite?
    Les Russes n'ont pas subis de défaite humiliante en Afghanistan, ils se sont simplement retiré. C'est la propagande américaine qui a exploitée ce retrait en défaite.

    Les documents d'archives des comminications militaires à Moscou, libérés récemment, le prouve.

    L'Union Soviétique avait alors compris le support logistique des USA et Angleterre derrière les chefs de guerre et que ce serait un conflit sans fin.

    Voilà ce qui attends le Canada qui maintenant craint de récolter aussi une "défaite humiliante".

    Les Russes ont eu plus de bon sens.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 08h49
    Sortir du bourbier afghan
    Le Boc Québécois est d'accord à ce que le Canada respecte ses engagements pris en 2001 concernant l'Afghanistan, mais pas plus. C'est de l'angélisme de sa part, mais cela montre un sens des responsabilités et un sens de la parole donnée, ce qui est rare chez les politiciens. Cela augmente la crédibilité de ce parti qui représente des Québécois qui n'ont pas encore leur propre pays.
    Le Canada se trouve en Afghanistan avec 36 autres pays de l'OTAN, dans le cadre d'une mission autorisée par les Nations Unies, en vue d'aider à rétablir la stabilité, la démocratie et l'autonomie dans ce pays. Il ne s'agit que d'une mission « AUTORISÉE » par l'ONU, et non pas une mission DES Nations Unies.
    Cependant les conditions en Afghanistan ont changé depuis les décisions canadiennes prises en 2001. Le Canada ne peut renier ses engagements qui étaient au départ essentiellement humanitaires, mais ses opérations sont devenues avec le temps essentiellement guerrières, ce qui est inacceptable pour la majorité des Québécois.
    Que faire? Le Canada devrait ramener la question de l'Afghanistan devant les Nations Unies pour revoir le rôle que l'ONU comme telle doit y assumer dans le respect de l'Afghanistan et pour y impliquer s'il y a lieu TOUTE la communauté internationale dans un nouveau rôle.
    Le Canada doit essayer de se sortir de ce pétrin en s'adressant à l'ONU. Pour sauver la face, le Canada devrait demander aux Nations-Unies de reprendre en mains tout le dossier de l'Afghanistan qui a été laissé à l'OTAN. Les opérations actuelles en Afghanistan sont en fait sous l'égide manifeste des USA, ce qui va jouer de bien vilains tours au Canada par terroristes interposés.
    Seules les Nations-Unies, et des contingents venant de tous les pays membres des Nations-Unies, pourraient amener un semblant de justification à cette guerre qui devrait plutôt être un effort de reconstruction.

    De façon plus générale, l'armée canadienne ne devrait participer à des opérations de paix ou de guerre à l'étranger que si le Canada est directement attaqué ou que ces opérations sont chapeautées directement par les Nations-Unies.

    Cependant, étant donné notre appartenance à l'OTAN, une exception serait faite dans le cas d'une attaque armée contre un pays membre de l'OTAN sur le territoire de ce pays, où l'entraide est alors de mise. Ceci excluerait des attaques contre soit disant des intérêts d'un pays membre de l'OTAN mais à l'extérieur du territoire de ce pays, comme par exemple des intérêts dans des puits de pétrole.

    Avec notre erreur guerrière en Afghanistan, le Canada a perdu son auréole d'ange de maintien de la paix. De plus, en s'immisçant dans un conflit où des intégristes fanatiques sont en action, le Canada en subira très probablement des retombées très négatives ici-même sur le sol canadien.

    Les Québécois forment un peuple pacifique. Malheureusement, par l'intermédiaire du Fédéral, nous dépensons contre notre gré des milliards de dollars dans cette guerre promue par M. Harper.

  • Jean Archambault
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 09h21
    Le rapport Manley
    Le rapport Manley était attendu mais les conclusions étaient connues d'avance. L'engagement militaire en Afghanistan avait été initié par le gouvernement libéral. À l'époque, monsieur Manley était le ministre des Affaires Étrangères.

    Pour contenter les Américains et se faire pardonner sa décision de ne pas intervenir militairement en Iraq, le Canada a accepté, de sang froid, d'envoyer ses soldats dans la province de Kandahar, région reconnue par tous,comme la plus dangereuse. En effet, dès 2004, Kandahar était décrite, par l'ensemble des observateurs neutres, comme une région chaude, puisque son chef, l'iman Omar, en fuite depuis l'invasion américaine, avait réorganisé et pris la tête des forces islamistes et faisait de la prise de la ville de Kandahar un objectif à atteindre à moyen terme. Les pertes canadiennes seraient lourdes, les gouvernement libéral et conservateurs le savaient. Cela nous vous rappelle-t-il pas un certain débarquement à Dieppe dans lequel les Canadiens-français formaient le gros de la troupe ? Cette opération à haut risque s'est transformée en boucherie. Testez les défenses allemandes en Normandie était une mission-suicide. On avait désigné les troupes canadiennes pour aller au casse-pipe.

    Lorsqu'il s'avère que, proportionnellement, vous payez le prix du sang le double et le triple des Américains et des Britanniques, la question d'un retrait ne se pose même pas. Le Canada doit se retirer de ce pays, revenir à une politique internationale moins agressive. Le Bloc Québécois et le NPD ont raison d'exiger le retrait des troupes. Une élection serait tout à fait justifiée pour que le gouvernement conservateur abandonne l'idée d'une prolongation de cette mission de guerre.


    Jean Archambault
    10340 St-Charles, Montréal
    H2C2L6
    381-0563

    Cette réaction pourrait-elle être publiée dans la rubrique Opinion du lecteur.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 10h12
    Quand Dehors ?
    Quand sortirons-nous de Kandahar (Quand Dehors) ?

    Quand on ne sait pas comment il se fait qu'on soit à un endroit, qu'on se demande ce qu'on fait là, qu'on cherche quand on pourra en sortir, n'est-ce pas le signe qu'on n'est pas à notre place.

    Un rapport favorable politiquement n'est pas une justification pour y rester. Faire de la politique ne veut pas nécessairement, contrairement aus USA, faire la guerre pour toujours plus de pouvoir.

    Vive le Canada libre des états-unis !

  • GERARD LAMONTAGNE
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 10h13
    Pourquoi sommes-nous là?
    Voilà un rapport , comme la plupart de rapports commandés par des politiciens qui dit bien des choses mais il ne dit pas l'essentiel. Pourquoi le Canada est-il en Afghanistan? Le rapport Manley peut être franc et lucide mais il ne répond pas à la principale question. Il laisse aux politiciens , avec leur langage de propagande, de sous-entendu, de demi-vérités, et de mensonges le soin d'expliquer la mission des canadiens en Afghanistan. Quels sont les vrais enjeux?
    Est-ce pour se donner bonne gueule devant les américains qui eux sont là pour dominer la région? Est-ce pour combattre un ennemi? Quel ennemi? Que nous ont fait les talibans et les autres Afghans? Qui a déclaré qu'ils étaient ennemis? Le général Hillier?. Sommes-nous en guerre? Pourquoi? Libérer les femmes afghanes? Si ce n'est que cela , on pourrait aller en Arabie Saoudite. Montrer aux afghans comment se battre? C'est eux qui vont nous le montrer excepté pour chauffer des chars d'assaut.Mais, donnez -leur un bon fusil et laissez-les aller. Les occidentaux ne rivaliseront pas avec eux pour le courage, la bravoure et les coups d'éclats.
    Supporter le gouvernement Karzai? Qu'est-ce qu'on connait du gouvernement Karzai à l'exception que c'est un pantin des américains? Parait-il qu'il y a des seigneurs de la guerre et commerçants d'opium dans ce gouvernement.
    M Manley, dites-nous avec votre franc langage pourquoi les canadiens sont en Afghanistan et peut-être alors pourrons-nous appuyer le gouvernement canadien; d'ici-là, nous allons essayer d'être plus sages que nos voisins du sud l'ont été en Irak.
    Il est à espérer que le gouvernement conservateur ne sera pas reporté au pouvoir parce que les canadiens seront dans le marasme pour longtemps.

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 10h26
    Transparence et crédibilité
    Ces dernières années, j'ai souvent noté le très grand écart qu'il y avait entre les rapports des autorités gouvernementales canadiennes et ceux des nombreux analystes indépendants et de nombreux média sur la situation en Afghanistan. Je pense qu'un des aspects importants du rapport Manley est ce qu'il dit sur le manque de transparence et de franchise du gouvernement envers la population canadienne sur l'évolution et les progrès de cette mission. Voici deux courts extraits de ce qui est dit dans ce rapport sur ce sujet :

    "Cinquièmement, la nouvelle approche stratégique canadienne devrait comprendre un rééquilibrage des communications du gouvernement avec les Canadiens au sujet de nos activités en Afghanistan..." p. 42

    "Que le gouvernement présente plus fréquemment à la population des rapports plus francs sur les événements qui se déroulent en Afghanistan..." p. 44

    Quand un gouvernement se lance dans une intervention comme la mission en Afghanistan, il y a de nombreux facteurs qu'il ne contrôle pas et de nombreuses surprises (bonnes et mauvaises) qui l'attendent. Ce pendant, il y a certaines choses qu'il contrôle comme son engagement à être franc dans les comptes rendus qu'il donne à ses citoyens. Je pense que le gouvernement a échoué au niveau de cet objectif notamment afin de nous laisser croire que la décision prise de participer à cette mission était la bonne et qu'il fallait continuer compte tenu des (pseudo-) progrès réalisés. Ce choix que le gouvernement a fait a pour résultat de réduire notre crédibilité en lui et en ses rapports futurs sur cette mission.

    Jean-Pierre Aubry

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 10h38
    Oui, M. Zach Gebello
    M. Zach Gebello écrit : «Les Russes n'ont pas subis de défaite humiliante en Afghanistan, ils se sont simplement retiré»

    C'est comme les Américains au Viêt Nam qui n'ont pas subi de défaite humiliante, ils se sont simplement retiré comme les Russes en Afghanistan. "Même problème, même solution", sortir la tête haute en avant avec le moral bas en arrière.

  • Roger Varnier
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 10h49
    le prix à payer
    Je me demande si les ministres Mc kay et Bernier ont déjà étudié l'histoire et surtout l'impact de la guerilla sur les défaites d'un occupant étranger.
    De Napoléon à Ben Laden, la guerilla, de par ses pièges, ses coups de main, embuscades, appuyés par une meilleure connaissance du terrain et la complicité d'une partie de la population, aura presque toujours triomphé d'un envahisseur étranger qui ne connaît ni le terrain ni la langue.
    Et quand bien même il n e resterait plus un seul taliban en Afghanistan, il faudra pénètrer au Pakistan qui a toujours été un sanctuaire taliban.
    De plus, le rapport Manley ne fait aucune mention de l'ampleur de la corruption qui s'étend à tous les paliers de la société afghane. N'est-ce pas là une arme imparable ?
    Je pense que notre engagement serait plus approprié en Afrique. Avec 6 milliards on aurait pu faire beaucoup plus de bien. Nous n'aurions pas payé de nos jeunes et notre action aurait été bien mieux appréciée par une majorité de canadiens,par les québecois et surtout par les africains.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 12h15
    Oui, M. Gilles Bousquet
    "C'est comme les Américains au Viêt Nam qui n'ont pas subi de défaite humiliante, ils se sont simplement retiré comme les Russes en Afghanistan."(Gilles Bousquet)

    En effet, M. Bousquet. Chacune aura durée 10 ans.

    Parcontre, l'Union Soviétique, grâce à son contrôle médiatique n'aura pas à subir une image de défaite humiliante. Tandis-que les USA la subiront.

    C'est le problème du Canada. Les soldats canadians perdent leurs vies pour la sauvegarde de l'amour-propre de politiciens médiocres.

    Je suis convaincu que les Talibans sont supportés par la Russie, Pakistan et même la Chine.

    La Russie, les USA, et Londres, se sont dit "pourquoi faire la même erreur lorsqu'on a des tarlouzes de petits pays qui vont le faire à notre place, pour nous, dans l'espoir de nos faveurs ?".

  • Diane Ethier
    Inscrite
    mercredi 23 janvier 2008 13h27
    Le libre échange de la défense nationale
    Les pays sont ouverts au libre échange commercial, mais qu'en est-il du libre échange de la défense des victimes de pouvoirs voyous ? Le Canada s'est impliqué en précisant que cette intervention prendrait fin en 2009. Les soldats qui y ont laissé la vie l'ont fait en sachant que l'intervention prendrait fin en 2009 et en espérant que d'autre pays prendraient la relève. Pour ces raisons, le Canada doit faire campagne de façon intensive afin que d'autres pays prennent la relève. Si le Canada ne respecte pas ce qui avait été entendu, c'est-à-dire le retrait en 2009, il perdra toute crédibilité auprès de son peuple, de son armée ainsi qu'auprès des autres pays !

  • denis legault
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 15h44
    Qu'en disent les militaires ?
    Je me demande si nous écoutons les véritables experts dans ce dossier. Les Talibans tout comme les Vietcongs dans la guerre au Vietnam ne se battent pas pour perdre. Ils connaissent les faiblesses des armées modernes et font la guerre en conséquence. M'est avis qu'il n'est jamais bon de perdre une guerre et qu'il faut donner à ceux qui la font en notre nom les outils pour remplir le mandat en espérant que ça se terminera le plus rapidement possible.

  • Jean-François Giroux
    Abonné
    mercredi 23 janvier 2008 16h09
    Voir l'armé autrement
    Dernièrement, un politicien américain a formulé certain commentaires sur la compétance de l'armé canadienne. Ces reproches sont en grande partie fondé. Le Canada n'a pas d'expériance de combat significative. Nous sommes le 2e pays en terme de superficie dans le monde, il est très important d'avoir les effectifs militaire nécessaires pour le protéger.La mission en Afghanistan est une occasion d'améliorer l'efficacité de l'armé tout en aidant un peuple dans le pétrin. J'espère que cette mission saura nous éclairer sur d'autres enjeux qui concernent notamment la souvereinité de notre territoire et notre réputation au niveau mondiale.

  • Gilles Hudicourt
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 17h28
    Ce n'est pas un mission de l'ONU
    Contrairement à ce que laisse entendre le rapport Manley, la Mission en Afghanistan n'était pas une mission de l'ONU. Elle l'est devenue après le fait.

    Le rapport dit:

    "Dès le lendemain des attentats du 11 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a officiellement reconnu le droit à la légitime défense individuelle et collective, et il a demandé à tous les pays membres de collaborer en Afghanistan « pour
    traduire en justice les auteurs, organisateurs et commanditaires de ces attaques terroristes » - attaques
    qui ont été perçues comme une menace pour la paix et la sécurité mondiales"

    En réalité, la Résolution 1368 du Conseil de Sécurité de l'ONU, datée le 12 septembre 2001 et dont il est fait mention ici, ne mentionne jamais l'Afghanistan, comme le rapport le laisse entendre. Les États-Unis ont attaqué l'Afghanistan au début d'octobre 2001 et la première Résolution du Conseil de Sécurité à mentionner l'Afghanistan est la Résolution 1378, du 14 Novembre 2001, prise après le renversement du gouvernement Taliban par l'Alliance du Nord, avec une aide massive de bombardements aériens de la US Air Force (qui a causé des milliers de morts civils)

    Comment oser dire aujourd'hui que c'était une opération autorisée par l'ONU? Mr. Manley serait-il un révisionniste?

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 18h56
    Que dire?
    Sinon que ce n'est même plus drôle, le rôle d'un politicien; représenter la population et ainsi prendre les décisions que celle-ci lui commande. Pour les désabusés comme moi, il reste encore un moyen de se faire entendre, il est coûteux, il est partisan, il est visible... Mais il semble bien qu'il soit nécessaire!
    http://lequebecois.org/default.aspx?page=58

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