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Il faut rester à Kandahar, dit le rapport Manley

Alec Castonguay   22 janvier 2008  Canada
Ottawa — Le Canada doit rester à Kandahar après février 2009 et continuer à former l'armée afghane et la police locale, sans quoi le pays retournera aux mains des talibans et des terroristes d'al-Qaïda. Cette conclusion sera au coeur du rapport du groupe de travail sur l'Afghanistan remis aujourd'hui au gouvernement Harper.

Selon des sources qui ont été en contact avec les cinq membres du comité présidé par l'ancien ministre libéral John Manley, le rapport recommandera de poursuivre la mission dans sa forme actuelle, probablement jusqu'en 2011.

Le groupe de travail précisera qu'il faut diminuer la fréquence des combats et mettre l'accent sur l'entraînement de l'armée et de la police afghane, ce qui permettrait au Canada de se retirer de la région instable de Kandahar lorsque les Afghans seront assez autonomes pour prendre la relève. Mais puisque ce virage a déjà été entrepris par les Forces canadiennes il y a un an, cette recommandation revient à accréditer la poursuite de la mission actuelle.

Le premier ministre Stephen Harper devrait recevoir avec joie cette principale conclusion, puisque son gouvernement a déjà pris position en faveur de la poursuite de la mission afghane jusqu'en 2011. C'est toutefois un vote aux Communes qui tranchera le débat ce printemps.

Par contre, les partis d'opposition devraient mal digérer la principale recommandation du rapport Manley. Le NPD veut mettre fin à la mission afghane dès maintenant, alors que le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada souhaitent la fin des combats en 2009 et le départ des troupes de Kandahar.

Les sources consultées par Le Devoir indiquent que les membres du groupe de travail ont été influencés par trois facteurs majeurs. D'abord, aucun autre pays de l'OTAN ne veut prendre en charge la dangereuse province de Kandahar. Même si le haut commandement de l'OTAN affirme avoir des solutions de rechange si le Canada décide de partir en 2009 comme prévu, la réalité est que les pays ne se bousculent pas pour aller dans le sud de l'Afghanistan.

Ensuite, un départ rapide du Canada contribuerait à affaiblir la coalition internationale en Afghanistan, ce qui ouvrirait la porte à un retour des talibans et de leur allié al-Qaïda. Les camps d'entraînement terroristes reviendraient en force, selon les auteurs du rapport Manley.

Finalement, quitter l'Afghanistan en 2009 serait très dommageable pour la réputation internationale du Canada, qui a fait de cette mission sa principale vitrine mondiale en matière de défense et de géopolitique.

L'ACDI et l'OTAN critiquées

Selon le réseau CTV, le rapport sera d'ailleurs très critique à l'égard de l'OTAN et des alliés du Canada. Plusieurs pays refusent de partager la lourde tâche de pacifier le sud de l'Afghanistan, ancien fief des talibans. Actuellement, outre le Canada, la Grande-Bretagne, les États-Unis et les Pays-bas subissent les plus violents combats. Le réseau CTV ajoute que l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI), responsable du volet reconstruction, sera aussi sévèrement critiquée pour le peu de résultats obtenus.

De plus, le rapport du groupe de travail présidé par John Manley devrait faire un constat de la situation en Afghanistan. Près de 93 % de l'opium mondial provient de ce pays, ce qui alimente à coups de milliards de dollars la guérilla des talibans. Les attentats se multiplient depuis deux ans. La situation instable à la frontière du Pakistan, là où se cachent les talibans et les terroristes d'al-Qaïda, freine également les progrès en Afghanistan.

Le groupe de travail a consulté des dizaines d'experts et de groupes depuis octobre dernier. Les cinq membres sont aussi allés en Afghanistan et ont discuté de la situation avec les hauts gradés de l'OTAN qui gèrent la mission. Précisons que la majorité des membres du groupe de travail, et au premier chef John Manley, se sont prononcés en faveur de la mission en Afghanistan dans le passé.

Le premier ministre Stephen Harper avait demandé à ce groupe d'examiner quatre avenues possibles pour le Canada en Afghanistan après février 2009.

- La première option était celle du statu quo. Les soldats canadiens continueraient donc à former les militaires et les policiers afghans dans la province de Kandahar pour que les militaires canadiens puissent un jour se retirer.

- La deuxième possibilité consistait à concentrer les efforts canadiens sur la reconstruction à Kandahar. D'autres pays devraient alors prendre la relève afin d'y assurer la sécurité.

- La troisième option portait sur l'idée d'axer les activités canadiennes de sécurité et de reconstruction dans une région moins instable de l'Afghanistan.

- La dernière possibilité étudiée par le groupe de travail consistait à retirer toutes les forces militaires canadiennes après février 2009.

Comment va réagir la population canadienne à ce rapport? Le dernier sondage paru dans le Globe and Mail du 17 janvier dernier montre que seulement 42 % des Canadiens appuient la mission en Afghanistan. Une proportion qui chute à 29 % au Québec.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 22 janvier 2008 03h30
    Mauvaises conclusions
    « Il est écrit plus haut : «quitter l'Afghanistan en 2009 serait très dommageable pour la réputation internationale du Canada»

    Alors, le Canada va continuer va laisser tuer ses soldats pour la bonne raison qu'il veut être bien vu internationalement. "L'orgueil avant tout", pour des raisons économiques de commerce, peu-être ?

    Il est aussi écrit : «un départ rapide du Canada contribuerait à affaiblir la coalition internationale en Afghanistan, ce qui ouvrirait la porte à un retour des talibans et de leur allié al-Qaïda»

    Si ça favoriserait le retour des Talibans, ça veut dire qu'ils ne sont pas là ! Alors, c'est qui qui fait sauter nos soldats sur des mines ?

    Finalement : «D'abord, aucun autre pays de l'OTAN ne veut prendre en charge la dangereuse province de Kandahar»

    Mauvaise raison ça. Le Canada envoie ses soldats là parce qu'aucun autre pays de l'Otan ne veut y aller. Grosse raison stratégique !

    Conclusion : On est en Afghanistan pour conserver sa réputation, parce que personne d'autre ne veut y aller et pour empêcher des Afghans Talibans de retourner chez-eux quand ils y sont déjà revenus. WOW, les conclusions du groupe de travail dirigé par M. Manley qui semble penser avec ses pieds ! »

  • Gilles Hudicourt
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 07h38
    L'armée et la police en Afghanistan
    « C'est très beau d'entrainer des policiers et soldats Afghans. Mais une fois formés et lâchés dans la nature à Kandahar, à moins que ces policiers soient biens payés, payés à temps, bien supportés, bien équipés et bien traités (ce qui ne sera pas le cas), ils vont devenir corrompus, ils vont fermer l'oeil sur la culture du pavot, vont vendre armes et munitions aux insurgés, ils vont se mettre à la solde de ces derniers ou se joindre à des clans de guerre et vont faire tout leur possible pour survivre et nourrir leur famille dans un milieu des plus malsains.
    La réalité est que l'Afghanistan est pauvre, n'ayant aucune économie à part la culture du pavot. Un pays pauvre a un gouvernement pauvre puisqu'il ne peut prélever ni taxes, ni impôts de son peuple qui n'a pas le moindre sous. Comment un pays pauvre et sans économie peut-il entretenir une grande armée et une police nombreuse en période de guerre?

    Le budget complet de l'armée et de la police Afghane doit provenir de l'aide internationale, donc nous, le Canada et nos alliés, allons financer, équiper, former et entretenir, une armée et un corps de police de plus de 150,000 personnes, armée et police sois-disant d'un pays souverain, mais qui va dépendre de nous pour tout, et qui va tuer, violer, voler, torturer, emprisonner en notre nom et avec notre argent, puisque c'est nous qui allons financer ces gens là à 100/100.

    Le trafiquants de drogue font partie du gouvernement, sont ministres, députés, gouverneurs de province et hauts gradés de l'armée et de la police. Ils ont l'appui du peuple, puisque c'est ce même peuple qui cultive le pavot qui est exporté en héroïne seul source de revenu du peuple afghan.

    À moins que de centaines de milliards de dollars ne soient injectés dans l'économie Afghane, afin de créer une alternative permanente à la culture du pavot, et qu'elles soient injectés de manière à aller dans les poches des petits Afghans et non dans celles de compagnies étrangères comme KBR, de Haliburton, de consultants et de mercenaires étrangers, rien de changera en Afghanistan et on ne fera que pisser dans le vent, pisser le sang de nos soldats et surtout celui de pauvres Afghans, qui trop longtemps et contre leur gré, ont fait les frais en servant simple échiquier dans une jeu d'échecs international entre les grandes puissances de ce monde. »

  • Alain Lachance
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 08h09
    Québécois Réagissez, c'est le temps
    « Ils se foutent de notre gueule, ces militaristes. 71% des Québécois s'opposent à la guerre, où sont-ils ? C'est le temps d'agir contre cette guerre. Pour les bloquistes, demandez au Bloc un retrait immédiat. Pour les libéraux, ils veulent que les soldats soient redéployés ailleurs au pays. Demandez le retrait. Et les conservateur, il faut les sortir de là au plus vite. Allons faisons leur mauvaise presse. Après le coup de la semaine dernière sur la formation des diplomates canadiens au sujet de la torture américaine nié par les conservateurs, voici maintenant un rapport bidon d'un groupe d'expert exluant des gens qui ont toujours été en faveur de la mission de tuerie. Pamela Wallin, une femme de télé mais aussi une possédante dans les médias et le pétrole avec la compagnie Oilsands Quest. On voit clair dans votre jeu, conservateurs et libéraux conservateurs, vous avez les mains plein de sang. Québécois, n'acceptez-pas ce fardeau et rejetez ces politiques et leurs défenseurs. »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 10h46
    Manoeuvre politique
    « Ce n'est pas aux Canadiens, à réparer le gâchis américain en Afganistant.Encore moins aux Québécois, qui davatage sont contre les politiques de Harper. QU'ils réparent leurs propres dégats. Après, tout, ne sont-ils pas les plus puissants du monde, d'après eux ? »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mardi 22 janvier 2008 11h03
    Rapport Bousquet-Hudicourt
    « Qu'ajouter aux propos de ces deux citoyens sinon qu'ils sont plus avisés que ces dix experts de l'intérêt ($$$) du Canada. Cependant je retient de leur rapport les critiques qu'ils font de l'ACDI et m'attend à ce que l'opposition (du Bloc en ce qui me concerne) demande des comptes à cette agence qui me semble servir davantage les intérêts canadiens plutôt que ceux des Afghans ou d'autres populations dans le besoin.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Luc Poudrier
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 12h29
    Manley vs 25 pays membre de l'OTAN
    « Les promoteurs de guerres vont tout faire pour vous faire croire que le Canada serait le premier pays à se retirer de l'Afghanistan et pourtant il y a déjà d'autres pays qui se sont retirés. Les Français ont retiré leurs unités spéciales en décembre 2006, la Suisse s'est retiré en novembre 2007, la Corée du Sud en décembre de la même année et finalement en novembre 2007 l'opposition japonaise à mis fin à sa mission d'assistance militaire et ce n'est que par une mesure exceptionnelle (utilisé qu'une seule autre fois en 50 ans), que le gouvernement de Yasuo Fukuda à pu réitérer cette mission.

    Et puis ces promoteurs de guerre ont l'arrogance de présenter le fait qu'aucun autre pays ne souhaite nous remplacer, comme si ces nations étaient des lâches, comme si nous étions les seuls assez courageux pour persister. Mais pour arriver à croire que de rester en Afghanistan est la bonne voie, il faut aussi croire que nos stratèges, nos économistes et nos politiciens sont plus vaillants, plus savants et plus perspicaces que ceux de 25 autres nations membres de l'OTAN. Quelle arrogance! Comme si le Canada avait pu voir ou comprendre quelque chose qui aurait échappé à ces 25 autres nations. On peut se demander, courage ou pur aveuglement? »

  • Luc Poudrier
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 13h04
    Audiences populaires pour le retrait des troupes canadiennes
    « APPEL À LA SOUMISSION DE MÉMOIRES

    Nous appelons tous les ORGANISMES de la société civile québécoise qui s'opposent à l'intervention militaire canadienne en Afghanistan à venir exprimer leurs opinions et leurs préoccupations, générales et spécifiques, sur cette guerre et tout ce qu'elle implique.

    Longueur du mémoire : de une à vingt pages
    Langue:français ou anglais
    Échéances: Le 26 janvier, pour signifier votre engagement
    formel à venir présenter un mémoire.
    Le 9 février, pour la remise du mémoire écrit.

    LIEU:À Montréal, au Centre St-Pierre, 1212 Panet, Salle 100 (Marcel-Pepin)de 9h30 à 16h30

    En 2008, faisons enfin échec à la guerre en Afghanistan !

    Pour plus d'infos: info@echecalaguerre.org »

  • Simon Garneau
    Abonné
    mardi 22 janvier 2008 15h23
    Approuver les yeux fermés
    « Le rapport Manley sur l'Afghanistan propose « une stratégie canadienne nouvelle.... qui sert les intérêts canadiens, qui incarne les valeurs canadiennes » donc si je comprends bien les intérêts des Afghans sont une fumisterie, cette intervention militaire se transforme en guerre coloniale classique.
    Ce rapport conclu aussi que «l'insuffisance des ressources militaires déployées à l'heure actuelle met en péril l'ensemble de la mission... » et que « ...cette prolongation étant expressément subordonnée au déploiement de troupes supplémentaires dans cette province...». Après six ans de présence militaire, quel succès, on a besoin de plus de soldats et plus d'équipements! La ressemblance avec les arguments utilisés lors de la guerre du Vietnam est de plus en plus grande.
    Enfin, il indique que « la mission militaire devrait être axée de plus en plus sur la formation des forces de sécurité nationale de l'Afghanistan » La même stratégie a été utilisée au Vietnam, avec un résultat catastrophique.
    Après on se surprend que la population refuse d'adhérer à un projet aux objectifs nébuleux, sans échéance ni coûts prévisibles.

    Simon Garneau »

  • Robert Côté
    Abonné
    mardi 22 janvier 2008 17h48
    A qui profite l'Afganistan ?
    « Encore une fois l'armée va profiter des décisions politiques.La semaine dernière c'était des avions,cette semaine des hélicoptères.L'armée canadienne n'a pas les moyens de ses ambitions.Elle profite largement de servir les intérêts américains partout dans le monde.Je souhaite que nos politiciens disent "NON" au rapport Manley. »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mardi 22 janvier 2008 20h55
    Harper s'est choisi un bourreau
    « En effet, comme il ne voulait pas assumer l'ingrate décision de poursuivre la mission de guerre en Afghanistan, il lui est venu l'idée lumineuse de corrompre une grosse pointure du PLC en lui confiant un simple rôle de porte parole (ou de bouc émissaire si vous préférez). Je suis certain que Manley avait les mains liées. De toute façon, s'il avait recommandé un retrait des troupes en 2009 conformément à la position de son parti, son rapport aurait pris subito presto le chemin de la poubelle.

    D'un côté carriériste, l'astuce est brillante, machiavélique même. "Diviser pour régner", c'est bien ce qu'il tente de faire en faisant faire le sale boulot par M. Manley. En plus, il se débarasse de la responsabilité politique aux yeux de nombreux canadiens qui mordent de façon magistrale aux harpons de Harper.

    En tout cas, c'est évident que je ne mordrai pas à l'hameçon. »

  • Guy Roy
    Inscrit
    mercredi 23 janvier 2008 05h03
    La moralité perdue
    « Est-ce que le Canada et la communauté internationnale sont en train de perdre le combat pour la paix ? De toute évidence, oui ! Toutes les institution de ce vénérable pays sont en train de compromettre leurs objectifs de servir les canadien-ne-s et elles sont plus ou moins contaminées par l'impératif obligé de justifier l'agression de l'Afghanistan. Il n'y a même plus d'expression divergente comme on a vue les services de renseignements des États-Unis en produire pour dégonfler le ballon de l'agression contre l'Iran. Est-e que la guerre est vraiment un service à offrir aux habitant-e-s de ce pays qui ne serait pas mieux rendu par une paix diplomatiquement atteinte ?

    Pas un discours, pas une nouvelle à la TV, pas une manchette dans les journaux qui ne soient mobilisées, non pas pour un effort de guerre anti-fasciste, mais pour l'indécente occupation du pays le plus pauvre qui soit. Le magasinage des soldats de Kandahar pour des souvenirs de guerre à l'étranger illustre bien comment notre "nation sans passé colonial" est en train de sacrifier tous nos idéaux à se donner un présent impérialiste aux côtés de cet empire blessé qui asseine les coups sans même être capable d'en évaluer les conséquences pour sa propre survie.

    Il y a peu de choses auxquelles les canadien-ne-s et les québécois-e-s tiennent qui ne soit maintenant gangrenées (on recrute jusque dans les écoles) par ces politiques suicidaires de s'en prendre à un autre peuple en criminalisant aux yeux de tout-e-s sa résistance sans que cela n'apporte de résultats concrets à sa libération. L'aspiration légitime des nations du monde à l'indépendance ne passe plus, selon le militarisme canadien, que par cette guerre de pillage civilisée qui se camoufle maintenant en opération de "solidarité internationale".

    L'ACDI change de visage sous la pression pour excuser l'impérialisme humanitaire et tenter de convaincre soldats et familles, citoyen-ne-s et communauté entières, de la pureté du geste et de la noblesse de nos intentions. Avons-nous dans le passé autant menti que sur la guerre en Afghanistan ? Une commission de la vérité trahie, tout ce qu'il y a d'élitisme respectable et de partisans de la guerre, tente d'ajouter à la propagande l'excuse d'une soi-disant mission de pacification pour renverser encore une fois l'opinion publique défavorable. Quels efforts déployés pour falsifier l'évidente et honteuse opération de force ! Et c'est sans doute sur ce point, je l'espère, que la confiance fragile dans le gouvernement conservateur s'effritera, lui qui mise sur la collusion des partis à Ottawa (le NPD tiendra-t-il le coup ?) pour réussir à colmater la brêche.

    Tout ce qu'il y a de femmes et d'hommes justes, au sens biblique, dans ce pays devraient se soulever pour protester avant que le vent ne tourne et que ne s'étendent encore au monde les foyers de conflits. Dion le prétendant recommande des opérations au Pakistan. Une guerre aussi destructrice, par les moyens militaires et financiers qu'elle met en oeuvre, devrait non seulement susciter l'opprobe le plus résolu chez les cercles pacifistes, mais l'embrasement des coeurs pour la paix serait attendu de tout ce qu'il y a de bonnes volonté au Canada et au Québec, à l'ONU et sur cette petite planète aux fragiles ambitions de démeurer notre Gaïa.

    Est-ce qu'une nation qui a produit le bras canadien et qui ne compte plus les satellites qu'elle a fait mettre en orbite peut vraiment envisager si froidement le passage à l'armement de destruction massive aux côtés et en complicité avec les États-Unis, ce pays dont la boussole démocratique vacille vers des volontés impériales avancées ? N'y aura-t-il aucune voix, sinon celle par trop anonyme de l'opinion, pour s'élever contre la falsification de ce que devrait représenter la paix comme atmosphère pour la prise en charge d'un développement harmonieux qu'appellent tant de peuples sur terre ?

    Si la logique des armes doit prévaloir, qu'au moins on ait été averti qu'elle peut finalement se retourner contre nous. La confiance affichée dans l'inévitable victoire des nouveaux colonisateurs, au nom de l'aspiration des Afhan-ne-s à la démocratie, sera sans doute ébranlée par une mobilisation de ce que l'humanité possède de ressorts afin qu'une situation, qui peut aller vers le pire, change de cap quand il est encore temps. Se retirer de l'Afghanistan ne provoquera pas le chaos prédit par les Occidentaux qui ont toujours vu, dans les nations barbares à dompter, des occasions de mieux asseoir leurs conquêtes. Le chaos est empiré par l'intervention. Et le contraire de la confusion générale risque aussi de se produire si un appaisement et une embellie se pointe à l'horizon qui remettrait le monde sur les rails du développement et de la paix, les deux grands défis auxquels l'humanité du XXI ième siècle, celle que nous laisserons à nos enfants, est confrontée.

    Le guerre en reporte l'échéance. Elle programme la mort sur nos écrans. Elle dicte les discours et les comportements psychotiques. Elle nous entraîne vers des lâchetés que dénonceront comme ignobles les générations futures. Comme nous avons nous-mêmes stigmatisé l'horreur nazi.

    Il n'est pas innocent ces années-ci de choisir la guerre au lieu de la diplomatie. Cette attitude conditionne la manière dont seront résolus nos problèmes dans le futur. Il ne sera pas toujours possible d'en appeller à l'agression et la violence. Et ce choix met gravement en péril des solutions que la sagesse populaire commence à peine à exiger de ses dirigeants grâce à son opposition de principe aux cruelles méthodes de la guerre.

    Souhaitons que sa voix porte et que tout ce qui peut protester se coalise pour éviter de nouvelles et catastrophiques défaites éthiques, de rendez-vous manqués avec une sereine confiance dans les processus de paix. En fait, nous avons déjà commencé à perdre pour ce qui est de la moralité de notre entreprise pour l'avoir engagée sur ces chemins de la vengeance et de la force haineuse. De ce point de vue, nous avons déjà brûlé les ponts derrière nous de l'élémentaire morale en mettant les pieds en Afghanisatn.

    Guy Roy, délégué syndical FTQ et membre de Québec solidaire de Lévis
    2659, rue Gravel
    Lévis (Québec)
    G6V 4X4
    Tél. : (418) 834-4344 »

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