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Ottawa gérera la campagne québécoise

Alec Castonguay   18 janvier 2008  Canada
Ottawa — Le Parti conservateur n'a plus d'organisateur en chef au Québec et ne compte pas en nommer un nouveau dans un avenir prévisible. Le Devoir a appris que les troupes conservatrices de la province seront dorénavant dirigées par les instances nationales, à Ottawa. C'est l'organisateur en chef pour tout le Canada, Doug Finley, qui prend le Québec en charge, comme c'est déjà le cas pour d'autres provinces.

L'organisateur en chef du Parti conservateur au Québec depuis plus de deux ans, Pierre Coulombe, a été remercié de ses services mercredi après-midi. Sa femme, qui était son adjointe dans les bureaux du parti à Montréal, a aussi quitté ses fonctions.

«Le départ de Pierre Coulombe fait partie d'une restructuration de notre organisation au Québec. On est dans un gouvernement minoritaire, alors il peut y avoir des élections bientôt. Cette restructuration vise à améliorer notre efficacité au Québec à l'approche de possibles élections», a soutenu au Devoir Ryan Sparrow, porte-parole du Parti conservateur à Ottawa.

En décembre dernier, Le Devoir révélait que les jours de Pierre Coulombe à la tête du PC au Québec étaient comptés. Il était sur la corde raide depuis plusieurs mois en raison d'une insatisfaction grandissante sur le terrain. Une source conservatrice bien branchée sur le Québec soutenait alors que «le parti est rendu à une autre étape au Québec» et que «ça prend quelqu'un de plus fort». Elle ajoutait: «Ça nous en prend plus pour continuer à grandir et atteindre nos objectifs.»

Une source haut placée estime que Pierre Coulombe «a fait du bon travail» puisqu'il a élargi la base conservatrice au Québec et contribué à une percée dans la province en 2006. Pour cette raison, il demeure en bons termes avec le parti. Il pourrait même occuper éventuellement d'autres fonctions au sein du PC, dit-on.

Mais sur le terrain, au Québec, on reproche à Pierre Coulombe de ne pas avoir su mettre sur pied une véritable machine politique. Même si les intentions de vote grimpent, la plupart des circonscriptions n'ont aucune liste de bénévoles et disposent de peu de moyens logistiques et financiers. Le pointage des sympathisants est déficient dans plusieurs régions. Ces faiblesses auraient d'ailleurs coûté la victoire dans Saint-Hyacinthe aux élections partielles de septembre dernier.

Surprise, pas de nouvel organisateur

La surprise vient du fait que M. Coulombe n'aura pas de remplaçant, du moins à court et à moyen terme. C'est le grand chef des opérations du PC à Ottawa et organisateur national, Doug Finley, qui s'occupera du Québec. «Je ne peux pas dire si cette nouvelle structure est permanente, mais elle sera en place pour un futur prévisible», a soutenu une source conservatrice bien au fait de la situation. C'est donc dire que, si des élections sont déclenchées ce printemps, le volet québécois de la campagne sera géré à partir d'Ottawa. Le PC conserve toutefois ses bureaux à Montréal et Québec, tout en préparant une campagne électorale spécifique pour la province.

Selon nos informations, les organisateurs régionaux, y compris celui qui est considéré comme le numéro deux du PC au Québec, Nelson Bouffard, ne sont pas touchés par la restructuration. «Les organisateurs régionaux restent en place, mais ils feront un rapport à Doug Finley. Cette structure est en place dans la majorité des provinces», précise une source conservatrice, qui ajoute que la majorité des candidats du PC sont déjà désignés dans les circonscriptions québécoises, ce qui enlèvera du poids à Doug Finley.

Hier, la nouvelle du départ de Pierre Coulombe commençait à se répandre chez les militants québécois. La vaste majorité des personnes contactées par Le Devoir estiment qu'il s'agit d'une bonne nouvelle pour le parti. «Il fallait qu'il se passe quelque chose, ça n'allait plus du tout», a soutenu une source bien au fait de l'humeur des militants sur le terrain.

Par contre, la prise en charge de la province par Doug Finley a surpris tout le monde. En privé, certains militants très impliqués dans l'organisation régionale exprimaient des doutes sur cette nouvelle structure, même si elle est en vigueur ailleurs au pays. «Dans les autres provinces, Doug Finley peut se rabattre sur le Parti conservateur provincial pour se faire aider et assurer le "micro-management". Mais au Québec, il n'y a pas de PC provincial, la base vient du PLQ et de l'ADQ. Pour mettre des militants libéraux et adéquistes dans la même salle, il faut bien connaître le terrain et avoir un certain doigté!» D'autres se demandaient si Doug Finley, un excellent stratège sur la scène pancanadienne, sera en mesure de bien adapter le message au Québec, terre politique distincte.

D'autres soulignent toutefois que le travail de terrain est surtout l'affaire des organisateurs régionaux, qui sont toujours en place. De plus, Doug Finley n'a jamais été très loin de Pierre Coulombe. «Depuis le début, la stratégie, c'est lui. Il sait comment gagner des élections, c'est le plus important», dit une source québécoise. Le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Lawrence Cannon, continuera également d'exercer son influence.

Un militant a soutenu que le PC ne voulait peut-être pas froisser l'ADQ en nommant un nouvel organisateur trop associé au PLQ de Jean Charest. Pierre Coulombe était issu de la filière libérale, alors que les deux plus importants candidats pressentis pour le remplacer, Gisèle Morgan et Ghislain Maltais, étaient eux aussi des libéraux provinciaux qui ont très peu de liens avec l'ADQ.






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  • Richard DÉCARIE
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 06h00
    " Paître " chez nous !
    « Que l'organisateur en chef du Parti Conservateur du Canada (PCC) au Québec - trop associé au Parti Libéral du Québec (PLQ) - quitte ses fonctions maintenant est plutôt une bonne nouvelle pour les " véritables conservateurs " du Québec. Le fait - s'il est confirmé - qu'aucun organisateur québécois ne soit nommé rapidement l'est cependant beaucoup moins.

    Le conservatisme québécois - autrefois nommé canadien-français - est traditionnellement autonomiste (" Maître chez nous ! "). Comme Stephen Harper le mentionnait si justement avant d'être élu à la tête du gouvernement, 50 % des Québécois ayant voté "OUI" au référendum de 1995, le PCC doit prendre acte de la mouvance autonomiste permanente au Québec. Et cette mouvance, ce n'est pas le PLQ (" Paître " chez nous !) qui présentement la représente le mieux, mais plutôt l'Action démocratique du Québec (ADQ).

    Il est donc urgent, dans l'intérêt du PCC et des conservateurs " contre-'progressisses' ", de nommer rapidement un organisateur en chef du PCC au Québec qui soit associé de près à l'ADQ... l'organisation du PLQ ayant démontré son incapacité à soutenir la formidable lancée de Stephen Harper au Québec.

    Richard DÉCARIE
    Conseillé stratégique et ex-directeur-adjoint de cabinet du Chef de l'Ôpposition, Stephen Harper.
    Montréal »

  • Simon Morin
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 09h49
    Avec ou sans Harper n'est plus là!
    « Le parti conservateur ne répond plus aux aspirations politiques des Québécois. Les élections partielles et l'élection de Thomas Mulcair en témoignent très bien. Le virage à droite de M. Harper ne convaincra pas à nouveau les Québécois qui ont voté pour lui par sécurité et frustration à l'égard du parti libéral. La politique fédérale au Québec est très bipartite et laisse entrevoir une réélection des libéraux. Les politiques environnementales et les magouilles politiques du gouvernement Harper à l'égard de l'identité québécoise concourent à sa perte. La présence sur la scène provinciale de Mme Marois et de ses actions vers et pour la souveraineté réanimera, à mon avis, le désir d'une meilleure définition de l'identité québécoise sur la scène internationale. De plus, qui a tenté de renverser l'axe souverainiste-fédéraliste pour l'axe gauche-droite n'a pas été capable à ce jour. Je ne crois pas avec les insuccès de M. Haper, qu'il pourra se donner un tel pouvoir. D'autre part, malgré un fédéralisme convaincu M.Dion qui mène une très bonne campagne préélectorale permet mieux aux Québécois de s'identifier en des valeurs plus semblables aux leurs. Que dire du BLOC? Je lui espère tout le succès possible, mais sa portée limitée jouera toujours en sa défaveur. »

  • Yves Desjardins
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 10h24
    Le même sort devrait être réservé à Nelson Bouffard
    « Je connais Nelson Bouffard comme organisateur, et cet homme, froid, distant et antipathique pour bien des gens, devrait être remplacé par une personne plus ouverte aux opinions des gens sur le terrain.

    Je me suis frotté à lui une fois au début de ce qui ressemblait à la course à l'investiture dans mon comté, sur la Rive-Sud de MTL, et je n'ai vu aucune ouverture d'esprit dans cet homme.

    Il a notamment ses idées préconçues sur une candidate à l'investiture dans mon comté, ce qui laisse peu de place à la démocratie pour s'exercer librement. Plusieurs autres personnes avaient manifesté leur intérêt pour l'investiture dans mon comté, mais se sont graduellement retirées à cause du manque d'ouverture et de la froideur de Bouffard.

    Le PC gagnerait à nommer une personne plus chaleureuse, plus près du vrai monde au régional. Il y a tellement de travail à faire au Québec pour le PC. Il faudrait commencer par favoriser les relations harmonieuses entre les dirigeants et les gens sur le terrain (qui font le plus gros du boulot, d'ailleurs).

    Yves Desjardins
    St-Basile-le-Grand »

  • Jean Bruyere
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 12h40
    Ottawa gèrera la campagne Québecoise
    « Je ne crois pas que les membres du parti conservateur vont accepter de se faire guider par les bonzes d'Ottawa. La meilleure personne pour prendre les guides de l'organisation au Québec est Mme. Gisèle Morgan une femme qui a une très bonne expérience dans l'organisation et qui connait les membres du parti »

  • Laurette de Champlain
    Inscrite
    vendredi 18 janvier 2008 22h59
    Le même sort devrait ëtre réservé à Nelson Bouffard
    « Je félicite Monsieur Yves Desjardins pour avaoir fait une description des plus exactes de Nelson Bouffard, pour avoir été candidate dans le comté Métis, Matane, Matapédia, Haute-gaspésie, l'investiture croyez-moi ne s'est pas fait dans les règle de l'art, et ce même en mettant les efforts nécessaire pour gagner, en étant proche de la population, en ayant travaillé à déposer au bureau de la direction des Ministres plusieurs dossiers plus de 10, bien notre récompense, c'est la procédure qui fait défaut et en particulier avec des hommes comme Coulombe et Bouffard, pas facile, non vraiment et qui sait; peut-être parce que je suis une femme... et que vouloir aider toute une communauté dérange quand on a le coeur au bon endroit, c'est comme cela en perdant des bons candidats dans plusieurs régions, parce que des erreurs ont étés commises, bien je vais douter la réussite des gains au Québec du PC, ça va vraiment prendre des gens qui vont être à la hauteur en travaillant de façon plus humaine, plus respectueuse, plus honnête, plus digne. Bonne Chance »

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