Sûreté nucléaire - Ottawa congédie Linda Keen

Ottawa — Le gouvernement conservateur a mis sa menace à exécution. Il a limogé hier soir, aux alentours de 23 heures, la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen. En agissant de la sorte, il s'évite le témoignage — probablement embarrassant — de la fonctionnaire, qui était prévu pour cet après-midi à Ottawa.

Compte tenu de l'heure très tardive de l'annonce, il a été impossible d'obtenir des commentaires de la part du gouvernement ou de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). Mme Keen, qui avait tenu tête au gouvernement dans son affrontement à propos de la centrale nucléaire de Chalk River, aura finalement perdu. Elle reste toutefois encore commissaire à la CCSN.

Le moment de l'annonce n'est pas anodin. Au cours de la journée hier, les députés siégeant au comité parlementaire des Ressources naturelles s'étaient réunis en séance extraordinaire, bien que la Chambre des communes n'ait pas encore repris ses travaux, pour convoquer des témoins et faire ainsi la lumière sur l'arrêt du réacteur ontarien et la pénurie d'isotopes médicaux qui s'en est suivie. D'un commun accord, les députés s'étaient entendus pour entendre dès ce matin le ministre des Ressources naturelles, Gary Lunn, puis Mme Keen. Tout porte à croire que Mme Keen, ne portant plus le chapeau de présidente, ne témoignera finalement pas.

Elle ne pourra donc pas répéter ses accusations d'ingérence politique à l'endroit du ministre Lunn. Dans un échange de lettres rendues publiques la semaine dernière, on apprenait que M. Lunn avait menacé de congédier Mme Keen, se disant insatisfait de son refus tatillon de rouvrir le réacteur nucléaire pour éviter une crise médicale. Mme Keen avait répliqué d'une longue missive assassine dans laquelle elle rappelait diriger un organisme réglementaire quasi judiciaire et que les interventions du ministre compromettaient son indépendance. Mme Keen avait même laissé entendre qu'elle contesterait son congédiement.
3 commentaires
  • roger montreal - Inscrit 16 janvier 2008 11 h 52

    Le roi Harper a frappé encore

    LE BOSS /HARPER PREMIER/, agit toujours en tout transparence.
    Encore une fois /HARPER LE BOSS c est moi/, ce n est plus prendre des décisions, mais de l arrogance et de l abus de pouvoir.
    OUI il est temps, d avoir des élections , pour changer se gourvernement, qui ce prend pour LE ROI HARPER.Comme BUSH
    ROGER MONTREAL

  • Eric Allard - Inscrit 16 janvier 2008 12 h 47

    Quels seront les coûts?

    Est-ce que le Parti Conservateur est prêt à défrayer les coûts d'avocats et de poursuite dans cette affaire, ou est-ce que les contribuables auront à payer pour cette porte de sortie du parti?

  • Daniel Beaudry - Abonné 16 janvier 2008 19 h 12

    Quel bonhomme de paille la remplacera ?

    Il n'y a pas une personne digne de cette responsabilité qui acceptera de remplacer Mme Keen dans les circonstances actuelles sans se déshonorer, je veux dire sans se coller au front l'étiquette de prostitué ou bonhomme de paille.
    Je trouve cela épouvantable. Est-ce qu'il faudra un accident nucléaire pour que la population comprenne la gravité de ce geste?
    Daniel Beaudry